‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangèresChapitre 83 sur 156 · ÉCR · texte numérisé non relu

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de véiitables hiéroglyphes; elle était illisible souvent pour lui-même. Un jour mon fils , lui lisant un des chapitres de la campagne d'ilalie, s'anêta court, cherchant ù déchiffrer : « Comment, le petit âne, dit l'Empereur, ne peut pasreliie son écriture ! — Sire, ce n'est pas la sienne. — Et de qui donc ? — Celle de Votre Majesté, — Comment, petit di 61e, préttndez-vons ra'iiisuiter? » Et l'empcreui', prenant le cahier, fut fort longtemps à chercher, et puis le jeta en disant : « Il a, ma foi, raison , je ne saurais dire ce qu'il y a. « 11 lui est ariivé souvent de me renvoyer les copistes pour essayer de leur déchiffrer ce qu'il n'avait pu retrouver lui-même.

(Las-Cases, Mémorlaî de Sainte-Hélène.)

ÉtI 11 cation.

Napoléon disait un jour à M'"'' Camppn : « Les anciens systèmes d'éducation ne valent rien ; que manqne-t-il aux jeunes pcrsoinie» pour être bien élevées eu France? — Des mères, lui répondit M™^ Campan. — Le mot est juste, reprit Napoléon, Eh bien. Madame , que les Fiançais vous aient l'obligation d'avoir élevé des mères pour leurs enfants. »

(Barrière, Notice sur M"'^ Campan.)

Kdncation artistique.

Une personne de qualité qui aimait fort la peinture, ayant montré un tablau de sa façon au Poussin, ce fameux peintre lui-dit . «Mailanie,il ne vous manque, pour devenir habile, qu'un peu de pauvreté. »

[Calendrier recréatif.)

Éducation d'un marin.

Jean-Bart avait un fils. Ce fils avait à peine atteint sa dixième année, que son père, qui voulait eu faire un marin comme lui, le fit monter sur un vaisseau avec lequel il allait en course. Dans sou voyage, il fil rencontre d'un corsaire, auquel il ne manqua pas de livrer le combat. A la première volée que le corsaiie lâche sur le vaisseau ennemi, Jean-Bart jette les yeux sur son fils, et croit apeicevoir quelque marque de frayeur. » Qu'on l'attache au grand mal, >.' dit-il à ses mate-

lots, et il l'y fait laisser pendant tout le combat.

{Ann. franc .)

Éducation sanguinaire.

M. de Vaubecourt , de Champagne , était brave, mais cruel. Quand il prenait des prisonniers, il les faisait tuer par son fils qui n'avait que dix ans, pour l'accoutumer de bonne heure au sang et au carnage. Cela rappelle un gentilhomme de Saumur, qui, quand il est bien eu colère contre quelque paysan, lui dit : << Je ne te veux pas battre, je ne te battrais pas assez, mais je te veux faire battre par mon fils. >■

(Tallcmant des Réanx. )

Effet et cause.

Madame la maréchale d'Albret, quoique pleine de mérite et de piété, avait le défaut d'aimer un peu trop le vin. Un jour se regai dant au miroir, et se trouvant le nez rouge , elle se dit : » Où est-ce que j'ai pris ce uez-là .' — Au buffet, » répondit Matta.

(Mme de C.i\)\\\%, Souvenirs.)

Effet oratoire.

M. de Voltaire étant à Potsdam, un soir après souper, fit un portrait d'un bon roi en contraste avec celui d'un tyran, et, s'échauffant par degrés, il fit unede.scription épouvantable des malheurs dont l'humanité est accablée sous un roi despotique, conquérant, etc. Le roi de Prusse, ému, laisse tomber quelques larmes. « Voyez, voyez ! s'écria M. de Voltaire, il pleure, le tigre ! »

(C ha m fort.)

Effronterie.

L'hiver dernier (1716), il est arrivé une c.iose plaisante. Une dame qui est jeune et jolie vint voir mon fi's (le Régi ut) dans son cabinet. Il lui fit cadeau d'un diamant de dmix mille louis d'or et d'une boîte de deux cents. La dame avait un mari jaloux ; mais elle était si effrontée, qu'elle vint à lui , et lui dit que des gens ([ui avaient besoin d'argent lui offraient ces bijoux pour une bagatelle ; elle le pria de ne pas laisser échap|)ereette bonne occasion. Le mari crut tout cela.

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