‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangèresChapitre 58 sur 156 · OV · texte numérisé non relu

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Coquetterie hors de saison.

Le comte de Boutte\ille élait le plus célèbre duelliste de sou temps. Coiidamiié à être décapité , et voyant que l'exécuteur lui avait coupé les cheveux et allait lui couper la moustache, qui étnit belle et giande , il ne put cacher le chagrin que lui causait ce déslionncur, et il y portait la main comme pour la préserver du mal dont elle était menacée. Alors l'évéque de Mende, qui le réconfortait eu ce dernier instant, voyant cette nouvelle inquiétude, lui dit : » Mon fils, il ne faut plus penser au monde. »

(Dulaure, Pogoiwlogie.)

Coquetterie involontaire.

M. Godin, ({ui avait été attaché à l'ambassade de Coiislautiuoi)lc, en avait ramené une femme grecque dont ou vantait la beauté , quoiqu'elle n'eût rien de remarquable que de très-beaux yeux. Elle savait très-peu de français; et ayant entendu parler souvent de ses beaux yeux, elle s'était persuadée que ces deux mois ne pouvaient être séparés. Se plaignant un jour d'un mal d'yeux, on trouva plaisant de l'entendre dire : « J'ai mal à mes beaux yeux. »

(Constant, Mimoircs.)

Coquetterie punie.

Madame de P'", femme d'un riche financier, aussi vaine de sa beauté que de sa fortune, avait rencontré plusieurs fois dans les sociétés M. le comte de la Marche, depuis prince de Conti ; et prenant des égards pour des transports de l'dme, ne doutant pas que le prince ne cherchât à lui faire sa cour, elle ne voulut négliger aucun moyen de s'assurer cette conquête.

Au bal de l'Opéra, elle fut abordée par un masque qui lui parut avoir la taille , la démarche et jusqu'au son de voix du prince. Elle le traita en conséquence avec beaucoup de bonté, et lui accorda pour le lendemain à midi, chez elle , le rendez-vous qu'il sollicitait avec instance. Pour qu'il ne fût pas refusé à sa porte , elle lui remit son éventail, le priant de ne pas se nommer, et lui annonçant qu'elle donnerait ses ordres pour que, reconnu à cette simple marque, on

le laissât entrer. Eu effet, le lendemain à l'heure prescrite, elle voit arriver chez elle un jeune homme bien fait, d'une jolie figure, se présentant avec beaucoup de grâce , et tenant son éventail à la main ; mais il était eu cheveux longs, eu habit noir, dans le costume de la magistrature ; et s'apercevaut alors qu'elle s'était cruellement trompée , elle s'imagina de réparer sou erreur eu substituant des airs de dignité et de protection à ceux de tendresse qu'elle avait peut-être trop témoignés au bal. » Monsieur, lui dit-elle, je vous ai trouvé très-aimable dans la conversation que nous avons eue ensemble, et non-seulement je désire jouir de votre société autant que vos occupations vous le permettront, mais si je |)enx vous être de queli[ue utilité dans l'état que votre costume m'annonce , je m'y emploierai avec zèle, et vous ferai connaître aux amis que j'ai dans le parlement. »

Le jeune homme prend alors l'air d'uu humble protégé, se confond en révérences, en remerciments, et madame de P"* continue : «Comment vous appelez-vous, monsieur, et quel est le genre d'études auquel vous vous destinez dans le barreau ? Car, à en juger par votre air de jeunesse, je pense que vous n'êtes pas encore placé. ■ — Madame , je m'appelle Joli, et je travaille pour devenir un jour procureur. — Cet état est bien médiocre; sans doute vous êtes fait pour l'honorer. On parlerait bientôt du joli procureur, et vous auriez surtout beaucoup de clientes. Mais vous devez sentir combien ri serait difficile qu'une femme comme moi annonçât pour un simple procureur tout l'intérêt que vous inspirez.

Vos parents travaillent-ils dans ce même état? — Oui , madame ; mon père est procureur, et mon oncle avocat. — Ah ! cette dernière profession est du moins plus honorable que l'autre. Il faut vous réclamer de votre oncle et ne pas parler de votre père. Mais j'ai peur que, malgré vot 1 e silence et le m ien , on ne se le rappelle toujours, et que cela nenuiseà votre avancement. N'auriez-vous pas quelque autre nom que vous puissiez substituer à celui de Joli? — Madame, quelquefois on me nomme Fleuri. — Comment! voilà deux noms qui conviennent parfaitement à votre air, à votre figure. Mais il me vient une idée : à la faveur de ces deux

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noms, ne vous serait-il pas |)ossible de vous enter sur une des familles les plus distinguées de la magistrature, celle des Joli de Fleuri? — Oh ! très-aisément, madame ; car le procureur général est mon père, etl'avocat général mon oncle ». A ce mot, madame de P"' fut couverte de confusion du ton de protection qu'elle avait pris vis-à-vis d'un homme dont elle pouvait être protégée, et du cruel persiflage dont elle avait été si longtemps dupe.

