MARSEILLE — MARSILE DE PAPOUE
de porter le pallium. L'évêque actuel est Mgr Cruice, ancien directeur de l'école des Carmes, à Paris, docteur en théologie, préconisé et installé dans le courant de Tannée 1 801 . Presque tous les monuments , païens et chrétiens, qui ornaient la ville, disparurent à la suite des ravages dont Marseille fut la victime ; elle n'avait jusqu'à ces dernières années pas une belle église; la plus vieille de ses églises, la cathédrale, dite la Majorque, va être bientôt remplacée par une immense cathédrale byzantine, en marbre noir et blanc, qui s'élève non loin du palais épiscopal nouvellement restauré et agrandi, au-dessus du nouveau port. L'église, également de marbre, qu'on est en voie de construire à la place de l'ancien sanctuaire de Notre-Dame-de-la-Garde, et qui domine la ville, 6on port et ses environs, sera, de son côté, un temple digne de la piété des Marseillais et de la renommée de cet antique pèlerinage, grâce au zèle déployé par le nouveau pontife, grâce au généreux, concours prêté par les fidèles, grâce surtout à l'active et intelligente initiative prise par un des citoyens les plus éminentsde Marseille, M. Joseph Pastré, dont la vie, consacrée autant au service de ses compatriotes qu'aux sollicitudes de ses immenses entreprises commerciales, a été couronnée par les suprêmes efforts qu'il a faits pour consolider l'œuvre de Notre-Dame-dela-Garde.
Le chapitre de la cathédrale a neuf chanoines et deux vicaires généraux.
Le grand séminaire est dirigé par des prêtres de la congrégation des Oblats, fondée par Mgr de Mazenod, et compte habituellement 80 séminaristes. Le petit séminaire a 400 élèves. Le diocèse renferme 8 cures de première classe, 3 de seconde, 63 succursales et 90 vicariats , et, d'après le recensement de 1861, 507 ,1 1 2 âmes. L'administration de l'église de Saint-Nicolas est couûée aux Grecs un».
L'ancienne abbaye de Saint-Victor, autrefois pépinière féconde de saints et de savants moines et évêques, fut sécularisée dans le siècle dernier et abolie durant la Révolution. Outre les Oblats Marseille compte des Capucins, des Jésuites, des Franciscains et deux instîtu-
Carmélites, des Visitandines, des Sœurs du Saint-Sacrement, de Saint-Charles, du Sacré-Cœur , du Nom de Jésus et de Marie, de l'Espérance, de la Miséricorde, de Saint-Joseph, de Saint- Vincent-de-Paul et plusieurs autres congrégations religieuses.
maiisile de l'A doit , ainsi surnommé de sa ville natale , joignait à des connaissances philosophiques et médicales la science approfondie de la jurisprudence, qu'il avait étudiée à Orléans. Il n'est pas vrai qu'il fut Franciscain et recteur de l'université de Vienne. En sa qualité de médecin il fut en rapports intimes avec l'empereur Louis de Bavière (1) et ne fut pas sans influence sur les dispositions et les actes de ce prince. Il prit chaudement le parti de Louis dans sa lutte avec le Pape, et s'efforça de défendre le césaréo-papisme, de concert avec Jean de Jeandun, professeur de philosophie et de théologie de Paris. C'est ce qu'il fit surtout dans l'écrit intitulé Defensor pacis , qui parut en 1324 et qu'on trouve imprimé dans Goldast (2). Les principales propositions qu'il y soutient sont les suivantes : « Lorsque le Christ quitta ce monde, il n'institua personne pour le remplacer et il ne laissa point de chef visible dans l'Église, Pierre n'eut dans aucun sens la supériorité sur les autres apôtres; les Papes, les évêques et les prêtres (ex institutione Christï) sont tous parfaitement égaux en dignité et en puissance. Le texte de
(1) Voy. Louis db Bavière.
(2) Monarchia Romani Imperii^t II, p. 15V 812, Fraocof. ad Mœu., 1614, in- fol.