‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangèresChapitre 7 sur 156 · AGA · texte numérisé non relu

AGA

Un particulier se présente un jour à Fernov, et s'annonce à VoUaire pour un homme de lettres. <i J'ai l'honneur, di(il, d'être de l'Académie de GhàIons;elle est comme vous savez , Monsieur, fdie de l'Académie française. — Oli ! oui , Monsieur, reprit Voltaire, et une brave ilUe , qui n'a jamais fait parler d'elle. »

[Journal gén., l'Si.''

Ou engageait Mahly à se présenter à l'.\cadémie : " Si j'étais de l'Académie, répondit Mablv, on demandeiait peut-être : « Pourquoi en est-il? » J'aime mieux qu'on demande : <i Pounpioi n'en est-il pas? »

« C'est une maladie, disait-on, que la passion de ce ])anvre abbé Trublet pomêtre de l'Académie. 11 y pense nuit et jour. — Monsieur , répondit Diiclos , l'Académie n'est pas faite pour les incnlables. » (MaJ. Necker, Mélan^.)

Duclos avait l'habitude de prononcer sius cesse, en pleine Académie, des f..., des b...; l'abbé du Rénel , qui , à cause de sa longue figure, était appelé un grand serpent sms veuin , lui dit : « Monsieur, sicbiz qu'on ne doit prononcer dans l'Académie que des mots qui se trouvent dans le dictionnaire. »

(Chamfort.)

Académie (Epigrammes contre 1').

J'ai été introduit incognito à l'Académie par M. Racine. J'y ai va onze peisonues. Une écoutait, une antre dormait, trois autres se sont querellées, et les troi^ autres sont sorties sans dire mot.

(Pavillon, Ltttre à Furetière.)

Le poëte Lainez récitait de charmants vers dans la meilleure compagnie, en présence de M. de F'ontenelle, qui crut lui l'aire nu compliment en hiidisant : <c Pourquoi, " Monsieur , nu homme de votre mérite '< ne demande-t-il pas à entrer dans VS.- " cadémie française? — Eh I Monsieui-, " lui réi)ondit ilèrement Lainez, qui se- « rait votre juge ? »

Après sa réception à l'Académie française, Fontenelle dit ; « Il n'y a plus que trente-neuf personnes dans le monde (pii aierit pins d'esprit que moi. "

On connaît les deux vers suivants du même auteur :

Sornmes-nous trente-neuf, on est à nos genoux ; Kt «onimes-nous quarante, on se moque denous^i).

( Galerie de l'ancienne cour.)

L'abbé Ravnal, il y a quelques années, voulut assister à la réception d'un académicien dont le mérite était très-médiocre. On se tuait pour entrer dans la salle ; l'abbé Raynal s'écria avec son accent provençal : « Il nié paraît qu'il est plus difficile d'entrer ici que d'y être reçu. » Ce mot lui deviendra fatal, s'il veut faire une nouvelle tentative ; l'Académie n'entend point la plaisanterie, et le célèbre auteur de la Metromanie n'a été exclu que pour ses epigrammes contre ce corps respectable. Tout le monde sait son épitaphe, faite par lui-même :

Ci-git l'iron, qui ne fut licn, Pas même académicien.

(Favart, Journal.)

Piron, en passant dans le Lonvreavec un de ses amis : » Tenez, voyez-vous, lui « dit-il en lui montrant l'Académie fran- « caise , ils sont là quarante qui ont de « l'esprit comme quatre. >-

[Galerie de l'ancienne cour.)

Piron assurait , l'antre jour, qu'un discours de réception à l'Académie française ne devait pas s'étendre au delà de trois mots. " Je prétends que le récipiendaire doit dire : Messieurs, grand merci , et le directeur lui répondre : // n'r a pas de quoi. )> Si cet usage s'était introduit , nous aurions , depuis la fondation de l'Académie, quelques centaines de discours ennuyeux de moins.

[Ç,T'\mm, Correspondance.)

(i) « L'Académie, dit d'Alembcrt dansia |iréface de ses Eloges, est l'objet de l'ambition secréle ou avouée de tous les gens de lettres, de ceux-là même qui ont fait contre elle des epigrammes bonnes ou mauvaises, epigrammes dont elle serait privée pour son malheur, si elle était moins rtilierebée. » C'est la meilleure réionse à ces innombrables epigrammes don je ne donne «ju'une trè'-faible partie, parce que la plupart n'ont |)a< 1.1 Inrme ani cdnlitpic

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