M. Joli de Fleuri assura avoir été assez discret pour ne pas abuser davantage de son trouble ; mais il ne put se refuser au plaisir de raconter son aventure , fpii devint tout de suite très-publique ; et dès le lendemain , madame de P*", dans toutes les sociétés où elle alla, trouva sur les cheminées une petite statue en plâtre, représentant le joli procureur.

(Paris , Versailles et les provinces au XFIII" sicclc.)

Coriloits bleus.

Louis XIV, étantoiicoie ciifa\it, ne pouvait se résoudre à poiter le cordon bleu. Le maréchal deVilleroi, son gouverneur, s'adressa un jour, en présence du jeune monar([ue , à Monsieur, qui avait son cordon, et ont l'air de le prendre pour le roi, en l'appelant Sire. « C'est moi qui suis le roi , dit le jeune monarque. — Si vous étiez le roi , vous auriez le cordon bleu , )> dit Villeroi. Le petit souverain courut aussitôt s'en revêtir; il ne se montra jamais depuis sans en être décote.

(Improi'isateur f^Ttuçais.)

La révolution de juillet, comme toutes les autres , a eu son côté ridicule, et l'anecdote suivante mérite de figurer dans cette dernière catégorie. Un très-grand seigneur, ayant été le 10 août 1S30 saluer Louis-Philippe, et s'élant chamarré de rubans tricolores pour paraître à la nouvelle cour, un de ses amis lui demanda s'il était bien vrai qu'il eût fait cette démarche. M. de '"* lui répondit ces incroyables paroles : « Oui, c'est vrai ; mais j'avais mon cordon bleu, w

(Alissan de Chazet, Mémoires.)

Corj'ectioa insuffisante.

Voltaire disait du poëte Roy, qui avait

été souvent repris de justice, et qui sortait de Saint-Lazare : « C'est un homme qui a de l'esiirit , mais ce n'est pas un auteur assez châtié. «

Correction salutaire.

Un mestre de camp me racontait que tous les mois une fois il battait ses laquais; je lui disais là-dessus tout ce i[ne Sénèque dit en faveur de ceux qui nous servent : <i Citez-moi, répoudit-il, tant de latin et de philosophie que vous voudrez, je ne quitterai point ma méthode qui est si bonne, que, depuis trente ans que j'ai dos laquais , aucun d'eux n'a été re|)ris de justice , qu'un seul que je n'ai point battu. »

(Vigneul-Marville.)

Correspondance acatlénii<iue.

Il ne tint ])as à Maupertuis que sa querelle avec Voltaire n'eût des suites fâcheuses pour ce dernier ; mais les menaces de l'un n'eurent point d'effet, parce c[ue l'autre n'y voulut réjondre qu« par des plaisanteries. Ou cite à ce sujet deux lettres de ces antagonistes, qui sont des monuments bons à recueillir ; elles prouvent que la philosophie n'élève pas toujours l'homme au-dessus des injures, et qu'un persiflage ingénieux peut tenir lieu d'autres armes aux grands poètes.

Quoi qn'il eu soit, voici la lettre de Maupertuis à Voltaire :

« Je vous déclare que ma sauté est assez bonne pour vous venir trouver [)artout où vous serez, pour tirer de vous la vengeance la plus complète. Rendez grâce au res|)rcit et à l'obéissance qui ont retenu jus(|u'ici mon bras...

« Tremblez !

« Signé : MAUPERTUIS. »

Réponse de M. de Foliaire.

« J'ai reçu la lettre dont vous m'honorez. Vous m'apprenez que vous vous poitezbien, que vos forces sont entièrement revenues , et vous me menacez de venir m'assassiuer, si je public la lettre de la Beaumelle. Ce procédé n'est ni d'un bon chrétien, ni d'un président de l'Académie, tel que vous êtes. Je vous fais mon com|)liment sur votre bonne santé, mais je n'ai pas tant de forces que vous.

