ENCYCL TI1ÉOL. ( AT M. — T. XIV
prématie religieuse, étant un siège à la fois épiscopal , archiépiscopal et primatial. Le diocèse s'étendait sur la ville, les faubourgs et 800 paroisses , divisées en 18 décanats.
La province comprenait quatre évéchés : ceux d'Autun, de Châlon-sur- Saône , de Langres et de Mâcoo . En cas de vacance du siège, c'était Tévéque d'Autun qui devenait administrateur (spirituel et temporel) du diocèse.
Le droit du primat (très-contesté) s'étendait sur les 4 provinces ecclésiastiques de Tours, ou la 8* Lyonnaise; de la 4e, ou Sens; de Paris et jadis de Rouen. C'était plutôt un titre d'honneur qu'une suprématie réelle.
D'après les nouvelles circonscriptions de la France de 1821 (I), la métropole de Lyon et de Vienne a pour suffragants Autun, langres, Dijon, Saint-Claude et Grenoble (2).
Parmi les conciles de Lyon il faut spécialement remarquer les deux concUes universels qui s'y réunirent.
Le premier concile universel eut lieu en 1245(8).
Les négociations entamées entre Innocent IV et l'empereur Frédéric II étant restées sans résultat par la faute de l'empereur, et le Pape ayant échappé aux embûches que lui avait dressées ce prince, Innocent IV se rendit, avec le consentement de Louis IX, en France.
Il y convoqua un concile universel, qui devait s'ouvrir à Lyon-le 24 juin 1245. Le Pape envoya des lettres de convocation à Baudouin II, empereur de Constantinople, aux rois de France, d'Espagne et d'Angleterre, etc., et pria ces princes ou d'y paraître en personne ou d'y envoyer des ambassadeurs en leur nom. L'encyclique qui convoquait les évéques donnait pour motifs de la réunion du concile la triste situation de
(1) Foy. Frakcf.
(2) a. Galtia Christian*!, t. IV.
(3) Foy. Fhéoéric II et Irnocent IV.
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l'empire romain, les persécutions des Tartares et les secours que réclamaient les Chrétiens opprimés de la Terre- Sainte.
La veille de la féte de S. Pierre et de S. Paul de l'an 1245, le concile s'ouvrit dans l'église du couvent de Saint-Juste. Le Pape Innocent IV présidait; il était entouré des cardinaux qui , pour la première fois, portaient le chapeau rouge.
Il y avait de plus les trois patriarches d'Aquilée , de Constant inople et d'Antioche ; on y voyait l'empereur de Constantinople Baudouin II, le comte de Toulouse ; Thadée de Suessa , juge de la chambre impériale , fondé de pouvoirs de Frédéric II; les ambassadeurs (oratores) de Louis IX, du roi d'Angleterre, et d'autres princes ; l'évéque de Béryte , le seul prélat de Palestine qui avait pu arriver. Personne n'était venu de la Hongrie, horriblement dévastée par les Mongols; il y avait fort peu d'évéques d'Allemagne et des États de l'empereur.
Après la célébration de la messe le Pape prononça un discours sur la triste situation de la chrétienté. Cinq plaies , disait-il, déchiraient alors l'Église, comme autrefois le corps du Christ sur la croix; c'étaient : 1° l'invasion des barbares dans les États chrétiens ; 3° le schisme de l'Église grecque; 3° les hérésies qui pullulaient; 4° la chute de Jérusalem tombée entre les mains des Chowaresmiens; 5° les crimes de Frédéric II et son hostilité contre l'Église.
La première session fut remplie par les accusations que le Pape porta contre l'empereur et par la justification de ce monarque, présentée par Thadée, qui donna les rois de France et d'Angleterre comme garants que l'empereur tiendrait ce qu'il avait promis et promettait encore. Le Pape ne voulut point accepter cette garantie ; car, « si l'empereur ne tenait point sa parole , il faudrait, disait-il, qu'il entrât, lui Pape,
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en hostilités avec les trois souverains les plus puissants de la terre , et cette situation deviendrait pire que celle a laquelle on voulait porter remède. »
La seconde session fut tenue quelques jours après. Plusieurs évêques élevèrent des plaintes contre l'empereur, que Thadée défendit de nouveau avec énergie. Il demanda instamment qu'on prorogeât la troisième session, parce que l'empereur avait résolu de comparaître en personne. On accorda deux semaines de délai à l'empereur.
