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XV. Sur les pauvres de Lyon, voyez I VAUDoiset Lucius III

Gams.

LYON (PAUVBES DE). Foy. VàUDOIS.

lyons (Guillaume), déiste anglais, contemporain de Shaftesbury, de Collins et d'autres déistes et libres penseurs, chercha à démontrer l'hypothèse de ses collègues, savoir : que la raison humaine est infaillible, dans un livre spécial, qu'il publia en 1713 sous le titre de : l'Infaillibilité , la dignité et l'excellence du jugement humain. Ce jugement est , d'après son opinion, ce qu'on appelle d'ordinaire la conscience, l'Esprit-Saint, la raison , la lumière de la nature, l'émanation de la lumière d'en haut, le rayon de la Divinité, l'image de Dieu ou l'Esprit de vérité. — Il n'admet pas d'autorité sacrée si la raison n'a d'abord apprécié sa valeur, et il croit que toutes les vérités de la religion et de la morale peuvent être déduites, sans qu'on risque de s'égarer, de la simple observation des faits. Il accuse le clergé de l'Église établie des plus grandes impostures, range toute . révélation divioe et surnaturelle parmi les folies de l'esprit humain, et enlève, avec Shaftesbury, aux miraeles toute force démonstrative en faveur de la Révélation; après quoi Collins, dans son livre des motifs et des preuves de la religion chrétienne, attaque aussi la preuve des prophéties de l'Ancien Testament.

Lyons ne sut donner, dit Schlégel , à sa prétendue démonstration de l'infaillibilité de la raison, ni la clarté, ni l'ordre, ni la perfection de style qu'elle aurait dû avoir pour produire quelque efîet (1). Cependant la quatrième édition, publiée à Londres en 1730, semble attester un assez grand succès, et il eût été plus juste de remarquer que le déisme devait être le résultat

(l)Scfclégel, H ut. de l'Église, cootin. de Moiheim, V, 500, Hdlbronn, 1784.

naturel de la décadence de l'Église au

seizième siècle, de l'abaissement de la raison, dont les réformateurs avaient fait une prostituée (merelrte), de l'exaltation de l'esprit privé au-dessus de l'autorité de l'Église, des funestes que. ' relies des sectes protestantes, et de la manière déplorable dont \e protestantisme altéra et défigura la Révélation

Lyons, outre le livre cité, publié une dissertation sur la nécessité des mt* fions humaines. Il mourut en 1713.

a. Déisme, Déistes, Libbes Peuseues.

SCBBÔOL.

lyre (Nicolas db) naquit à Lyre , petite ville de Normandie, dans le vol* sinage de Verneuil, au diocèse d'Évreux. D'après les données ordinaires, non -seulement ses ancêtres étaient Juifs, mais lui-même naquit et fut élevé dans le judaïsme. L'inscription de son tombeau, qui indique les principaux moments de sa vie (1), ne dit rien à ce sujet. Outre le récit qui prétend que sa mère, avant sa délivrance, le consacra au Seigneur, ce qui parle encore contre l'hypothèse, c'est que Paul de Burgos dit que Lyre n'apprit l'hébreu que plus tard. En 1291 ou 03 {Nicolas entra, fort jeune encore, dans l'ordre des Franciscains. Il fit ses premières études au couvent de Verneuil. Il devint docteur en théologie h Paris et y enseigua cette science. Son savoir et set vertus lui ouvrirent la carrière des hautes diguités de son ordre. En 133511 devint provincial de la Bourgogne, et il fut, à ce titre, nommé un des exécuteurs testamentaires de la reine de France , Jeanne. Il mourut à Paris le 38 octobre 1340, après avoir porté, dit son épitaphe, pendant quarante-huit ans avec honneur l'habit de son ordre et avoir répandu dans tout l'univers la re-

(1) Waddiag, Annales Min., I, S, ad mm. IMO, S 20.

LYRE*

nommée de sa vertu et de sa science, per diversa mundi climata. On le surnomma plus tard Doctor utills. Dès 6on entrée dans son ordre Lyre s'était surtout appliqué à l'étude de l'Écriture sainte et avait tourné son attention vers le sens littéral, alors fort négligé.

En 1293 il était déjà occupé de l'interprétation d'Isaïe; en 1330 son commentaire sur toute la Bible fut achevé.

C'est à ce commentaire, Posiilla in universa Biblia, que Nicolas de Lyre doit sa réputation. Les principes qu'il suivit dans ce travail sont exposés dans la préface avec une clarté merveilleuse. Dans le premier prologue, de Commendatione S. Scripturse in gênerait , il établit la sublimité de la Bible et sa supériorité sur toutes les œuvres des philosophes, et il rappelle, comme une de ses qualités spéciales, qu'elle a un sens multiple, parce que son auteur, Dieu même, non-seulement se sert des mots pour désigner les choses , comme les hommes, mais encore se sert des choses désignées par les mots pour en faire comprendre d'autres, d'où ces distinctions habituelles en sens us litteralis, mont lis, allegoricus et anagogicus, distinction qu'il explique en l'appliquant au mot Jérusalem (ville, ami ûdèle, Église militante, Église triomphante).

