MARIE LA
les enfants nouveau-nés des Israélites ; niais que, les Israélites ayant traversé à pied sec la mer Rouge, le nom de Mirjam fut changé en celui de Marie, c'est-à-dire étoile de la mer. Philologiquemcut il est plus exact de tirer le nom de Marie de m©, vehemens , fortis, ou de DTiO tan) ; dans ee cas Marie signifierait puissante y forte, ou noble dame, maîtresse. C'est le sens que lui attribue la foi chrétienne -, c'est pourquoi autrefois il était rare qu'il fût permis d'appeler une jeune fille Marie. Alphonse VI de Castille, ayant choisi pour femme une jeune fille de naissance maure, ne lui permit pas de prendre au baptême le nom de Marie. On raconte la même chose de Casimir Ier, roi de Pologne.
Cf. Bénedict,rf<? Fest., p. II, § 150.
Krauss.
marie la Catholique, reine d'Angleterre. Au milieu des troubles et des discordes que la réforme fit naître en Angleterre, Marie la Catholique administra son royaume en souveraine qui avait sincèrement à cœur le bouheur de ses sujets. Toutefois la partialité des historiens protestants a jeté sur son règne une défaveur qu'il est de notre devoir d'examiner et de dissiper.
Marie régna à une époque où toutes les pages de l'histoire d'Angleterre furent teintes de sang. Fille légitime d'Henri VIII (1 ) et de sa première femme, la malheureuse Catherine d'Aragon, Marie naquit le 8 février 1515. Ueuri VIII, en se remariant avec Anna Boleyn, prétendit imprimer à l'héritière présomptive de son trône le stigmate de la bâtardise. Cependant son testament la désigna comme devant hériter de la couronne après Edouard VI. Sous le règne de ce prince l'Angleterre passa violemment du schisme à l'hérésie. A la mortd'Édouard, en juin 1559, le peuple se souleva, contre l'usurpation de Jeanne
U) Foy. Heniu VIII.
Grey, en faveur de la reine légitime Marie (1553 1558), etee futau milieu de l'enthousiasme de ce peuple encore fidèle qu'elle fit son entrée dans Londres, le 31 juillet, ayant à ses cotés sa demi-sœur Elisabeth. Cette joie populaire l'avait accompagnée durant tout son voyage depuis Framlingham, dans le comté de Suffolk, où elle s'était réfugiée, et tous les documents authentiques de l'histoire d'Angleterre sont d'accord pour reconnaître qu'on n'avait jamais vu à aucun couronnement un enthousiasme si vif et une si éclatante pompe (1).
Hume, il est vrai, prétend que le peuple n'aimait pas les principes de la reine; niais les faits constatés, des autorités irrécusables et les inductions psychologiques infirment radicalement l'assertion de Hume. Le peuple anglais est essentiellement conservateur, surtout dans les questions religieuses.
Comment un peuple qui , trois ans auparavant, s'était soulevé de toutes les parties de la Grande-Bretagne contre la nouvelle Église et ses fondateurs, n'aurait-il pas salué avec bonheur l'avénement d'une princesse dont il ne savait qu'une chose, mais celle qu'il lui importait le plus de savoir, c'est-à-dire qu'elle renverserait une Église odieuse et détestée? Le commencement du règne de Marie fut un mélange de douceur et de sévérité. Avant d'avoir été couronnée suivant le rit catholique par Gardincr, sorti de prison, elle publia deux proclamations qui lui valurent les bénédictions de tout son peuple.
Par la première elle abolit les monnaies de mauvais aloi que son père avait introduites et que son frère avait empirées; parla seconde elle renonça, en reconnaissance de l'attachement
(1) Voir Lingard, Hisi. d'Angleterre^ t. VII. Cobl)*lt, Hist. de la Reforme protestante en Angleterre et en Irlande. Fehr, Hist. des SU* vol ut. européennes depuis la Réforme , t. I, I P. 69.
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MAIUR LA CATHOLIQUE
que lui avnit témoigné lo peuple, aux subsides votés dans le deruier parlement, et acquitta les dettes de la couronne arriérées depuis trois ans. Une amnistie générale fut en même temps publiée, n'exceptant que soixante noms de coupables politiques. Marie, entourée d'ennemis dans son propre conseil, pria l'empereur Charles V (1) de lui faire connaître son opinion sur le châtimeut qu'il convenait d'infliger aux conspirateurs et sur le rétablissement du Catholicisme en Angleterre. Quant au premier point l'empereur lui conseilla la douceur, quant au second la plus stricte justice , mais en ne faisant rien sans l'assentiment du parlement.
La reine usa d'abord du droit qu'elle avait de faire célébrer le culte catholique pour elle-même dans son propre palais, et en même temps elle rendit leurs diocèses à plusieurs évéques déposés sous le règne précédent. Excitée par les prédicateurs réformés, la populace de la capitale fit grand bruit à propos du rétablissement de la messe dans la chapelle royale. Marie profita de cette circonstance pour déclarer qu'elle ne contraindrait personne a embrasser sa religion, mais qu'elle défendait rigoureusement a qui que ce fût d'exciter le peuple à la révolte, ou de se servir, en parlant des Githoliques, des termes injurieux de papiste et d'hérétique. La conversion apparente de la princesse Elisabeth dissipa les dernières espérances des réformés, et Cranmer (2) fut envoyé à la tour de Londres pour avoir essayé d'exciter de nouveaux troubles.
Le 3 octobre Marie ouvrit le premier parlement. Les Pairs et les Communes assistèrent, suivant l'ancienne coutume, à la messe solennelle du Saiut- Esprit.
Les deux Chambres reconnurent una-
(1) Foy. ( - m mu fs y.
12) foy. Ui AMH H.
niiiiemrn! la légitimité du mariage d'Henri VIII avec Catherine d'Aragon, et par conséquent Elisabeth fut tacitement déclarée bâtarde. Le 8 novembre les Chambres adoptèrent le bîll relatif à la restauration du Catholicisme. Cependant , par prudence, il ne fut pas question de la restitution des biens de l'Église et de la suprématie pontificale, qu'un schisme de trois années avait fait tomber eu discrédit et presque en oubli. On maintint par conséquent encore le schisme, et Marie elle-même accepta le titre, qui lui était odieux, de chef suprême de l'Église anglicane. Une conspiration tramée contre elle, et découverte en février 1554, eut pour conséquence l'exécution de trois coupables :
justice modérée, qui, vu les circonstances dans lesquelles se trouvait la reine, est peut-être, dit Lingard(l), sans exemple dans l'histoire de cette époque.
L'empereur Charles V aussi bien que les conseillers <fe la reine lui reprochèrent cette clémence. La reine adopta alors l'avis de son conseil, qui pensait que l'impunité n'était propre qu'à encourager les malintentionnés, et que par conséquent il fallait déployer à leur égard toute espèce de sévérité. Jeanne Grey et son époux expièrent leur participation à la conspiration ; cinquante soldats qui avaieut trahi leur serment furent pendus -, quatre cents autres furent graciés, et la plupart des prisonniers de la tour de Londres furent mis en liberté. « Ces exécutions, dit Lingard (2), ont servi de prétexte à quelques écrivains pour accuser Marie d'une cruauté inutile; mais, en comparant la conduite de Marie à celle de ses contemporains places daus des circonstances analogues, on ne peut partager l'avis de ces historiens. Si, dans cette occasion, soixante émeutiers furent immolés à la justice