‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangèresChapitre 85 sur 156 · T^LO · texte numérisé non relu

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grain, cpii ('tail suivi de la ficvrc, du dé- 1 lire, et de la perte des cheveux, des deuts i et (le la peau. Au 3"^ jour, on avalait | le troisième graiu, et ou tombait alors | dans uu long sommeil , pendant la du- ; rée duquel repoussait tout ce qu'on avait j perdu. Au Zi)'' jour, on prenait uu bain, i et ou versait dans un verre de vin 10 i gouttes de baume du grand coplite. Après quoi. Ie40'^jour advenu, on setronvait eu ))arfaite santé, rajeuni de cinquante ans... On pouvait recommencer rex.|)érience tous les ifl ans, mais seulement jusqu'à ce qu'on eut sitteiut l'âge de 55.'j7 ans. (F. Bulau, Persotiiiag. énigmatlq.)

Le vicomte de Lapasse, mori eu 18G7 à l'âge de quatre-vingt-cinq ans, ancien secrétaiie d'ambassade, ex-rédacteur de la QiioiiHienne e\\ 1824 et 1825, auteur de plusieurs brochures politiques, maiuteneur des Jeux Floraux, était à la fois un personnage considérable, uu homme d'une sérieuse valeur, et un excentrique dont la silhouette figurerait avantageusement dans la galerie des originaux du dixneuvième siècle.

Le vicomte faisait sa lecture favorite des livres hermétiques et des moindres écrits laissés par les alchimistes. D'après ses recherches et ses mé,litations personnelles, il avait composé un élixir de longue vie, nue espèce d'or potai)le , dont il parlait souvent, mais toujours en termes mystéiieux et voilés. Eu quoi consistait au juste cet élixir? Personne ne l'a jamais su, sinon peut-être M. Flonrens, qui recevait invai'iablemeut la première visite du vicomte, sou ([uasi-rom- |)atriote , dès que celui-ci arrivait à Paris.

M. de Lapasse était un savant. 11 avait étudié un peu de tout, et savait à fond la chimie. Les divers systèmes médicaux du monde n'avaient plus de secrets pour lui. Bien qu'il possédât plus de trente mille livres de reutes en biens, il s'était fait recevoir docteur en médecine, ainsi que son neveu M. de Montesquieu, aiin (l'avoir sous la main toutes les l'cssourees possibles dans sa lutte contre la mort.

Avec son élixir, il se vantait d'avoir prolongé l'existence de sa mère. Et en effet, celle-ciest morte centenaire. Quant à lui, il se prétendait sûr d'aller poui' le moins jusqu'à cent dix ans. Il a de-

vancé de vingt-cinq ans le terme qu'il s'était fixé. Mais comme il est mort eti visite dans la maison d'un de ses parents, il est permis de croire que peutêtre il avait négligé d'emporter avec lui le précieux flacon, et que c'est à cette élourderiede jeune homme qu'il faut attribuer son décès prématuré. Cela est d'autant plus permis que cet ultra-octogénaire avait gardé toute la verdeur physique , tout l'entrain et toute la gaieté de la jeunesse.

Sous l'empire de ses idées habituelles, le vicomte de Lapasse avait contracté une foule de manies, plus réjouissantes les unes que les autres, auxf[uelles il attacliait une extrême importance. C'est ainsi que, de|)uis l'âge de soixante ans, il portait invariablement un chapeau plat à larges bords, dont il augmentait invariablement aussi la projection d'un quart de centimètre au 1" janvier. Eùt-il renouvelé dix fois son chapeau avant cette date, il ne changeait rien aux proportions adoptées; mais, une fois l'année écoulée, le chapelier savait ce qu'il avait à faire. Pour rien au monde, le vicomte n'eût manqué à cette précaution , qui était, suivant lui , d'une gravité vitale. Si bien que, de quart de centimètre en quart de centimètre, il en était venu , au bout de vingt-cin([ ans, à (lorter des chapeaux dont les bords ressemblaient au couvercle de la marmite des Invalides, et sous lesquels il devenait impossible d'apercevoir sa figure.

Un autre point auquel il attachait la même importance , c'était à la manière de respirer. Son système consistait à expulser l'air de ses poumons en resserrant les lèvres et en faisant entendre un petit sifflement. C'était devenu cln z lui nu tic nerveux, assez désagréable pour ses interlocuteurs. En causant avec vous, le vicomte ne cessait de vous siffler à la figure, comme pour chasser les miasmes qui s'exhalaient de votre personne et de votre haleine.

(Journal de Bruxelles, Lettres pniisieriites).

l^Iog'es {.-Imour (les).

Fontenelle n'était rien moins que difficile sur le chapitre de la louange, et l'esprit le plus ingénieux , le plus épigraminatiipie, le plus délicat en galanterie, ne s'offensait point des éloges les

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