‹ Dictionnaire encyclopédique de la thélogie catholiqueChapitre 103 sur 224 · MARIAGE DE LA MAIN GAUCHE · texte numérisé non relu

MARIAGE DE LA MAIN GAUCHE

faire bénir ces sortes de mariages dans des localités soustraites aux visites ordinaires, notamment dans les chapelles des prisons. Une des prisons où l'on se rendait le plus souvent à cette fin se nommait Fleet, et dans l'origine ce nom fut donné aux mariages de ce genre. Il y avait aussi diverses tavernes ayant la même destination; elles se distinguaient communément par leur enseigue représentant deux mains entrelacées ou quelque autre emblème matrimonial. Les taverniers se tenaient dans le voisinage ou à la porte même des églises, et tâchaient d'attirer les couples dans l'embarras en leur offrant un mariage secret, ajoutant l'éloquence du vin à celle de leurs paroles.

Le plus célèbre des cousécrateurs de mariages de ce genre, connu par l'originalité de l'annonce publique de ses mariages ad libitum , fut le pasteur Keith , vers 1748. Ce ne fut qu'en 1753 qu'une loi fut promulguée pour entraver ces mariages clandestins. A la suite de cette loi le village de Graithney (Gretna), en Ecosse, sur lequel ne s'étendait pas la rigueur de la loi anglaise, devint l'asile de ces mariages. A dater de 1764 ces affaires de mariages furent traitées à Graithney par un certain Joseph Paisley, qui débitait de l'eau-de-vie et du tabac , et dont la maison se trouvait sur la place ; de là le nom de Gretna- Grceo qu'on donna à ces unions. Plus tard ce commerce passa à un forgeron nommé Daniel Lang, dont les héritiers continuèrent le trafic à dater de 18(4. On estime le nombre des mariages qui s'y célèbrent annuellement à soixante, et parmi les couples qui sont inscrits sur les registres des étrangers figurent les noms de plusieurs personnages appartenant à des rangs élevés.

Les frais diffèrent suivant le rang et la richesse des parties. Le moindre prix est de 15 guinées.

STADLBÀUa.

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