‹ Dictionnaire encyclopédique de la thélogie catholiqueChapitre 129 sur 224 · MARIAGE SECRET , CLANDESTIN · texte numérisé non relu

MARIAGE SECRET , CLANDESTIN

ou de conscience. Le concile de Trente (5) a rejeté les mariages secrets, en déclarant les Catholiques incapables de conclure un mariage autrement que

(1) C 1, S, X, de Secund. Nupt. [H, 21).

(2) Brrg, de la Nécessité de ta bénédiction sacerdotale pour le sacrement de Mariage, Breslau, 1856, p. 82. De Moy, Hist. du Droit con~ jug. chréL, p.22&. 58S.

(3) C19, X, de Sponsal. (M); C. 2, X, de Secund. N*pt< (ti, 21). Cf. Woltcr, Droit eccl., 9* eiiit., S 32S> note p.

(ft) C. 2, c iH, quiest. I, c 1, eod. ; c 2, X, de Secund. ISupt. (û, 21). (5) Se*s. XXIV, de Rejorm. malr., c 1.

par la déclaration de leur consentement mutuel devant le curé compétent ou un autre prêtre ayant le pouvoir nécessaire, et devant deux ou trois témoins, après la publication préalable des bans. Depuis lors la clandestinité, clandestinitas, constitue un empêchement dirimant. La publicité ordonnée par le concile n'a pas d'autre but que de faire déclarer d'une manière certaine et non équivoque le consentement des époux devaut l'Église, c'est-à-dire devant son légitime représentant. Les bans n'ont d'autre motif que de faire découvrir plus facilement les empêchements, s'il y en a. C'est pourquoi , dans certaiuscas, l'évêque peut, mais seulement eu faveur de personnes d'un haut rang et pour des causes très-graves (ex causa gravi, urgent i et urgentissima), dispenser des publications et permettre, après avoir reçu l'assurance par serment des époux qu'ils ne sont liés par aucun autre lien, que le mariage se fasse en secret par le curé ou un prêtre délégué, et devant deux témoins ou deux amis intimes tenus au silence. Dans ce cas les noms des contractants sont inscrits dans un registre spécial et ne sont indiqués dans le registre public de la paroisse que sous un nom couvert ou simulé, tecto tel ficto nomine.

Benoît XIV, Const. Satis vobis, etc., de 1741 ; Permaneder, Traité du Droit ecclés. cath., % 656, 2.

De Moy.

MARIAGE (SERMON DE}. Voyez SER MON DE MABIAGE.

mariana (Jean), historien, né à Talavéra , dans le diocèse de Tolède, en 1537, entra en 1554 dans la Compagnie de Jésus. 11 acquit rapidement une grande renommée, non-seulement comme latiniste, helléniste et hébraîsai>t, mais comme théologien et historien. Après avoir professé avec éclat à Rome (1561), en Sicile (1565), à Paris (1569), il se retira en Espague, et

mourut en 1624, à Tolède, à l'âge de 87 ans.

Nous avons de Mariana :

1° Une Histoire, en 30 livres, écrite originairement en latin. Mariana n'avait d'abord publié, en 1592, que 20 livres, qui se trouvent dans Andreic Sckotti liispania illustr., t. II ; puis vinrent 10 autres livres qui s'étendent jusqu'en 151G (1). Outre l'édition de Tolède, l'édition latine la plus complète de son histoire est celle de Mayence, 1605, et la plus belle et la meilleure est celle de la Haye, 1733, en 4 volumes in-folio. Il parut en 1725, à Paris, en 6 volumes in-4°, une traduction française publiée par le P. Charenton, Jésuite; Mahudel y ajouta une dissertation historique. Mariana traduisit lui-même, mais librement, son histoire en espagnol. La meilleure édition du texte espagnol est celle de Madrid, de 1678, en 2 volumes in-folio , avec une continuation qui va jusqu'à 1678. Pierre de Mantoue, Cohontruel , Ribeyro de Macédo ont fait divers reproches au livre de Mariana, sous le rapport de la chronologie, de la géographie et de l'exactitude, sans pouvoir prouver leurs incriminations. Mariana se distingue par une grande équité et une véritable impartialité. Son style est noble ; il a pris Tive-Live pour modèle.

2° De courtes Scolies sur la Bible, in-fol., avec une savante Dissertation sur les éditions de la Vulgate et les anciennes traductions de l'Écriture. Cette dissertation se trouve aussi dans l'édition de Ménochius, par le P. Tournemine.

3° Une dissertation de Ponderibus et Mensuris, Tolède, 1 599.

4° Six Opuscules, imprimés à Cologne, 1609, in-folio, parmi lesquels un écrit de Monetx mutât ione. Mariana

'i) Egalement dans Scholti Hispan. itluttr,, u IV.

blâma dans cet écrit les nombreuses variations opérées dans les monnaies espagnoles, ce qui le fit mettre en prison.

