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ne puis vous rendre justice : une autorité supérieure me lie les mains... » L'infortiuiée était au Parc aux Cerfs, et avait été enlevée pour les plaisirs du roi.
Les courtisans suivaient àl'envi l'exemple de leur maître. Quelques mois après, M. le duc de "" (1) devient amoureux d'une jeune demoiselle très-jolie, fille d'un ancien officier : ne pouvant corrompre ni elle ni sa mère , par argent, il imagine un stratagème bien digne de la cour de Louis XV. Il se déguise avec quelques-uns de ses gens, met le feu pendant la nuit à la maison où demeuraient la mère et la fille; il entre comme pour donner du secours, enlève la demoiselle, la met dans un carrosse , et eu abuse à deux lieues de là. Il se rend coupable du double crime de ravisseur et d'incendiaire. Ce qu'il y a de remarquable , c'est qu'il no fut point puni, malgré les plaintes de M. de Sartines ; iî en fut quitte pour quelque argent. Le duc de "*, son père, piésenta au roi cette affaire comme une petite plaisanterie , et le monarque se contenta de recommander au fils d'être un peu plus sage à l'avenir.
Peu de seigneurs de la cour de France résistèrent à cette contagion , et se préservèrent de la corruption générale. M. le maréchal de Brissac était un de ces derniers. 11 y a quelques années qu'on le plaisantait sur la rigidité de ses principes d'honneur et de probité, et sur ce qu'il se fâchait, parce qu'on prétendait qu'il était c..., comme tant d'autres, LouisXV (pii était présent, et qui riait de sa colère, lui dit . ' Allons , monsieur de Brissac, ne vous fâchez point, c'est un petit malheur, ayez bon coura°e. — Sire, répondit M. de Brissac, j'ai toutes les espèces de courage, excepté celui de la honte. »
(Conrsjiondance secrète, année 1174.)
Dérision du malheur.
Le prince Eugène , après la Ijataille d'Hochstedt, invita les prisonniers français à un opéra , et au lieu d'une pièce suivie, il fit chanter cinq prologues de Quinault à la louange de Louis XIV.
« Vous voyez, dit-il, messieurs, que j'aime à entendre les louanges de votre maître. »
(Galerie de Vancieiinc cour.)
(i) Le (lue de Fronsac, suivant la ligcujf.
DériTatif.
La rivalité des pantomimes llylas et Pylade ayant occasionné des querelles parmi le peuple , excita l'indignation d'Auguste ; ce que Pylade apprenant, il s'écria : ■<■ Tu es un ingrat, o prince! Laisse-les donc s'occuper de nous (1). » (Macrobe, Saturnales.)
Louvols voulait la guerre. Outre sa raison générale d'être plus maître de tout par sou département de la guerre, il en eut une particulière très-pressante , que j'ai sue longtemps depuis, bien certainement , et qui est trop curieuse pour l'omettre.
Le roi, qui aimait à bâtir, et qui n'avait plus de maîtresse, avait abattu le petit Trianon de porcelaine qu'il avait pour M"" de Montespan , et le rebâtissait pour le mettre en l'état où on le voit encore. Louvois était surintendant des bâtiments. Le roi , qui avait le coup d'oeil de la plus fine justesse , s'aperçut d'une fenêtre de quelque peu plus étroite que les autres; les trémeaux ne faisaient encore que de s'élever, et n'étaient pas joints parle haut. 11 la montra à Louvois pour la réformer, ce qui était alors trèsaisé. Louvois soutint que la fenêtre était bien. Le roi insista, et le lendemain encore, sans que Louvois, qui était entier, brutal , et enflé de son autorité, voulut céder.
Le lendemain, le roi vit Le Nôtre dans la galerie. Quoique son métier ne fut guère que les jardins, où il excellait, le roi ne laissait pas de le consulter sur ses bâtiments. Il lui demanda s'il avait été à Trianon. Le Nôtre répondit que non.
Le roi lui ordonna d'y aller. Le lendemain il le vit encore ; même question, même réponse. Le roi comprit à quoi il tenait, tellement qu'un peu fâché, il lui commanda de s'y trouver l'après-dînée même, à l'heure qu'il y serait avec Louvois. Pour cette fois , Le Nôtre n'osa y manquer. Le roi arrivé et Louvois présent, il fut question de la fenêtre , que Louvois opiniàtra toujours de laigeur égale aux autres. Le roi voulut que Le Nôtre l'allàt mesurer, parce qu'il était
(i) C.'cst-à-dire : « Pi-nilant qu'ils s'occupent (1<; niius, ils ne s'occupcni pas de toi, ni des affaires pubKKjues. »