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Je suis au lit depuis cniinze jours, Pt je vous supplie de diffrrcr la petite expérieure de physique que vous voulez faire. Voulez-vous peut-être me disséquer? Mais songez que je ne suis pas un géant des Terres Australes, et que mon cerveau est si petit que la découverte de ses filires ne vous donnera aucune nouvelle notion de l'àme. De plus, si vous me tuez, ayez la bonté de vous souvenir que M. de la Beaumelle m'a promis de me poursuivre jusqu'aux enfers. II ne manquera pas de m'y aller clierclier, quoique le trou qu'on doit creuser par votre ordre jusqu'au centre de la terre, et qui doit mener tout droit aux enfers, ne soit pas encore commencé. S'il y a d'autres moyens d'y aller, il se trouvera que je serai malmené dans l'autre monde, comme vous m'avez persécuté dans celui-ci!... Voudriez-vous, monsieur, pousser l'animosité si loin ! Ayez encore la bonté de faire une petite attention : pour peu que voiis vouliez exalter votre âme pour voir clairement l'avenir, vous verrez que si vous venezm'assassiner à Leipzig, où vous n'êtes pas plus aimé qu'ailleurs, et où votre lettre est déposée, vous courez risque d'être jiendu ; ce qui avancerait trop le moment de votre maturité, et serait peu convenable à im président de l'Académie. Je vous conseille de faire d'abord déclarer la lettre delà Baumelle, forgée et attentatoire à votre gloire, dans une de vos assemblées, après quoi il vous sera permis peut-être de me tuer, comme perturbateur de votre amour-propre. Au reste, je suis encore bien faible; vous me trouverez an lit, et je ne pourrai vous jeter à la tète que ma seringue et mon pot de chambre ; mais dès que j'aurai un peu de force, je ferai charger mes pistolets cum puhere pyrio; et en multipliant la masse par le carré de la vitesse, jusqu'à ce que l'action et vous soient réduits à zéro, je vous mettrai du plomb dans la cervelle, qui paraît en avoir besoin. Il sera triste pour vous que les Allemands, que vous avez vilipendés, aient inventé la poudre, comme vous devez vous plaindre qu'ils aient inventé l'imprimerie!...

Adieu, mon cher président.

« Signé : Voi.TAIRE. »

[Galerie de l'ancienne cour.)

Correspondance conjug^ale.

Une grande dame du dernier siècle écrivait à son mari :

« Ne sachant que faire, je vous écris. Ne sachant que dire, je liiiis , » Bien fâchée d'être

•( Comtesse de »

(Ch. Brifaut, Passe-temps d'un reclus.)

Correspondance de famille.

Le père du prince de Ligne, le plus hautain et le plus bizarre des hommes, haïssait cordialement son fils. Quand celuici, à seize ans, fut nommé colonel du légiment de Ligne, il écrivit à son père la lettre s uivante :

« Monseigneur,

« J'ai l'honneur d'informer votre altesse que je viens d'être nommé colonel de son régiment. Je suis avec un profond respect... etc. »

La réponse ne se fit pas attendre; la voici :

« Monsieur,

'< Après le malheur de vous avoir pour fils, rien ne pouvait m'être plus sensible que le malheur de vous avoir pour colonel. Recevez, etc. «

(Comte Ouvaroff, Introduction aux Mémoires du prince de Ligne.)

Correspondance importune.

Voltaire écrivait à un importun qui le persécutait par des lettres inutiles. Cl Monsieur, je suis mort ; ainsi je ne pourrai plus désormais répondre aux lettres que vous me ferez l'honneur de m'écrire. »

(Marquis de Luchet, Mémoires sur y oit aire.)

Correspondance laconique.

Crillon écrivit un Jour à Henri IV:

« Sire trois mots : Argent ou congé. — Ciillon, répondit le roi, quatre mots : Ai l'un ni l'autre. »

Correspondance simplifiée.

Quoique secrétaire du duc de Vendôme, Campistron trouvait plus court de biùler les lettres qu'on écrivait à ce Prince

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que d'y li'poiulrc. Aii><i le du -, ]o vovnnl «levant un grand l'on dam loijiud il jetait un tas de papiers : » Voilà, dit-il, Campistrou tout occupe à faire ses réponses. »

(Palaprat.)

Correspondant peu empressé.

Les amours du grand -duc avec M'"^ Téploff durèrent jusciu'à ce (pie nous allâmes à la canijiagne. Une fois qu'il voulut voir cette belle , il me consulta sur la façon d'orner la chambre pour mieux plaire à la dame, et me montra qu'il avait rempli cette chambre de fusils, de bonnets de grenadier, de bandoulières, de façon qu'elle avait l'air d'un coin d'arsenal. Lorsque .leurs amours furent interrompus, M™* Téploff prétendit qu'il lui écrivît au moins une fois ou deux la semaine, et pour l'engager dans cette correspondance, elle commença par lui faire une lettre de ([uatre pages. Dès qu'il la leçut, il vint dans ma chambre avec un visage fort altéré, tenant la lettre de M""* Téploff à la main , et me dit avec em|)ortement et un ton de colère assez liant : « Imaginez-vous : elle m'écrit une Jeltre de quatre pages entières, et elle j)rétend que je dois lire cela, et qui plus est, lui répondre, moi qui dois aller exercer (il avait de nouveau fait venir ses troupes de Holstein), puis dîner, puis tirer, puis voir la répétition d'un opéra et le ballet qu'y danseront les cadets ! .Te lui ferai dire tout net (pie je n'ai pas le temps, et si elle se fàrhe, je me brouille avec elle jusqu'à l'hiver. » Je lui répondis que c'était assurément le chemin le plus court.