5° Le fameux écrit de Rege et régis institutione (Tolède, 1599, in-4°). Cet écrit parut sans obstacle de la part des autorités religieuses et civiles. Mariana l'avait composé à la demande de D. Garcia de Loaysa (1), précepteur de Philippe III; il devait servir à l'instruction de l'héritier présomptif du trône. La tyrannie #y était hardiment condamnée, et l'auteur proclamait la nécessité d'un gouvernement populaire.

Cet écrit professait, sur le meurtre des tyrans, des opinions qui pouvaient devenir dangereuses sous plusieurs rapports, mais qui, bien avant les Jésuites, avaient été enseignées par d'autres théologiens.

« Mariana, dit Bayle, exposa par là les Jésuites en général , et ceux de France surtout, aux plus vifs reproches, et les attaques dont ils ont été l'objet ne cesseront pas tant que les historiens continueront à se copier les uns les autres. » L'écrit de Mariana fut coudamné par la Sorbonne , et brillé par la main du bourreau , par sentence du parlement, en 1610. Du reste le général des Jésuites, le P. Aquaviva, avait rejeté les opinions de Mariana relatives au meurtre des tyraus, et sévèrement défendu aux membres de la Société, par un décret spécial, de professer jamais ces opinions, ni publiquement, ni en particulier (2). Il est par conséquent injuste et insensé de les reprocher toujours aux Jésuites.

On attribue aussi à Mariana un écrit qui traite des défauts du gouvernement de la Société de Jésus, Discursus de erroribus qui in forma gubernationis Societatis Jesu occurrunt. Cet ou-

(1) Fojf. Garcia dr Loaysa.

(2) foy. Aquaviva.

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vrage parut dans les éditions espagnoles, latines, italiennes et françaises.

Mariana, dit-on, n'avait pas destiné son manuscrit espagnol à l'impression ; mais un Franciscain le lui aurait soustrait en prison, et l'aurait fait, de son chef, imprimer et paraître à Bordeaux (1625). Les Jésuites demandèrent qu'on leur montrât le manuscrit espagnol; mais personne n'ayant pu l'exhiber ils en conclurent que ce livre avait été pour le moins défiguré, et que l'éditeur avait eu de bons motifs pour ne le publier qu'après la mort de Mariana.

L'abbé Feller pense (1) que le fond du livre pouvait appartenir à Maria* na , qu'il était bien facile à cet auteur d'avoir aperçu ou cru apercevoir des vices dans le gouvernement de la Société, que nul gouvernement n'est sans défauts, et qu'on peut considérer comme le meilleur celui qui a le moins de vices: Optimnsilleest qui minimis urgetur.

Conf. Balmès : le Protestantisme Comparé au Catholicisme dans ses rapports avec la civilisation euro-

l H fit-- m

Dux.

marie (MinjAM , la virginale mère de Jésus-Christ, tient dans l'histoire de la Rédemption une place unique. Mais, de quelque intérêt que soit sa vie pour tous les fidèles, quelle que soit la gloire de son nom, l'Ecriture nous a conservé peu de chose sur son histoire. Comme dans les documents évangéliques tout se rapporte directement au salut, et comme ce n'est qu'à ce point de vue général qu'ils parlent des personnes mêmes qui ont servi d'instrument à l'œuvre de la Rédemption, ils n'accueillirent également de la Vierge Marie que ce qui était nécessaire pour faire connaître et comprendre le mystère de l'Incarnation de Jésus-Christ. Tout le reste, et notamment le commencement

(1) Dietionn. historique, t. VI.

et la fin de sa vie, demeure enveloppé de ténèbres. Les nombreuses légendes des âges postérieurs, et surtout celles des sectes qui attachaient un mérite particulier à la chair et au sang , ajoutèrent une foule de détails au récit succinct des Évangiles. Pour nous, à qui l'autorité ecclésiastique dérend d'attribuer aucune valeur de foi aux traditions apocryphes , telles qu'en renferment le Protoevangelium Jacobi Minoris , VEvangetium Natititatis Mari*(\)t nous ne pouvons , pour nous faire une idée de la vie de la Ste Vierge, qu'ajouter aux faits authentiques des Évangiles les rares détails qui se trouvent épars dans les ouvrages des plus anciens Pères de l'Église.

Ce qui importe avant tout, c'est la généalogie de Marie, mère de Jésus- Christ. Le premier signe auquel l'Écriture fait connaître le Christ promis et . apparu parmi son peuple , c'est sa descendance de David (2), et, comme il est ne du sein d uue vierge immaculée, il s'agit de connaître la descendance de sa virginale mère. Il n'y avait aucun doute à cet égard au moment où le Christ parut sur la terre; on savait de science certaine qu'il était fils de David. C'est ainsi qu'il était généralement reçu , salué, honoré (8).