La troisième session se tint au jour marqué. Le Pape y déclara qu'à l'avenir on célébrerait l'octave de la féte de la Nativité de la sainte Vierge. Puis il fit part au concile de plusieurs constitutions qu'il allait publier en faveur de la Terre-Sainte, de l'empire latin et des Chrétiens d'Orient. La constitution relative à l'empire latin commençait par ces mots : Ardv.it mens nostra occupata negotiit. Le concile donna son assentiment aux mesures proposées par le Pape , lesquelles consistaient à abandonner à l'empire latin, comme subside , la moitié des revenus annuels des dignités personnelles, des prébendes et autres bénéfices ecclésiastiques, des personnes qui résideraient moins de six mois dans l'année , qu'elles eussent un ou plusieurs bénéfices. Étaient exempts de cette charge les clercs institués près du Pape, des cardinaux et autres prélats; ceux qui ne résidaient pas étant en mission ou en affaire pour leurs Églises ou pour achever leurs études; enfin, et naturellement , les croisés ou ceux qui viendraient au secours de l'empire de Constant inople. Cependant, dans ces deux dernières classes , ceux-là ne devaient pas jouir de l'exemption qui avaient plus de 100 marcs de revenu annuel; ils devaient pendant trois ans payer le tiers du surplus. Ceux qui ne s'acquitteraient pas de leur contribution seraient
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excommuniés. Le Pape promit, sur ies biens de l'Église romaine , après la dtme destinée à la Terre-Sainte , une seconde dtme dans le même but. Les délégués du Saint-Siège devaient réunir l'argent. Tous ceux qui prendraient part à cette bonne œuvre seraient l'objet des bienfaits spirituels de l'Église , comme les croisés eux-mêmes.
Les vives instances de l'empereur Baudouin II obtinrent l'approbation de ces mesures par le concile.
La constitution contre les Tartares commençait par ces mots : Chrittianx religionU cultum. Les pays chrétiens devaient être mis à l'abri des incursions des Tartares par des places fortes. On instruirait de leur arrivée le Saint-Siège, qui contribuerait lui-même aux subsides et aux sacrifices , et veillerait à ce que les secours de toute la chrétienté fussent abondamment fournis aux Chrétiens opprimés.
Le secours à porter à la Terre-Sainte était un des points les plus importants de la sollicitude du concile. La constitution à ce sujet commençait en ces termes : Affilai corde pro dcplorandls Terrœ sanctœ perieulis. Les prêtres et les clercs qui se trouvaient dans l'armée chrétienne devaient prier assidûment, exhorter les fidèles, rappeler les croisés à la pénitence, à la modération, à la charité, par leurs discours et leur exemple , afin de combattre l'ennemi de la foi non-seulement par des armes temporelles, mais par des armes spirituelles. Le Pape, de concert avec le concile, autorisait ces clercs à retirer leurs revenus entiers pendant trois ans, comme s'ils observaient la résidence. Les autres membres du clergé devaient exhorter vivement le peuple à prendre personnellement part aux croisades ou à faire des sacrifices dans cette vue. Tous les membres du haut et du bas clergé devaient verser la vingtième partie de leurs revenus pendant trois ans
pour soutenir la Terre-Sainte, peine d'excommunication. Le Pape et les cardinaux payeraient la dtme. Les croisés seraient exempts des charges civiles ordinaires, leurs biens et leurs personnes placés sous la sauvegarde de S. Pierre; s'ils s'étaient engagés par serment à payer les impôts , les fidèles devaient les dégager de ce serment et renoncer à faire rentrer les intérêts; quant aux Juifs , ils seraient contraints par le bras séculier à renoncer à leurs créances. Les corsaires et ceux qui les protégeraient seraient excommuniés; les prélats prononceraient également l'anathème contre les princes et les autorités qui ne s'opposeraient pas aux entreprises de piraterie de la part de leurs sujets.