(Calherine II, 3/(''/wt»/rf.v, année 17iJG.)

Corruption {TentatU-e de).

Un jeune poète qui était fort lié avec Piron , lui avait envoyé un faisan. Le lendemain, il fut le voir, et tira de sa |)oche une tragédie sur laquelle il venait le consulter. « Je vois le piège, dit Piron; remportez vite votre faisan et votre tragédie. »

(Piroriiana.)

Cosmopolitisme.

On demandait à Diogène de quel pays il était ;

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Il Citoyen du monde, » répondif-il.

(Diogène de Laërte.)

Costume national.

Les Saardamois sont si fort attachés à leur ancien habillement , qu'un père refusa de reconnaître son fils parce que celui-ci, (pii avait été pendant quelques années en France, se présenta devant lui en habit tout chamarré d'or. C'était à la Bourse d'Amsterdam. Le jeune Kalf, c'est ainsi qu'il se nommait, étant arrivé à Amsterdam vers l'heure de la Bourse, y alla, se doutant qu'il y trouverait son père. Il ne se trompa point; il courut à lui pour l'embrasser; mais le père, le repoussant, lui demanda ce qu'il souhaitait, et lui dit qu'il ne croyait pas avoir l'honneur d'être connu de lui, et qu'apparemment il se méprenait. Le fils eut beau employer le nom de |)èie, le vieux Kalf, inexorable , en l'interrompant :

« Moi votre père ! lui dit-il : je n'ai qu'un fils, qui est paysan comme moi, et non pas nu seigneur comme vous paraissez l'être. » Le jeune homme comprit que son père e.> voulait à son habit : il alla dans une auberge, envoya chercher des habits à la saardamoise, et ainsi habillé il retourna le lendemain à la Bourse, où son père le reçut avec tons les témoignages de la plus grande tendresse.

(Baron de Pollnitz, Lettres.)

Costume consulaire.

Quelques jours après le 18 brumaire, on présenta aux consuls de la république nu modèle d'habit consulaire. C'était un habit à la française, de velours blanc, brodé en or, boutonné jusqu'à la ceinture; pantalon bleu clair, ceinture d'épée sur l'habit, et l'épée perpendiculaire au coté; bottes rouges et bonnet 1 de même couleur. On fit observer à Bonaparte que le bonnet rouge lui siérait mal : « Aussi mal que les talons rouges, » répondit-il.

(Cousin d'Avallon , Bonapartiana.)

Costume théâtral.

Mme Favart, la premièie, observa le costume à l'Opéra-Comique ; elle osa s.icrifier les agréments de la figure à la vérité des caractères. Avant elle, les actrices qui représentaient des soubrette >

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des paysannes , paraissaient avec de grands paniers , la tète surchargée de diamants , et gantées jusqu'au coude.

Dans Bastienne, elle mit un habit de laine, tel que les villageoises le portent; une chevelure plate , une simple croix d'or, les bras nus et des sabots. Cette nouveauté déplut à quelques critiques du parterre; mais un homme sensé les fit taire en disant : « Messieurs, ces sabotslà donneront des souliers aux comédiens (1). »

(Favart, Mémoires.)

Lekain commença à exécuter son projet de réforme par le rôle d'Oreste, dans yiiidromaque. Il dessina lui-même son costume, suivant son usage. Ce fut un grand événement dans les coulisses quand le tailleur lui apporta cet habit, bien éloigné de tout ce à quoi l'on était habitué : « Ah ! qu'il est beau ! s'écria Dauberval en regardant le costume; le premier habit romain dont j'aurai besoin, je me le ferai faire à la grecque. ■»

(V. Fournel, Curiosités tliédtrales.)

Coterie.

Madame ..., tenant un bureau d'esprit, disait de L... : « Je n'en fais pas grand cas ; il ne vient pas chez moi (2). » (Chamfort.)

Couleur Isabelle {Origine de la).

Les Espagnols assiégeaient Ostende:

tout se disposait pour un assaut général. L'archiduchesse Isabelle, qui avait accompagné le prince son époux à l'armée et assisté à toutes les opérations du siège, fit vœu de ne changer de chemise que lorsqu'on serait entré dans Ostende. Elle comptait bien que l'assaut qu'on se préparait à donner réussirait et rendrait son vœu de peu de conséquence.

Mais, au contraire, il échoua.

Sous peine de forfaire à la parole qu'elle avait engagée au ciel , il fallut que la pauvre princesse pendant tout le reste du siège, qui se prolongeait, laissât son linge jauni sur elle, sans le quitter.

(i) On attribue ce mot 5 Voispnon.

(2) Nul n'aura de l'esprit, liors r.ous et nos amis (Molière, Femmt s savantes).

