‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangèresChapitre 21 sur 156 · ANN · texte numérisé non relu

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toute réponse, à pareil jour j'ai vaincu les Carthaginois; montons au Capitule pour rendre grâces aux Dieux. « Et la foule le suivit. (Tite-Live.)

Il était cinq heures et demie du matin quand Napoléon ariiva s\u' le champ de bataille de Friedland... Le jour parut.

L'empereur le montrant à ses officiers , s'écria : «. Voilà le soleil d'Austerlitz. » (Comte de Ségur, Histoire de jVapoléon et de la grande armée.)

Annuités de Tîraqueau.

Tiraqueau donnait tous le» ans ini enfant à sa famille, et un livre au public. On lui composa cette épitaphe.

Gi-gît le fameux Tiraqueau, Ce grand commentateur des lois et des coutiunes.

Qui jamais ne but que de l'eau.

Qui fitvingt-huit enfans, et fit vingt-huit volumes. On croit que cet homme divin, Dont la verve était si féconde, lie ses productions aurait rempli le moiule. Si, comme un autre, il avait bu du vin.

(Guy-Patin.)

Antéchrist.

Un vieux moine se présentant tni jour à l'audience de Benoit XIV, s'exhale eu doléances, eu larmes, en sanglots, sur im malheiu-, le plus grand de tous les malheurs possibles. De quoi s'agit-il donc, lui dit le saint-père.' — Il m'a été révélé, répond le moine, en redoublant ses sanglots, que l'antechrist est né! — Et quel âge , dit-on, qu'il ait.' — Trois ou quatre ans. — Bon, bon, répliqua le pape , ce sera l'affaire de mou successeur (1).

{Aiin. lit ter., 1773.)

Anthropophagies.

Le commandant Lavergue visita, peu d'années après la mort du jeinie Saiut- Phalle, la triliu dos anthropophages qui l'avait mangé. Il chercha à recueillir ce

(j) Ce mot rappelle celui de Louis XV prévoyant les désastres de la monarchie : « Je crois bien que tant que je vivrai , je resterai à peu près le maître ; mais , ma foi , mon successeur n'aura qu'à se bien tenir; » phrase qu'on a traduite par le dicton célèbre : Après moi le déluge.

qui pouvait rester de souvenirs de son collègue, et parvint à exciter la compassion des Océaniens. Les plus vieux de la tribu s'avouèrent coupables, et leurs fils, comblés de cadeaux, fircjrt le meilleur accueil à nos matelots. Le brave Lavergne rêvait déjà im triomphe pour la civilisation! Sa pieuse mission étant terminée, il prêcha les sauvages.

" Ah ! me disait-il, à ce moment j'étais loin de penser à ce que me réservait mon dévouement aux navigateurs européens !... J'allais lever l'ancre , tout mon monde était à bord, je partais... On me signale tout à coup plusieurs pirogues, et l'iuie d'elles ayant abordé, des Océaniens grimpent sur le pont de la frégate et demandent à me parler. J'arrive , et je comprends à leurs gestes qu'ils veulent me faire un cadeau. Leurs mains me désignent une pirogue escortée de trois autres. La pirogue approche, oiî en décharge un énorme paquet ; mes matelots prêtent leur concours , et qu'aperçois-je, roulant à mes pieds.'... le corps d'une jeune négresse de quinze à seize ans, couvert de feuillages et de fruits !... Ces sauvages, que je croyais convertis, offraient comme régal à mon équipage, et comme compensation du meurtre de Saint-Phalle, la fille d'un de leurs grands chefs! »

(Garât, Patrie.)

L'évêque de Québec s'était perdu au Canada ; ceux qui étaient à sa recherche rencontrèrent luie troupe de sauvages auxquels ils demandèrent s'ils connaissaient cet évéque : « Si je le connais! répondit l'un d'eux, j'en ai mangé. «

Une vieille Brésilienne- n'avait qu'un seid fils, qui fut tué par les ennemis. Quelque temps après, le meurtrier de son fils fut fait prisoiuiier et conduit devant elle ; pour se venger, cette mère se jeta comme un animal féroce sur lui , et lui ('échira une épaule avec les dents. Cet liomme eut le bonheur, nou-.seulement de se tirer des mains de cette vieille femme et de s'évader, mais aussi de s'en retourner chez les siens , auxquels il montra l'empreinte des dents sur son épaule , et leur fit croire ( peut-être le croyait-il lui-même), que les ennemis

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avaient voulu le dévorer tout vif. Pour ne i>as céder en férocité aux autres , ils se déterminèrent à manger réellement les ennemis qu'ils prendraient dans les combats , et ceux-ci en firent autant de leur côté. Ainsi s'établit entre ces deux peuples une émulation d'anthropophagie.

(Fernande Magellan, Voyage autour du monde.)

Un missionnaire vit un jour venir à lui un chef de sauvages , qui lui témoigna le désir de se convertir au christianisme. Après l'avoir interrogé , le missionnaire lui dit que la polygamie n'était pas admise par la vraie religion, et qu'il ne pourrait être reçu au baptême que lorsqu'il n'aurait plus qu'une seule femme.

Quelque temps après, le sauvage revient :

a Mon père, dit-il, je n'ai plus qu'une femme.

— Très-bien , mon fils. Qu'ave/.-vous fait des autres ?

