‹ Dictionnaire encyclopédique de la thélogie catholiqueChapitre 158 sur 224 · MASSILIENS · texte numérisé non relu

MASSILIENS

ceux que Dieu a prévu devoir faire un bon usage de leur liberté, que Dieu les a choisis avant la création du monde et les a prédestinés en Jésus-Christ.

Or les Massiliens voulaient éviter ces extrêmes. Prosper d'Aquitaine, partisan zélé de S. Augustin, lui rendit compte, en 427, des objections qui s'élevaient, aux yeux des Chrétiens des Gaules, contre sa doctrine. Ces Chrétiens croyaient , disait-il , que S. Augustin niait la liberté, et ils le croyaient surtout depuis que les moines du couvent d'Adrumète , en Afrique, avaient élevé des objections du même genre contre l'évéque d'Hippone, objections auxquelles S. Augustin avait pleinement répondu dans son livre de Corruptione.

D'après Prosper, voici quelle était l'opinion des Massiliens : Tous ceux qui croient et qui sout baptisés peuvent être sauvés, car le sang du Christ a été versé pour la réconciliation de tous sans exception. Ceux qui croient et qui persévèrent dans la foi, par la grâce de Dieu, ceux-là, Dieu les a connus avant la création du monde, et ceux-là il les a prédestinés à la vie.

Cette opinion était tout à fait conforme à la doctrine semi-pélagienne, d'après laquelle le commencement de la foi est exigé de la part de l'homme comme condition de sa prédestination.

La doctrine de S. Augustin sur la prédestination choquait surtout les Massiliens parce qu'ils en concluaient qu'elle abrogeait toute activité morale de l'homme, et que ce docteur substituait à la vertu et au vice l'absolue nécessité; car, si l'élection ou la réprobatio» ne dépend que du bon plaisir de Dieu, il n'y a rien à faire pour ceux qui toi» bent, et les saints n'ont besoin ni de vi gilance ni de prudence ; des deux côtés les efforts humains sont impuissauts et ne peuvent rien changer à la destinée une fois arrêtée. L'homme, disaient les sewi-Pélagieus , doit avoir au moins ta

Page 1