Dans la seconde partie , de Intentione auctoris et modo procedendi, il dit qu'il faut toujours que l'explication parte du sens littéral ; que c'est là le fondement sur lequel doit être bâtie l'explication mystique; que c'est lui seul d'ailleurs qui peut servi r de base à nne démonstration dogmatique. Or ce sens littéral a été dans les derniers temps, dit-il, fort obscurci, par divers motifs. D'abord le texte est fautif; puis la Vulgate s'éloigne souvent du texte original, et il faut qu'on revienne à ce texte, qu'on ne peut pas supposer avoir été corrompu par les Juifs dans des vues de polémique. Enfin les interprètes ont

jusqu'à présent fort négligé le sens littéral et l'ont comme enseveli sous leurs innombrables explications mystiques. Il se donne donc pour tâche de développer le sens littéral. Il ne touchera que rarement et brièvement aux interprétations mystiques; il aura égard, non-seulement aux exégètes ca-

juifs, notamment à Rabbi Salomon Jarchi. Du reste, il ne fera souvent qu'indiquer leurs opinions, pour prouver l'aveuglement des Juifs. En somme et en toutes choses , il soumet son œuvre au jugement de l'Église et des savants. -

Avant d'entamer son interprétation, il la fait encore précéder des Sept Clefs de S. Isidore; celles-ci ont surtout trait à des détails. Cependant il est à remarquer que dans la troisième clef il accorde, pour certains passages, un double sens littéral; ainsi, par exemple, I Parai., 17, 13 (1), s'applique, dans le sens littéral, imparfaitement à Salomon, parfaitement au Christ, dont Salomon est la figure.

Ces principes, quoique imparfaits sous bien des rapports, notamment sous le rapport de la distinction du sens littéral et des interprétations mystiques, élèvent N. de Lyre bien audessus de ses prédécesseurs dans l'exégèse et ont donné un essor nouveau à cette science. Ce fut d'après ces principes que N. de Lyre commenta toute la Bible. Après avoir achevé ce travail il commença son explication mystique, qu'il appela Moralitales. Dans la préface il dit que quelques textes ont un sens littéral et un sens mystique, comme tien., 15, 16 (2); d'autres n'ont qu'un sens littéral, comme Dent . , 6, 4 ; d'autres, enfin, n'ont qu'un sens mystique, comme Jude, 9, 8 ; Matth., 5, 29 ;

(1) « Je «rai son père, et il sera mon til>. »

(2) Voir Gai., », 22.

LYRE

quoiqu'on puisse aussi appeler, dans une acception large, le sens parabolique un sens littéral , puisqu'il est le sens le plus direct pour certains passages où les mots, dans leur portée première, ne présenteraient pas un sens raisonnable.

Ces Moralités , qui d'abord formèrent un ouvrage spécial, furent reliées plus tard au commentaire général et ajoutées à la tin de chaque chapitre.

L'ouvrage de N. de Lyre fut généralement approuvé et se répandit rapidement en France et en Espagne. Un siècle environ après il fut de nouveau repris et corrigé de main de maître par Paul de Burgos.

Ce Paul, ou Salomon Lévi, Juif de naissance, devint, en 1390, Chrétien, ainsi que ses trois fils. Il reçut le nom de Paul de Sainte-Marie, devint maître en théologie , évêque de Carthagène , plus tard évéque de Burgos et archichancelier du roi Jean II de Castille et de Léon. Il mourut, en qualité de patriarche d'Aquilée , en 1435. En M 29 il envoya à son fils Alphonse, alors doyen de Compostelle, plus tard successeur de son père sur le siège de Burgos, son exemplaire du commentaire de N. de Lyre, qu'il avait enrichi en marge de nombreuses remarques , additiones. Il reconnaît les qualités du commentaire, mais il ajoute qu'il est, comme toute œuvre humaine, susceptible de perfectionnement, et qu'il a cherché à s'approcher de cette perfection par les notes qu'il a ajoutées au travail de N. de Lyre ; il a cru en particulier que ces notes étaient nécessaires là où le commentateur, sans motif suffisant , préfère ses interprétations ou celles des Juifs à celles des Pères , notamment de saint Thomas , ou bien quand la connaissance insuffisante de l'hébreu a entraîné l'auteur dans des erreurs. 11 est juste, dit-il, d'avoir égard aux rabbins ; maisN. de Lyre s'est trop servi de Jarchi, et pas assez des autres

