‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangèresChapitre 25 sur 156 · ARD · texte numérisé non relu

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s'arraclia «ne dent et s'en gorvit pour (liargor sou arquebuse (1).

(Maiïée, Hist. des Indes orientales.)

Ardeur poétique.

C'était en se promenant que Racine mettait ses tragédies en vers. Il les lécilait à haute voix, et l'enthousiasme avec lequel il les prononçait, rassembla un jour autour de lui les ouviiers qui travaillaient aux Tuileries , et qui s'imaginèrent, aux gestes qu'il faisait et aux mouvements qu'il se donnait, que c'était uu liomme au désespoir, qui allait se jeter dans le bassin (2).

{^Mémoires anecd. des règnes de Louis XIV et Louis XV.)

Argfent.

Comme je parlais avec mépris de quelqu'un qui aimait ijcauroup l'argent, le docteur Quesnay s'étant mis à rire, dit : J'ai fait un drôle- de rêve cette nuit. J'étais dans le pays des anciens Germains; ma maison était vaste, et j'avais des tas de blé , des bestiaux , des chevaux iMi grand nombre, et de grands tonneaux pleins de cervoise ; mais je souffrais d'un rhumatisme , et ne savais comment faire pour aller à cinquante lieues de là, aune fontaine dont l'eau me guérirait. 11 fallait passer chez un peuple étranger. Uu enchanteur parut, et me (lit : « Je suis touché de ton embarras : tiens , voilà un petit paquet de pondre de prelinpinpin ; tous ceux à qui tu en donneras te logeront , te nourriront , te feront toutes sortesde politesses. » Je j>ris la poudre , et je le remerciai bien. — Ah! comme j'aimerais la poudre de prelinpinpin! lui dis-je; j'en voudrais avoir plein mon armoire. — Eh bien , dit le docleur, cette poudre, c'est l'argent que vous méprisez. Dites-moi, de tons ceux ([ni viennent ici, quel est celui qui fait le plus d'effet.' — Je n'en sais rien , lui disje! — Eh bien, c'estM. deMontmartel, qui vient quatre ou cinq fois l'an. — Pour([uoi est-il si considéré? — Parce qu'il a des coffres pleins de prelinpinpin. Il tira .juelques louis de sa poche : « Tout ce (pii e,\iste est renfermé dans ces pi^tites piè-

(i) Voir Bravoure, IiitrepiJilé, etc.

(j) Voir Méftrise.

ces, qui peuvent vous conduire commodément au bout du monde. Tons les hommes obéissent à ceux qui ont cette jioudre et s'emiiressent de les servir.

C'est mépriser le bonheur, la liberté, les jouissances de tout genre , que mépriser l'argent. » Un cordon bleu passa sous les fenêtres,'- et je dis : « Ce seigneur est bien plus content de son cordon que de mille et mille de vos pièces. — Quand je demande au roi une pension, reprit Qnesnay, c'est comme si je lui disais : Donnez-moi uu moyen d'avoir un meilleur dîner, d'avoir un habit bien chaud, une voilure pour me garantir de la pluie et me transporter sans fatigue. Mais celui qui lui demande ce beau ruban, s'il osait dire ce qu'il pense, dirait : J'ai de la vanité, et je voudrais bien, quand je passe, voir le peuple me regarder d'un ceil vraiment admirateur, se ranger devant moi; je voudrais bi(^n, quand j'entre dans une chambre, produire un effet, et fixer l'attention des gens qui se moqueront peut-être de moi à mon départ ; je voudrais bien être appelé Monseigneur par la multitude. Tout cela n'est-il pas du vent ? Ce ruban ne lui servira de rien dans presque tous les pays; il ne lui donne aucune puissance, mais mes pièces me donnent partout les moyens de secourir les malheureux. Vive la "toute-puissante poudre de prelinpinpin ! » A ces derniers mots, on entendit lire aux éclats dans la pièce d'à côté, (pii n'était séparée que par une portière. La porte étant ouverte, le roi entra, avec Madame et M. deGontaut.il dit : « Viv(ila poudre de prelinpinpin ! Docteur, pçrlnriez-vous m'en procurer. » Le roi était rentré, et il lui avait pris la fantaisie d'écou'.er ce (pie l'on disait.

(Mi"e du Hauss.t, Mémoires. )

L'argent a toujours été le ver rongeur de Charles Nodier. Les émoluments de sa place de bibliothécaire à l'Arsenal ne lui pouvaient suffire, pas plus que les |)roduits de sa plume , et souvent il en é:ait réduit à de véritables expédients.

Une fois, entre autres, il fut sur le jioint d'émigrer pour la Russie. Le duc de Richelieu , aux talents organisateurs du([uel la ville d'Odessa fut si redevable, était désireux d'attirer auprès de lui uu

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('•crivain aussi réputé. Des offres furent donc faites. Sans les repousser tout à fait, Nodier fit entendre qu'une forte avance de fonds était nécessaire, tant pour ses frais de route que pour le rétablissement de ses affaires.

