EXC
sentinelles ; à la troisième , l'officier qui était de garde, plus attentif , l'a examiné de plus près et l'a arrêté, en sorte que le lour ilécouveit n'a servi qu'à le taire resserrer plus étroitement avec moins de lilierlè. Je ne crois pas qu'il eu sorte sitôt.
• (Barbier, Journal.)
La troisième nuit de mon emprisonnement a Lille, tout étant prêt pour l'évasion , nous résolûmes de jiartir. Huit des condamnés passèrent par l'ouverture , et s'échappèrent sans attirer l'attention de la sentinelle. Il en restait encore se|)t , et nous tiiàmes à la plus courte paille pour voir qui partirait le premier. Le hasard me favorisa , et j ôtai mes habits, afin de rendre plus lacile mon passage à ti avers l'ouverture, qui élail tres-étioite ; mais lorsque j'en-; passé la moitié de mon corps, il me fut tout à coup impossible d'avan er, et mes camarades, malgré tmis les eflorts qu'ils firent, ne pu eut me retirer. A la fui . mes souffr.iuces devinrent si vives , que je fus loicé de crier à la sentinelle, qui se p éci|)ita vers moi en alarme, et, la baïonnette appu)ée contre ma poitrine , me menaça d'une mort prompte si je faisais le moindre mouvement. Elle appela ensuite la garde, qui ai riva sur-l. charnu, suivie des geôliers et des guichetiers |)ortant des flambeaux. Apres de longs efforts, on me tira de l'honible position où j'étais, mais non sans laisser derrière moi une partie considérable de ma peau.
(Yidocq, Mémoires.)
Exactions administratives.
M. de Vaubecourt était gouverneur de Clià'ons. Il rançonnait tous les villages et prenait tant de chacun pour les exempter des gens de guerre. Il mettait familièrement d.^s étiquetes sur les sacs qui portaient le nom de chaque paroisse, avec un bordereau de ce qui lui était encore du La maison de ville lui emprunta de l'argent, il l'envoya sans daigner ôier les étiquettes.
(Tallemaiit des Réaux.)
Examen de conscience.
Lu homme étaul à confesse , entre plu-
sieurs péchés dont il s'accusa , dit qu'il venait de battre excessivement sa femme. Le confesseur lui ayant demandé pour quel sujet , il lui dit qu'il n'allait jamais à confesse qu'il n'en fit autant. Interrogé pourquoi : «■ Parce que, dit-il, sans cela ma confession ne vaudrait rien. Je ne vais jamais qu'une fois à confesse par au, comme notre Mère Sainte-Église nous l'ordonne ; et avant la plus mauvaise mémoire du monde , je ne me souviendrais de rien , si je ne battais ma femme ; car sitôt qu'elle se sent frappée , elle me reproche ce que j'ai fait en ma vie, et par ce moyen je me ressouviens de tous mes péchés. »
(D'Ouville, Contes.)
Excès de patriotisme.
Une maladiecontagieuse ayant emporté, en 170Î , une grande partie des habitants de riilande, le gouvernement, pour V attirer les autres sujets du Danemark, autorisa les filles islandaises à faire jus- (ju'à six bâtards, sans porter atteinte à leur réputation. Cette ordonnance eut son |)lein et entier effet, (^es bonnes filles montierent tant de zèle à rciieupler leur patrie, (pi'oii lut bientôt obligé de révoi|uer un règlement si commo.le, et même de statuer nue peine rigoureuse contre celles qui s'y conformeraient à l'avenir. (/mprovisateur français.)
Excommunication.
Henri IV demandait au maréchal de Roquelaiire pourquoi il avait si bon appétit quand il n'était que roi de Navarre et qu'il n'avait quasi rien à manger, et pourquoi à cette heure qu'il était roi de France paisible, il ne trouvait rien à son goût : << C'est, lui dit le maréchal, qu'alors vous étiez excommunié, et un excommunié mange comme un diable. »
(Tallemant des Réaux.)
Piron, mécontent du jeu du comédien Saiazin,qui représentait l'hérétique Gusave dans la tragédie de ce nom, et sachant que cet acteur avait été abbé dan» sa jeiiii.'sse, cria au milieu de l'amphithéâtre : « Cet homme, qui n'a pas mérité d'être sacré à vingt-cp.iatre ans, n'est pas digne d'être excommunié à soixante. » {Aim. /itl., 17 77.)