(1) Codex apocrypk. Nov. TesL, p. I, p. 10 el 60. Le Pape Innocent 1*', dans ton Ep. ad Extiperium Tolosanum, c 7, dit : Cetera qu& tub HomineMatthai, sive Jacobi Minoris, etc. non solum repudianda, verum etiam noveriê eue damnanda. Le Pape Gélase, Décret, de Libris apocr., Coltect. Concil., ap. Harduin., L II, p. 041. Evangelium nomine Jacobi Minons apocryphum. Il est peut-être nécessaire de citer cet jugements de l'Église sur cette catégorie d'écritures , parce que, dans les temps modernes, on les a exploités pour rendre les sources historiques du Christianisme suspectes par ce voisinage. L'Eglise n'en a jamais fait aucun cas. Cf. AugusL, contra Faust., I . XXIII, c 0.

(2) IV Roi»,!, 12. Ps. 88, 80; 131, 11. Conf. Afu//A.,21,(i2.

(S Nallh,, 0, 27 ; 21, 15.

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d'abord détourner d'une pareille hypothèse, c'est qu'à la fin il était, plus encore que chez S. Mathieu , question de la série de la race putative, et non des vrais ancêtres de Jésus quant à la chair, xatTà a*?*.*. Si , comme S. Luc l'indique, Jésus était fils, wvuîi;,— à l'exclusion de Joseph, d'IIéli, Mario était fille du dernier et issue du sang de David par la ligne latérale de Nathan.

Et ce qui prouve qu'il en était ainsi, c'est l'antique tradition judaïque, qui mérite toute croyance ici, si jamais elle en a mérité, puisqu'elle fait connaître les personnages dont le souvenir devint si odieux aux Juifs. Or le Talmud de Jérusalem (Chagig, fol. 77, ni nomme Marie , mère de Jésus de Nazareth, une fille d'IIéli (ridit Mariant, filiam Ifeli,in umbris. Yectis porta: Gehennx erot infixus ejxts auri% etc.) (I). Et lorsque S. Épiphane (2) s'éloigne de ce récit , disant que les parents de Jésus se nommaient Joachim et Anne , il ne mérite plus de croyance, parce que cette donnée est puisée à des sources impures, telles que l'Evangile apocryphe Natiritatis Marix ou le Protoerangelium Jacobi Minoris. S. Jérôme et S. Augustin ne connaissent pas encore ces noms, et, quand ils les auraient connus, on peut toujours dire qu'Héli est une abréviation d'Héliakim, et le même nom que Joakim ou Joachim.

On ne connaît pas plus le lieu du séjour d'IIéli que ce qui concerne sa situation et sa famille ; seulement il sem-

tnent, Matth., 1, 1 : uîoù àacuti , utoO *A6pâ*|x, où le second ulov se rapporte non à 'Ir^oy XptuToù, mais à David. Jamais nulle part dans l'Ecriture les races ne sont cataloguées par ÎOÛ...TG0; c'est pourquoi tous cei génitifs toù ne peuvent Ici dépendre que du seul nominatif vi'.6;, v. 25. Cf. un cas semblable avec "TO, Genèse, 36, 2.

(1) Cf. Sepp, rie de Jésus, t. II, p. S, note.

(2) Hères., I. XXVIII, n. 17.

ble qu'on peut conclure de l'ensemblo que Marie était l'enfant unique de ses parents, par conséquent, comme dit S. Epiphane, une bryimp imxXr.pc;, d'où résulte qu'au temps du recensement romain (I) elle devait être, comme héritière, comptée pour sa personne dans le dénombrement (2).

Ce que la légende raconte de sa consécration et de son éducation dans le temple de Jérusalem , sous la surveillance du prêtre Zacharie, n'est pas tiré de sources antérieures à celles que nous avons indiquées, et que les Pères et les Papes ont désignées comme apocryphes.

On ne peut pas non plus s'en rapporter à ce que Nicéphore (3) donne comme un prétendu fragment d'Évode, évêque d'Antioche, prédécesseur d'Ignace (4).

L'obscurité mystérieuse dont Dieu enveloppa aux yeux du monde la nlarche de l'œuvre de la rédemption qu'il voulait réaliser couvrit l'enfance et la jeunesse de la Vierge prédestinée à être la mère de Dieu, Deipara.

Parmi les actes qui préparent le mystère divin , le premier dont parle l'histoire évangélique est son mariage avec un descendant de la maison de David, avec Joseph, fils de Jacob. S. Ignace d'Antioche a donné le motif le plus plausible de cette préparation providentielle : « La virginité de Marie, la conception virginale et la naissance du Christ devaient rester un mystère au prince de ce monde (5). » Quant à Joseph , il est simplement dit que c'était un homme juste, qu'il était charpentier de profession, ti'xtmv ; qu'au temps de son mariage il demeurait à Nazareth, petite ville des montagnes de Ga-

(1) Luc, 2, s.