— Je les ai mangées , mon père. »

Dans quelques langues de la Polynésie, il n'y a qu'un seul mot pour bon et bien , pour mauvais et mal. Aussi les missionnaires ont-ils eu beaucoup de peine à faire comprendre aux Calédoniens , par exemple , qu'il est mal de manger son semblable. « - — Je t'assure que c'est bon , h répondaient-ils au révérend évèque qui leur disait que c'est mal.

(J. Lubbock , Revue des cours scient if.)

grignoterais les petits os avec plaisir ! » (^Chronique des jésuites.)

Un missionnaire portugais rencontra un jour une vieille Brésilienne tirs-malade. Elle n'avait plus que quelques jours à vivre. Le jésuite l'instruisit des vérités du christianisme, que la moribonde admit sans discuter. Puis, après la nourriture de l'àme , il songea à la nourriture du corps , et il offrit à sa pénitente quelques friandises européennes. « Hélas! répondit la vieille, mon estomac ne peut supporter aucune espèce d'aliment. H n'y a qu'une seule chose dont je voudrais goûter, mais, par malheur, personne ici ne pourrait me la procurer. — Qu'est-ce donc? demanda le jésuite. — Ah mon fils ! c'est la maiu d'un petit garçon ! 11 me semble que j'en

Un autre missionnaire reprochait à un cannibale cette coutume horrible et contraire aux lois divines de manger de la chair humaine, n Et puis , ce doit ètie mauvais ! ajouta-t-il. — Ah , mon père ! répondit le sauvage, en jetant un regard de convoitise sur le missionnaire, dites que Dieu le défend , mais ne dites pas que c'est mauvais ! Si seulement vous en aviez mangé!... « (J. Verne, Les enfants du capit, Grant.)

Antipathies comparées.

Le duc de Lorraine donnait un grand repas à toute sa cour. On avait servi dans le vestibule , et le vestibule donnait sur un parterre. Au milieu du souper, une femme croit voir une araignée. La peur la saisit ; elle pousse un cri, quitte la table , fuit dans le jardin et tombe sur le gazon. Au moment de sa chute , elle entend quelqu'un rouler à ses côtés; c'était le premier ministre du duc. « Ah ! monsieur, que vous me rassurez , et que j'ai de grâces à vous rendre ! Je craignais d'avoir fait une impertinence. — Eh !

madame, qui pourrait y tenir! Mais, dites-moi , était-elle bien grosse? — Ah ! monsieur, elle était affreuse. — Volaitelle près de moi ? — • Que voulez-vous dire? Une araignée voler! — Hé quoi!

reprend le ministre, |)0ur une araignée vous faites ce train-là ! Allez , madame , vous êtes folle ; je croyais, moi , que c'était une chauve-souris. » (Helvétius.)

Antipathies et sympathies.

Tout le monde en général a pitié des aveugles, et tout le monde sent de l'aversion pour les borgnes , quoi([u'en bonne justice , les borgnes méritent la moitié de la compassion , comme le disait M. de Servien , qui était borgne. Les louches , surtout quand ils ne le sont pas à l'excès , ne déplaisent pas. On aimait dans M. de Montmorency son œil mi peu tourné; et on appelait cela, à la cour de Louis XllI, avoir l'o-il à la Montmorency. M. Descartes avait de l'inclination pour les personnes louches; et il en rap|)ortait la cause à ce que sa nourrice l'était. (Vigneul-Marville.)

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Antipathies singulières.

Bovlc parle d'une dame qui avait grande aversion pour le miel; son médecin croyant qu'il entrait beaucoup de fantaisie "dans cette aversion, mêla un peu de miel dans un emplâtre qu'il fit ajipliquer au pied de la dame ; il s'en repentit l)ieutôt, en voyant le dérangement fâcheux que l'emplâtre avait produit et qne l'on ne fit cesser qu'en l'ôtant.

Henri 111 ne pouvait demeurer seul dans une chambre où il y avait un chat (1).

Leduc d'Epernon s'évanouissait à la vue d'un levraut.

Le maréchal d'Albret se trouvait mal dans un repas où l'on servait un marcassin ou un cochon de lait.

Uladislas, roi de Pologne, se troublait et prenait la fuite quand il voyait des pommes,

Érasme ne pouvait sentir le poisson sans avoir la fièvre.

Scaliger frémissait de tout son corps en voyant du cresson.

Tycbo-Bralié sentait ses jambes défaillir à la rencontre d'un lièvre ou d'un renard.

Boyle avait dos convulsions lorsqu'il" entendait le bruit que fait l'eau en sortant d'im robinet.

La Mothe le Yayer ne pouvait souffrir le son d'aucun instiument, et goûtait un plaisir vif au bruit du tonnerre.

Marie de Médicis ne pouvait souffrir la ■nie d'une rose, pas même en peinture, et elle aimait toute autre sorte de fleurs (2). (Panckoucke.)

(i) I.r marécbal-cliic de Scliomberg, gouverneur du t^iigu«"<l<>c, avait la même avcrsiiin. L'empereur Ferdinand fit voir à Inspruek, nu cardinal de Lorraine, un gentilliomnie qui avait tant de peur des chat?, qu'il saignait du nez .i les entendre miauler de loin. On connaît, ù\i rontraire, la paFsion de Richelieu et de l)eauconp d'autres pour les chats.

(/) On attribue la même chose au chevalier de Gui'.e.

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