‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangèresChapitre 45 sur 156 · DRU · texte numérisé non relu

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plus poète qwe militaire, rut l'imprudence d'eu sortir un jour eu robe de cliamhre, et , conduit par ses rêveries, il s'éloigna tant de son château, qu'il tomba entre les mains d'une troupede ces bandits. Ils allaient lui faire unmauvais parti, si l'un d'eux lie l'eût reconnu, et n'eut informé ses camarades que c'était là le seigneur Arioste ; aussitôt leur chef, changeant de ton , l'accabla d'honnêtetés, et l'assura que, puisqu'il était l'auteur du poëme Orlando fmrioso, il se ferait un deroir de le reconduire jusqu'à la forteresse , ajoutant que c'étaitlemoindrc tribut qu'il |>ùt rendre au mérite d'un poëte si célèbre (1).

( IViiits parisiennes.)

Brutalité.

Ltilli , iiUéressant par sos ouvrages, ne l'était pas par son caractère : flatteur, débauché, caustique, brutal, il était, de son propre aveu, capable de tuer quiconque lui aurait dit que sa musique était mauvaise; il donna un jour un grand coup de pied dans le ventre à M'"'= Rocliois, parce que sa grossesse retardait la représentation d'un opéra.

( Le Portique ancien ei moderne. )

Le général Kamenski était un homme vif, dur, pétulant et emporté. Un Français, Jout effrayé de sa colère et redoutant l'effet de ses menaces, vint chercher un asile dans ma maison (2) ; il me dit que, « étant entré au service du général Kamenski, tant qu'il avait été avec lui à Pélersbourg il n'avait en qu'à se louer de la manière dont il se voyait traité; mais que bientôt, le général l'ayant emmené dans une de ses terres, la scène changea totalement. Loin de la capitale, le Russe moderne disparaît, le Moscovite se montre tout entier ; il traite ses gens comme des esclaves, les gronde sans cesse, ne leur paye point de gages, et les accable de coups pour la moindre faute, ou même souvent sans sujet. » Excédé d'un joug si tyrannique , le Français se sauva et vint à Kioff, où les émissaires du général le poursuivaient. L'un d'eux , plus hu-

(i) Cf l>rig.in(l li-ltré s'appelait Marro Scinrra. On ratiiiili- des avfnturrs analoj;ur.s tlu chanteur Garcia ri do plusieurs autres artistes.

{■>] 1,'atili ur occupait l'ambassade de France à Suint-l'eleisbuurg,

main le fit avertir, que son maître avait juré, s'il pouvait le reprendre, de lui faire subir un châtiment exemplaire.

Indigné de cette conduite, j'allai trouver son persécuteur, pour le prévenir que je ne souffrirais pas qu'un Français fiit ainsi opprimé. La scène fut vive ; Kamenski me dit « qu'il trouvait fort étrange que je me mêlasse de ses affaires domestiques, et que je prisse la défense d'ini mauvais stijet, qu'il saurait bien châtier malgré moi. — Eh bien! général, lui-dis-je, j'ai deux titres pour protéger votre victime : je suis ministre et Français. Si vous ne me promettez pas formellement de cesser toute poursuite contn; tMi homme libre par les lois de mon pays, et (pie rien ne vous autorise à traiter en esclave, comme ministre je vais sur-lecham() chez l'impératrice pour me |)laindre de votre conduite, et ensuite comme militaire français, je vous demanderai raison des insultes faites à l'un de mes compatriotes, insultes que dès ce moment je regarderai comme personnelles , puisque je l'ai pris sous ma protection. »

Une affaire particulière n'aurait point effrayé le général , mais la crainte du courroux de rim[)ératrice l'intimida; il me fit la promesse que j'exigeais, et nous nous séparâmes.

Longtemps après, le même général me donna d'inconvenantes preuves de sou souvenir et de son ressentiment. Dans la première guerre des Français contre les Russes , guerre que termina glorieusement la paix de Tilsitt, mon fils , le général Philippe de Ségur, après une charge brillante, ayant poursuivi avec trop d'ardeur l'ennemi qui se retirait, fut entouré, blessé et pris; on l'amena devant le général Kamenski.

Celui-ci, après lui avoir demandé son nom, voulut qu'il lui donnât quelques notions sur la position et les forces de l'armée française. D'après son refus il le traita avec là rigueur la plus indécente; malgré ses blessures, il voulut le contraindre à faire dans la neige, où l'on enfonçait jusqu'aux genoux, près de vingt iieues à pied, sans lui donner leloisir d'être soigné ni pansé. Mais ses propres officiers , indignés de cette dureté, donnèrent à mon fils un kibitki, et peu de jours après il arriva au quartier du général Aprcixin, qui le dédommagea, par sou urbanité, des muuvai* traite

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