Quelque temps après, Nodier se remontrait de nouveau sur le pavé de Paris :

« Comment! dit quelqu'un, vous ici!...

Vous n'êtes donc point parti?...

— Si fait , répond Nodier eu prenant son air bon homme, mais il me fallait beaucoup d'argent et je n'en avais pas assez. On m'a bien compté dix mille francs; mais, arrivé à Lons-Ie-Saulnier, je ne sais comment cela se fit, je n'avais déjà plus rien. »

Cette ville de Lous-lc-Saulnier avait le privilège de compter parmi ses chapeliers un homme fort épris de littérature et surtout de la muse de M. Nodier. Jean Shogar exerçait sur lui un irrésistible empire ; il adorait Trilby et se serait fait pendre pour la Fée aux Miettes. Ce fanatisme était poussé au point de lui faire négliger ses propres intérêts; et tout \. son magasin était mis avec empressement I au service de sou auteur favori, sans ' qu'il fût question du plus léger règlement de compte. Les choses en arrivèrent à ce point que Nodier, auquel la fortune ne souriait pas toujours, et qui n'en aimait pas moins le jeu pour cela, jouait parfois contre espèces des bons à valoir en marchandises chez son admirateur —

Il arrivait souvent à Nodier de s'entendre dire quelques vérités par sa femme, dont il faisait cruellement souffrir l'économie domestique. Ne sachant une fois comment résister à ces tempêtes conjugales :

<c Eh bien ! vrai , tu ne me connais pas. J'aide l'ordre, chère amie, j'en ai plus que tn ne crois. "

Et sur un signe d'inciédulité :

« Tiens ! pas plus tard qu'hier, j'ai placé de l'argent : Laffilte a reçu trois mille francs sur mes petites économies, n

Mme Nodier, surprise et ravie tout à la fois, saute au cou de sou mari, et les reproches en restèrent là. Malheureusement , ce n'était que le premier acte de la comédie. Plusieurs jours ne s'écoulèrent pas que le ménage eut luie nouvelle crise à traverser. M^e Nodier en vint tout naturellement à se dire : » Au fait , puisque

nous avons de l'argent placé chez im banquier, j'ai bien le droit d'en attribuer une partie aux besoins pressants de notre ménage. «

Aussitôt dit, aussitôt fait. Elle demande à M. Laffitte un entretien particnliei-, et lui expose l'objet de sa visite. Il s'agit d'une somme de mille francs à prélever sur le crédit de son mari. A la candeur de la demande , M. Laffitte, en homme de tact, comprit la situation, et paya en respectant l'erreur de la visiteuse...,

Nodier avait fait une préface pour je ne sais ((uel ouvrage de Dumas, édité par le libraire Charpentier.

Cette préface lui devait rapporter une somme de deux cent cinquante francs, dont il se déclarait fort pressé de toucher le montant. Charpentier prend donc un jour le chemin de l'Arsenal et arrive avec son petit sac. Par une coïncidence singulière, M. Nodiervenait justement de sortir.

Comme on est toujours bien aise de se débarrasser de deux cent cinquante francs, quand ils ne vous appartiennent plus, Charpentier se contenta de les remettre à M"'^ Nodier. A son retour, il trouve Nodier, qui l'attendait avec impatience :

« Eh bien! et cet argent?...

— Ma foi ! je viens de le porter chez vous.

— Et vous l'avez laissé...

— Entre les mains de M^n^ Nodier, dont voici le reçu.

— L'assassin ! » s'écria Nodier, en s'accoudant tout accablé sur la table.

( liet'iie auecdotlque. )

Arg'ot.

Le roi (Louis XV) se plaisait à avoir de petites correspondances particulières : il passait une partie de sa matinée à écrire à sa famille, au roi d'Espagne... et aussi à des gens obscurs. « C'est avec des personnes comme cela, me dit un jour M'"^ de Pompadour, que le roi sans doute apprend des termes dont je suis toute surprise; par exemple, il m'a dit hier, en voyant passer un homme qui avait un vieil habit : Il a là un habit bien examiné. Il m'a dit une fois, pour dire qu'une chose était vraisemblable : Il y a gros. C'est »ni dicton du peuple, à ce (pie l'on m'a dit, qui est comme // y a gros à parier, » Je pris la liberté de dire à Ma-

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dame : « Mais ne serait-ce jias |)liitôt dos demoiselles qui lui apprennent ces belles ciioses? » Elle me dit en riant : «Vous avez raison, il y a gros. "

(Miue du Hausset, Mcmoin-s.)

Un jour, dans une disrussiou, Lan/un soutenait qu'on ne pouvait parler trèsbien, ni parfaitement entendre une langue étraiii^ère. Comme sou opinion était combattue, il raconta l'anecdote suivante : « Milady Barrvmore avait eu la bonté de me donner un rendez-vous au bois de Houlogne et l'inhumanité d'y mantpier.