Toutes les sentences de l'Église frappaient ceux qui livraient des vaisseaux, des armes ou des munitions aux Mahométans , ainsi que ceux qui leur viendraient en aide, au détriment de la Terre-Sainte, d'une manière quelconque. Ils ne seraient absous qu'autant qu'ils emploieraient au profit de la Terre-Sainte l'argent gagné.
La paix serait observée durant quatre années dans toute la chrétienté; les prélats ordonneraient la paix ou l'armistice, sous peine d'excommunication contre les princes et d'interdit contre leur pays. En revanche, tous les trésors des grâces de l'Église s'ouvriraient à ceux qui prendraient directement ou indirectement part à cette œuvre sainte.
Le concile s'occupa ensuite de la captivité des prélats qui avaient voulu se rendre au concile convoqué à Rome par Grégoire IX. Toute l'éloquence de Thadée ne put justifier l'empereur, qui les retenait. Ne voyant plus d'autre ressource, il en appela, au nom de son maître, au futur concile universel. Le Pape répliqua : « Thadée, il suffit du concile présent, composé de tant d'illustres personnages qui ont vainement, et non
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sans préjudice, attendu votre maître, patriarches, archevêques, évéques et seigneurs de tous les pays du monde.
Ceux qui sont absents sont victimes des violences de l'empereur. Il n'est donc pas juste de retarder la sentence de déposition qui doit être prononcée contre lui, d'assurer un avantage nouveau à sa mauvaise volonté, sans que personne puisse rien gagner à sa duplicité..
Le 17 juillet suivant la sentence de déposition fut en effet proclamée; elle commençait par ces mots : Ad apostolicm dignitatis apicem. Alexandre Noël cherche longuement à démontrer que le Pape prononça la déposition en son nom et nullement au nom du concile.
Cette sentence condamne l'empereur sur quatre chefs:
1° Parjure fréquent, violation de la paix entre l'État et l'Église ;
Soupçon véhément, presque évident, d'hérésie ;
3* Violation des droits de l'Église par la captivité des cardinaux et autres dignitaires de l'Église;
4o Violation de la majesté du Pape par les lettres adressées à Grégoire IX; soulèvement des peuples des États romains contre leur maître légitime; enlèvement des villes et châteaux des États de l'Église.
Il s'y ajoutait enfin le grief d'avoir opprimé la liberté ecclésiastique, surtout en ce qui concernait les dignités ecclésiastiques; car il y avait alors onze archevêchés et de nombreux évéchés vacants. Par suite de ces crimes de l'empereur, ceux qui avaient prêté serment de fidélité à Frédéric en étaient relevés.
La plupart des évêques souscrivirent à la déposition de l'empereur. La promulgation de la sentence prononcée contre lui fut confiée plus tard aux Dominicains (21 décembre 1345).
Le concile arrêta encore toute une
série de décisions, qui se trouvent au I. VI Decretorum, et qui portent sur l'administration de la justice, l'administration et la conservation des biens ecclésiastiques, qui, on vient de le voir, furent lourdement imposés. Il y fut enfin traité aussi de plusieurs affaires particulières, entre autres des plaintes des Anglais contre les abus de pouvoir d'un légat du Pape nommé Martin (1).
Second concile universel de Lyon (14* concile universel) (2). A peine Grégoire X fut-il monté sur le Saint-Siège (27 mars 1272) qu'il invita les princes et les prélats de la chrétienté à un concile universel fixé au 1er mai 1274. Les motifs de la réunion étaient la situation générale de la chrétienté, le triste état de la Terre-Sainte et le schisme grec.
La lettre de convocation aux prélats de la Palestine est datée du 31 mars 1272. Ils sont rigoureusement tenus de paraître au temps marqué dans la ville que le Pape leur désignera plus tard.
Une invitation semblable fut adressée à l'empereur Michel Paléologue, qui, depuis 1261, était rentré en possession de Constantinople, et qui, dès 12G2, avait manifesté le désir de s'unir à l'Occident. Le Pape lui exprimait de son côté les vœux ardents qu'il formait pour cette réconciliation et son espoir de la voir se réaliser. A la même date, une invitation fut adressée à Joseph, patriarche de Constantinople, qui était renvoyé d'ailleurs à la lettre plus détaillée adressée à l'empereur.
Michel Paléologue répondit en 1273 et reçut du Pape une invitation précise, datée de Lyon le 24 décembre 1273.