(2) Terlull., contra Jud., c. 0.

(3) Htst ecclès., Il, 8.

t*j cr. Biron., Annal, ecclct. in Jppar., ed. Colon., 1614, p. 19.

(5) EP. ad Eph., c 10.

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liléc ; que, selon toute vraisemblance, il était assez avancé en âge; qu'il avait épousé l'héritière d'Héli, comme son plus proche agnat , conformément à la loi. Épiphane rapporte (1) qu'il était depuis longtemps veuf (il lui donne quatre-vingts ans), qu'il avait eu des enfants d'un premier lit lorsqu'il épousa la Ste Vierge ; mais cela est douteux. D'autres , comme S. Jérôme (2), sont d'un avis différent, et il est certain que ce que S. Épiphane dit ici des soi-disants frères de Jésus est sans fondement historique.

Ce qui est plus important que cette série de légendes, qui reposaient soit sur des écrits apocryphes, soit sur une exégèse insoutenable , c'est le rapport des deux époux après les fiançailles et le mariage.

Les fiançailles, desponsatio, et le mariage, deduclio sponsx in domum sponsi, étaient, suivant les coutumes judaïques , séparés l'un de l'autre par un intervalle d'un an, et souvent plus; l'histoire évangélique confirme cet usage, et entre les deux actes se trouve le grand événement qui inaugure l'œuvre du salut. Marie était fiancée, tp>jortujuvtj , et n'était point encore entrée dans la maison de son futur époux (3), *pîv ii <juve>x«<rt*i oôtoùç, lorsqu'elle reçut l'annonce de l'ange qui lui révéla qu'elle concevrait dans son sein virginal et qu'elle enfanterait un fils qui se nommerait Jésus, lequel serait le Fils de Dieu et occuperait le trône de son Père (4). Mais, avant ses fiançailles , Marie avait fait le vœu formel de virginité (5). Ce n'était pas seulement un projet , c'était un fait irrévocable.

(1) livres., 1. LXXVI1I, n. 1. Origène, in Matth., 15, 55. Eusèbe, Hiat. eccl., II, 1. Grég. de Nysse, de Resurr. Dont. or. II.

(2) Contra Helvid., c. 9.

(5) Matth., 1, 18.

(a) Cf. Ps. 131, 11 ; 88, 20-38.

(5) Cf. Baron., Annal., I. c, p. 21

C'est pourquoi elle rappelle à l'ange l'obstacle qui s'oppose à la haute destinée qu'il lui annonce. L'ange répoud à la difficulté en lui révélant qu'elle sera couverte de l'ombre du Très-Haut et qu'elle concevra par l'opération du Saint-Esprit et la toute- puissance de Dieu, et, parce motif aussi, $w xxt, Celui qui naîtra d'elle sera appelé le Saint, le Fils de Dieu. Il lui annonce en même temps comme gage de sa promesse que dans six mois, sa parente Élisabeth, déjà fort avancée en âge et stérile jusqu'alors, enfantera un fils. Cette parole est décisive. Marie répond :

« Qu'il me soit fait suivant votre parole (I). »

L'annonce de l'ange par rapport à Élisabeth était plus que l'indication d'un fait accompli ; ce devait être une garantie pour Marie que rien n'est impossible à Dieu, pas même la merveille qui devait s'opérer en elle. Elle se hâta donc daller voir de ses yeux le signe promis, en se rendant dans les montagues de Judée ; car Zacharie vivait, selon toute vraisemblance, dans la vieille ville sacerdotale d'Hébron. A peine futelle entrée chez Élisabeth et l'eutelle saluée que celle-ci répondit à haute voix : a Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et le fruit de vos entrailles est béni ! Et d'où me vient ce bonheur que la Mère de mon Dieu vienne me visiter? »

Elle lui révéla alors que son enfaut, qui était destiné à préparer la voie du Seigneur, avait tressailli de joie dans son sein dès que Marie l'avait saluée, et elle déclara Marie bien heureuse d'avoir cru en la parole de Dieu. Marie fut surprise, car elle trouva plus que la confirmation de ce qu'elle avait attendu. Elle eut la certitude entière de ce que Dieu avait fait de grand en elle, et son âme enthousiasmée exhala

(1) Luc, 1, 27-38.

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sentiments dans un hymne immortel (1).

Après un séjour de trois mois en Judée, Marie, fortifiée dans toutes ses espérances, revint à Nazareth.

Alors se manifesta ce qui avait été un mystère jusqu'à ce moment, et Joseph conçut quelque inquiétude de recevoir dans sa maison sa fiancée, qui portait les signes de la maternité, soit que jusque-là elle ne se fût pas trouvée avec son fiancé, soit qu'elle n'eût pas voulu lui parler de sa situation avant d'en avoir la certitude, soit que, lui ayant révélé ce qui s'était passé, elle en eût reçu la réponse de l'incrédule Zacharie : Vnde hoc sciam? Toujours est-il qu'en vue de l'événement attendu Joseph prit la résolution , pour ménager l'honneur de Marie, de la renvoyer secrètement (2), c'est-à-dire , conformément à la loi de Moïse, au moyen d'une lettre de divorce , devant deux témoins et sans articuler de motif.

