‹ Dictionnaire encyclopédique de la thélogie catholiqueChapitre 13 sur 224 · LYSIMAQUE · texte numérisé non relu

LYSIMAQUE

fut destitué et que Lysimaque fut nommé son successeur; suivant le texte grec Ménéias chargea son frère de le remplacer (&i*îoxc;) (1), et cette version est justifiée par la bonne intelligence qui régnait entre les deux frères (2). Lysimaque, ayant profité de son autorité pour pilier les trésors du temple, excita une révolte des habitants de Jérusalem, qui le tuèrent près de la trésorerie du temple. Quoiqu'il ne paraisse pas avoir été à proprement dire grand-prêtre, on le compte dans la série des souverains

LYSTRE, Aimp«(* OU t*), ville que les Actes des Apôtres (S) attribuent à la province de Lycaonie (4). Elle était située non loin de Derbe (5) et d'Iconium (6).

LYSZCZYNSKI ( Casimir ), gentilhomme polonais, fut accusé d'athéisme à la diète de Grodno par les évéques de Posen et de Wilna, et emprisonné le 12 octobre 1688. L'accusation se fondait principalement sur ce qu'on avait trouvé dans ses papiers un écrit de sa main contenant la proposition suivante : Dieu n'est pas le créateur de l'homme; c'est thomme qui est le créateur de Dieu, puisque de rien il s'est fait un Dieu. Il avait en outre rassemblé en quinze feuillets à peu prêt tous les arguments des athées et s'était plusieurs fois servi de cette expression : Nous autres athées. Il avait prétendu que les preuves alléguées par Alstédius en faveur de l'existence de Dieu , dans sa ihtologia naturalis , démontraient précisément le contraire. Toujours est-il qu'il ne respectait pas les lois de l'Église catholique. Lyszcxynski , obligé de se défendre, répondit qu'il croyait

(1) cf. v, st.

(h) Foy. Lycaoîiie.

(5) Jet. des Jp.t 14, 6 s 16, 1.

(0) 18, 20. Cf. II Tim., 8, 11.

en Dieu ; qu'il n'avait réuni les arguments des athées que pour pouvoir les réfuter; qu'il n'avait attaqué Alstédius que parce que cet auteur n'avait pas démontré l'existence de Dieu aussi solidement qu'il l'aurait pu et dû. Enfin il ajouta qu'il avait dès sa jeunesse mené une vie irréprochable, que peu de jours avant son emprisonnement il avait reçu la sainte communion et commandé les matériaux nécessaires pour construire une chapelle. Le l«* mars 1689 Lyszczynski fut condamné à faire devant l'évêque de Wilna une rétractation solennelle, et fut livré au bras séculier , qui le condamna à brûler ses écrits; ses biens furent confisqués, sa maison fut rasée, lui-même eut la tète tranchée.

Uhmnck.

LACORDAIRE (I) (JlAIf-BAPTISTE-

IIenri) naquit le 12 mai 1802 à Receysur-Ource (arrondissement de Châtillon-sur-Seine , Côte-d'Or). Son père était un médecin distingué; sa mère était fille d'un avocat au parlement de Bourgogne.

Veuve en 1806, et chargée de l'éducation de quatre fils, madame Lacordaire, femme d'un rare mérite, d'une raison ferme, d'une foi simple et forte, se dévoua courageusement à une œuvre que rendait plus difficile la modicité de sa fortune. Henri Lacordaire fut amené à Dijon à l'âge de quatre ans. Il semble que dès ses plus tendres années il ait eu comme un pressentiment de ses destinées d'orateur. On se souvient de l'avoir vu, à l'âge de huit ans , lire à haute voix aux passants les sermons de Bourdaloue , imitant, à une fenêtre qui lui servait de tribune, les gestes et la déclamation des prêtres qu'il avait entendus prêcher. 11 entra au lycée de Dijon en 1812 et en sortit en 1819; d'éclatants succès terminèrent ses étu-

(1) Voir page M du U XIII.

des ; il remporta presque tous les prix de la classe de rhétorique. Du collège il passa à l'école de droit de Dijon , et se livra très-ardemment aux travaux d'une conférence dans laquelle il commença à s'exercer à la parole.

Ses études de droit terminées, et après avoir prêté le serment d'avocat à la cour de Dijon, il vint à Paris vers l'automne de 1822. Il entra, sur la recommandation du président Riambourg, chez un avocat de la Cour de cassation, M. Guillemin, et parla plusieurs fois, dès la première année, devant les tribunaux ordinaires.

