‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangèresChapitre 42 sur 156 · X... feuilletaitdes papiers pour y puiser des arguments · texte numérisé non relu

X... feuilletaitdes papiers pour y puiser des arguments

<> Tu as beau battre tes cartes , grommela entre ses dents l'incoi-rigible président, tu ne trouveras pas d'atouts. »

M. Abraham Did)ois était eu train de lire un discours <pii semblait ne devoir jamais finir. M. Du|)in l'engagea à santor (|uelques pages. L'oi-ateur (il n'y a pas (l'autre expression) suivit ce conseil cpie justifiait amplement l'inattenfion de la Chambre. Mais le discours traînant toujoui-s eu longueur, Dupin revint à lacharge eu disant avec un sérieux imperturbable:

« Allons, Abraham, encore un sacrifice! » {Figaro. )

M. Dupin, placé à l'Opéra à côte d'un monsieur qui fredonnait continuellement à ses oreilles, fit quelques gestes de dépit.

(( Qu'avez-vous , monsieur.* vous ne paraissez pas content.

— C'est, monsieur, répondit M. Dupin, que j'enrage contre ce coquin de Duprez (pii m'empêche de vous entendre. »

( Mosaïque. )

Aundiiierchez le gardedes sceaux, deux convives importants se faisaient attendre. Il était tard, et le chancelier, s'adressant au président Dupin, lui demanda s'il ne pensait pas qu'on dût faire servir :

« Je suis de cet avis, dit le président, et d'autant |iius qu'eu dînant nous les attendrons, tandis qu'en les attendant nous ne dînons pas. »

BON

L'écrivain Doiigla* Jcrrold avait une aeiit de lait contrr uu de ses voisins. Un jour, un ami lui ]>arlait justement de cette personne, en disant que les mots « honnête homme » étaient écrits sur son visage.

<c Hum ! répond Jerrold, alors la plume devait être bien mal taillée ! »

(^International.)

Une dame quêtait. Elle présente la bourse à u« itchard , qui lui dit rudement :

« Je n'ai rien.

— Prenez, monsieur, répondit la dame , je quête pour lœ indigents. »

Une jeune Anglaise, nflligéc d'un nez pur))urin sur un visage pâle , s'asseyait l'autre soir dans le salon de M"'^X... On la disait mal mariée à un descendant de Silène et de Falstaff. « Pauvre femme!

se mit à dire sa meilleure amie, ea faisant remarquer charitablement son air triste ; est-elle assez malheureuse! C'est son mari qui boit et c'est elle qui a le nez rouge ! »

Uou mot ti-aduit en allemand.

Un spirituel voyageur, M. d'Estourmcl, raconte que, se trouvant un jour dans un salon cosmopolite, il avait clierché à placer, dans un compliment à la maîtiesse delà maison, une pointe toute française.

En présentant sa lasse de thé, où la dame versait le nuage de lait, il avait osé dire :

« Vous êtes, madame, comme cette tasse : vous êtes pleine de bon thé. »

Le jeu de mot fit sonrire le cercle, et obtint, eu pays étranger, nnVdv^e succès d'estime.

Quelques jours après, dînant dans une autre maison, il entendit un gros Allemand dire à la dame du lieu :

'< Matame , fous êtes gomme cette dasse : fous êtes hleine de pan café, n

La dame ne comprit pas le complinuMit, et le convive tudesqne cherche encore ))nurqii()i il n'a pas obtenu le succès de M. d'Estourmcl.

Bonté*

« 0 grand Dieu ! disait Saadi, je ne te prie que pour les méchants, car lu as fait assez pour les bons en leur donnant la bonté. ><

On louait devant Archelaûs l'extrême

lionté de son collègue Charilaiis : ce Et

comment serait-il bon, leur dil-il, s'il ne

sait pas être terrible aux méchants? (1) »

( Plutarque, Vie de Ljcurgue, )

Cosroès, roi de Perse, avait cette sorte lie bonté que l'on admire plutôt dans un |)articulier que dans un souverain, qui doit, avant toutes choses, justice à se> peuples. Un jour ce prince donnait un festin aux grands du royaume. Un officier, ([u'il avait dépouillé de son emploi, |n'it, sur le buffet, un plat d'or, et l'emporta ; il n'y eut que le sophi qui s'aperçut du vol. Celui qui avait soin de la vaisselle fit des recherches, se plaignit : « Calmezvous, lui dit Cosroès, celui qui a pris le plat ne le rendra pas, et moi qui l'ai vu prendre, je n'ai garde de découvrir U' voleur. » Quelques jours après, le même officier |iarut à la cour avec lui habit neuf. Le roi s'approcha et lui dit à Toreille : « Est-ce mon plat qui vous a donné celte belle robe? — Oui, seigneur, » répondit l'officier, et montrant ensuite ses caleçons tout déchirés : « Vous voyex, aj()uta-t-il , qu'il n'a fait les choses ([u'ii demi. »

( histoire moderne des Persans.)

On parlait à Rome de faire pape le caidinal Doua. Pasqnin dit aussitôt : l'a/ia l'tona, est oratio incongrua ; mais le cardinal répondit :

Vana Kikcismi non te conturbel imo^oj

Lsitt papa lionuf, si ISonu |)n])a l'ort-t [■>.').

