‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangèresChapitre 77 sur 156 · DIG · texte numérisé non relu

DIG

moi où il n'est pas, et je vous ea douuerai deux. »

(Journal de Paris, 17 87.^

M. de Brissac, ivre de gi iitilliomnT^rie, désigne souvent Dieu par cette phrase ; «Le geutilliomme d"eu iiaut. d

(Chamlort.)

Dieu i^Jpolo^iste de)-

Lu jour, M. de Voltaire, jouant dans le «.alon deLuuéville au piquet avec une dévote, uu oiage survint. La dévote se mit a t'iémir, à iniercj 'on baissât les jalousies, qu'où femàt les volets, à se signer, et à dire ([u'edc tremblait de se trouver en ce moment à côté d'un impie, sur lequel Dieu, dans sa colère, pourrait se venger parla foudre. Voltaire se lève, et lui dit : « Sachez, Madame , que j'ai dit plus de bien de Dieu dans un seul de mes vers(l), que vous n'en [)enserez de votre vie. »

(Grimm, Correspondance.)

Dieu et l'hoiu.iue.

Un ecclésiastique, causant avec Fontenelle sur la religion , lui disait : « Dieu a fait l'homme à sou image ! — Oh !

l'homme le lui a bien rendu, » répondit Foîiteuelle.

(Pari-i, Versailles, etc.)

DisTuité de bourreau.

L'exécuteur ayant tranché la tète au chevalier de Rohan, dédaigna ensuite de pendre le maître d'école, complice du chevalier. »Vousau!res, dit-il à ses valets avec hauteur eu le montrant, pendez cela, c'est de la besogne pour vous. » (Remède contre l'ennui.)

Dignité «l'épouse.

L'épouse d'Elius Yérus lui reprochant un jour ses infiJélités , on rapporte qu'il lui dit : « Permettez que je satisfasse ailleurs mes passions ; le nom d'éjjouse est une dignité, et non un titre pour le plaisir. »

(Spartien.)

(i)Sans cloute celui-ci, dans l'Epine à l'aulciir lies 7 ru's imposteurs :

bi Dii'U n'existait pas, il faudrait l'iiiveutrr.

Di^uité de g^entilliomme.

Louis XIV, à la tête de ses armées eu Flandres, tenait table ouverte, et tous les officiels d'une certaine qualité y mangeaient, l'un après l'autre. Unjoiu-, M. de Louville, gentilhomme de la Oeauce, se présenta pour diuer. M. de Créqui dit au roi : « Voilà M. de Louviile qui souhaiterait avoir l'honneur de dîner avec Sa Majesté. — De quel droit.' " répondit le roi. M. de Créqui, n'osant rendre à M. de Louviile cette i épouse mortifiante, lui fit entendre tpie le roi l'ayant questionné sur divers objets, il n'avait pu lui parler de lui. Mais cet olficier n'en avait pas été la dupe. Cependant, le soir, M. de Créqui repj'ésenta au monarque que ^î. de Louviile était d'une très-bonne noblesse ; sur (pioi le roi dit : « Présentez-le demain. » Le lendemain à l'heure du dîner, M. de Créqui dit au roi ; <( Sire, voilà M. de Louviile. — Louviile, preniz place. » Louviile répond : "■ Sire, j'ai dîné. »

■ (Jnn. lillér. 17G7.)

Digfnitc littéraire.

Los financiers tentèrent toutes sortes de moyens pour empêcher la repiésentation de Turcaret. Madame la piiucesse de Bouillon, qui avait chez elle un bureau d'esprit, fit offrir à Le Sage sa protection contre leur cabale, et lui fit demuider une lecture de sa pièce. L'auteur alla prendre son jour, et !a su|)plia de vouloir bien lui faire la grâce de rassembler sou monde avant midi, attendu qu'il ne lui était pas possible de lire api es diuer. La demande était trop juste pour être refusée; mais un accident imprévu empêcha l'auteur d'être exact. Il ne put arriver f(u"uiie heure plus tard. Uuprciès foit iuiporlant pour lui se jugeait cejouilà même, et il eut le malheur de le perdre. En arrivant chez la princesse, il raconta sa disgrâce et se confondit en exi uses. Ou les reçut avec hauteur ; on lui dit qu'aucune raison ne pouvait justifier l'indécence de faire attendre si longtemps Le Sage interrompit cette

leçon eu disant à la piiiuesse : ■< Madame,je vous ai fait perdre une heure; je vais vous la faire regagner, car je vous jure, avec tout le respect que je vous dois , que je n'aurai point l'honneur de

Page 1