Soutenu par l'estime et les encouragements de M. Berryer, Henri Lacordaire voyait s'ouvrir devant lui une carrière brillante, lorsque, touché de la grâce divine, il quitta tout à coup le monde et entra dans le séminaire de Saint-Sulpice. C'était le 12 mai 1824, jour anniversaire de sa naissance et le premier de sa vingt-troisième année.

Depuis plus d'un an Dieu cherchait l'âme de son serviteur. Un moment éloigné par les préjugés du temps des principes de la foi, le jeune philosophe était revenu bientôt, par l'étude des hommes et la méditation, au respect du Christianisme. Dieu récompensait la sincérité et la droiture de son âme en lui donnant avec la foi la vocation sacerdotale.

Soutenu dans sa nouvelle voie par les paternels conseils de Mgr Frayssinous et par l'amitié de M. l'abbé Gerbet (1) ; attiré par M. le duc de Rohan, depuis archevêque de Besançon, et traité par Mgr de Quélen , archevêque de Paris, avec une bienveillance qui ne se démentit jamais, l'abbé Lacordaire reçut à Saint-Sulpiee les saints ordres, et fut ordonné prêtre le 23 septembre

Il fut aussitôt nommé par Mgr de (i) À^ourd'hut évoque de Perpignan.

Quélen aumônier d'un couvent de la Visitation, modeste et pieux ministère auquel il était préparé déjà par la direction du catéchisme de Saint-Sulpice.

Vers la fin de l'année 1828 l'abbé Lacordaire fut appelé par M. de Vatisménil, ministre de l'instruction publique, aux fonctions d'aumônier-adjoint du collège Henri IV; il y pana près de deux ans. Vers le printemps de 1830 il forma le projet de s'embarquer pour l'Amérique et d'y vivre en missionnaire. Déjà il s'était mis en communication avec l'évéque de .New- York, qui lui offrait une place de vicaire général, lorsqu'avant de quitter la France il eut le désir de connaître M. l'abbé de La Mennais, alors daus tout l'éclat de sa renommée. Il se rendit en Bretagne, à la Chesnaie, au mois de mai 1830, et remporta de cette visite une profonde impression. Trois mois après éclatait la révolution de 1830 :

le voyage d'Amérique fut ajourné.

Le 15 octobre de la même année parut le premier numéro du journal l'Avenir, fondé par M. de La Mennais, et apportant à la cause des nouvelles idées libérales l'excès d'ardeur et de passion qu'il avait mis naguère au service de l'ancienne monarchie. M. de La Mennais avait su attirer autour de lui, pour le succès de son entreprise, de jeunes et vigoureux esprits dominés par l'ascendant de son nom et l'autorité de son génie ; MM. Gerbet, Rohrbacher, Lacordaire, de Coux, Bartels , d'Ault- Dumesnil, de Montalembert , d'Ortigue, de Salmis, Daguerre , Harel du Tancrel et Waille composaient la rédaction du journal. Plusieurs fois les rédacteurs de l'avenir eurent à défendre devant les tribunaux l'expression de leurs doctrines. Acquitté par le jury en 1831 , l'abbé Lacordaire dut comparaître, avec M. le comte de Montalembert, pair de France, et M. de Coux, devant la chambre des Pairs, pour avoir ouvert

nonca dans cette occasion un discours qui fit une sensation profonde.

Après de violentes luttes , soutenues avec une ardeur toujours généreuse, mais souvent excessive, l'opinion publique s'étant vivement émue , les rédacteurs de V Avenir résolurent de provoquer le jugement du Saint-Siège sur leur œuvre, et de ne la continuer qu'avec l'approbation directe et expresse de l'autorité pontificale. Cette approbation leur fut refusée. M. de La Mennais déclara qu'il persisterait néanmoins dans la rédaction de l'Avenir ; l'abbé Lacordaire se sépara immédiatement de lui, et , découvrant dans l'âme de son illustre maître les signes avant-coureurs de la révolte , il revint seul en France , le 15 mars 1832. L'encyclique de Grégoire XVI et la résistance de plus en plus déterminée de M. de La Mennais vinrent justifier bientôt les pressentiments et la conduite de l'abbé Lacordaire. Depuis ce temps M. de La Mennats et l'abbé Lacordaire ne se revirent plus.