Alors Dieu même intervint et lui révéla dans un songe la manière surnaturelle dont le sein virginal de Marie avait conçu, changea ses dispositions et le décida à recevoir Marie dans sa maison pour devenir le gardieu de sa virginité bien plus que son mari, r/rginis custos potius quam maritus (3), et sans que leur rapport cessât d'être celui de deux fiancés (4). Ainsi le mariage couvrit tout aux yeux du monde d'un voile mystérieux. Marie passa pour la femme de Joseph, et six mois plus

(1) Luc, 1, M sq.

(2) Celsemel dans la bouche (Ton Juif tout ce que la haine Judaïque n'a pas rougi d'imaginer contre la pureté de la Ste Vierge. (Origèa., contra Ce/5., I, 28.) Il suflit de rappeler à ce sujet le Jugement de Mahomet lui-même : « Parce qu'ils lies Juifs) n'ont pas cru (en Jésus), et qu'il» ont proféré de grands blasphèmes contre Marie, nous (Dieu) les avons maudiU.» Sura IV. p. 73, édit. d'Ullmann, 1840.

(3) Hieronym., contra Helv.t c 0.

(ft) Matth>y 1, 25. Luc, 2, 5.

tard le recensement ordonné par Auguste l'appela de Galilée dans son lieu de naissance. Sou arrivée à Bethlehem concourut avec le terme de sa grossesse, et l'Enfant divin vit le jour dans une grotte, aux accents* de joie des anges qui saluèrent sa naissance (a. U. c.

747). Au bout de huit jours Jésus fut circoncis et préseuté au temple, conformément à la loi (1). Ses parents se fixèrent à Bethléhem, où ils demeurérent pendant près d'un an, et dont ils ne partirent qu'à l'arrivée des Mages, et lorsque les desseins homicides d'ilérode les obligèreut à fuir en Egypte. Ils s'arrêtèrent, suivant la tradition, dans les environs de la ville sacerdotale d'IIéliopolis , où se trouvaient de nombreux colons juifs. Ce séjour en Egypte ne dura pas longtemps. Après la mort d'Hérode (750 U. c.) la sainte Famille retourna en Palestine (2), non plus à Bethlehem, car la tyrannie d'Archélaùs, récemment monté sur le trône, faisait redouter de nouveaux dangers, mais dans l'obscur et pauvre village de Nazareth de Galilée, qui offrait plus de sûreté pour l'enfant Jésus, parce que Nazareth appartenait au gouvernement d'Uérode Antipas.

Ici le voile tombe de nouveau sur l'histoire de la sainte Vierge. On ne la voit plus paraître que quatre fois durant la vie de son divin Fils : à la fête de Pâques (3), lorsqu'elle perd Jésus, âgé de douze ans , et ne le retrouve qu'après trois jours de recherches, enseignant les docteurs dans le temple ; à la noce de Cana (4); à Capharnaùm (5); et enfin, le jour de la Passion, au pied de la croix (6) , où Jésus la confie à Jean, son disciple bien-aimé. Ou ignore

(1) Lue, 2, 22.

(2; Matlh., I, 19.

(3) Luc, 2, ai «q.

(4) Jean, 2, l.

(5) Matlh., 12, A6 sq.

(0) Jean, 19, 25 sq.

tout ce qui se passa dans l'intervalle, et on ne peut faire que des suppositions. Joseph était mort, et la sainte Vierge vivait pauvrement à Nazareth, dans la famille de ce saint homme, avec son frère Cléophas (1), tandis que Jésus remplissait sa mission au milieu de son peuple. Cette mission avait brisé pour le Sauveur les simples rapports de famille (2). Après l'Ascension il est question de la sainte Vierge dans les Actes des Apôtres (3); le reste de sa vie est complètement inconnu.

Marie vécut encore, suivant la tradition, pendant onze ans, d'après d'autres données jusqu'en 48 après Jésus-Christ, et fut ensevelie au pied du mont des Olives (4).

Tels sont les seuls renseignements véridiques que nous ayons sur la sainte Vierge. Mais à côté de ces faits authentiques il convient d'examiner l'action même de la Providence divine qui dirigea toute la vie de la sainte Vierge. Cet examen est d'autant plus nécessaire que dès l'origine la haine et l'envie s'attachèrent à la renommée de la Mère du Christ, et s'applaudirent toutes les fois qu'elles crurent découvrir dans les textes du Nouveau Testament des motifs ou des prétextes pour diminuer et ternir l'éclat de cette gloire immaculée. Quand les panégyristes de la sainte Vierge n'auraient pas toujours observé la juste mesure, quand la vie de la Mère du Christ aurait produit par son obscurité même quelques hypothèses purement imaginaires, l'Écriture présente encore assez de faits incontestables pour qu'on en puisse et doive déduire une doctrine solide et certaine.