Au bout de deux heures, je m'ennuyai de l'attendre, et de retour chez moi, je lui écrivis jiour me plaindre. Par malheur il y avait dans mon billet qu'il était bien cruel de m'avoir ainsi fait croquer le marmot. Milady, pour qui cette expression est nouvelle, prend son dictionnaire, et trouvant que croquer signifie manger et marmot un enfant , la voilà qui conclut que, dans ma fureur, j'avais mangé ou voulu manger uu enfant. Aussi dit-elle à une de ses amies qui entrait chez elle : « C'est un monstre que ce Lauzun , je ne veux le voir de ma vie : lisez ce qu'il m'écrit. »

(Lévis, Soutenus et portraits.)

Mon Dieu! me disait ce matin un étranger, que votre langue française est donc malaisée à parler et à écrire coirectemeiit ! Vous avez surtout des verbes irréguliers qui sont uu casse-téte effrovable. Une dame de mes amies m'a conjugué hier le piésent de l'indicatif du veibe aller, et voici ce que j'ai écrit sous sa dictée; je vous prie de me dire si cela est commode à se fourrer dans le cerveau. — Et mon noble étranger conjugua comme il suit :

Je m'en vas ;

Tu t'en viens ;

Il ou elle jiait ;

Kous filons;

Vous vous eshi^ez ;

Ils ou elles se la cassent.

— Ah! monsieur le comte, lui répondis-je, je crains que votre professeur de langue française ne soit une miisnni.iie.

— J'ignore ce «pie vous entendez |)ai' ce mot demusardine, répliqua-t-il. C'est

une dame du meilleur monde, trcs-lar.cée et très-recherchée, et la preuve, c'est qu'elle passe la plupart de sjs soirées chez M. le comte d'Osmond , dans sou bel liôtel de la rue Basse-du-Rempart (1). (Albéiic Second, Comédie parisienne.)

Argfot théâtral.

Marier Justine veut dire précipiter le ilénoùment , arriver au but sans circonlocutions.

Sous la direction de Brunet , le père célèbre des Jocrisses, le théâtre des Yaliétés offrait à son public la première rei)résentation de Tliihaut et Justine, vaudeville en un acte. Dans ce temps-là, les jiarterres n'étaient point bénévoles comme anjonid'hui; ils étaient turbulents, et quand ils s'ennuyaient, ils ne tardaient pas à le manifester par des sifflets.

La pièce, qu'on avait trouvée charmante aux réjiétitions, sauf les dernières scènes qui se traînaient péniblement, semblait amuser le piddic, et ses ])onnes dis|)ositions présageaient uu succès ; mais on arrivait aux scènes délicates... Ici les sourds murmures commencèrent, signes précurseurs d'un orage.

<i Gare les sifflets! dit le régisseur.

— Je vous avais bien dit que c'était trop long, grommela Brunet; c'est là ([ii'il faudrait marier Justine et finir la pièce.

— Eh bien! dit Auguste, qu'on marie Justine tout de suite, et la jiiece est sau- \ée. » Et le voilà criant à Bosquier-Gavaudan, qui était en scène et qui prévovait aussi uu violent orage : Mariez Justine!

De l'autre coté du théâtre, les auteuis et le directeur criaient aussi ; Bosquier, mariez donc Justine!

Bosquier, comprenant que la bataille allait être peidue, prit luie jiause solennelle, appela Thibaut, appela Justine, et dit : « Nous n'avons qu'une chose à faire en pi-ésence d'un tel amour, marions Justine. »

(J. Duflot, Dictioiin. des coulisses.)

Le public qui siffle, eu toimes de coulisses, appelle Azor.

Un acteur du nom de Flcury jouait la

(i) Où étaient alors les concerts Mnsard.

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tragédie, de 1733 à 1736, au Tlii'âfre- Fi-aiiçais, et le parterre le goûtait d'autant moins que c'était alors le bon temps de Quinault-DulVesne. Or ce malheureux tragique avait un père aubergiste et centsuisse, qui croyait fermement au talent de son fils. Un jour il \eut mettre fin à la cabale qui accueillait toujours celui-ci à coups de sifflets, et, après avoir endossé son costume et fourbi son épée, il se rend au théâtre eu la compagnie de son chien, superbe bête du nom de Tarquin, et entre dans les coulisses en le tenant en laisse. On jouait Ipliigénie en Aidule; Achille paraissait (Achille, c'était mon homonyme). Le parterre lui fit entendie à sumanière qu'il le reconnaissait. Flcury, en homme accoutumé , n'y fait pas autrement attention, mais le père se lève furieux. Dans l'action, le chien s'échapi)e, il court à son jeune maître, flaire les personnages, remuejoyeusement la queue, et lèche les mains du' fils de Thétis. Les spectateurs, j)eu touchés, n'en continuent que de plus belle. Les entrailles paternelles s'émeuvent; le cent-suisse ne peut se contenir; il tire son épée... quand (iaussin s'approche de lui , retient son Jjras, et avec cet accent (pi'on lui connaissait :

« Eh ! monsieur , on avait aperçu ^otre chien, ne comprenez-vous pas qu'on appelle ïarquin? «

Le pauvre père , désarmé , crut d'autant plus cela, que Fleury, embarrassé de la bête, criait du théâtre, aussi haut que sou rôle :

<t Sifflez donc, mon père! sifflez donc! ■»

Et le père de se joindre au chorus général, et, par amour ])aternel, de siffler de toutes les forces d'mi centsuisse.

