ATH
« Il arrivera de deux choses l'iino, ou Tarah parvieiuha ;iu trône, et ma t'oitiine est faite ; ou il sera vaincu, et dès lors sa mort est certaine, et je ne redoute pas sa vengeance. «
Heggiage , général aralie sous le calife Valid, consulta, dans sa dernière maladie, un astrologue qui lui prédit une mort prochaine. « Je compte tellement sur votre habileté, lui répondit Heggiage, que je veux vous avoir avec moi dans l'autre monde, et je vais vous y envoyer le premier, afin que je puisse me servir devons dès moii arrivée. ■» Et il lui fit couper la tète, quoique le temps fixé par les astres lie fût pas encore arrivé.
Henri VII, roi d'Angleterre, demandait à un astrologue s'il savait où il passerait les fé'tes de Noël. L'astrologue répondit qu'il n'en' savait rien. « Je suis doue plus hahile que toi, répondit le roi ; car je sais que tu les passeras dans laToui de Londres. » Il l'y fit conduite eu même temps.
( Collin de Plancy, D'ict. infernal. )
Astronome.
r/ja/t'i s'était appliqué à l'astronomie; et un jour qu'il était bien occupé à consulter les astres, il se laissa tomber dans un fossé : « Hé ! comment , s'écria une bonne vieille, connaîtrez-vous ce qui se passe dans le ciel , si vous n'apercevez seulement pas ce qui està-vos pieds (1)? »
Un docteur de Sorbonne fut chargé d'exhorter à la mort un astrologue, cpii devait être roué tout vif pour un assassinat qu'il avait commis sur un grand chemin. Pour lui adoucir l'horreur de son supplice, le docteur lui représentait le bonheur dont il allait jouir dans le ciel : (c Ah ! Monsieur, lui dit le patient , ce n'est pas cela qui me fait le pins de ])laisir, c'est qu'enfin je verrai la lune par derrière. » (^Bildlothèque de la cour.)
Astronome enfant.
Gassendi annoncja, dès l'enfunce, ce
(i) C'est avec cette anecdote que T.a Koiitaiiic a fait une de ses fables les plus crlèbrus.
qu'il serait un jour. Il n'avait encore que sept ans, (pt'on le trouvait souvent se relevant la nuit pour contempler les astres. Un soir il s'éleva une dispute sur le mouvement de la lune et celui des nuages, entre lui et ses camarades. Ceuxci voulaient que les nuages ftisscnt immobiles , et que la lune marchât ; le jeune Gassendi soutenait au contraire que la lune n'avait point de mouvement sensible, et que c'était les nuages qui se mouvaient avec tant de promptitude. Ses raisons ii'opérèient rien sur l'esprit de ses camarades, qui croyaient devoir s'en rapporter à leurs yeux, bien plutôt qu'à toutes les preuves qu'il leur donnait. Il fallut donc les détromper par les yeux mêmes. Il les conduisit, à cette fin, sous un arbre, et leur fit observer que la lune l)araissait entre les mêmes feuilles, tandis que les nuages se dérobaient à leur vue.
Athées.
Diagoras Milesius , qui fut appelé l'Athéiste, entrant un jour dans une hôtellerie, fit un repart d'esprit dont toute l'antiquité fit grand état , d'autant que, n'ayant trouvé antre chose que des lentilles pour son dîner, et le logis dépourvu de bois pour les faire cuire, il s'avisa d'une vieille idole d'Hercule, qui était le dieu tutélaire du logis, et s'adressant à lui, lui va dire : <' Il faut qu'aujourd'hui je vous fasse entreprendre un 13' coml)at contre dis lentilles (ou mieux : accomplis le dernier de tes travaux, en cuisant mes lentilles) ; et il le mit en |)ièces. Et une autre fois entrant dans ta bassecour où les prêtres prenaient augure du manger des oiseaux , et voyant que tout le sacré collège était grandement effrayé de ce que les poulets ne mangeaient pas, il les prit comme en colère, et les sauçant trois ou quatre fois dans une cuve pleine d'eau : « Vous boirez, dit-il, puisque vous ne mangez plus (1). »
(Garasse, Doctrine curieuse.)
(i) Bayle fait remar(|iiiT que c'est de Puhlins r.laudius que Valère Maxime rapporte ce <lrrn'uT trait. Voir, dans son Dictionnaire, l'article Diagoruf, nu l'on trouvera, citées avec un grand luxe d'érudition sceptique, beaucoup d'autr<s anecdotes analogues.
ATII