docteurs. La préface renferme, une forme très-scolastique , une dissertation pleine de sagacité sur la question : Utrum sensus spiritualis an literati* sit dignior. Parfois il se peut que Paul n'ait pas raison contre N. de Lyre ; mais en somme ses observations , principalement les observations philologiques sont une sensible amélioration et forment un complément nécessaire an commentaire primitif. Cependant la vanité et la jalousie de l'ordre de Saint- François semblent avoir dès lors exagéré la valeur du commentateur. Un Franciscain exposa, dans une lettre trèsguindée , adressée à Paul de Burgos , ses réflexions contre les améliorations essayées par celui-ci. Paul réfuta de la manière la plus habile les objections du Franciscain. Plus tard Matthias Doring (Thoring), professeur de théologie et provincial des Minimes de Saxe, entreprit de réparer le tort qu'il prétendait avoir été fait au grand Nicolas de Lyre par le travail de Paul, en écrivant ses Beplicse defensivx Postillx ob impugnationibus Domini Burgensis , ou Correctorium corruptorii Burgensis. Le caractère de sa polémique, et notamment ses personnalités, prouvent que Doring n'était pas guidé par des inspirations purement scientifiques; en outre il semble avoir complètement ignoré l'hébreu. L'accusation que Doring porte contre Paul , et que Wadding même reprend , multa ex professa studuil in Lyrano carpere^ est, dans tous les cas, absolument injuste; car Paul ne montre dans ses Additions aucune espèce d'amertume contre le commentateur ; il n'agit que dans des vues purement scientifiques.

Le commentaire de N. de Lyre est le premier commentaire de la Bible qui ait été imprimé (Rome, 1471 et 1472). Calmet en cite sept éditions du quinzième siècle ; une édition de BAIe de 1498 renferme déjà te commentaire

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avec les Additions de Paul et de Doring , outre la glose interlinéaire et la glose ordinaire (1), et c'est de cette mauière qu'il a été souvent réimprimé ; la meilleure édition est celle d'Anvers, . 1634. De la Haye a incorporé le commentaire dans sa Biblia maxima (Paris, 1660).

Outre le commentaireN.de Lyre composa encore beaucoup d'autres écrits, qui se répandirent peu ; tels sont : un livre de Corpore Christi; Sermones de tempore et de sanetis; Liber contra Judxos; un commentaire sur les quatre livres des Sentences; Qussstiones Veteris et Novi Testa menti; un traité de Fisione Dei; une explication des dix Commandements; un traité deldo* neo Ministro et suscipiente Sacra m.

ai taris ; une explication des noms hébreux; un livre de DifferentiU V. et N. T. ; une dissertation de Différent ia translations nostrœ et Hebraicx veritatis ; et , d'après Wadding , une Pia Contemplatio de vtta et gestis 5. Francisco

Cf. Wadding , Annale» Mnor., t. II, ad ann. 1391, % 20, et t. 111, ad ann. 1340, § 20; Rohrbacher, Histoire de l'Église, t. XX, p. 185; Meyer, Histoire des Commentaires de ta Bible, t. I, p. 109 ; Du Pin , Biblioth.. t. XI, p. 71, et t. XII, p. 86.

Rsusch.

lysias (Au<rf*ç). - 1. Général du roi de Syrie Antiochus Épiphanes (S). Lorsque Antiochus marcha contre les provinces orientales, il confia à Lysias l'administration de son royaume et l'éducation de son fils, en lui laissant la moitié de son armée et le chargeant de soumettre et de punir les Juifs.

Lysias envoya trois capitaines à la tête d'une armée de quarante mille hommes de pied et de sept mille ca-

(t) Foy. Glose» bibliques.

(1) ANTIOCHM ÊPIFHANBS.

valiers contre Judas Machabée. Judas,

quoique bien inférieur en forces à l'ennemi, demeura vainqueur. Lysias prit alors lui-même le commandement d'une armée nouvelle, que Judas défit comme la précédente. Judas, vainqueur, purifia le temple (1). Antiochus Épiphanes mourut en Perse (2). Le jeune Antiochus Eupator lui succéda, entreprit avec Lysias une nouvelle expédition contre les Juifs et assiégea Jérusalem (3). Dans l'intervalle Philippe, qui avait été institué par Antiochus Épiphanes administrateur du royaume et tuteur du jeune roi, fut rappelé de Perse avec ses troupes. Lysias, voulant se maintenir contre ce rival, se décida à abandonner le siège de Jérusalem et à conclure la paix avec Judas. Il y parvint eu effet ; mais Antiochus, infidèle aux conventions arrêtées, fit raser les murs de Jérusalem (4). L'année suivante Lysias et Antiochus tombèrent entre les mains de Démétrius Soter, nouvel aspirant au trône de Syrie (5), et furent mis à mort (6),

IL Claude Lysias, ohiliarque romain du fort a n tu ma pendant le dernier séjour de S. Paul à Jérusalem, fit emprisonner l'Apôtre et l'envoya pendant la nuit à Césarée devant le procureur Félix, pour le soustraire aux persécutions des Juifs.

Cf. Acta% ch. 21-23.

lysimaqi-e, frère du prand-prëtre Ménélas. Celui-ci, n'ayant pu payer la somme qu'il avait promise en achetant le pontificat, fut appelé à Antioche pour rendre compte, et durant son absence de Jérusalem Lysimaque prit sa place. Suivant la leçon de la Vulgate, II Macb., 4,29, il semble que Ménélas

(1) I AfacA,S,ï2«i.tS.

(a) s, is.

(t) s, as.

(5) F oy. DÉMETRIl'â SOTEB.

(6) I A/acA., 7, 1 sq. II A/acA., 14, t.

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