‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangèresChapitre 72 sur 156 · DEU · texte numérisé non relu

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iDilli.' ou douze cents guinées qui n'arrivaient point, quoiqu'il fùtsurson départ, et qu'il eût pris cougé de Conwalis préférablemeut aux autres : celal'oliligea d'écrire uu liillet que l'on trouva laconique. Le voici :

« Souvenez-vous du comte de Grammont , et n'oubliez pas le chevalier F"ax. »

^HamiltOn, Mémoires de G ranimant.)

Une femme qui aimait le jeu avec furenr, et qui en même temps était fort avare, étant tombée malade à la campagne, dans un village où elle avait beaucoup de bien, fit venir le curé, à qui elle proposa de jouer. Le curé, qui jouait volontiers aussi , reçut la jn-opositiou avec plaisir. Ils jouèrent tous deux, et le curé perdit. Après lui avoir gagné son argent , elle lui proposa de jouer contre lui les frais de son enterrement, en cas qu'elle mourût; ils les jouèrent, et le curé perdit encore; elle l'obligea de lui donner une promesse pour argent prêté, de la somme à laquelle ils taxèrent au moment ses frais funéraires. Cette femme, se sentant plus mal , remit la promesse à sou fils, et elle mourut huit ou dix jours après. Le curé l'enterra gratuitement en retirant sa promesse.

(Cousin d'Avallou, Harpa^oniana.)

neiiil.

M"'^ la maréchale d'.\lbret venait de

perdre son père ou son frère; dans sa

douleur, elle refusait toute nourriture :

Ave/-vous résolu, madame, lui dit Matta,

tne manger de votre vie.' S'il en est ainsi, vous avez raison ; mais, si vous avez à manger un jour, crovez-moi, il vaut autant manger tout à l'heure. » Ce discours la persuada , et elle se fit apporter un gigot.

(M™^ de Ca\\v\?., Souvenirs.)

Il vint à Fontainebleau (1699), du fond de la Silésie, une fille de la maison de N\ irtenihcrg, d'une arrière-branche de Monlbéliard-Eltz. Elle avait perdu son père il y avait six mois : elle était dans son deuil à faire peur, et ne marchait que dans un carrosse drapé comme on ont les veuves et sans armes, et ses chevaux caparaçoiniés et croisés de lilanc jusqu'à

terre, ses gens des manteaux longs et des crêpes traînants. On lui demanda de qui un si grand deuil? <( Hélas! dit-elle en sanglotant ou faisant semblant, c'est de monseigneur mon papa. » Cela parut si |)laisant que chacun lui fit la même question pour donner lieu à la réponse, et \oilà comme sont les Français. Ce qui lein- parut si ridicule, et qui l'était en effet à nos oreilles, ne l'était en soi qu'à demi. Personne de quelque distinction, même fort éloignée de celle des maisons souveraines d'Allemagne, en parlant de ses parents en allemand, ne dit jamais autrement que monsieur mon père , madame ma mère , mademoiselle ma sœur, mon sieu r mon cousi n , et supprimer le monsieur ou le madame serait une grossièreté pareille à tutover parmi nous. De monseigneur il n'y en avait point en allemand, de papa voilà le ridicule, surtout entre cinquante et soixante ans qu'avait cette bonne .\llemande ; mais cela, joint aux sanglots , à l'équipage d'enterrement , fit le ridicule complet.

(Saint-Simon, Mémoires.)

M. de Lavalettc était bâti en manière de Bacchns , avec de petites jambes soutenant nu ventre qui promettait , et puis une figure comique à cause de ses petits yeux, de son nez pas plus gros qu'un pois, placé an milieu de deux grosses joues, et tout cela entouré d'une chevelure dont l'on pouvait compter non par les mèches, mais les individus. Unjour, en Egypte, je ne sais qui ( Bourrienne ou Junot }, dans rétat-major du général en chef, parait un matin au déjeuner avec un crêpe noir au bras : « Qui as-tu donc perdu ? « demande le général.

Le meneur de deuil répond d'un Ion solennel : « Mon général, Ylndomptahle est tombé au désert. »

Or, il faut savoir que chaque cheveu de M. de Lavalette avait reç<i sou nom : l'un s'appelait V Invincible, d'autres le y?*"doutable, le Courageux, un enfin se nommait Y Indomptable ; et cela parce que le peu de crins qui croissaient sur sou chef se regimbaient toujours , non pas contre le peigne, vraiment, qu'aurait-il été faire là.' mais contre la jolie petite maiu blanche aux ongles roses et bombés qui les ral)altait coutinuellement (M. de L;ivalelle a\ait une main dont une femme

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