Le concile fut ouvert par le Pape à Lyon, le 7 mai 1274, dans la cathédrale
(1) Cf. Rayn.il.hu, ad h. ann. 12*5; Natal. Alex. ; Mallhaus Paris, Hutor. Angl., ad ann. 1»5; Hardouln, Conc.t t. VII, p. 575-Mô; Manti, t. \\ III, P. 603.
(2) a. Grégoire X.
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de Saint-Jean, en présence de Jacques, roi d'Aragon, des patriarches Pantaléon, de Cous ta mi no pie , et Opizio, d'Antioche , du rit latin. S. Bonaventure était au nombre des cardinaux; les ambassadeurs présents représentaient la France, l'Allemagne, l'Angleterre et la Sicile. Le Pape prononça le discours d'ouverture, dont le texte était : « J'ai désiré d'un ardent désir manger cette Pâque avec vous, avant ma Passion et ma mort. » Il exposa que le concile avait pour mission d'à-
f A l'appui nécessaire à la Terre- Sainte ;
2° A l'un ion des Grecs ;
8o A l'amélioration des moeurs.
Après son discours le Pape se leva et termina la première session.
Le 18 mai eut lieu la seconde session. Le Pape prononça une allocution nouvelle, et l'on proposa diverses mesures relatives à la foi et au gouvernement de l'église. Dans l'intervalle des deux sessions le Pape présida des conférences particulières avec les prélats, dont il obtint la renonciation au dixième de tous leurs revenus, pendant six ans, en faveur de la Terre- Sainte. On annonça, avant la troisième séance, la prochaine arrivée des ambassadeurs grecs ; le Pape fit convoquer tous les prélats, auxquels S. Bonaventare adressa un discours sur le texte : • Lève-toi , Jérusalem , monte sur les hauteurs, vois tout autour de toi les contrées de l'Orient, et compte tes enfants depuis l'aurore jusqu'au couchant. » Après ce discours on lut les lettres annonçant l'arrivée des Grecs.
Le 17 juin on célébra la troisième session. Le roi d'Aragon avait quitté Lyon. Le cardinal Pierre d'Oslie prononça un discours sur ce texte : « Levez vos yeux et voyez ; tous se sont réunis et sont venus à vous. » Puis ou lut une
série de constitutions. Le Pape adressa spontanément soumis, dans l'obéissance
la parole à l'assemblée et prélats l'autorisation de s'éloigner de Lyon à la distauce de six milles. 11 ne fixa pas la date de la prochaine session , à cause de l'incertitude du jour de l'arrivée des Grecs.
Entre la seconde et la troisième session le Pape avait réuni les prélats et leur avait lu les constitutions proposées dans la seconde session.
Le 24 juin les députés de l'empereur Michel Paléologue arrivèrent à Lyon; ils furent reçus avec toutes sortes de marques d'honneur, et amenés au paJais du Pape, qui se tenait dans une cour, entouré de tous les cardinaux et d'un grand nombre de prélats. Le Pape accueillit les* députés en leur donnant le baiser de paix. Ils lui remirent les lettres autographes de leur empereur et des évêques d'Orient, et déclarèrent qu'ils étaient venus pour rendre hommage d'obéissance à la sainte Église romaine, au symbole de sa foi et à sa primauté. Quelques jours plus tard , le 20 juin , fête des saints apôtres Pierre et Paul, le Pape célébra solennellement la messe dans la métropole de Saint-Jean, en présence de tous les cardinaux et prélats qui avaient été conviés au concile. L'Êpttre fut lue en latin et en grec, l'Évangile fut également chanté dans les deux langues. Puis S. Bonaventure prêcha. Le Credo fut aussi chanté en latin et en grec. L'article : Et in Spirltum sanctum et titificantem, qui ex Pâtre I iliaque procedit , fut chanté trois fois.
Le 4 juillet le Pape , entouré de ses cardinaux, reçut une députation du roi des Tartares (Abagha). Le vendredi 6 eut lieu la quatrième session. Après le sermon du cardinal Pierre d'Ostie, le Pape prononça une allocution ; en exposant les trois motifs de la convocation du concile, il rappela comment, contre l'opinion générale, les Grecs s'étaient