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CHEZ LES HÉBREUX

nellement à l'église, où le prêtre prononce la formule d'union et supplée à la bénédiction par d'autres prières.

Cet usage existe chez les Arméniens, puisque la bénédiction n'est interdite que pour les trigames (1). Le Sacramentaire gallican renferme une formule de bénédiction pour les bigames , et l'on voit au neuvième siècle le Grec Théodore Studite se scandaliser de ce que dans Constantinople des bigames portaient la couronne sur l'épaule (Epist.

ad Aaucrat.).

F.-X. Schmid.

MARIAGE (jOlTR DU) CHEZ LES Alf- C1ENS HÉBKKUX ET LES Jl IFS MO- DERNES.

Chez les anciens Hébreux les unions conjugales étaient en général conclues non par les parties intéressées ellesmêmes et suivant leur libre penchant, mais par leurs parents. D'ordinaire le père cherchait une femme pour son fils et l'achetait du père de celle-ci. Le prix d'achat, in'a, différait; dans certains cas le minimum en était légalement fixé à 50 sicles d'argent (2) et arrêté dans le contrat de mariage conclu par les parents (3); ce contrat ne fut rédigé par écrit que dans les temps postérieurs (4). Assez souvent on renonçait au prix d'achat (5), et parfois la fille apportait une dot (6). Dès que le contrat était conclu commençait le temps des fiançailles, durant lequel la fiancée était déjà considérée comme la femme du futur époux. Le temps des fiançailles écoulé on célébrait la noce, runn(7).

Le fiancé , ^nn, accompagné par quel-

(1) LegaU patr, Armen, Michael.% ap. Raynald., ann. 156*, n. 52.

(2) Deutér., 22, 2».

(S) GenfK.SI, 14; Sft, 11 iq.

(4) r«6.,7,lSfq.

(5) Genèse, 24, 50 »q. Juges, 1,21 »q. 1 /loi*. 18, 25.

(6) III Rois, 9, 16. Tob., 8, 21.

7) CantiqKt 5, 11.

MARIAGE (joih du) CHEZ LES HÉBREUX

ques jeunes gens de son âge, 0*710(1), uioî tcO w|i.<pû>v6ç (2) , se rendait dans la maison de la fiancée, nb?, et venait la chercher au son de la musique (3) et des cantiques sacrés (4). La fiancée paraissait dans une parure solennelle, mais voilée (5), suivie de ses compagnes , et le cortège se mettait en marche, le plus souvent la nuit, à la lueur des lampes (6), que les amis des fiancés portaieut fixées au bout de bâtons(7). On célébrait alors le repas de noces dans la maison et aux frais du fiancé (8) , nr^Ç^â^ç.Ce repas , chez les gens riches et de qualité, se renouvelait pendant sept jours (9) ; on y invitait une foule d'amis et de connaissances (10), qui naturellement s'entretenaient de propos joyeux ; d'où le proverbe : Une conversation joyeuse est le profit d'un repas de noces (11). Le fiancé était plus que tous les assistants parfumé d'huiles précieuses et portait sur la tête une couroune nuptiale (12). On récréait les convives par des chants et de la musique (13) et en leur proposant des énigmes (14).

Il n'y avait pas de bénédiction solennelle et liturgique du mariage proprement dite ; seulement, à la fin du repas,

(1) Juges, 14, 11.

(2) Malth., 9, 15.

(8) I Mcck., 9, 3*7-89.

(Il) Jërènu,% 84; 25, 10.

•(5) Genèse, 24, 65 ; 29, 23,2*.

(6) Matin., 25. 1 sq.

P) Jahn, Archéol., I, 2, p. 251.

(8) Juges, 14, 10. Jean, 2, 9.

(8) Genèse , 29, 27. Juges* 14, 12-15. Tob., 11, 19.

(14) Genèse, 29, 22. Tob., 11, *1. Luc, 14, 8. Jean, 2, 2.

(11) Berachot, 0, b. Cf. L. Duckffl, Anthologie rabbinique, p. 88.

(12) Cant., S, 11. Ézéch., 10, 12. Cf. Hirt, de Coronis ap. Ebr. nuptial. Mader, de Coron, nupt., etc., in Grav. Thes., VIII.