^ Depuis , chaque fois que pareille tem- ])ète se déchaîne contre un comédien, ou nomme cela, en langage de coulisses :

appeler Tarqinn,

Maintenant cela se nomme , appeler Azor. Tarquin était trop classique.

{Mémoires de Fleury.)

On dit encore : Il y a des bossus, pour signifier qu'une pièce est sifflée. Cette locution vient d'un vaudevilliste, auteur des j4ventures de Mayeu.r, qui, entendant les sifflets de la coulisse, s'écria : « Je

m'y attendais ; c'est un coup monté. Il y a au moins douze bossus dans la salle qui se sont donné rendez-vous pour faire tomber ma pièce (1). «

(J. Duflot, Dictionn. des coulisses.)

Arg^umeut ad hominem.

Le musicien Simonide de Céos priait Thémistocle de faire quelque chose d'injuste. « Si je vous proposais de chanter faux en plein théâtre, y rousentiriezvous? » répondit Thémistocle.

( Plutarque , P^ie de Thémistocle, )

Au moment où Théodose semblait sur le point de se laisser circonvenir par les aiiens , l'évcque d'Icône , Amphiloque , se chargea de réveiller par un trait d'audace la conscience troublée de l'empereur. Il se rendit au palais en compagnie de quelques évéques, pour présenter ses hommages dans l'une des audiences solennelles où les personnages de distinction étaient admis à faire leur cour. Théodose siégeait sur sou troue, ayant à ses côtés son fils nouvellement couronné. C'était, parmi les courtisans, à qui flatterait le cttur du père eu prodiguant les respects à l'auguste enfant. Amphiloque, au contraire, salua Théodose sans paraître apercevoir Arcadius. « Vous ne voyez donc pas mou fils? dit Théodose d'uu ton d'humeur. — C'est vrai, dit l'évêque revenant sur ses pas; je l'oubliais. Bonjour, mon enfant, » ajouta-t-il en donnant au jeune prince une légère tape sur la joue. Celte familiarité blessa l'empereur, et, se tournant vers sa garde, il ordonna de faire sortir cet insolent. Amphiloque, se retournant alors et le regardant eu face : « Vous voyez bien, empereur, dit-il à haute voix, que vous ne pouvez souffrir ([u'ou fasse injure à votre fils, et que votre courroux s'allume contre ceux qui l'outragent. Ne doutez donc pas que le Dieu de l'univers abhorre aussi ceux qui blasphèment contre son Fils unique , et voyez par là ce que vous avez à faire. « Théodose rougit, se tut, et quitta la salle tout pensif.

(A. de Broglie, L'Église et l'Empire romain. ]

(i) Voir Amour-propre d'auteur.

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Arifumentation sophistique.

Le syllogisme appelé le cornu a été fameux chez las anciens, sans qu'on puisse s'expliquer cette célébrité. Ressuscité au moyeu âge, il remplissait d'étonnement l'empereur Conrad 111, qui, avant toujours des savants à sa table, s'émerveillait des attaques continuelles qu'ils se livraient. Un des docteurs lui demanda un jour : « Avez-vous un œil? — Oui, certainement, lui répondit l'empereur. — Avez-vou* deux yeax? — Oui, sans doute. — Un et deux font trois ; vous avez donc trois yeux. » Conrad, pris comme dans un piège, soutint toujours qu'il n'en avait que deux, mais, lorsqu'on lui eut exj)liqué l'artifice de cette logique, il convint que les gens de lettres menaient une vie bien agréable (1).

(Reiffenberg,Pr//ic/^<?i de logique.)

Voici une histoire où ce genre de sophisme est assez plaisamment réfuté.