Rétabli par Mgr de Quélen dans son aumônerie de la Visitation, l'abbé Lacordaire ne songea plus qu'à se préparer, par la lecture des saintes Écritures et des Pères, au ministère de la prédication. Des conférences qu'il prêcha, en 1834, au collège Stanislas, furent la première révélation de son talent oratoire. Plusieurs jeunes hommes, au nombre desquels étaient Frédéric Ozanam (l) , demandèrent à l'archevêque de Paris de confier à l'abbé Lacordaire la chaire de Notre-Dame. L'archevêque accueillit favorablement ce désir, et le carême de 1835 vit le nouveau prédicateur de la station réunir un nombreux auditoire autour de la chaire qu'il défi) Foy. oza.nam.

une école libre, en vertu des promesses | vait immortaliser. Les conférences de de la liberté d'enseignement contenues Notre-Dame furent interrompues après la Charte. L'abbé Lacordaire pro- | le carême de 1830.

L'abbé Lacordaire partit alors pour Rome , dans le dessein d'y mûrir, par de fortes études , le plan de la nouvelle apologie chrétienne qu'il avait entreprise, et d'y réfléchir, loin du bruit du monde et de la gloire, sur les premiers appels de la vocation monastique qui s'étaient révélés à son âme.

Il reparut en France à la fin de 1838 pour prêcher à Metz et publier la Lettre sur te Saint-Siège , où se montrait dans toute son évidence et toute sa force son inviolable et tendre attachement à l'Église romaine.

De retour à Rome il entra comme novice dans un couvent de Dominicains. Il habita successivement les couvents de la Minerve, de la Quercia, près Viterbe, de Sainte-Sabine sur le mont Aventin. Il y composa le Mémoire pour le rétablissement en France de l'ordre des Frères Prêcheurs , et la Vie de S. Dominique. Le 12 avril 1840 l'abbé Lacordaire prononça ses vœux à la Quercia , prit en religion le nom de Dominique, et revint en France.

Ce fut le 14 février 1841 que le Révérend Père Lacordaire parut pour la première fois dans la chaire de Notre- Dame avec la robe blanche de S. Dominique, et qu'il y prononça le discours sur la Vocation de la nation française. L'opinion s'émut de l'apparition de ce moine , et il dut s'éloigner pour un peu de temps encore de la chaire, que lui rendait le successeur de Mgr de Quélen, Mgr Affre.

Il prêcha durant tout l'hiver de 1842 à Bordeaux, ensuite à Nancy, et, précédé d'une renommée toujours croissante, il put enfin remonter, en 1843, dans la chaire de la cathédrale.

Deux œuvres partagèrent alors sa vie :

les conférences de Notre-Dame, et la restauration en France de l'ordre de

Saint-Dominique. Ces deux œuvres furent également bénies de Dieu.

De 1843 à 1851 les conférences de Notre-Dame surent captiver, persuader, convertir une foule d'âmes qu'attirait la merveilleuse parole de l'orateur sacré. Plusieurs fois l'assemblée ne put maîtriser ses transports et remplit de ses acclamations les voûtes de la vieille basilique. Dieu consacra les victoires de l'éloquence par de nombreuses grâces de conversion.

Ces conférences, exclusivement dogmatiques, sont une apologie complète du Christianisme. Le plan est nouveau et original. L'auteur part de l'existence de l'Église, et arrive, en remontant toujours des faits aux causes , aux problèmes les plus élevés de l'existence et des attributs de Dieu. On pense généralement que la plus remarquable de ces conférences est celle qui traite de Jésus -Christ. La plupart des discours prononcés sur ce divin sujet sont d'une incomparable beauté.

En 1848 le Révérend Père Lacordaire fut élu par le département des Bouches - du - Rhône représentant du peuple à l'Assemblée nationale. H ne parut que deux ou trois fois à la tribune, et se retira de l'Assemblée peu de jours après la tentative révolutionnaire du 15 mai. La difficulté de maintenir au sein des passions soulevées antour de lui l'honneur pacifique et austère de l'habit religieux fut le motif de sa démission.

Vers le même temps il fonda le journal l'Ère nouvelle y en collaboration avec M. l'abbé Maret (1) et M. Frédéric Ozanam (2), pour la défense de la religion et de la liberté ; mais, le cours des évé-

(I) Ex-doyen de la Faculté de théologie de Paris , aujourd'hui éveque de Sur» , in part, in/., et chanoine de premier ordre du chapitre de Saint- Denis, auleur d'un Essai sur le Panthéisme, Jvol., et d'une Théodicée trèa-wtimée.

LACORDA1RE

neinenu ayant interrompu la puoucation de cette feuille, le Père Tjicordaire commença à prendre une part active et importante à la rédaction du Correspondant , revue catholique et libérale, dans laquelle il publia plusieurs articles de critique religieuse , les Conférences de Toulouse et les Lettres à un jeune homme sur la vie chrétienne.

