A NT
Peclimann (Jean), savant théologien , avait, dés sa phis tendre enfance, lUie antipathie singulière pour le balayage.
Des qu'il entendait balayer le pavé , il était inquiet, sa respiration devenait difficile, et il soupirait comme un homme qui craint d'être suffoqué.
[Dictionn. des merveilles.)
Juste-Lipsc avait, au i-apport d'Impérialis, une telle aversion pour la musique, que la svmphonie lui donnait des convidsions.
On a vu des personnes qui s'évanouissaient à l'odeur des roses et qui aimaient celle des jonquilles et des tubéreuses ; un gouverneur de ville frontière, tpii toml)ait en convulsion à la vue des œufs de carpe ; une dame , sujette à la même incommodité à la vue d'une écrevisse cuite. Si l'on en croit Ambroise Paré, tme persoime fort considérable ne voyait jamais d'anguille dans un repas qu'elle ne tombât eu défaillance, jamais Joseph Scaliger ne mangea de lait. Cardan avait horreur des crufs. M. de Lancre , conseiller au parlement de Bordeaux , témoigne , dans son Tableau de l'inconstance des démons, qu'il avait connu un fort honnête homme si effrayé à la vue d'un hérisson , qu'il crut plus de deux ans que ses entrailles étaient mangées par cet animal ; et qu'il avait vu \m gentilliomme fort brave qni ne l'était point assez pour oser attendre, l'épée à la main, une souris. Jules-César Scaliger, dans ses Exercltations contre Cardan , dit qu'un gentilhomme gascon craignait tellement le son de la Aielle, qu'il ne le pouvait jamais entendre sans une envie extraordinaire d'uriner. On en fit l'expérience par nu vielleur que Ton fit cacher sous une table; et il ne commença pas plutôt à jouer que l'on s'aperçut de l'imperfection du gentilhomme. 11 y eu a qui ne sauraient voir des araignées, et l'on sait que les Chinois s'en font un régal. M. Vanghneim , grand veneur de Hanovre, tomliait en faiblesse, ou s'enfuvait, quand il voyait un cochon rôli.
ANT
Le pliilo^oplie Chrysippp avait iino f;i Sjaiide aversion pour les révérences , qu'il tombait quand il était salué ; et, ce qui paraîtra beaucoup plus Ijizarrc , Fabrice Campani assure que don Juan Roi, chevalier d'Alcantara, tombait en syncope quand il entendait prononcer lana, quoique l'iiabit qu'il portait fût de laine.
( Encrclopcdiann. )
APL
Jean II, czar de Moscovie, s'évanouissait à la vue d'une femme.
[Mémoires anecd. du règne de Louis XIV et Louis AV.)
Le chancelier Bacon tombait en défaillance toutes les fois qu'il y avait éclipse de lune.
Jacques P"", roi d'Angleterre, trembla toute sa vie à la \uo d'une épée.
On attribua cette antipathie à la fraveur qu'avait conçue 5/arie Sluart , sa mère , lorsque, enceioie de ce prince, elle avait vu périr de plusieurs coups d'épée David Rizzio , avec qui elle était à table , et qui s'était réfugié dans ses bras.
Quand on faisait sentir des pommes à Duchesne , secrétaire de François 1"'', il lui sortait une grande quantité de sang par le nez.
Il y a beaucoup de personnes qui ont une telle aversion pour le fromage, que l'odeur suffit pour leur faire perdre connaissance. Pien-e d'Apono, médecin célèbre , était de ce nombie. Martin Serokius, qui avait la même antipathie, composa à ce sujet un Traité curieux ayant pour titre : De accrsione casei.
Lu officier du génie, tivs-connu par son courage et son habilelé dans le maniement des aimes, se trouvait mal tontes les fois que le hasard faisait qu'on coupait devant lui un bouchon de liège.
' ( Improi'is. français. )
On a vu à Calais un homme qui entrait en fureur malgré lui loisqu'il entendait crier des canards. Il les poursuivait l'épée à la main. Cependant il en mangeait avec plaisir; c'était sou mets fnvoii.
( Puhliciste. )
Aplomb.
Dans un dos premiers siècles de la religion de Mahomet, un mahométan prétendait qu'il était Dieu. On lui dit : " 11 y a un an que l'on fit mourir un tel, qui se disait prophète; ne craignezvoiis pas qu'on vous fasse le même traitement? » Il répondit : » On a bien tait de le faire mourir, parce que je ne l'avais pas envoyé, i)
(Galland.)
« Qu'est-cedoncquecepetitmonstre-là.' disait inconsidérément une femme à une autre, en parlant d'un enfant. — Madame, c'est ma fille. — Ah! ah! elle est bien jolie (I). «
{Dictionn. d'anecdotes.)
La duchesse d'Aiguillon, sœur du duc de Richelieu, était une des plus extraordinaires personnes du monde, avec beaucoup d'esprit. Elle fut un mélange de vanité et d'iinmilité, de grand monde et de retraite , qui dura presque tonte sa vie; elle se mit si mal dans ses affaires, qu'elle cessa d'avoir un carrosse et des chevaux. Elle aurait pu, quand elle voulait sortir, se faire mener par quelqu'un ou se faire porter en chaise; point du tout, elle allait dans ces chaises à roue qu'on loue, ([u'iiu homme traîne et qu'un petit garçon pousse par derrière, qu'elle prenait au coin de la rue. En cet équipage, elle s'en alla voir Monsieur, qui était au Palais-Royal, et dit à son traîneur d'entrer. Les gardes de la porte le repoussèrent ; il eut beau dire ce qu'il voulut, il ne put les persuader. Madame d'.Viguillon laissait disputer en silence. Comme elle se vit éconduite, elle dit tranquillement à son pousseur de la mener tians la rue Saint-Honoré ; elle v arrêta chez le premier marchand de
(i) Vi.ii- Palinodie.