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jets ont failli se ])riser contre une petite pierre ! » Il répétait souvent : « Une j)etite pierre a failli changer le sort du monde ( 1 ) ! »
(Alissau de Chazet, Mcmcires.)
L'Empereur descendait le Rhin en ])ateau, accompagné de Jean-Bon Saint- André, préfet de Mayence, et du comte Beugnot.
Jean-Bon et moi, raconte Beugnot, nous nous tenions à toute la distance de l'Empereur que fournissait la longueur du bateau; mais elle n'était pas telle qu'on ne put entendre ce qui se serait dit des deux parts. Pendant que l'Empereur, dchout sur l'un des côtés et penché vers le fleuve, semblait y rester en contemplation, Jean-Bon me dit, et pas tiop bas : « Quelle étrange position ! le sort du monde dépend d'un coup de ))ied de plus ou de moins. » Je frémis de tous mes membres, et ne trouvai de force que pour répondre : « Au nom de Dieu, paix donc ! » Mon homme ne tint compte ni de ma terreur ni de ma piière et poursuivit : « Sovez tranquille, les gens de résolution sont rares. »
Je fis un tour de conversion pour me préserver des suites du dialogue, et la promenade finit sans qu'il put être repris. Ou mit pied à terre; le cortège de i'Emperetn- le suivit à sa rentrée au |ialais. En montant le grand escalier, j'étais à côté de Jean-Bon , et l'Erapei't ur nous précédait de sept ou huit marches. La distance m'enhardit, et je dis à mou compagnon :
« Savez-vons que vous m'avez furieusement effrayé.'
— Parbleu ! je le sais. Ce qui m'étonne, c'est que vous ayez retrouvé vos jambes pour marcher; mais tenez-vous pour dit q le nous pleurerons des larmes de sang (le ce que sa promenade de ce jour n'ait pas été la dernière.
— Vous êtes un insensé!
— Et vous un imbécile... sauf le respect que je dois à Votre Excellence (2). »
( Beugnot , Mémoires. )
(i) C'est le mot de Pascal : u Cromwell allait
ravager toute la chrétienté! sans un petit
grain de sable qui se mit dans son urètre. i>
[■■/] Voir Fatalité.
Arbitre inn^énieux.
Doux jurisconsultes choisirent Diogèue pour leur arbitre. Il les condamna tous h^s deux : l'un parce qu'il avait effectivement volé ce dont on l'accusait , et l'autre parce qu'il se plaignait à tort , puisqu'il n'avait rien perdu qu'il n'eût volé lui-même à un autre (1).
( Tlieiiiislana. )
Ardeur g;u»rricre.
Après avoir semé le carnage sur le champ de bataille de Marathon, Cvnégire poursuivit les Perses jusqu'à la mer, arrêta de la main droite un de lein-s vaisseaux , ot ne le lâcha qu'en ayant cette main coupée. Il le saisit alors de la main gauche , qui fut coupée comme la première, et alors il s'attacha au vaisseau avec les dents (2). (Justin.)
La bravoure d'un des guerriers de l'île d'Owbyhee mérite d'être citée. Étant reventi sur ses pas au milieu du feu de tout notre détachement, pour emporter son camarade, il reçut tuie blessure qui l'obligea d'abandonner le corps : il reparut |ieu de minutes après, et, blessé de nouveau , il fut obligé de se retirer une seconde fois. IJ'arrivai au moraï dans ce moment , et je le vis revenir pour la troisième fois tout couvert de sang et tombant en défaillance; institut de ce qui venait de se passer, je défendis aux soldats de tirer davantage , et on le laissa em|)orter son ami. Il l'eut à peine chargé sur ses épaules, qu'il tomba lui-même et rendit le dernier sotqiir.
(King. Troisiùine voyage du capitaine Cook. )
An premier siège de Din , en 1538, l'ardeur était si grande qu'un soldat portugais, ayant épuisé sa provision de balles,
(i) Ce trait fait songer à la fable de la Fontaine ■ Le Loup plaidant avec le Renard par devant le singe.
{■/.) Il est fâcheux pour cette histoire héroïque qu'elle soit loin d'avoir toutes les garanties d'autluulicité désirables. Ou n'a qu'à comparer le rcc.t de Justin à celui d'Hérodote pour voir à quel point le thème primitif a été accru à plaisir.