Si c'est une proposition incontesta-

(1) Matlh., 13, 55.

(2) Jean, 1, S sq. Marc, 5, Si sq.

(3) 1, it.

(«») Cf. Baron., Annal., t I, ad ann. Chr. 48, et Assomption, Ciel ladmissioo au).

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ble, en effet, que l'Évangile ou l'œuvre du salut en Jésus-Christ est la réalisation d'un mystère primordial et divin, et que cette réalisation est attachée à certaines personnalités que Dieu a spécialement élues et prédestinées à cette fin, telles que le précurseurs. Jean-Baptiste (1), S. Paul, l'apôtre des gentils (2) ; s'il est naturel de considérer surtout l'accomplissement de ce plan divin dans son origine, quiconque admettra ces prémisses bibliques devra reconnaître que, parmi ces vases d'élection, parmi ces instruments choisis de Dieu, Marie occupe à tous égards la première place. Prédestinée à cette œuvre divine, elle est dès l'origine préparée d'une manière toute spéciale. « Je vous salue, dit l'ange porteur des ordres du Très-Haut, pleine de grûces, «x*?™»- !«'vTi ; le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre toutes les femmes. »

Marie, sïgnorant elle-même, ne comprit pas ce que l'ange voulut lui dire en la saluant pleine de grûces, xtxofiTwj/ivu.

Mais l'envoyé de Dieu s'expliqua :

« Vous avez trouvé grâce devant le Seigneur.» L'Esprit de Dieu avait rencontré en elle une réaction proportionnée à la plénitude de la grâce qui s'était versée dans son âme et s'y était développée sans entrave. Marie était parvenue à l'apogée de la vie spirituelle , d'une vie toute en Dieu, qui ne connaît plus le monde ni les hommes, virum non cognosco. Elle s'était dès lors , par sa vie pure et virginale, dans la chasteté de son âme et de son corps, élevée jusqu'à la condition de ceux dont il est dit:

Aeque nubent , neque nuhentur , sed eruntsicutangeliDei in cœh (3). Cette plénitude de grâce, qui avait transformé le corps de Marie en un vase parfaitement pur, explique son vœu virginal d'une manière bien plus simple et plus

(1} Luc, 1, 15 sq.

(2) Calai., i, 15.

(S) Matin., 22, 50.

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sûre que ne le Tait le pseudo-évangile de Jacques le Mineur.

D'ailleurs la plénitude de grâce dont la Vierge est l'objet est la conséquence nécessaire du plan divin, suivant lequel l'humanité doit être ramenée à sa destination véritable et régénérée dans et par le Christ. C'est ainsi que l'humble Vierge comprit sa vocation lorsqu'elle dit : Fecit mihi magna qui pot en s est, et sanctum nomen ejus (l). En effet, si les vues de Dieu devaient s'accomplir, il fallait que les commencements de cette grande œuvre fussent solidement établis. Cependant, quelle que fût la plénitude de la grâce accordée à la Vierge Marie, la vie qui en résultait avait encore ses degrés et son progrès. Ainsi ce fut peu à peu que Marie parvint à reconnaître la portée du mystère qui s'accomplissait en elle. Le plan divin ne se révéla que progressivement à ses yeux, et ce fut seulement à mesure que le temps avança que le cercle des révélations s'élargit pour elle. Avertie par l'ange Gabriel , elle a hâte de se convaincre de la vérité de ses paroles et s'empresse d'aller vérifier le signe qu'il lui a donné. Elle se rend auprès de sa cousine Elisabeth ; ce qu elle y trouve fortifie sa confiance et excite son enthousiasme.

Plus tard, à la naissance de Jésus, les bergers de Bethléhem lui donnent de nouvelles lumières sur la nature de l'enfant que les anges avaient salué comme le Sauveur de son peuple, le Priuce de la paix. Elle repasse souvent ces paroles et ces faits dans son cœur (2). Enfin ce que Siméon lui annonce prophétiquement, dans le temple, de cet enfant qui

science des choses divines et la jette dans une profonde admiration (l).