Après le coup d'État du 2 décembre 1851, et à la suite d'un discours prononcé à Saint-Roch vers cette époque, le Révérend Père La corda ire s'éloigna de Paris . Il reprit à Toulouse , en 1854, la série de ses conférences et traita de la morale. Les six discours de Toulouse sont les derniers qu'ait prononcés le Père Lacordaire du haut de la chaire

Il consacra dès lors tous ses soins à l'administration de son ordre. De nombreux couvents fondés en peu d'années montrèrent que Dieu accordait à son serviteur la fécondité spirituelle, qui est un signe de la sainteté. Paris, Bordeaux, Toulouse, Lyon, Dijon, Flavigny, Châlais, Saint-Maximin revirent successivement la règle et l'habit des Frères Prêcheurs, oubliés depuis la révolution française, et retrouvèrent dans la nouvelle Camille dominicaine l'antique régularité de la vie religieuse jointe à je ne sais quoi de hardi , de courageux et de nouveau , qu'elle tient de son second père.

Une si grande œuvre accomplie n'épuisa pas le zèle du Révérend Père Lacordaire. Il fonda le tiers-ordre enseignant de Saint-Dominique , et prit la direction de plusieurs collèges importants, tels que ceux d'Oullins , près de Lyon, de Bourges et de Sorèze. L'école de Sorèze attira surtout ses regards; aujourd'hui encore, privilégiée entre toutes les œuvres que Dieu a confiées au saint religieux, elle occupe dans son cœur une place de choix. Rarement

LACORDAIRE — MA ACII A

il s'en éloigne , il y revient promptement, et de souvenir il ne la quitte jamais. C'est à grand'peine si , récemment , il a pu vivre quelques jours loin d'elle pour venir à Paris prononcer son Discours de réception à l'académie française. Le Père Lacordaire remplaçait à l'Académie M. de Tocqueville, et fut reçu publiquement par M. Guizot. Son discours académique et l'écrit qui le précéda, sur la Liberté de l'Italie et de l'Église, ont produit dans toute l'Europe et en Amérique une vive sensation.

Aujourd'hui, revenu à Sorcze, au milieu des enfants et des jeunes hommes qu'il aime, et qui l'entourent d'une vénération filiale, il y continue l'œuvre essentielle de sa vie, celle qui en fît tout ensemble l'unité , la force et la douceur, je veux dire l'Évangile annoncé au siècle , la raison et la liberté réconciliées avec la foi, la jeunesse française attirée , conquise et rendue à Jésus-Christ.

La dernière édition des œuvres du Révérend Père Lacordaire contient les ouvrages souvants :

I. Mémoire pour le rétablissement en France de l'ordre des Frères Pré-

I cheurs; II. Vie de S. Dominique; I III. Conférences de Notre-Dame; IV. Conférences de Toulouse ; V. Discours pour la translation du chef de 5. Thomas ofAquin; VI. Panégyrique du B. Fourier; VII. Discours sur la loi de ? histoire; VIII. Discours prononcé à la distribution solennelle des prix de l'école de Sortie; IX. V Église et l'Empire romain au quatrième siècle ; X. Frédéric Ozanam ; XI. Considérations sur le système philosophique de M. de LaMennais; XII. Lettre sur h Saint-Siège; XIII. Notice funèbre sur Marc-René, comte de Montalembert ; XIV. Discours prononcé devant la chambre des Pairs dans l'affaire de l'école libre; XV. Discours sur la Vocation de la nation française! XVI. Éloge funèbre de Mgr Forbin-Janson ; XVII. Éloge funèbre du général Drouot ; XVIII. Éloge funèbre de Daniel O' Connel; XIX. Lettres à un jeune homme sur la vie chrétienne; XX, Sainte-Madeleine; XXI. De la Liberté de V Italie et de l'Église; XXII. Discours de réception à l'Académie française.

Pebbbyvb.

maacha , rova et o dis. — I. Nous ajoutons, à ce qui est dit au premier volume, ce qui suit, pour compléter l'article Abam :

Le livre de Josué, 13, 9, décrit le pays au delà du Jourdain, vers l'Orient, dans son extension du sud au nord, et place Maacha entre Galaad (1) et Ba-

il) Foy. Galaad.

san (1). D'après Josué, ch. 15, 1-5, Gessur (2) et Maacha n'appartenaient plus au roi Og, dont le royaume s'étendait de lUermon au Jaboc. Ainsi il faut chercher Maacha au nord de Galaad et à l'ouest ou aux frontières orientales de Basan. Comme Maacha porte le surnom d'Aram, que Maacha fut

(1) Foy. Basan.

(2) f'oy. Gessur.

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