Les courtisans se crurent obligés de faire teindre le leur en jaune, comme les disci* pies de je ne sais plus quel philosophe se frottaient les joues de cumin pour imiter le teint de leur maître. De là naquit la couleur isabelle.

(H. de Pêne, Indépendante belge.)

Coup fourré.

Sous le règne de Henri III , dans le temps de nos guerres de religion, les habitants de Villefranche en Périgord formèrent le complot de s'emparer de Montpazier, petite ville voisine; ils choisirent pour cette expédition, la même nuit que ceux de Montpazier, sans en rien savoir, avaient aussi choisi pour s'emparer de Villefranche; le hasard fit encore qu'ayant pris un chemin différent, les deux troupes ne se rencontrèrent point ; tout fut exécuté des deux côtés avec d'autant moins d'obstacles, que de part et d'autre les murs étaient demeurés sans défense ; on pilla, on segorgea de bulin, les deux troupes triomphaient; mais quand le jour parut, elles connurent bientôt leur erreur. La composition fut que chacun s'en retournerait chez lui , et que tout serait remis dans son premier état.

(Sully, Mémoires.)

Coupe (La) et les lèvres.

f'in versé, n'est pas avalé , dit le proverbe. Ancèe , roi de Samos, faisait planter une vigne, et pour que l'ouvrage fût achevé plus tôt, il ne donnait aucun relâche aux esclaves qu'il y employait.

Un de ces malheureux , excédé de fatigue, lui dit : <i Seigneur, à quoi bon vous presser tant? Vous ne boirez jamais du fruit de cette vigne. » Quand la vigne fut plantée et qu'elle eut produit des raisins, le roi se hâta de la vendanger. Il se fait ensuite apporter un verre de vin nouveau, appelle son prophète et lui dit : <i Ose me soutenir à présent que je ne boirai pas de ce vin. — Je n'oserais pasassnrer que vous en boirez, répondit l'esclave:

du verre à la bouche , l'espace est assez long pour qu'il arrive quel([ue malheur. » Ces mots étaient à peine achevés qu'on vint annoncer au roi qu'un sanglier ravageait sa vigne. Ancée se lève sans goùler la liqueur, vole à la leiicontie de

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l'animal, qui s'élance sur lui, lui di'rliirc le ventre, et l'étend mort sur la pl.n-c. (^Proverl'iana.)

Couplets de TanilCTÎlle.

Deux vandevlllistes présrntaient à Nestor Rnqueplau, directeur des Variétés, une pièce, en le prévenant que les couplets n'v étaient pas encore. » C'est bon! c'est bon ! répondit-il d'un grand sangfroid, ne vous en occupez pas : mon portiei' les fera. «

(Ch. Maurice.)

Coups de bâton (Récépissé de).

M. Grotz, gazetler d'Erlang, dans la principauté de Bareith , s'était avisé d'insérer dans sa gazette quelques gaietés contre le défunt roi de Prusse; nu basofficier des troupes de ce prince, qui, sous le bon plaisir du prince de Bareitli, faisait à Erlang des recrues pour sa majesté prussienne , reçut ordre de ce monarque de donner cent coups de bâton à ce joyeux gazetier, et d'en tirer unreçu. L'ollicier, pour s'acquitter plus sûrement de sa commission , imagina de proposer au sieur Grotz une partie de plaisir hors la ville. Après avoir, pendant quelques semaines, fait liaison avec lui, et s'être attiré quelque espèce de confiance, il lui exposa donc, dans cette partie, les ordres qu'il avait reçus de son maître; h. quoi le gazetier répliqiie qu'ils étaient tiop amis pour qu'il les exécutât. L'officier lui témoigna, en apparence, sa répugnance à cet égard ; mais qu'au moins fallait-il qu'il parût qu'il lui eût donné les coups de bâton en question , et que pour cela il était nécessaire qii'il lui tn donnât un reçu. Ce fut avec bien de la peine qu'il détermina li' sieur Grotz à lui délivrer un récépisré aussi extraordinaire ; cependant il lui fut expédié en bonne forme par le gazetier. Aussitôt que l'officier eif fut nanti, il lui déclara qu'il était trop bonnète homme pour accepter le reçu d'une somme qu'il n'avait pas remise, it ayant fait entrer quelques sold ils de sa recrue, il la compta luiméine sur le dos du gazetier, à qui il fit la révérence ensuite, et qu'il laissa. (Collé, Journal, jatuier 17 51.)

Coup de l'étrîep.