Ainsi de nombreuses voix viennent confirmer ce qui lui a été annoncé dès l'origine, et ajoutent, avec le poids de leur autorité, une foule de détails à ce qu'elle a d'abord appris de la bouche de l'ange. Cependant ces révélations spéciales cessent peu à peu, et c'est son Fils qui désormais devient son maître, et qui, l'arrachant aux pensées humaines, l'élève à la contemplation des mystères divh>^. Le premier enseignement de ce genre a lieu dans le temple (2). « Pourquoi me cherchezvous ? » répondit l'enfant divin aux plaintes de sa mère. « Ne savez-vous pas qu'il faut que j'accomplisse l'œuvre de mon Père ? » Sans doute Marie sait tout ce que les voix célestes et prophétiques lui ont appris d'avance de son Fils ; mais il n'eu est pas moins difficile à la raison, dans le trouble de la vie quotidienne, de reconnaître toujours les conséquences légitimes et nécessaires des vérités reconnues , des plus infaillibles oracles. C'est pourquoi Jésus rappelle à sa mère qui il est , afin qu'elle ne s'étonne plus du lieu où elle le rencontre et qu'elle s'apprête à le voir réaliser sa mission loin de sa mère.

A mesure que Jésus , le Fils de l'homme, touche au moment où il commence à réaliser sa mission , <ytg>.ij, à prêcher l'Évangile du Seigneur (3), et où sa vie prend le rigoureux caractère de l'obéissance de l'esclave , il a moins d'égard pour les liens purement naturels. C'est dans cette mission, que lui a donnée Dieu son Père, que dorénavant il consomme et sacrifie sa vie eu re-

sera « non -seulement la gloire de son ; nonçant à lui-même. Eu face de cette

peuple, mais la lumière des gentils assis vocation sublime et universelle tout dans les ténèbres et les ombres de la mort, » augmente de plus en plus sa

(1) Luc, I, 69.

(2) /Wd.,2,I8iq.

tHCÏCt. VUÉOL. CATn.

disparaît, jusqu'à sa mère. Lorsque

—t. xiv.

(!) Luc, 2, 2X

(2) Ibid., 2, ÛS.

(3) Aiarv. 1, 14 ïq.

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MARIE

la miséricordieuse protectrice de sa race.

Enfin de ce point de vue on apprécie mieux aussi ce qu'ont de déraisonnable les légendes dont les apocryphes ont prétendu orner la vie de la Mère de Dieu. Ce sont de purs fruits de l'imagination humaine, dont les rêves n'ont rien de commun avec la sagesse divine dans la conduite de ses élus.

En attendant il y a deux points dans lesquels se résument la foi et l'espérance que le nom de Marie inspire aux Chrétiens, et qui révèlent leur vertu à tous les degrés dans le culte de l'Église catholique, savoir : la virginité et la divine maternité de Marie. La foi des Chrétiens repose tout entière d'abord sur ce fait que Marie a conçu et enfanté le Christ en étant et en restant vierge, ayant été fécondée par l'action du Saint-Esprit. C'est snr ce fait que s'appuie tout ce qui s'enseigne , tout ce qui se croit du péché et de l'affranchissement de la race humaine par le sang de Jésus-Christ. l'Agneau sans tache. C'est à ce fait que se rattache la pureté immaculée de Jésus-Christ, à laquelle ne peut jamais parvenir celui qui s'implique dans les voies de la nature. C'est pourquoi, dans le discours des Apôtres (l), cette thèse précède l'article du péché et constitue depuis lors une partie intégrante du Symbole des Apôtres. C'est un point sur lequel insistent avant tout les Pères de l'Église (2); S. Justin, dans son dialogue avec le Juif Tryphon, en fait l'objet d'une exposition spéciale; il enseigne que, d'après les Apôtres, Jésus fut conçu et enfanté virginalement , conformément à l'Ancien Testament (3).

L'opposition des Ébionites (4) donna lieu pour la première fois à la proela-

(1) Cr. Rom., 8, 3. <;<i/(i/.,ft,6.

(2) Ign;it. M., ad Siuyrn., c. L

(S) Jusl., Dial., c. M sq., surtout c. 06. (ftj Foy. Ebiomte*.

mation solennelle de ce point de la tradition. Ce moment de la conception virginale du Christ que les Juifs attendaient ne fut point admis dans leur christologie. Avec l'image qu'ils s'étaient formée du Messie à venir ils ne pouvaient croire qu'il dut naître de David par une génération surnaturelle. L'hérétique Cérinthe (1) et les Ébionites résistèrent au témoignage apostolique (3). D'après leur opinion, Jésus (tait le Gis de Joseph et de Marie, naturellement conçu et enfanté de même. Sans doute il n'y a pas le moindre indice de cette opinion dans l'Évangile ; mais, dans leur manière mesquiue de concevoir la personne du Christ, qu'ils ne croyaient pas supérieur à MoTse.de comprendre son œuvre, qui ne dépassait presque pas le mosaïsme, comme on le voit dans les homélies clémentines, ils ne pouvaient sentir quelle valeur ce fait dogmatique aurait eu dans le Christianisme tel qu'ils l'admettaient , et ils rejetaient ce qui aurait nécessairement donné tout une autre forme à leur système. Le même intérêt pratique contraignit les Ébionites à effacer ce fait important de leur théorie de la rédemption chrétienne.

