‹ Dictionnaire encyclopédique de la thélogie catholiqueChapitre 160 sur 224 · MASSE ET · texte numérisé non relu

MASSE ET

pleines de dissertations morales; il n'y a ui développement des faits, ni intérêt dramatique ; le saint ou le héros est toujours dans l'ombre, il ne se montre que par hasard; il n'y a ni traits hardis, ni grandeur dans les peintures, ni éclat dans l'expression, ni force dans la pensée ; l'orateur est plus fatigant qu'édifiant. Même l'oraison funèbre de Louis XIV ne reuferme qu'un petit nombre de beautés.

Eu 1719 Massillon fut élu membre de l'Académie française. Son discours de réception fut fort spirituel. Il prit en même temps congé de l'Académie, en s'excusant de ce que ses fonctions épiscopales ne lui permettraient pas de prendre part aux travaux de ses nouveaux coliègues. Massillon ne quitta qu'une fois sou diocèse pour prononcer l'oraison funèbre de la duchesse d'Orléans. Il mourut le 28 septembre 1742, à l'âge de soixante-dix-neuf ans. Il déploya un grand zèle dans son diocèse de Clermont, auquel il avait été nommé en 1717 par le régent; il y distribua, sans se faire connaître, 20,000 livres aux pauvres, et chercha à pourvoir aux nécessités du temps en instituant de nombreux établissements de bienfaisance. C'est à cette époque qu'apparurent ses discours synodaux, si remarquables par la beauté du style, la dignité et la douceur paternelle avec laquelle lévéque s'adresse à ses prêtres. Les sujets qu'il traite sont pris dans le cœur du prêtre et dans ses rapports journaliers. L évéque leur parle de l'amour des pasteurs pour leurs troupeaux, de l'excellence du ministère, de la nécessité de la prière, de la compassion des pauvres, de 1 avarice des prêtres. Un passage de ce dernier discours est devenu célèbre, parce qu'en parlant des biens ecclésiastiques il prophétise que l'Église en sera dépouillée.

Massillon laissa en outre un grand nombre de mandements, des paraphra-

ses sur les Psaumes, des pensées et des méditations sur des matières morales et religieuses, dans lesquelles une noble simplicité s'associe à une foi vive et ardente. Massillon plaisait beaucoup par son débit. Ce débit n'était pas aussi rapide que celui de Bourdaloue, mais il avait plus de charme et d'onction. Massillon parlait avec beaucoup de dignité, presque toujours debout.

Quoiqu'il fût petit de taille sa tenue était noble, et à un regard ardent et vif il joignait un geste rare, mais plein de grâce et de majesté. Sa voix était douce et sonore; elle s'attendrissait facilement. Sa mémoire était infidèle et lui coûta beaucoup de peine; il apprenait exactement ses discours par cœur, et il appelait son meilleur sermon celui qu'il savait le mieux. Il revoyait ses sermons dans la solitude, leur donnait le dernier poli et y faisait quelques additions. On a publié des extraits de ses œuvres sous le titre de Pensées sur différents sujets de morale et depiété, tirées des Orùisons de Massillon , Paris, 1748; Nourea ux Choix, Paris, 1810, formant le treizième volume de l'édition de Renouard. Ses sermons furent traduits en portugais, en polonais, en allemand. Parmi les meilleures éditions de Massillon, dont la première fat publiée par sou neveu, Paris, 1745- 1746, 14 vol. grand in- 12, on peut citer celle deMéquignon, 1818, 14 vol. in-8°, et celle de Besançon, Chalandre fils, 1847, 3 vol. grand in-8°.

Cf. Ttoéremin, Drinosthènes et Mas* sillon, Berlin, 1845; Lutz, Chrysostome, Tubing., 1846; Lutz, Sermons choisis de Massillon, Tubingue, 1848 ; Maury, Éloquence de la chaire, 1. 1, S 28 et 58. Lotz.

m MSOKf (domRswé) naquit à Saint- Ouen de Mancelles, dans le diocèse d'Kvreux, en 1665, entra au couvent de Notre-Dame-des-Bénédictins de Saint- Maur, à Lire, et y lit profession à l'âge