{^Improvisât, franc.)

[i] I.c mot a en girc une tournure jilus ironi- <iue . « (Comment ne serait-il pas un e\erlliiit liiinime, lui qui ne sait même point être dur aux meehants ? »

[7.) C'est un jeu de mots intraduisible en fraii<;ai:>. L'épigramme ufficliée sur la statue

DON

BON

Une des maximes favorites tic Marivaux était que pour être assez bon, il fallait l'être trop.

{Espr. de Marh'aux.)

Louis XVI chassant aux environs de Versailles, demande à des paysans pourquoi les foins qui lui ]iaraissaient mûrs étaient «Micorc s'^r pied? «Sire, les officiers des chasses ont défendu de faucher avant la Saint-Pierre, à cause des nids de perdrix. — Et moi, réplique le roi, je veux que vous fauchiez dès aujourd'hui, si vous désirez le faire. Il n'est pas juste (pie, pour conserver mon gibier, vous perdiez vos propriétés. »

[Anecd. sur Louis Xt'I.)

Un fils de madame Thibault, première femme de chambre de Marie-Antoinette, s'étant Ijattu en duel dans le parc de Compiègne, avait eu le malheur de tuer son adversaire. La mère sollicita aussitôt les bontés de la Dauphine en faveur de son fils, et, par cette puissante intercession, parvint à le soustraire à la sévérité des lois. Une dame de la cour s'étant permis de dire à la princesse que madame Thibault n'avait imploré sa protection qu'après avoir essuyé un refus de madame Uubarry, Marie-Antoinette s'écria : » Si j'étais mère, pour sauver mon fils, je me jetterais aux genoux deZamore; » c'était le nom du petit nègre de madame Dubarry.

Tous les membres de la famille royale de Louis XVI avaient des maisons de campagne particulières, pour s'y délasser des fatigues de la représentation. Sainl- Cloiid élivit à la reine, Biunoy à Monsieur, Ragatclle à M. le comte d'Artois, lielleviie aux tantes du roi. Madame Elisabeth n'en demandait pas ; mais étant venue à Montreuil par hasard, dans une maison charmante appartenant à madame de Guéménée, le roi lui dit : « Vous êtes chez vous. » En effet, il venait secrètement de l'accpiérir pour la lui donner.

<'i- rasquin tlil ; «Un pape Bima ( comme s'il y avait «Il français : un lionne pape), mauvaise faion lie parler, association de mots incongrue. » 1)1 '-rar<linal répond : « Quelavaineapparcncrd'un s(>li( l'aine ne te trouble ]ias ; le pape seluit bon , i\ liuiia devenait pape- »

Pour former une laiterie. M""' Elisabeth fit venir de Suisse quatre génisses superbes, et une jeune fille du Valais pour eu prendre soin. Cette dernière s'appelait Marie. Belle, naïve, mais toujours niélaiicolitjue, sa nouvelle place ne pouvait lui faire oublier ses montagnes, et surtout Jac((ues à qui elle avait été promise. Elle confia sa peine à M'"" de Tliéveuet, qui composa aussitôt les paroles et l'air de la jolie romance : << Pauvre Jacques, quand j'étais près de toi, » etc. (1). Marie l'apprit et la chanta au moment où M"*^ Elisabeth passait. La princesse apprenant que la romance dépeignait sa véritable situation , fit venir Jacques de Suisse à Montreuil, et l'unit pour toujours à Marie. ( Webor, Mémoires, )

Lois([uc Pie Vil , à Paris, alla visiter rim|)rimerie Impériale, uu jeune homme mal élevé avait gardé son chapeau sur la tèle en présence de Sa Sainteté ; quehpies personnes indignées d'une grossièreté aussi déplacée allaient le lui enlever, lorsque le pape s'apercevaut de cette petite rumeur, et apprenant le motif qui y donnait lien, s'approcha du jeune homme, et lui dit avec une bonté vraiment patriarcale; « Jeune homme, découvrez-vous poiu' que je vous donne ma bénédielion ; la bénédielion d'un vieillard n'a jamais porté malheur à personne. »

( Bouriicnne, Mémoires ,)

ICoiité enfantine.

Je me rappelle avoir vu un jour la petile fille d'Élisa Bonaparte couiir veis une petite mendiante qui demandait l'aumône, et que le suisse clrassait assez durement de l'avenue du Poggio impérial.

Elle se mit à (ileurer à la vue de la misère de la jeune mendiante, la prit pardessous le bras pour forcer la consigne ; exigea avec un ton impérieux qui était charmant ([u'on lui donnât à manger, de l'argent, sintont des bas et des souliers, car sa protégée, disait-elle, devait bien

(i) Pendant la Révolution, on parodia ainsi la romance de M""! de Tliévcnet et tout le monde clianta :

Pauvre peuple, quand tu n'avais qu'un roi,

Tu nu sentais pas la misère ;

!Mais à présent avec dou/.i- cents rois,

Tu muni[ucs de tout sur la terre, de.

bOll

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