Un villageois fit étudier son fils, qui vint le visiter lorsqu'il étudiait en |)liilosopiiie; son père lui ayant demandé de mettre cuire six œufs, deux pour soi, deux pour sa mère, et deux pour lui, le fils , pensant lui donner un plat de sophisme, n'en mit que trois. Le père lui ayant fait observer qu'il lui avait commandé d'en mettre six : « Aussi l'ai-je fait, » dit le sophiste; et pour en faire la démonstration , tirant le premier, il lui dit : " En voilà un; » au second : « En voilà deux ; or deux et un font trois; » au troisième : « En voilà trois ; or trois et trois font six. » — <i Cela est vrai, dit le père; eu voici donc deux pour moi , ta mère se passera bien d'un; prends , toi qui es jeune et qui a meilleur appétit, les trois autres pour ton repas. >•

( Bouffon de la cour. )

On rapporta à deux hommes bien pla-

(i) I/exemple le plus fameux de celte argumentation est la série des syllogismes si souvent citée : Il Kpiménide a dit que les Cretois sont menteurs.— Or Epinirnide est Cretois. — Donc il a menti. — Donc les Cretois ne sont pas menteurs. — Donc Epimenide n'a pas menti. «... Et ainsi de suite, sans qu'il soit possible d'arriver à la fin.

ces dans l'administration que M. Passy avait dit, en parlant d'eux : n L'un e»t nn fou , l'autre est un voleur. »

Cela ne se passera pas ainsi ! s'écria M.***.

— Et comment voulez-vous donc que cela se passe ?

— J'obtiendrai raison de M. Passy; — je me battrai avec lui.

— Il refusera de se battre avec son subordonné.

— Eh bien ! je vais donner ma démisi\on.

— Vous êtes fou !

— Comment dites-vous?

■ — Allez-vous me chercher querelle aussi à moi?

— Non, je veux savoir ce que vous m'avez dit.

— Je vous ai dit : « Vous êtes fou. »

— Alors, je suis content, et je ne demanderai rien à M. Passy.

— Comment? que voulez-vous dire?

— M. Passy a dit de nous deux : « L'un est un fou, l'autre est un voleur. >> Voils dites que c'est moi le fou; donc c'est vous qui êtes... l'autre; c'est à vous à vous fâcher.

(Alph. Karr.)

Aristocrate.

Un député à la Convention, en mission auprès des armées , mandait au général Pérignoii de faire arrêter tel officier : c'est un aristocrate, disait-il dans sa lettre. Le général répond de suite : " L'officier que vous m'ordonnez de faire arrêter comme aristocrate a été tué hier en comJjattant pour la liberté. »

[Lettres d'un Manieluck.)

Au moment de la première insurrection de Paris, l'évèque d'Antun apprend que M'u^deBrionne est surle point de s'enfuir; Ll court chez elle : « Pourquoi cette résolution si prompte? — Parce que je ne veux pas être victime ni témoin de scènes qui me font horreur. — Mais faut-il pour cela quitter la France? Allez passer quelque temps dans une petite ville de piovinre où vous ne serez point connue ; vivez-y sans vous faire remarquer, et personne n'ira vous v découvrir, — Une petite ville de province ! Fi ! mou-

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sieur de Périgord ! Paysanne tant qu'on voudra , l)mn-geoise jamais ! » Le mot est digue d'une Rohan. (Beugnot, Mémoires.)

Arlequiu.

Le fameux arlequin de Londres, Rieli , sortant un soir de la comédie, appelle un fiacre et lui dit de le conduire à iî taverne du Soleil, sur le marché du Clarre. A l'instant où le fiacre était près d'arriver, Rich s'aperçut qu'une fenêtre de la taverne était ouverte, et ne fit qu'un saut du fiacre dans la chambre par la portière. Le cocher descend, ouvre sou carrosse et est bien surpris de n'y trouver personne. Après avoir bien juré, selon l'usage, contre celui qui l'avait escroqué, il remonte sur son siège, tourne et s'en va, Rich épie l'instant où, en retournant, le fiacre se trouverait en face de la fenêtre, et d'un saut se remet dedans; alors il crie au cocher qu'il se trompe et qu'il a passé la taverne. Le cocher trrmblanl retourne de nouveau et s'arrête encore à la porte ; Rich descend de voiture, gronde beaucoup , tire sa bourse, et offre à l'homme de quoi payer. « A d'autres, monsieur le Diable, s'écrie le cocher, je vous commis bien ; voudriez-vous m'empaumer? Gardez votre argent. » A ces mots il fouette, et se sauve à tonte bride. ( Encyclopcdiana.)

Armée vendéen ne.

La veille de l'attaque d'Angers, un jeune officier, nommé de Boispiéau, raconte à la marquise de la Rochejaqnehin dans quelles circonstances il est passé aux royalistes et comme il s'est battu jiour la première fois dans leurs rangs.

« La bataille fut gagnée. J'avais été fort étonné de l'équipement des hommc's avec lesquels j'étais, de leur ignorance de toute chose militaire. Je me figurais que je n'avais autour de moi que d( s éclaireurs , des enfants jierdus. Après le combat, je fis mille questions.

— Quel est votre général en chef ?

— H n'y en a pas.

— Quel est le major général.'

— Il n'y en a pas.

— Combien de régiments.'

— 11 n'y en a pas.

— Mais vous avez des colonels.''

— Il n'y en a pas.

— Qui donne le mot d'ordre.'

— On n'en donne pas.