M A SSII ET

MASTIAUX

de dix -sept ans (1682). Il contiuua ses études dans le couvent de Bonne- Nouvelle d'Orléans, et s'y fit remarquer par son talent, son savoir et son caractère. Ses supérieurs l'envoyèrent, en 1693, professer la philosophie à l'abbaye du Bec, quelques années plus tard à Caen, où il enseigna la théologie dans l'abbaye de Saint-Étienne. Il y prit les grades de bachelier et de licencié en droit. La faculté de théologie voulut se l'attacher, mais il fut obligé d'obéir à ses supérieurs, qui l'envoyèrent enseigner la théologie pendant un an à Jumieges, et trois ans à Fécamp. Il demeura aussi pendant quelque temps à l'abbaye de Saint-Ouen, à Rouen (1702), et s'y adonna avec ardeur à l'étude du grec.

Enfin , en 1703, on l'appela pour professer la théologie à Saint-Germaindes-Prés. A côté de son enseignement il s'y occupa de la/rédaction d'une histoire des patriarches et d'autres travaux littéraires. Mais son ardente activité épuisa rapidement les forces d'une nature débile, et il mourut d'une attaque d'apoplexie, le 11 janvier 1716, à l'âge de cinquante ans. Sa mort prématurée fut une perte pour son ordre et pour la science. Son principal ouvrage est son excellente édition des œuvres de S. lu née, Paris, 1710, in- fol. Les éditions antérieures de S. Irénée étaient celles d'Érasme, Bàle, 1526; Genève, J570; Baie, 1571 ; celle du Père François Feuardent, Franciscain, Cologne, 1596, souvent réimprimée; enfin l'édition critique publiée en 1762 par le savant Jeau-Ern. Grabe (1). Malgré son véritable mérite l'édition de Grabe ellemême ne peut se comparer à celle de D. Massuet, qui perfectionna le texte de Grabe à l'aide de trois manuscrits excellents, inconnus aux éditeurs précédents; il l'augmenta de divers fragments nouveaux et de trois disser-

(1) V oy. Grade.

tations remarquables , donnant des éclaircissements, l'une sur l'histoire des hérésies combattues par S. Irénée, l'autre sur la vie et les écrits de ce Père^e l'Église, la dernière sur sa doctrine. En outre Massûet veilla à la publication du cinquième volume des Annales de l'ordre des Bénédictins, que Mabillon (1) avait laissé non imprimé, et auquel il ajouta des suppléments et une préface, -qui contient la biographie de Mabillon et de Ruinarl. On a aussi de Massuet une épître au R. P. E. L.

J., c'est-à-dire au Rév. Père Étienne Langlois, Jésuite. Massuet y répond à un écrit dirigé contre l'édition de S.

Augustin publiée par ses savants confrères. Enfin on a de Massuet cinq lettres latines adressées à Bernard Petz, contenues dans les Amœn'U. iitterarias de Schellhorn. Tout en rendant justice à l'érudition et au caractère de D. Massuet, bien des auteurs ont regretté les rapports dans lesquels il se laissa entraîner par un parti qui avait pris â tache de semer la division dans l'Église.

Cf. D. Herbst, Dissertation, dans la Revue trim. de Tubing., année 1833.

Dux.

mastiacx (Gaspard-Antoine de), né le 3 mars 1766 à Bonn, sur le Rhin, nommé par Pie VI, eu 1786, chanoine d'Augsbourg, fut ordonné prêtre à Cologne le 29 mars 1789, et devint, la même année, prédicateur de la cathédrale d'Augsbourg, puis successivement, en 1803, conseiller du directoire de la province de Souabe; en 1804, chef du directoire général à Munich; en 1806, conseiller intime du roi de Bavière. En 1784 il fut promu, à Cologne, au grade de maître en philosophie; en 1786 il prit le titre de docteur en droit à Heidelberg ; en 1 790 il se fit recevoir docteur en théologie à Rome, et fut nom* mé membre honoraire de plusieurs aca-

(i) V Mabillon.

mastiaux — matérialisme

démies et sociétés savantes. Après la mort du conseiller ecclésiastique Felder il entreprit la rédaction de la Gazette littéraire des Instituteurs catholiques. Le style de Mastiaux était vif et caustique. Les ouvrages qu'il publia sont nombreux ; ce sont :

1. De veterum Hipuariorum statu civili et ecclésiastico Commentatio historié a, Bonna?, 1784.

2. Description historique et géographique de Cologne, Francfort, 1785.

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