Bassompierre fut envoyé ambassadeur en Suisse, et on aurait pu lui demander comhieii de fois il s'y était enivré pour le service du roi. On a rapporté qu'après un festin magnifique que lui firent les députés des Treize-Cantons, le jour qu'il eut son audience de congé, ils l'accompagnèrent et le virent monter à cheval. Le maréchal leur proposa de boire le vin de rétrier. Ils envoyèrent quérir leur grand verre : « Non, dit le maréchal, le vin de l'étrier doit se boire dans la botte. i> 11 se fit ôter une des siennes, qu'où remplit de vin ; il y but la valeur d'une grande rasade; après lui tous les députés des Treize-Cantons y burent, et la botte fut entièrement vidée.

(Panckoucke.)

Cour.

Quelqu'un conseillant à madame de Loiigueville d'aller à la cour pour lui donner bon exemple : « Je ne saurais, dii^elle, lui donner un meilleur exemple i|ue de la quitter. »

[Longuenia/ia .)

Cour (Emplois de).

Une homme de qualité maltraitait un valet de pied de Louis XIV. Ce prince entendant des cris derrière son carrosse, demanda ce que c'était : « Ce n'est rien, sire ; ce sont deux de vos gens qui se battent, » répondit cet homme de qualité.

(Saint-Foix,.Ei.fn(.5 historiques sur Paris.)

Lecomte d'Artois, Icjour de ses noces, prêt à se mettre à fable , environné lir tous ses grands officiers et de ceux ilc madame la comtesse d'Artois , dit à sa femme, de façon que plusieurs personnes l'entendirent : « Tout ce monde que vous vovcz , ce sont nos gens. » Ce mot a couru, mais cent mille autres paieiU n'empêcheront jamais la noblesse française de hriguer en foule di s emplois oii l'on fait exactement la fonction de valet. (Chamfort.)

Conragfe.

Vespasien avant défendu à HelviJins

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d'aller au sénat, Helvidhis répondit :

« Il est en votre pouvoir de m'ôtei' ma place de sénateur. — Eh ])ien soit; aUez-y, mais n'y dites mot. — Ne me demandez pas mon avis, et je me tairai.

— Mais il faut que je vous le demande.

— Et moi, il faut que je dise ce qui me paraîtra juste et raisonnable. — Si vous If dites, je vous feiai mourir. — Quand vous ni-je dit que j'étais immortel ? Vous feroK ce qui est en vous, et je ferai ce qui est en moi. »

(Grimm, Correspondance^

Jean Frédéric, électeur de Saxe , étant tombé entre les mains de Charles V, répondit à ce prince, qui le mena(;ait de lui faire couper la tète : « Votre majesté impériale peut faire de moi tout ce ([u'elle voudra, mais elle ne me fera jamais peur. » En effet, quand on vint lui annoncer son arrêt de mort, il en fut si peu troublé, qu'il dit au duc de Brunswick, avec lequel il jouait aux échecs : « Achevons notie partie. »

{Àmits. ciir. et dlvert.)

Girey-Dupré avait une telle confiance dans la justice du tribunal révohitionuaiio, qu'il comparut devant lui les cheveux coupés sur la nuque, la chemise rabattue sur le col de l'habit, ayant fait luimême et d'avance la fatale toilette. Pour toute défense, il dit à Lescot-FIcuriot , qui remplaçait ce jour-là Fouquier- Tinville au fauteuil de l'accusateur public : « Je suis prêt, faites votre office. » (Mortimer- Ternaux , Histoire de la Terreur.)

Courage dans l'adTersîté.

Un homme rendait compte à son intime ami des revers terribles qu'il venait d'essuyer : « Eh bien, ajouta-t-ii, ipi'auiiez-vous fait à ma place dans de telles extrémités? — Qui? moi, répondit le confiaient? je me serais donné la mort. — J'ai plus fait , reprit froidement l'antre, j'ai vécu. »

{Morale en action.)

Couragfe «ludaieiieux.

Au combat de Caipy, un cavalier en-

nemi, dans le fort A; la méléi> , vint, la bride entieles dents, décharf;er ses deux pistolets sur le comte , depuis maréchal de Tessé; ime balle donna dans sa perruque. Le comte ne daigna ]>as se servir de son épée ni de ses pistolets ; il fondit sur ce cavalier, et le reconduisit à coups de canne dans son escadron.

(Galerie de l'ancienne cour.)

Courag^e d'un coquin.

Viw jour que Brunellois cherchait à commettie des vols dans la maisou d'un fermier, il |)«ssa sa main dans une ouvcitnre pratiquée dans le volet d'une des fenèties , afin de détacher le crochet.

Lorsqu'il voulut retirer sa main, il sentit que son poing était pris dan» un nœud coulant; il fit d'inutiles efforts pour la retirer : le bruit qu'on faisait dans la maison annonçait que les habitants avaient pris l'alerte; et Brunellois s'étaut aperçu que ses complices échangeaient entre eux des regards sinistres, il pensa qu'ils avaient l'intention de le tuer, afin (l'empêcher qu'il ne les trahit lorsqu'il serait pris , ce qui devait infailliblement arriver. Dans cette perplexité, Brunellois, sans hésiter un seul instant, tira de sa poche un eouteau à doulde tranchant, se coupa le poing, et s'enfuit avec ses compagnons. Ce singulier trait eut lieu dans le voisinage de Lille. Il était bien connu dans le département du Nord , dont plusieurs habitant* se souviennent d'<ivoir vu exécuter le héros, qui n'avait qu'un main.