— Qui fait les patrouilles?

— On n'en fait pas.

— Qui monte la g^irdc.'

— Personne.

— Quel est l'uniforme.'

— 11 n'y en a pas.

— Où sont les ambulances.'

— Il n'y en a pas.

— Où sont les magasins de vivre*?

— 11 n'y en a pas.

— Où fait-on la poudre?

• — On n'en fait pas.

— D'où la tire-t-on?

— On la prend aux Bleus.

— Quelle est la paye?

— 11 n'y en a pas.

— Qui fournit les armes?

— Nous les prenons aux IMeus, etc.

« J'allais d'étonnement en étonnement, et je me disais : Il n'y a rien ici qui constitue une armée, mais je ne puis douter (|iie nous venons de bien rosser les républicains, qui l'ont été hier à Vihiers.

Toutes ces merveilles me confondaient.

Dès le lendemain nous les battîmes à Montieiiil, puis à Saumur. A présent je me suis accoutumé à cette façon de faire la guerre. »

(Marquise de la Rochejaquelein , Mémoires. )

Arrhes.

Avant que d'être mariée au baron de Reniez, M"* de Castelpers de Panât était engagée d'inclination avec le vicomte de Paulin. Cette amourette dura après qu'elle fut mariée, et le baron de Panât, sou frère, était le confident de leurs amours, lis en vinrent si avant qu'ils se firent une promesse de mariage réciproque, par laipielle ils se promettaient de s'épouser (Ml cas de viduité : " En foi de tpioi , (lis, lient-ils, nous avons cousominé le mariage. »

(Tallemant desRéaux, Historiettes.)

Artifice oratoire.

L'abbé Maury, qui commençait sa fortune, prêchant uk jo.ir à Versailles, avait tancé assez vertement la cour. S'apercevant de l'humeur que cela donnait à son roval auditoire : « Ainsi parlait, ajoutat-il , suint Jean Chrysostome ! » Ce mot

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raccommoda tout ; on n'hésita pas à'proclamer sublime, dans un Père de l'Eglise, ce qui , dans tni petit abbé, n'avait semblé qu'impertinent.

( A.-V. Arnault, OEiwres.)

Artillerie aquatique.

Dans un voyage que je fis à (îenève en 1782, on me montra la rue où, dans une des nombreuses révolutions de la ville, on s'était battu pendant deux heures avec des seringues chargées d'eau bouillante. Plût à Dieu que cette ridicule artillerie eût été la seide aime employée dan» nos discordes civiles !

( De Lévis, Souvenirs et portraits. )

Le maréchal Lobau , pour disperser une émeute en évitant l'effusiou du sniig, imagina, de concert avec le préfet de police, M. Gabriel Delessert, de faire venir des pompes à incendie, et de laiicev sur les groupes des colonnes d'eau, qui les mirent bien vite en fuite. Cette charge d'un nouveau genre donna naissance à une foule de caricatures, et le Cliar'wari, en particulier, représenta le maréchal en Brennus déposant une seringue dans la balance, avec ces mots: Malheuraux vains Q!

Artistes.

Latour a fait le jiortiait de M. de Mondonville, célèbre musicien. M'"^ de Mondonville désire avoir pareillement le sien ; mais , avant que de rien entamer, elle lui fait l'aveu qu'elle n'a que 25 louis à dépenser. Là-dessus, M. de Latour la fait asseoir, et fait un portrait qui a plu a tout le monde. Il a enchanté M'^e d(^ Moudon ville, qui, sans perdie un moment, tire l'argent de sa cachette, et le mettant dans une boîte sous des dragées, l'envoie à son peintre. M. de Latour garde les dragées , renvoie l'argent. M"'^ de Mondonville imagine dans ce jeu une gahnterie, et comme elle ne veut pas lui céder en générosité , elle lui fait remeltre un plat d'argent qu'elle s'est aperçu maïupier dans son bufl'et et qu'elle a payé 30 louis. Le nouveau présiMit est renvo)é, et Mi"e de Mondonville apprend que M. de Latour a mis à son |)ortrait s;i taxe ordinaire de douze cents livres, cl

qu'il ajoute à cela qu'il ne doit avoir aucun égard pour des gens qui ne pensent pas comme lui sur le compte des Bouffons, dont la musique divisait en ce moment, à Paris, tous les connaisseurs, au nombre desquels se plaçait Latour.

(Mariette, cilc par Ch. Blanc.)

Carie Vanloo était naturellement d'une humeur enjouée , et puis, tout à coup , il tombait dans un silence effrayant pour (pii ne l'aurait pas connu. Il restait muet qnel([uefois pendantdes semaines entières, son|)ant tous les soirs avec sa femme, SCS enfants et ses élèves, sans proférer une parole , et tournant sur eux des yeux étincelants et terribles. Il traitait les élèves du roi qu'il avait chez lui comme des enfants. 11 les assemblait quelquefois pour savoir leur jugement sur ce qu'il venait de faire. S'il s'élevait parmi eux une voix sincère, ils étaient obligés de se sauver, et à toutes jambes, pour n'être pas assommés. Un quart d'heure après, il faisait venir le censeur, et lui disait : « Tu avais raison ; voilà vingt sols ))our aller ce soir à la comédie; » et il n'aurait pas fait bon de refuser ses présents.

