‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangèresChapitre 90 sur 156 · ENS · texte numérisé non relu

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de la victime, et lui rendrait l'usage de ses mains. De cette manière il ne restait avec lui que les vrais coupables, devenus ses libérateurs, auxquels il semblait devoir la vie et la liberté. Ce projet, très-atJroit, s'exécuta au milieu de la t'orèt de Cbinon. Le prisonnier, qui avait perdu l'usage de ses )eu\ et de ses mains , crut qu'on se battait sérieusement ; il exprima sa reconnaissance à SOS prétendus libérateurs ; mais il ne fut pas le maître de les sauver tous, lorsque la justice fut saisie de l'affaire.

{Mémoires secrets i/(i\/X^ siècle.)

Ennui {Dangers de /').

Le comte de Lauraguais a envoyé la question suivante à la Faculté de Médecine :

« Messieurs de la Faculté sont priés de donner en bonne forme leur avis sur toutes les suites possibles de l'ennui sur le corps humain, et jusqu'à quel point la santé peut en être altérée. »

La Faculté a répondu que l'ennui pouvait rendre les digestions difficiles, empêcher la libre circulation, donner des Vcapeurs, etc., et qu'à la longue même il pouvait produire le marasme et la mort.

Bien muni de cette pièce authentique, M. le comte de Lauraguais s'en est allé chez tui commissaire, qu'il a contraint à recevoir sa plainte contre M. le juince d'Hénin, comme homicide de Sophie Arnould, depuis cinq mois et plus qu'il n'a bougé de chez elle.

(Grimm, Correspoiulance.)

Enrouement tl'uii chanteur.

Un jour que Garât était parti pour la campagne dans sou boghei , seul et sans domestique, il rencontre un de ses amis rue Saint-Honoré et l'invite à prendre place auprès de lui. « .le ne peux pas, répond celui-ci, j'ai un rendez-vous rue Saint-Jacques à quati'e heures précises. — C'est précisément notre chemin, je sors de Paris par le fauboui'g Saint-Marceau. — C'est qu'il faut qu'auparavant j'aille dans un autre endroit. — Impossible, ce qiipj'aiàie dire est trop pressé. » M. de L"*, vaincu par ses instances, mais assez contrarié, monta en boghei. » Voyons, lui dit-il, mou cher Carat, explique-moi ce dont il s'agit. — Tu ^us le savoir, mon

ami ; c'est que j'ai de très-vilains quartiers à traverser, je suis im peu enrhumé et tu crieras gare ! »

(Alissaii de Cliazei, 31 é moires.)

Enseignes.

I A quelque chose le manque d'orlho- I graphe peut être bon : il servit sans doute à faire dire la vérité à ce confi- I seiir de province qui inscrivait sur sa j boutique :

! fins feints et fruits qu'on fit.

On a remarqué dans Paris une enseigne ainsi conçue : T... culottier de ladit-

I cliesse de Berry.

On lisait sur une autre, en 1811 : /?...,

I chirurgien-accoucheur de la grande ar-

j mée.

; Et sur une autre, rue Daupliine : Gré-

I go'/re, tailleur d'hommes,

I Dans la rue Chartière , près du collège de France, on lisait sur la porte d'une maîtresse d'école qui venait de déménager : Madame Prudent est maintenant enceinte du Panthéon.

Dans un des numéi'os du journal la Gazette de Paris , je voyais cette rédaction pour une enseigne de liqnoriste :

yi VAuisette de Déranger (1) ?

Cela m'a rappelé l'anecdote suivante :

A Palaiseau, les touristes ont pu voir longtemps deux enseignes, originales toutes deux, dues à une partie de plaisir qu'il nous a été donné de faire dans cette bourgade avec Tisserant et quelques artistes dramatiques.

A déjeuner, le couvert était mis dans une auberge nouvellement établie, et dont le maître déplorait de ne pas avoir la vogue de son concurrent ; ce brave homme attribuait cette vogue à l'enseigne ainsi conçue :

A la Ftondaucc,

Tisserant lui dil en riant :

Faites comme lui, mettez une enseigne et écrivez :

'i^ Y.n vrai lii|iioii5tc, li- rr<l,-irtpiir île l'<-n'^<'iune avuit c(iiifi)n(hi la l.iietle ;ivrc Yaiiin-IU

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