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Introduit un jour au grand couvert, Dominique, l'arlequin le plus spirituel qu'aient eu les Italiens, semblait convoiter un plat de perdrix rouges qu'on venait de servir. Louis XIV, qui s'en aperçut, dit : « Qu'on passe ce plat à Dominique. « Le plat était de vei-meil. Dominique, sans se déconcerter, le prend et dit . « Sire, et les perdrix aussi ? — Et les perdrix aussi », dit le roi, que celte saillie divertit l)caueoup.
(Noui'elle ùil/lioth. de socle ta.)
Lorsque l'hôtel de Bourgogne voulut empêcher les corné liens italiens de parler fiançais, Louis XIV lit venir devant lui Daron et Dominique, poui- entendre les raisons de part et d'autre. Baron parla le ])remier, et quand il eut fini, Dominique dit au roi : « Siie, comment parlerai-je ! — Parle comme tu voudras, répondit le roi. — Il n'en faut pas davantage, reprit Dominique, j'ai gagné ma cause. )> Baron voulut en vain réclamer contre cette surl)rise, le roi dit en riant qu'il avait prononcé.
(Histoire du Tli. itciUtn.)
Un jour, Louis-Philippe fit présent d'un drape.cv> au maire d'une petite commune deFiaice. Le drapeau était pesant; le maire était un vieillard.
«Monsieur le maire, dit Louis-Philippe, ne vous donnez pas la peine de porter vous-même ce drapeau •. vous allez vous f.itiguer. — Siie, répondit le maire, ce que donne Votre Mujeslé n'est jamais lourd! » (1).
Errata.
Desmarets avait fait un livre des Délices de l'esprit. On mit dans l'errata : Délices, lisez délires de l'esprit. On mit de même dans l'errata d'un autre livre, le docte 'i\.oiii\, lisez ledccteiir Morel.
(.■iiigotiaiia.)
(i) On a souvent aussi raronlé cette anecdote en ri-m|jlarant Louis-l'Iiilippe par Lécjpold I, roi des Bcl<jes, qui ]iassait pour à peu près aussi économe que son biau-père : peul-ètie u'cst-elle pas ])lus vraie de l'un que de l'autre.
M. Scarronavaitcomposé quelques vers, à la tète desquels il mit luie dédicace avec ces mots : « A Giiillemetle, chieiuie de ma sœur. » Quelque temps après, s'étant hrouillé avec sa sœur, dans le temps cpi'il faisait réimprimer ses poésies en recueil, il fit mettre malicieusement dans Yerrata de son livre : » Au lieu de : chienne de ma sœur, lisez : ma chienne de sœur. » (Menagiana.)
Voltaire avait composé les Éléments de la Philosophie de Netvton à la portée de tout le monde, dans l'intention de se fiire parla un titre pour entrer à l'Académie des sciences. En conséquence, il fit présent de son livre aux savants les plus distingués de la capitale. L'ahhé Desfontaines, comme journaliste, rendit un compte assez avantageux de l'ouvrage ; mais en considérant l'affectation que l'aiileur avait eue de répandre sa brochure, il ajouta à la fin de l'analyse que, paimi les fautes d'impression qu'on y trouvait, il en était une essentielle qu'il fallait absolument corriger. Ainsi, au lieu de dire : Eléments de Philosophie de /WiWort, mis à la portée de tout le monde, lisez : mis à la porte de tout le monde (l).
(Galerie de l'ancienne cour.)
Eîscaïuotag^e de place.
C'est un fait connu que la lettre du roi Louis XVI envoyée à M. de Maurepas poiu' l'appeler nu ministère, avait étéécrite pour M. de Mâchant. Ce qu'on ne sait point, c'est que M. de Maurepas escamota, pour ainsi dire, la place qu'on croit qui lui avait été offerte. Le roi ne voulait que causer avec lui ; à la fin de la conversation, M. de Maïu'epas lui dit : « Je développerai mes idées demain au conseil. »
On assure aussi ((lu-, dans celte même conversation, il avait dit au roi : n Votre Majesté me fait donc ]>re;nier ministre.*" — N'on, dit le roi, ce n'est point du tout mon intention. — J'entends, dit M. de Maïu'cpas, Voire Majesté veut que je lui appreinie à s'en passer. »
(Chamfort.)
Escamoteur.
Le prestidigitateur Ilamilton avait of-
( 1 ) / '. Critiijue sommiiiie.