(Diderot, Salons.)

Girodet eut l'idée de se bâtir une maisou dans la rue Neuve-Saiut-Anguslin et d'en être l'architecte. Il parvint , non sans de grandes dépenses, à se créer une habitation qui n'était logeable que pour lui. Sa chambre était sans papier ni tentures, les cbemiuées sans chambranles, et les boiseries restèrent longtemps comme le rabot les avait façonnées... Ayant jnescrit le balai, dans la crainte de quel([iuî accident, il se laissait tranquillement dévorer parla poussière et envahir par les toiles d'araignées. Son métier d'architecte lui avait inspiré une telle horreur |)our les maçons, les couvreurs, les charpentiers et les peintres en bâtiment qu'il n'eu voulait plus revoir nu seul. Un jour que la pluie avait pénétré dans son cabinet, à tiavers la toiture, il refusa obstinément d'ap|)eli'r les couvreurs : « Non, non, dit-il, ils feraient trop de bruit; la pluie en l'ait moins. »

(Cil. Blanc, Ilist. des pcinlres.)

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Sir Georges Thomas Smart , eompositeur et organiste de la chapelle de la reine Victoria, dirigeait l'orchestre du festival de Manchester en 183G, lorsque madame Malibran parut pour la dernière fois devant le public.

Madame Malibran , déjà souffrante , chanta un duo qui exigeait de grands efforts de voix et qui fut redemandé. La célèbre cantatrice, après avoir fait des signes suppliants , s'adressa à Georges Smart, qui dirigeait l'orchestre", et lui dit :

« Si je répète, j'en mourrai. "

Sir Georges Smart lui répondit :

« — Alors, Madame, vous n'avez qu'à vous retirer, je ferai des excuses au public.

u — Non, répliqua-t-elle avec énergie, non, je chanterai ! mais je suis une femme morte. "

Elle disait vrai.

( Courrier des Théâtres. )

Pendant l'une des séances que donna à Ingres ladv Eglé Charlemont, dont il faisait le portrait, des rires joyeux partant du salon arrivaient jusqu'à l'atelier. C'étaient deux élèves qui lisaient à M">^ Ingres une histoire drolatique extraite de la Gazelle des trihunaux. Jamais plus francs éclata de rire ne troublèrent les CL-hos de la villa Médicis , et la contagion s 'mblait sur le point de gagner le peintre et le modèle, quand M. Ingres, jetant sa p.»lette et froueant le sourcil, ouvrit brusquement la porte :

« On ne doit lire ici, cria-t-il durement, que la Bihleet Homère. »

11 revint se rasseoir, au milieu d'un silence à entendre voler une mouche (1). (LadyEglé Charlemont, Mémoires..

Artiste desintéressé.

Un curé des environs de Paris avait prié un de nos plus amusants chanteurs comiques de concourir à une matinée musicale donnée au bénéfice de je ne sais qu 1 orphelinat. L'invitation fut acceptée volontiers jiar l'artiste, et il sut prouver qu'il n'avait point perdu l'habitude de charmer son auditoire.

(t) Voir Musicitns, Peintres, Sculpteurs.

Après le concert, un déjeuner réunit les exécutants et les organisateurs de cette petite fête. Une des meilleures places était de droit réservée à l'artiste, qui trouva sous sa serviette un œuf pascal dont l'enveloppe fragile se rompit en laissant rouler cinq louis. « Ah ! monsieur le curé, dit-il gaiement au président de la table, combien vous connaissez mal mes goûts! J'adore les œufs à la coque, mais je n'en mange jamais que le blanc. Ne vous étonnez donc pas si je laisse le jaune sur la table. »

( Revue anecdotique.)

Artiste et financier.

Un riche banquier , qui fut ministre des beaux-arts sous le règne actuel, M. F., voulait avoir dans sa galerie un tableau d'Eugène Delacroix. 11 en causait avec l'artiste et annonçait l'intcntiou de le rémunérer largement-

« Ce sera le sujet qui vous conviendra, disait-il, traité dans les dimensions que vous jugerez à propos, et payé au prix que vous me demanderez. Ce à quoi je tiens , c'est à avoir une œuvre de vous. Vous voyez que nous n'aurons pas de discussions ensemble.

— Je l'espère, répondit l'artiste en souriant.

— Seulement vous voyez tout ce que je fais pour vous ; eh bien, à votre tour, je vous demande de faire quelque chose pour moi. Voyons, monsieur Delacroix, pour m'obliger, ne poiirriez-vous pas changer un peu votre manière.' »...

