MARIAGE (JOUR DU) (WOOM
Dans tous les temps, chez tous les peuples, le jour où un jeune couple s'unit à l'autel est un jour important et grave (1). Le mariage est pour bien des hommes une démarche qui décide de leur vie, de leur avenir, dans le temps et l'éternité. Cependant, d'ordinaire le jour du mariage est pris dans un sens plus restreint; on entend par là la féte plus ou moins bruyante par laquelle on inaugure la vie conjugale, qui comprend surtout la bénédiction nuptiale , la rentrée solennelle des époux, le repas de noces qui termine la féte, et plusieurs autres usages (2) que nous allons résumer en prenant pour exemple ce qui se passe en Allemagne.
Lorsque des fiancés veulent célébrer leur mariage ou leur noce :
1° Ils invitent comme maître des cérémonies pour toute la solennité un paranymphe (itoaawûp^io;, procurator) (8), personnage beaucoup plus important autrefois que de nos (ours. S. Augustin (4) et Goar (5) le représentent comme le conseiller des époux dans les mystères de leur nouvel état, comme le maître qui leur révèle les obligations du lit nuptial. Un canon attribué au Pape Évariste (6) lui donne la charge de surveiller le fiancé pendant la durée des fiançailles. On comparait sa fonction à celle des parrains, et il en résultait un
(1) De là le nom de ce Jour en allemand,
Hochzeit, hohe Zeit, grand moment
(2) Rit. Rom.
(3) A oy. PAHAHYMPHb
(4) Serin. 293.
(6) Fol. 383.
(6) C 80, qu*st. S, C. I.
MARIAGE (joua du)
empêchement de mariage entre lui et
la fiancée (1).
2. Le paranymphe et le fiancé, souvent accompagnés par un proche parent de la fiancée, vont inviter personnellement les convives à la noce; on n'envoie des billets d'invitation qu'à ceux qui demeurent au loin. Les invités sont et ont été de tout temps (2) les parents, les voisins et d'autres personnes de connaissance. La fiancée surtout a soin d'élire : 1° une paranymphe (3), laquelleveille sur la fiancée le jour des noces; 2° des compagnes de sa jeunesse qui lui font cortège (filles de la noce). La paranymphe est souvent la marraine ou une autre femme âgée et respectable.
3. La veille du jour des noces, en Suisse par exemple (4), il est d'usage que les jeunes filles invitées pour la noce se réunissent dans la maison de la fiancée pour former des bouquets. En Bavière, le trousseau, le mobilier que la fiancée apporte au mari, est transporté publiquement sur un char orné, derrière lequel marchent souvent les fiancés, jusque dans leur futur domicile.
4. Le matin de la noce les invités se réunissent en général dans la maison de la fiancée. Après un déjeuner qui leur est offert, les paranymphes et les jeunes filles de la noce disposent la fiancée à prendre congé de la maison paternelle, dont elle a si longtemps connu tous les coins et les recoins, dont chaque pièce, chaque degré, chaque meuble, chaque arbre a été témoin des jeux et des joies de son enfance. La jeune fille émue remercie ses parents, s'ils vivent encore, de l'affection et de la sollicitude qu'ils lui ont portées;
(1) Can. Jrab.t 2, apud Hardouin, t. I, f.
(2) Cf. Chrysost hom. 12, in Ep. ad Coloss. (S) Le Canon arabe, cité dans la note ci-dessus,
eu fait aussi mention, puisqu'il dit que les hommes ne peuvent épouser une paranymphe.
Ift) Marrohl, t. III, p. 5*0.
elle serre la main à ses frères et sœurs; elle quitte, le cœur gros, le seuil paternel , après avoir demandé et obtenu la bénédiction de ses parents. Le cortège se met en marche, musique en tête, afin que des accents joyeux couvrent la tristesse des adieux qui viennent de se faire. La fiancée et tous les invités sont en grande parure. Tous portent un bouquet de romarin, soit à la main, planté dans un citron , soit dans les cheveux, soit attaché à la poitrine; car une chaste génération s'est réunie pour se réjouir dans le Seigneur. Les jeunes filles et notamment la fiancée (1) portent des couronnes, signes de leur virginité (2).
En route le cortège sorti de la maison du fiancé s'unit à celui de la fiancée (à moins qu'il ne l'ait pris dès le départ). Le paranymphe présente la fiancée au futur époux; ils se saluent.
5. Ils se rendent à l'église pour s'y mettre sous la sauvegarde du Ciel. Là se réalise ce que dit Tertullien (3) : Unde $ufficiam ad enarrandam félicitatem ejus matrimonii quod Bcclesia conciliât, et confirmât oblatio, et obsignatum angelirenuntiant, et Pater rato habet f
6. Le cortège rendu dans l'église, la paroisse reçoit les fiancés avec des signes de joie et d'honneur; un jeune homme et une jeune fille se présentent pour prier le Seigneur de bénir laTésolution qu'ont prise les époux de gagner ensemble le ciel. La joie que les fidèles en éprouvent se manifeste, en Orient, par les cierges allumés qu'à leur entrée dans l'église le prêtre met entre les mains de tous les gens de la noce, et qu'ils tiennent durant la cérémonie religieuse (4).
(1) F oy. Couronne de la funcée.
(2) Narzohl , lit 5, v. MO, 548. Conc. Ypr.% ann. 1577, tit. 19, c. 17.
(3) Ad l/xor.,1. II, c. 9.
(<0 Goar, fol. 584.
Cet usage était également suivi autrefois dans certaines localités en Occident (I). Marzohl (2) parle encore d'un cierge orné de fleurs et de rubans, qu'à rentrée du cortège dans l'église une jeune fille vêtue de blanc porte devant tout le monde, et qui est placé à l'autel, où il brûle pendant la cérémonie. L'Église semble dire par là aux nouveaux époux : « Je loue votre résolution. Évitez pendant toute votre vie les œuvres de ténèbres, marcher toujours dans la lumière, sanctifiezvous l'un l'autre , afin que le Seigneur vous trouve portant dans vos mains les lampes allumées au moment où il vous conviera à ses noces. »
7. Les fiancés se présentent à l'autel pour être unis. Ils veulent marcher devant Dieu durant toute leur vie; dès lors leur alliance doit être contractée en face des autels. L'acte lui-même est aussi simple que grave. L'homme et la femme se promettent mutuellement, en termes courts et nets, de s'honorer et de s'aimer comme époux, de ne s'abandonner dans aucune affliction , et de demeurer ensemble jusqu'à ce que la mort les sépare. Ils se tendent la main et se mettent réciproquement un anneau au doigt annulaire de la main gauche. Alors le prêtre déclare, au nom de Dieu, que leur alliance est valide et agréée par l'Église. Il demande au Seigneur que les époux n'oublient jamais qu'ils s'appartiennent intimement l'uu à l'autre ; que leur anneau leur rappelle sans cesse qu'ils se sont mutuellement engagés devant l'autel; qu'ils songent pieusement que Dieu les a jugés dignes de mettre au jour des êtres immortels et d'augmenter par là le "nombre des élus (3). Mais les résolutions des hommes sont vaines et fragiles I
(1) Missale Hedon^tp. Martene.
(2) Lit., t. III, p. MO.
(5) Foy. AVNhAL M K | M..
KNCICL. TNËOX.. (UTII. — T. llV*