Mais la tradition et la doctrine catholique vont encore plus loin ; elles n'affirment pas seulement que Marie fut vierge avant et pendant la naissance du Christ, mais qu'elle le fut après et le resta toujours.

Ce point n'ajoute rien de nouveau au dogme de l'incarnation du Fils de Dieu, mais il laisse à jamais à sa virginale Mère l'auréole pure et immaculée avec laquelle elle contracta son union conjugale. D'après ce que dit Marie (3), une autre idée n'est guère concevable, et, dans tous les cas, ne peut se fonder sur le texte biblique. Il est vrai que des le

(1) A'oy. CÉIUNTHE.

(2) Iréo., adv. //cm»., I, 26.

(S) Luc, t, 34.

MARIE

temps d'Origène (1) on soutint que Marie, après la naissance de son premier né, était entrée en rapport conjugal avec Joseph, et que les frères de Jésus qui paraissent dans l'Évangile étaient des fils putnés de Marie. S. Épiphane avait appris qu'en Arabie notamment il y avait eu des partisans de cette erreur, et il adressa une épltre spéciale à ces hérétiques (2). Il les nomme, d'après l'esprit de leur controverse, Àntldicomarianites (3). Les Ariens Eunomius et Eudoxius (4) avaient également embrassé cette opinion dans l'intérêt de leur hérésie. Des noms plus connus encore dans l'histoire des controverses nées à ce sujet sont ceux <f Helvidius, de Jovinien et de Bonose (5), que S.

Jérôme combattit dans ses opuscules.

En somme les Antidicomarianites n'avaient guère de points d'appui dans la Bible, quelque abus qu'ils Gssent du texte de S. Matth., 1, 25, et un Père qui savait l'Écriture comme S. Jérôme avait peu de peine à les réfuter (6).

Au fond ce n'étaient pas les textes bibliques qui les induisaient en erreur. L'affaiblissement de la foi et du sens moral leur fit déprécier le mérite de la virgiuité et ternir la gloire de la fleur des vierges. Dès que l'idéal est défiguré et s'évanouit, les mœurs s'en ressentent. Personne ne méconnaîtra qu'en tout temps, et jusqu'à nos jours, les fausses interprétations de la Bible répondent à l'abaissement du niveau moral.

Ce qui constitue la plus haute dignité de Marie, c'est d'être la Mère de Dieu, Deipara • c'est d'avoir conçu dans sa chair et enfanté le premier né de Dieu. « C'est pourquoi, dit l'ange, ce qui naî-

(1) Ilom. FIIinLue.

(2) Hxrcs., LXXVIII.

(3) Foy. Antidicomarianites.

(ft) Foy. EuNomis, Eudoxius.

(5) Foy. ces noms.

(6) Foy. Frèiies de Jésus, et Schleyer, dans la Revue de Thèol. de Fribourg, U IV, p. 80.

tra de votre sein sera appelé le Saint, le Fils de Dieu. » C'est là l'apogée du dogme catholique. Celui qui est de toute éternité engendré de Dieu, Celui qui est substantiellement Dieu, a été conçu et enfanté dans le temps comme Fils de la Vierge, du sein de la Vierge ; ou, suivant les paroles de S. Ignace (1) : «Jésus-Christ notre Dieu a été porté dans le sein de Marie, îxuefcpqft*, conformément à ce que Dieu avait ordonné ; il est né de la semence de David, par l'opération du Saint-Esprit. Il est devenu corporellement et spirituellement le médecin des âmes; il l'était avant de le devenir ; c'est le Dieu incarné, né de Marie, né de Dieu. » S. Paul s'exprime de même (2).

Puisque celui qui a été incarné en Marie, et qui est né de sa chair, est le Fils éternel de Dieu,consubstantiel avec Dieu le Père, le nom de Mère de Dieu, en même temps qu'il est parfaitement adéquat à la vérité, est tout à fait biblique; car Elisabeth, remplie du Saint-Esprit, salue Marie : la mère du Seigneur son Dieu. L'expression ©tcTo'xo; , très-ancienne, comprend toutes les vérités qui sont ici en question et exprime de la manière la plus concise et la plus nette le dogme de l'Incarnation. Peu à peu l'usage de cet attribut devint d'autant plus nécessaire que presque toutes les anciennes hérésies, sans exception, eurent pour objet les rapports du divin et de l'humain, ou, ce qui est la même chose, le dogme de l'Incarnation du Verbe , et que les Catholiques eurent constamment à défendre le même thème, savoir que le Fils de Dieu, conçu dans le sein virginal de Marie, était à la fois Dieu parfait et homme parfait ; qu'il était né de Marie comme Fils de Dieu et comme fils de l'homme. L'expression la plus complète et la proclamation la plus so-

(1) Ad Ephes., c. 18.

(2) Calai., ft, C. Rom.t 1, 8.

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