(18) Jérém., 25, 10. Cf. Zorn, de Carminib. veU Hebr. nupt.

(14) Juges, 14, 12. cr. Zorn, de Antiquo emgmalum in cents nupU hebr., etc., usu

le père du fiancé ou de la fiancée (1), ou d'autres personnes , qui , selon l'occasiou , s'y sentaient portées (2), formulaient des vœux de bénédiction en faveur des nouveaux époux, et l'union était conclue par là.

Le soir les nouveaux mariés étaient accompagués dans l'appartement nuptial (3) par les jeunes gens de la noce, qui devenaient les témoins de la virginité de l'épouse , à défaut de laquelle la jeune femme, s'il n'y avait pas de motifs d'indulgence, était lapidée (4).

La loi ne fixait pas de temps ou de jour particulier pour les noces ; mais on trouve déjà dans la Mischna la défense de les célébrer le samedi et les jours de féte (5), et la fixation de certains jours de la semaine pour les noces des vierges ou des veuves (6).

Les usages suivis par les Juifs modernes, tout en se rattachant à ceux des anciens, en diffèrent sous certains rapports; ils varient suivant les contrées, surtout dans les parties qui ne reposent pas sur la tradition et sur des prescriptions généralement admises. Le droit de fiancer leurs enfants sans les consulter est encore en partie pratiqué par les Juifs, notamment en Pologne (7).

Les fiançailles ont lieu en général par écrit, par un contrat, nains, qui renferme les conditions , les obligations et les prestations auxquelles s'engagent les deux parties. On en trouve une formule dans Seldeu (8), une autre dans

(1) Tob., 7, 15.

(2) Genèse, 24, 00. Ruth, 4, 11.

(8) Tob., 8. t.

(4) Deulér., 22, 13-21. Cf. Winer, Lexique, î, 590.

(5) Cf. Selden, Uxor Hebraica, p. 125.

(6| Kethub, 1, 1. Cf. Hirt, de NupUU Hebr. et rébus quœ cum istis connexet sunt, léna, 1740. Hartmann, les Hébreux au banquet si comme Jiancés, II, 515 sq.

(7) B. Mayer, le Judaïsme , ses prières, ses usages, ses tais, ses cérémonies, tUlbb., 1843, p. 260.

(8j Uxor Hebraica, p. 90 sq.

MARIAGE (jodi do)

le livre nSna, dans Boden-

schatz (1), en hébreu et en allemand.

Les dix articles auxquels le mari s'oblige ne doivent toutefois pas être considérés comme une règle absolue ; ils peuvent être atténués et augmentés, suivant les circonstances et d'un commun accord.

Le mariage ou la noce a lieu pour une veuve un mois, pour une vierge un an après les fiançailles. Huit jours avant la noce les fiancés doivent éviter de sortir de chez eux, et, s'ils sont obligés de sortir, ils doivent être accompagnés, pour n'être pas atteints par l'influence des mauvais esprits (2). La veille du mariage la fiaucée doit prendre un bain dans une eau courante. Elle est accompagnée jusque-là par des femmes respectables de sa parenté, tantôt en silence , tantôt avec des chants et des signes de joie. D'ordinaire , ce jour-là, les fiancés s'envoient réciproquement des présents, en général une ceinture, parfois d'autres pièces d'habillement (3).

Le mariage lui-même se célèbre diversement , suivant les pays, et d'une manière plus ou moins conforme aux usages locaux. Il n'est plus un simple contrat de famille ; il est célébré publiquement par le chef de la synagogue ou le rabbin.

Le rabbin , accompagné du chantre, se tient dans la proximité de la synagogue, en plein air, sous un baldaquin, HSn, qui est porté par quatre jeunes gens. Les gens de la noce se réuuissent autour , et le rabbin , ou celui qui le remplace, met les unes daus les autres les mains des fiancés, et pose sur leur tête son talith ou manteau de prière , conformément aux paroles que Ruth dit à son cousin Booz :

(1) Organisation rtlig.des Juif» modernes, p. IV, p. 1W »q.

(2) Mayer, I. c, p. 290.

(3) IU., I.c, p. 291.

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