ASS
courage s'affaiblît. Le froid excessif que l'on éprouve, parvenu à une cerlaiue hauteur, lui causa d'affreux vomissemeuts , que rien ne pouvait calmer ; mais lors- ([u'ou voulait la faire rétrograder, elle avait des attaques de nerfs si effroyables , qu'on se voyait obligé de la laisser s'exposer à un danger qu'elle voulait affronter. «Traînez-moi, portez-moi, mais que je touche cette pierre célèi)re et je mourrai contente. » Enfin, après des fatigues, des peines et des souffrances inouïes , ses vœux furent exaucés ; elle ajouta son nom à celui du voyageur qu'elle révérait. Los guides furent oljligésde la porter presque toujours en descendant ; elle ne pouvait se soutenir sur ses jambes : elle fut six semaines entre la vie et la moit.
(M"^ Ducrest, Mémoires sur Joséphine.)
Assaut de patience.
Un quaker, étant en berline, se trouvait enfourné dans une de ces petites rues de Londres qui ne peuvent donner |)assage qu'à une seule voiture. Il voit venir à lui un cabriolet mené par un petit-maître. 11 fallait qu'un des deux reculât ; l'un ni l'autre n'y paraît disposé. Le quaker, à raison de son âge, invite le jeune fat à céder, « d'autant mieux, lui dit-il, qu'il est plus aisé à un wiski de reculer qu'à une berline. « Le j l'une homme ne répond à l'invitation que par nu insolent persiflage. Que fait le quaker ? Il tire tranquillement une pipe de sa poche et se met à fumer. Que fait le freluquet? Il tire de sa poche une gazette, et se meta lire. Un quart d'heuie se passe ainsi dans le calme le jilus ju-ofond. Après avoir achevé sa pipe, l'imperturbable quaker rompt le silence , et dit à sou adversaire : « Ami, quand tu auras achevé ta gazette , tu me feras le ])laisir de me lajuêter; je t'offre ma pipe en échange. » Ces paroles, prononcées du |ilus grand sang-froid , déteimineut la [)arlie adverse à reculer.
{Public, 10 brumaire anX.)
Deux femmes à prétention , chaciuie dans son carrosse, s'étant rencontrées dans une \\w. étroite de Paris, s'obstinèrent à ne vouloir reculer ni l'une ni l'autre, pour ne point se céder le pas. La rue
resta embarrassée jusqu'à l'arrivée du commissaire, qui ne trouva d'autre moyen, pour les mettre d'accord, que de les faire reculer toutes les deux en même temps.
Chacune d'elles fût morte sur place plutôt que de reculer la première (1),
Assaut expéditif.
En mai 1788, l'empereur 'Joseph II),
étant au camp de , avait donné ordre
au prince Charles, llls aîné de M. le prince de Ligne, de picudre le détachement nécessaire pour aller reconnaître la fortezesse de Sciiabath, appartenant aux Turcs.
Le jeune prince ne revenait pas; et l'empereur le croyait ou mort ou prisonnier, lorsqu'enilu on lui annonça sou ai-rivée.
« Je vous avais ordonné (lui dit le souverain avec un peu d'humeur) d'aller reconnaître Schajjath; et il y a deux heures au moins que vous êtes parti!... D'où reveuez-vous donc' — De la prerdre, » lui répondit du plus grand sangfroid le jeune militaire, qui l'avait effectivement prise d'assaut, l'éiH-e à la main. (De La Place, Pièces intéressantes.)
AN&ei'AÎssenieiit amoureux.
M™s du Barry avait pris un tel ascendant sur Louis XV qu'il se laissait traiter par elle avec une familiarité incrovable. Le roi aimait à faire son café lui-même. In jour que, préoccupé, il laissait la li(pieur se répandie sur les cendres de la cheminée : « Prends donc garde, la France, lui cria la comtesse, qui l'appelait toujours ainsi dans l'intimité, ton café f. .. le camp. »
Le duc de l,i Vallièie(le bibliophile), voyant à l'Opéra la petite Lacour sans diamants, lui demande comment cela se fait. « C'est, lui dit-elle, que les diamants sont la croix de Saint-Louis de notre état. » Sur ce mot , il devint amoureux fou d'elle. Il a vécu avec elle longtemps. Elle le subjuguait par les mêmes moyens qui réussirent à M'"e du Barry près de
(i) Cette anecdote donna lieu k la scène di-'î carrosses, ajoutée par Re^nard à sa comédie de
a Foire Suiiil-Cerinuin (i()i|j).