COL
« Que vonlea-vous par moM? Ini dit madame X
— Mon Dieu , madame me donnera quatre cents francs par mois de fixe.
— Quatre cents francs! Y pensez-vous ?
s'écrie madame X...
— Maiscertaiuement, madame, répond William, je me contentais de dciix cents francs chez la piincesse, paice que là l'étais dans mon monde. »
Cocher de fiacre.
Il pleuvait à toirents. Un monsieur s'élance dans un cab, et se fait conduire jusque dans Avcnue-road. Il s'aperçoit en route qu'il a oublié sa bourse. Comment faire?
Arrivé dans Avenue-road , il descend et cKt au cabnian :
•i Vnudriez-vous me passer une allumette? j'ai laissé tomber un souverain dans le cab. »
Ces mots n'étaient pas plutôt prononcés que le cocher cinglait un solide coup de fouet à son cheval , et disparaissait ventre à terre derrière un tournant.
Avis aux personnes qui voudraient tenter rhonnêlelé des cabmen de Londres. [International.)
Monsieur Duchène, lieutenant dans le régiment Soissonnais, se trouvait dans un fiacre et moi dans un autre ; nos voi- • tares s'accrochèrent et se heurtèrent si fort , que le bout de l'essieu de l'un cassa la roue de l'autre. Noiàs nous trouvâmes e mbarrassés. L'impatient monsieur Dûchêne menaça mon fiacre de lui couper le visage à coups de plat d'épée. Le fiacre , plein du meilleur bon sens qu'il v ait jamais eu dans homme de son espèce, répondit à monsieur Duchène en ces piopres termes : « Monsieur, vous m'allez frapper de votre épée; moi, je vais vous flanquer un coup de fouet au travers du visage : vous me passerez votre épée au travers du corps; ce ne sera qu'un f. .. fiacre mort. A qui en sei a l'honneur? » (Comte de Rantzaw, Mémoires.)
M™« R., femme d'un artiste célèbre, a contracté à l'étranger l'habitude, peu acceptée en France, de tutoyer à premièi-e vue tous les inférieurs. L'autre
jour, elle demande un fiacre. Au moment de partir, elle interpelle le cocher et lui dit:
» Je suis pressée , fouette tes chevaux et mène-moi bon train. Tu aui'as nu bon pourboire. »
Le cocher, nu moment Interdit de cette familiarité, prend enfin son jwrti, sourit agréablement et réj^lique en fermant la portière :
<c Vous me tutoyez!... C'est donc de l'amour? »
{Petite Rtviie.)
Colère dcTote.
LeroidePrusseFrédéric-GuJllaumel'''', fondateur de Postdam et père de Frédéric le Grand , était d'un caractère trèsviolent; mais il se modérait un peu lorsqu'il avait la goutte et qu'il se croyait menacé de mourir. Ces accès de goutte, comme chez Louis XI , produisaient toujours des accès de dévotion , et , dans ces moments d'humilité chrétienne, on pouvait tout lui dire. Il arrivait seulement que la dévotion du roi se manifestait quel- ([uefois sous une forme burlesque.
Sur les dernières années de sa vie, Frédéric-Guillaume était devenu hydropique.
Un soir qu'il ne pouvait faire lui-même sa ])rière , il se la fit lire par un de ses v.ilets de chambre. Or cette prière finissait par ces mots :
« Que Dieu te bénisse ! »
Le valet de chambre , qui eût cru manquer de res^iect au roi en le tutoyant , changea le texte et dit :
« Que Dieu vous bénisse ! »
Voilà le dévot monarque dans une agitation voisine de la colère. Il saisit un livre et le jette à la tète du lecteur, en criant :
(c II n'y a pas cela ! il n'y a pas cela ! Lis encore une fois ! »
Le pauvre valet, mourant de peur, ne trouvant point en quoi consistait son erreur, répéta son « que Dieu vous bénisse ! 1) La colère du roi ne connut plus de bornes; s'arrachant sou bonnet de nuit, il le jeta au visage du lecteur, en criant plus fort que la première fois :
« Il n'y a point cela , te dis-je ! Lis encoie!... »
Plus mort que vif,le malheureux répéta encore : « Que Dieu vous bénisse !
— Te bénisse, maraud! te bénisse!