(Yidocq, Mémoires. )

Coura&;'e d'un enfant.

L'aîné des enfants d'un M. de Villette s'était trouvé, à l'âge de neuf ans, au combat de Messine, où le fameux Ruyter fut tué. Cet enfant fut blessé. Envoyant couler son sang, il dit avec autant de sang-froid que d'ingéiuiité : " Si ma bonne voyait cela, que dirait-elle? » La singularité de la réflexion et rintréj)idité de l'enfant le firent nommer enseigne après le combat.

( Maintcnoniana.)

Courag^e d'un évêque.

Ou saitavecquel zèle Bossuet comhatl.i.

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lit la doctrine des Maximes des saints, u. Qii'aiiiiez-\oiis fait, lui dit uu jour Louis XIV, si j'avais soutenu M. de Cambrai? — Siie, lui répondit Bossut't avec une intrépidité vraiment épiscopale, j'aurais crié vingt fois plus haut. »

(JJeiii. aiieccf. des règnes deLou'ts XIV et de Louis XV.)

Le successeur de Flécliier à l'évêché de Nîmes ayant effacé le nom de madame de Montespan, mis à la craie sur la porte de la chambre qui lui avait été destinée dans son palais , par les fourriers de la cour, qui passaient par Nîmes, les courtisans ne manquèrent pas d'eu dire au roi leur sentiment pour lui plaire. Loisqu'il entra chez l'évèque pour y loger : « Vous n'êtes

tas galant, monsieur de Nîmes, dit ouis XIV; quelques personnes auront le droit de s'en plaindre. — Oui, sire, répondit-il ; par exemple le plus belhomme de votre royaume; mais j'aurai pour moi le fils aîné de l'Église. »

(Prince de Ligne, Anecdotes.)

Courag;e militaire.

Un moment avant que Gaston de Foix liviât la bataille de Ravenne aux Vénitiens, il disait : « Si ma chair savait où mon cœur la conduira en peu de temps, elle tomberait en pièces et en morceaux. » Ses actions justifièrent ce discours. 11 défit ses ennemis avec toute la bravoure d'un héj'os, et fut tué en poursuivant les fuyard» avec trop d'ardeui-.

{Itihiiotltcque de cour.)

Le grand Condé , parlant de l'intrépidité de quelques soldats, disait ([n'étant devant nue place où il y avait une palissade à brûler, il fit promettre cinquante louis à qui serait assez brave pour faiie réussir ce coup de main. Le péril était si apparent que la récompense ne tentait personne. « Monseigneur, lui dit un soldat plus courageux que les autres, je vous quitte des cinquante louis que vous promettez, si votre altesse veut me faire sergent de ma compagnie. » Le prince , trouvant de la générosité dans ce soldat, qui préférait l'honneur à l'argent , lui promit l'un et l'autre. Animé par le prix qui l'attendait à son retour, résolu

d'affronter une mort si glorieuse, il prend des flambeaux , descend dans le iossé , va à la palissade , et la brûle malgré une grêle de mousqueterie dont il ne fut que légèrement blessé. Toute l'armée, témoin de celte action, le voyant revenir, criait vivat, et le comblait de louange, quand il s'aperçut qu'il lui manquait un de ses pistolets. On lui promit de lui en donner d'antres. « Non, dit-il, il ne me sera point reproché que ces marauds-là profitent de mon pistolet, o U retourne sur ses pas , essuie encore cent coups de mousqueterie, prend sou pistolet et le rapporte.

(Boursault, Lettres.)

On pressait Villa rs de prendre une cuirasse pour une action qui devait être vive et meurtrière. « Je ne crois pas, répondit-il tout haut en présence de sou régiment, ma vie plus précieuse que celle de ces braves gens-là. »

{Mem. anecd. des règnes de Louis XIV et de Louis XV.)

Tout le monde sait qu'à la joun»ée de Fontenoy, la fortune siembla d'abord vouloir se déclarer contre nous, M. le Dauphin , qui voyait avec douleur le carnage de nos soldats, ne put contenir son ardeur : il voulait s'élancer à la tète de la maison du roi ; il courait déjà l'épée à la main ; il s'écriait : « Marchons, Français! où est donc l'honneur delà nation? >. On l'arrêta, en lui faisant observer que sa vie était trop précieuse.

