‹ Dictionnaire encyclopédique de la thélogie catholiqueChapitre 154 sur 224 · MARTYRS (FÊTB DB TOUS LES · texte numérisé non relu

MARTYRS (FÊTB DB TOUS LES

cours de S. Augustin sur vingt martyrs exécutés dans divers lieux de la terre; il était naturel qu'à la fin de la première période de l'ère chrétienne l'Église instituât une Tête collective de tous les saints martyrisés dans l'univers pour leur foi , car elle ne pouvait voir sans un sentiment de fierté et sans une ineffable reconnaissance cette foule si nombreuse de tout rang , de tout âge, de tout sexe, sortie de son sein, qui avait rendu au Christ le triple témoignage de la parole, des actions et du sacrifice volontaire de la vie.

On ne peut évaluer, même approximativement, le nombre de ces témoins de la vérité chrétienne, vu que les martyrologes ont parfois admis des chiffres iucertains (par exemple les dix mille martyrs) (1), que des milliers de martyrs ne sont indiqués que vaguement et sont restés inconnus jusqu'à nos jours, même quant à leurs noms, comme le prouvent les continuelles découvertes de martyrs faites dans les catacombes (2). Ce qui est certain et avéré, c'est que le nombre en est immense et montait, dès les premiers siècles, à des millions.

Bosius estime les martyrs des trois premiers siècles à cinq millions ; Génebrard, dans sa Chronique, à plus de dix millions (3).

Une dissertation intitulée de Paucitate Martyrum, — inier dissert. Cyprian. /A", — et publiée en 1684 à Oxford par un Anglais, d'ailleurs très-savant, mais peu loyal en cette circonstance, le docteur H. Dodwell (4), a été longuement et victorieusement réfutée par le savant Bénédictin de Saint-Maur D. Ruinart, dans l'introduction à ses Acta martyrum genuina.

(1) Foy. Martyrs (le* dix mille).

(J) Foy. Catacomues.

(S) Foir Ferrari», Prompta Biblioth.. 0. ». Marlyrium, n. 54.

{k) Foy. Dodwell.

On trouve, sur l'existence d'une féte collective en l'honneur de ces innombrables troupes de martyrs d'Orient, des indications dans l'ouvrage de S. Chrysostome, Contra Judœos (1). Le même Père en parle clairement dans son homélie sur l'octave de la Pentecôte, intitulée : Laudatio SS. omnium gui martyrium toto terrarum orbe sunt passi (2).

Ainsi, dès le quatrième siècle, il y avait, durant l'octave de la Pentecôte, chez les Grecs, une féte de tous les martyrs, et Léon Allatius en donne aussi plusieurs preuves tirées des écrivains grecs (3). On présume l'existence d'une féte analogue dans l'Église latine dès avant Léon I«r, car plusieurs oraisons et préfaces du Sacrameutaire de S. Léon semblent y faire allusion ; seulement on n'en peut pas tirer une conséquence certaiue, pas plus que des motifs allégués par D. Martène, tome IV Anecdot.

Ce n'est que sous le Pape Boniface IV (608-C15) qu'on voit paraître officiellement une fête de ce genre, ce Pape ayant fait, le 13 mai, en l'honneur de la sainte Vierge et de tous les martyrs, la dédicace du Panthéon, bâti par Marc Agrippa et livré par l'empereur Phocas au culte chrétien, et ayant ordonné qu'elle serait célébrée à l'avenir le même jour dans toute l'Église. Plus tard Grégoire 111 ou IV transforma cette fête en celle de tous les saints (4), qu'il fixa au 1er novembre. Depuis lors il n'y a plus de féte de tous les martyrs en Occident. Seulement, en 1772, on associa la mémoire de tous les saints martyrs à la fête de S. Etienne, et il était naturel, en effet, d'unir la mémoire de tous les héros chrétiens à

(1) L. IV. Opp., t. T, p. 650.

(2) Opp , t. Il, p. 711-710.

(5) De lltbd. et dominic. Grœconim, c 91. (4) Foy. Toussaint.

MARTYRS (les quarante)

celle du premier martyr, leur chef (1).

Dans beaucoup de diocèses les antiennes, versets et l'oraison Deus , qui nos annua omn... commémora* tione, etc., du commun des martyrs, sont prescrits in utrisque vesperis, et laudibus, et missa festi S. Stephani, immédiatement après l'oraison de la fête, pour la commemoratio omn. SS.

martyr., qui y est intercalée. Les S.

R. C. Décréta authentica, Leodii, 1851, renferment une oraison propre, ex décrète PU PP. VI, 18 maji 1798, pro aliquibus locis.

Cf. Bintérim, Memorab., V, p. 486- 489; Nickel, Fête des Saints, t. II, introd.; Schmit, de Hod. statu Eccles.

Grxc.y p. 19; Benedict. XIV, de Festis in dicec. Bonon., Opp., t. XIII; Butler, Vies des Pères, t. XVI, nov.

Gbossheijtschi.

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