DÉN
ledit sieur de Joyeuse, qui ne sut par quel témoignage récompenser et accepter le don, sinon avec mille protestations d'amitié et de faveur.
(P. del'Estoile, Journal.)
EDéné^ation catégorique.
Le vicomte de S... aborda un jour M. de Vaines, en lui disant : « Est-il vrai', monsieur, que, dans une maison où l'on avait eu la bonté de me trouver de l'esprit, vous avez dit que je n'en avais pas du tout? » M. de Vaines lui répondit : « monsieur, il n'y a pas un seul mot de vrai dans tout cela ; je n'ai jamais été dans une maison où l'on vous trouvât de l'esprit , et je n'ai jamais dit que vous n'en aviez pas, »
(Chamfort.)
Dénég^afion cynique.
jfme des Ursins , toute-puissante à la cour d'Espagne, se faisait apj)orter du bureau de poste les lettres que le résident de France envoyait à sa cour et les lisait avant qu'elles fussent expédiées. Elle n'avait pas lieu d'être contente de cette correspondance. Ce qui la picpia le plus, ce fut que l'ambassadeur, détaillant sa conduite et les actes d'un conseil où tout se portait et se décidait, composé d'elle, d'Orry et très-souvent de d'Aubigny, exagérant l'autorité de ce dernier, ajoutait que c'était son écuyer et qu'on ne doutait point qu'elle ne l'eût épousé. Outrée de rage et de dépit , elle mit en marge à côté, de sa main : Pour mariée, non .' montra la lettre en cet état au roi et à la reine d'Espagne et à beaucoup de gens avec des clameurs étranges, et ajouta à cette folie celle d'envoyer cette même lettre ainsi apostillée au roi de France.
(Saint-Simon, Mémoires.)
nénicheur de saints.
Claude de Chastelain est auteur d'un Martyiologe universel, dans lequel il a placé beaucoup de saints inconnus auparavant. Jean de Launoy, critique aussi sévère qu'érudit, tenait cliez lui des conférences ecclésiastiques, où l'on discutait les fables des légendes, d'où il résultait l'exclusion de plusieurs saints qui avaient
eu place jusques-là dans le calendrier.
Ce qui a fait dire à un plaisant que M. Chastelain déterrait les saints, et que M. de Launoy les dénichait . Or, ce M. de Launoy fut surnommé le dénicheur de saints. C'est à lui que le curé de Saint- Roch faisait les plus grandes politesses (piand il le rencontrait, de peur (disaitil) qu'il ne dénichât du paradis son saint Roch, comme il en avait déniché tant d'autres.
[Improi'hateur français.)
Dénonciateur.
Une personne ayant demandé à parler à Gustave III, roi de Suède, dit qu'elle venait l'avertir qu'un homme en place formait des projets contre sa majesté. Le roi, n'ignorant pas que le dénonciateur était ennemi du prétendu coupable , le renvoya en lui disant : « Allez vous réconcilier avec votre ennemi, et je pourrai ensuite vous écouter et vouscroiie. »
(Blanchard, École des mœurs.)
Dénonciation calomnieuse.
Il est bien difficile que la dissolution d'un ménage n'entraîne un peu de confusion dans la maison, et qu'il ne s'égare bien des choses ; cependant , telle était la fidélité des domestiques et la vigilance de M. et M""! Lorenzi, que rien ne se trouva de manque sur l'inventaire.
La seule demoiselle Pontal perdit un petit ruban couleur de rose et argent, déjà vieux. Beaucoup d'autres meilleures choses étaient à ma portée ; ce ruban seul me tenta, je le volai, et, comme je ne le cachais guère, on me le trouva bientôt; on voulut savoir où je l'avais pris. Je me trouble , je balbutie, et enfin je dis, en rougissant, que c'est Marion qui me l'a donné. Marion était une jeune Maurieunoise dont M^^ de Vercellis avait fait sa cuisinière , quand, cessant de donner à manger, elle avait renvoyé la sienne , ayant plus besoin de bons bouillons que de ragoûts fins. Non-seulement Marion était jolie, mais elle avait une fraîcheur de coloris qu'on ne trouve que dans les montagnes, et surtout un air de modestie et de douceur qui faisait qu'on ne pouvait la voir sans l'aimer ; d'ailleurs bonne fille, sage, et d'une fidélité à toute épreuve. C'est ce qui surprit quand je la nommai.