Artiste expéditîf.

Voici quelle fut l'origine d'une des estampes de Rembrandt. Cet artiste, extrêmement lié avec un bourgmestre de Hollande, allait souvent à la campagne de ce magistrat. Un jour que les deux amis étaient ensemble, un valet vint les avertir que le dîner était prêt. Comme ils allaient se mettre à table, ils s'aperçurent qu'il leur manquait de la moutarde. Le bourgmestre ordonna au valet d'aller promptement en chercher au village.

Rembrandt paria avec le bourgmestre qu'il graverait une planche avant que le domestique fut revenu. La gageure acceptée, Rembiandt , qui portait toujours avec lui des planches préparées au ver-

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nis, se mit aussitôt à l'oiuTage , et giara le paysage qui se voyait des fenêtres de la salle où ils étaient. Cette planche fut achevée avant le retour du valet, et Rembrandt gagna le pari.

Artiste laborieux.

Drouais avait une jolie voix et un goût naturel )iour la musique; on lui conseillait de l'apprendre : « Non, disait-il, je veux être peintre, et je n'ai pas trop de toute ma vie pour le devenir. » Il ne connaissait aucun goût de vanité, de fantaisie et de dissipation , craignant de déroJjer quelques heures au travail. On le détenniua cependant à aller un jour dans le monde; il céda aux instances qu'on lui fit, consentit à s'iiabiller et à se faire coiffer avec plus d'élégance que de coutume. Quand sa toilette fut achevée, il se regarda au miroir, et tout à coup il prit trantpiillement des ciseaux , coujia les quatre boucles de ses faces que le perruquier avait frisées avec tant d'art, rej)rit sou habit simple et uni, et dit : " A présent, j'espère qu'on me laissera travailler. ■»

(Suard, Mélanges de littérature.)

Artiste mourant.

Le curé du village de Nogent, qui exhortait le peintre Watteau à son luure dernière, lui présenta, selon l'usage, un crucifix , qu'il trouva très-mal sculpté : « Otez-moi ce crucifix, s'écria-t-il :

comment un artiste a-t-il pu rendre si malles traits d'un Dieu? »

( Panckoucke. )

Quoique âgé de quatre-vingt-trois ans, Hameau le compositeur ne mouiut ])oint résigné. Le curé de Saint-Eustache ne s'épargna pas dans cette circonstance ; il assista Rameau jusqu'au dernier moment.

On rapporte ([ue, dans son délire, le malade , fatigué des exhortations du pasteur, lui dit : « Queciiautez-vous là, monsieur lecuré.-" vous avez la voix fausse. »

[Galerie de l'ancienne cour.)

Artiste rebelle.

LaF.iustina, célèbre cantatrice, se mon-

tra un jour si obstinément rebelle à ce qu'Haëiidel lui demandait que celui-ci, après avoir remanié plusieurs fois , et sur ses indications , le morceau qu'elle devait chanter, jeta au feu toutes les variantes qu'il avait improvisées presque sous sa dictée, reprit le cahier où se trouvait le thème premier refusé par elle, le mit par force dans ses mains et, la saisissant elle-même par la taille, la ))orta à la fenêtre et la suspendit sur l'abîme, où il l'aurait précipitée si elle ne se fût décidée tout à coup à chanter, exactement comme Haèndel l'avait écrit , le spiendide arioso qui, le soir même, lui valut un succès inattendu.

(M. Cristal, Etudes sur Haëndel.)

Ascendant.

Le cardinal Du Perron avait un si grand ascendant sur le pape Paul V, que ce pontife disait ordinairement à ceux qui l'appiochaient de plus près : <i Prions Dieu qu'il inspire le cardinal Du Perron, car il nous jiersuadera tout ce qu'il voudra. » (Panckoucke.)

Ascension du mont ISlane par une femme.

Le guide Balmat , surnommé Mont Blanc, nous raconta qu'une seule femme était montée au mont Blanc aussi haut que M. de Saussure (1}.

C'était une fille d'auberge, qui trouvait honteux que notre sexe ne fût pas plus courageux. Elle annonça la volonté de suivre les premiers voyageurs <[iii tenteraient cette excursion. Vainement on lui observa qu'elle ne pourrait soutenir la fatigue d'une course si pénible , qu'il fallait coucher deux nuits sur la glace, etc. Elle persista, et partit en effet avec deux Anglais et sept guides. Arrivée à la moitié de l'espace qu'elle devait parcouiir, elle était déjà malade; on voulut la faire renoncer à son projet , mais il n'y eut pas moyen ; elle jura qu'elle aimait mieux mourir que de redescendre avant d'avoir posé le |)ied sur la place où M. de Saussure avait posé le sien. Plus elle s'élevait, plus sa santé s'altérait, sans que sou

(i] Il y en a eu d'aulres depuis, en partirulier M"*^ d'Angeville , la première femme du munde qui ait atteint le sunimct.

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