« Ah! dit-il, le jour d'une bataille, ce n'est pas la mienne qui est précieuse , c'est celle du général. »

Au 10 août, au moment où les Suisses venaient d'effectuer une soi lie, les tambours jjattent l'assemblée. Quelques soldats hésitent à se rallier. Peuvent-ils abandonner leurs blessés? Un sergent couché à terre, la cuisse fracassée par un boulet , leur crie : « N'entendez-vous pas qu'on vous appelle ? Allez à votre devoir et laissez-moi mourir. » En effet, l'héroïque sous-officier fut massacré ({uel ques instants après.

( Moi timor-Ternaux, Histoire de la Terreur. )

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Conrai^e relig^ieiix.

Lors Je la journée de Malplaqiiel, en 1709, le maréchal de Villars se trouva assez grièvement blessé pour se faire administrer les sacrements. On proposa de faire cette cérémonie en secret. « Non, dit le maréchal , puisque l'armée n'a pu voir mourir Villars en brave , il est bon qu'elle le voie mourir en chiétien. »

Coureur de nouvelles {Le).

Le métier de coureur de nouvelles n'est pas de création récente , il date de l'invention du journalisme; Renandot a dû inaugurer la profession.

Le coureur de nouvelles le plus éminent s'appelait Mathieu Donzelot, autrement dit V En fonce pavé. Le matin, avant de quitter sa chambre, le pèie Donzelot consultait le ciel et un baromètre qui décorait sa mansarde ; puis il prenait sa canne et son écritoire en disant : « De la pluie! — Nous aurons aujourd'hui des gens écrasés en glissant sous les roues des voitures. » Ou bien : « Le temps est à l'orage ! Nous constaterons quelques aliénations mentales et quelques casd'hydrophobie. « Ou enfin : » Sombre! nébuleux ! Beau temps pour le spleen. Faisons la guerre aux. suicides ! »

Un jour d'émeute, sur la place du Panthéon, il s'installe au milieu d'une grêle de pierres, plume eu main, pour enregistrer les événements... Un de ses amis passe là :

<c Que faites-vous ici, mallieureux?

luicric-t-il, partez, fuyez! »

Donzelot, sans l'écouter, tire sa montre, constate minute par minute les phases et les évolutions de l'émeute.

■ Vous ne vous sauvez pas? cria de nouveau l'ami.

— Dieu m'en garde; mais |)uisqne vous partez vous-même , obligez-moi de remettre ceci à mon journal ; vous leur direz que je reste sur les lieux pour leur envoyer la suite. »

Un heure après le désordre était à son comiile; l'anlorité et les insurgés en étaient venus aux mains. La garde nationale fit feu, et le coureur fut atteint d'une balle.

Un chirurgien se hâte de lui porter secours.

« Vous êtes blessé? lui dit-il.

— Oui, reprit Donzelot, et grièvement, car je ne puis écrire.

— Il s'agit bien d'écrire , objecta brusquement le praticien ; il s'agit de vous guérir.

— Ce n'est pas le plus pressé, répliqua Donzelot. Chacun sa tâche ; la mienne est de raconter l'événement. Vous allez me suppléer. Tenez , écrivez au bas de cette page ce post-scriptum :

« 3 heures 20 minutes du soir. — A la suite d'une décharge de monsqueterie faite par la troupe, on a com|)té dans les rangs du peuple trois blessés et un mort...

— Quel est doue le mort ? demanda le chirurgien.

— Moi, » reprit Donzelot ; et il expira. Il expira sur le champ de bataille,

comme Epaminondas, comme Tureuue, comme Bayard.

(Th. Trimm, Petit Journal.)

Courses rapides.

Carie Vernet était très-adroit et trèsleste. Il montait à cheval comme un jockey, et, contre l'habitude des cavaliers, il passait pour un des meilleurs marcheurs de son temps. On raconte qu'à la suite d'une gageure , il courut au champ de Mars dans un de ces exercices renouvelés du stades antique, et qu'il rem|)orta le prix. En le lui remettant, La Hevellière- Lepaux lui aurait dit : " Monsieur Vernet, votre nom est habitué à tous les triomphes. »

(Amédée Durande,' Correspondance et hiogrnpitie de l'ernet.)

Courtisans.

Cambyse, roi de Perse, était fort adonné an vin. Un jour un doses favoris, nommé Prexaspes , lui représenta qu'on trouvait à redire qu'il buttant: «Je veux te faire voir, lui dit Cambyse, que le vin ne m'ôte ni le jugement ni l'adresse. » Pour cet effet, après avoir bu plus ([u'à l'ordinaire , le tyran ordonne qu'on lui amène le fils du favori, qu'on le lie à un iubri.', et s'adressant an père : <i Si je ne perce, lui dit-il, le creur de ton fils avec cette flèche , lu auras raison de dire que j'ai tort de tant boire. » Cambyse tiie sur l'enfant , l'atteint, le renverse. Il

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