‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangèresChapitre 52 sur 156 · GIR · texte numérisé non relu

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Le catholicisme lui souriait davantage, mais il fallut bien lui dire que la religion -catholi(|ue, apostolique et romaine, avait un chef suprême, à la puissance spirituelle duquel tout souverain temporel devait se soumettre. A cette nouvelle :

— Je n'adopte pas davantage celle-là, reprit-il impérieusement. Je prétends rester seul maître de mes sujets, comme seul arbitre de mon appétit. Je veux commander à tout le monde et n'obéir à personne.

Son choix s'arrêta enfin sur la religion grecque, et séance tenante, il enjoignit à tous ses sujets d'aller se baigner dans le Dnieper.

( Correspondant , Souvenirs aiiecdot.

d'un page. )

Choix prudent.

l'n marchand qui, entre autres denrées, trafiquait d'esclaves , alla à Épbèse pour se défaire de ceux qu'il avait , parmi lesquels se tiouvait Esope le Phrygien. Ce que chacun d'eux devait porter pour la conmiodité du voyage fut départi selon leur emploi et selon leurs forces. Éso|)e pria que l'on eût égard à sa taille, qu'il était nouveau venu, et devait être tiaité doucement ; « Tu ne porteras rien, si tu veux, » lui repartirent ses camarades.

Ésope se piqua d'honneur, et voulut avoir sa part comme les autres. On le laissa donc choisir. Il prit le panier au pain, c'était le fardeau le plus pesant. Chacun crut qu'il l'avait fait par bêtise ; mais, dès la dinée, le panier fut entamé, et le Phrygien déchargé d'autant ; ainsi le soir, et de même le lendemain ; de façon qu'au bout de deux jours il marchait à vide. Le bon sens et le raisonnement du personnage furent admirés (1).

(La Fontaine, y te d^ Ésope.)

Les alliés grecs, ayant fait prisonniers à Seslos et à Byzance un grand nombre de Barbares, prièrent Conon d'en faire le partage. 11 met d'un côté les prisonniers,

(i) Nous nous bornons à choisir tiuclqucs anec- 'lotes, c( les plus vraisemblables, parmi la multitude de légendes, extravagantes pour la plupart, dont le moine l'Ianudc a rempli son roman sur la vie d'Ksope, et dont La Fontaine a adopté un L'rand nombre.

réduits à la nudité la plus complète ; de l'autre, les ornements qu'ils portaient sur eux, et offre aux alliés de choisir celui des deux lots qui leur plaira , déclarant que les Athéniens se contenteront de l'autre. Us choisissent les ornements et abandonnent les prisonniers aux Athéniens.

On se moqua de Conon, car les alliés emportaient des bracelets d'or, des colliers, des robes de pourpre, etc., tandis que les Athéniens n'avaient que les corps des Perses, tout nus et impropres au travail. Mais bientôt après, les amis et les parents des prisonniers accoururent les racheter pour de grosses rançons, et Conon, qu'on avait raillé, y gagna de quoi nourrir ses vaisseaux pendant quatre mois et de quoi donner en outre une forte somme d'argent à Athènes.

(Plutarque, Fie de Conon.)

Chute.

Un jour M. de Créqui tomba du haut d'un escalier en bas sans se faire autrement de mal. « Ah! monsieur, lui dit-on, que vous avez sujet de remercier Dieu ! — Je m'en garderai bien, dit-il , il ne m'a pas épargné un échelon, »

Piron, sortant de voir la j)remière représentation de sa tragédie de Fernand Cortez, qui n'avait pas eu de succès, fit un faux pas. Quelqu'iui s'eminessant de le relever, il lui dit : « C'est ma pièce ([u'il fallait soutenir, et non pas moi. » (Aiigotiana.)

On disait à Sophie Arnould , après la première représentation du Mariage de Figaro ; « C'est une pièce cpii ne peut se soutenir. — Oui, répondit-elle, c'est tnie pièce qui tombera... quarante fois de suite. »

{Esprit de Sopide Arnould.)

Circonstances atténuantes.

Loisque M. le maréchal delà Ferté fit son entrée dans Metz, les juifs vinrent pour le saluer, connue tous les autres. Quand on lui eut tlit qu'ils étaient dans

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