MATHILDE D'ECOSSE
chaîne , elle se rendit à Quedlinbourg pour y être inhumée à côté de son époux. Au moment de mourir elle donna de sages avertissements à sa petite-fille Mathilde, qui plus tard agrandit le couvent et en devint l'abbesse (I) ; puis elle se fit déposer à terre sur un cilice et couvrir la tête de cendres.
C'est ainsi qu'elle rendit son âme à Dieu , le 14 mars.
Son biographe fut un clerc qui, quarante ans après la mort de Mathilde, écrivit sa vie à la demande de l'empereur Henri le Saint, son petit-fils. On la trouve dans Pertz (2), et chez les Bollandistes, au 14 mars. Le moine Widukind , de Corbie , écrivit aussi son éloge (3). Schhôdl.
MATHILDE D'ECOSSE (ËDITH?),
femme d'Henri 1er (1100-1135), et l'unique princesse d'Écosse qui ait jamais été assise sur le trône d'Angleterre, naquit en 1079 du roi Malcolm Canmore et de Marguerite Atheling. Sou père mourut en 1093 , en assiégeant un château, et elle perdit à la même époque sa pieuse mère. L'éducation que la reine avait donnée à sa fille, avec le concours de son confesseur Turgot, fut achevée dans l'abbaye de Romsey, sous la direction de la célèbre abbesse Christine, tante de Mathilde. Elle y demeura longtemps, avec sa sœur, l'objet de la sollicitude des religieuses, et elle y apprit non-seulement la lecture, la musique, etc., mais encore tout ce qui fonde une vie pieuse et chrétienne. Plus tard les deux priucesses vécurent avec leur tante dans l'abbaye de W il ton, fondée parla femme d'Édouard le Confesseur en faveur des Bénédictines noires, et qui, comme Romsey, devait toujours avoir pour supérieure une princesse de sang royal.
Mathilde, après avoir refusé deux ma-
(1) Voir Périr, Script., 111 (V), 7*, 75.
(2) Script., IV (VI), p. 282 302.
(3) Voir Pertz, Script-, III (V), p. W5, MO.
riages avantageux, fut, en 1 100, demandée par Henri !«*, qui venait de monter sur le trône d'Angleterre. L'abbesse Christine était contraire à ce mariage, qui soulevait d'ailleurs des difficultés, parce que Mathild* avait porté le voile. L'afTaire avait une haute importance politique, car Henri Ier donnait une parfaite solidité à son trône en s'unissant à la fille de l'ancienne maison royale, et mettait ainsi de la manière la plus prompte un terme aux conflits et aux déplorables rivalités des Anglais et des Normands. Anselme, le célèbre archevêque de Cantorbéry (l), qui était alors pour la première fois exilé à Lyon, fut rappelé pour donner son conseil. Il réunit à Lambeth, durant l'automne de 1100, un synode devant lequel Mathilde dut comparaître, et, après une mûre délibération, le synode décida que « Mathilde, fille du roi Malcolm d'Ecosse, ayant démontré qu'elle n'avait été consacrée à la vie monastique ni par son propre choix, ni par le vœu de ses parents, était libre d'épouser le roi, » Mathilda, daughter of Malcolm, king of Scotland, had proved that she had not embraced a religiou* life, sif/ter by lier own choice or the vow of lier parents, and site was t hère fore free to contrat t ma rr ta ge with the king. Matthieu Paris préteudit plus tard que Mathilde avait été religieuse, qu'elle avait été consacrée à Dieu et que son mariage avait été sacrilège ; mais les actes du synode de Lambeth et tous les autres témoignages historiques enlèvent toute valeur à l'assertion de cet auteur. En revanche il est certain qu'après avoir résolu les difficultés légales il s'en éleva de morales dans l'esprit de Mathilde ; cependant le mariage eut lieu, et fut célébré le jour de Saint-Martin, 11 novembre 1100.
Mathilde fut couronnée dans l'abbaye de
(1) Foy. An s ki. mk.
MATHILDE DLCOSSR — MATRICULE
Westminster. Ce mariage eut les plus heureuses conséquences pour l'Angleterre. La guerre des investitures dura encore, il est vrai, quelques années, et Anselme de Cantorbéry fut une seconde fois banni du royaume, en 1105 ou 1106; mais la paix religieuse finit par se rétablir. Henri Ier se réconcilia sincèrement avec le primat , rendu à son Mege, et régna de manière à mériter les éloges de la postérité. En comparant les rapports de ce roi avec l'Église et sa conduite dans les affaires religieuses avant et après son mariage, on ne peut méconnaître l'influence que la reine dut exercer sur lui, lors même qu'il n'en existerait pas de preuves historiques ; mais il eu existe, et les lettres de la reine, dont six ont été imprimées dans une édition anglaise des œuvres de S.
Anselme, prouvent qu'elle servit d'activé et intelligente intermédiaire entre Anselme et Henri Ier, entre l'Église et l'État. C'est à Mathilde, et surtout à son confesseur, l'illustre S. Anselme, que l'Angleterre dut l'autorité dont jouit bientôt le droit canon, et notamment la victoire que remporta la loi du célibat ecclésiastique. Henri Ier rendit aux universités de Cambridge et d'Oxford l'éclat dont elles étaient déchues ; il fonda les diocèses de Carlisle et d'Ely, les abbayes de Hithe, Reading et Cirencester, et le prieuré de Dunstan. Mathilde elle-même fonda à Londres deux hôpitaux (Saint-Giles in the Fields et Christ'CItjircIt) et les dota richement.
On comprend que la règle la plus simple, la plus sérieuse et la plus pure régnait autour d'une reine aussi pieuse. Ses trois dames d honneur, Emma, Gunilda et Christine, partageaient les sentiments religieux de leur maîtresse et son activité bienfaisante.
Après la mort de Mathilde elles se retirèrent, près de Londres, dans une solitude qui en 1 128 devint un prieuré créé par ces trois vierges du Seigueur, dit
l'acte de fondation. Mathilde mourut d'une manière prématurée» le 1er m3i 1118, à Westminster, profondément regrettée par son mari, alors occupé d'une guerre en Normandie, et par toutes les classes du peuple , qu'avaient édifiées ses vertus et sa sagesse. Elle fut ensevelie dans l'abbaye de Westminster, à côté de son royal oncle , Édouard le Confesseur. Les chroniqueurs ne sont pas d'accord sur le nombre de ses enfants. Deux de ses fils, Guillaume et Richard, perdirent la vie, à leur retour de France, dans un naufrage, en vue des côtes de leur patrie; sa fille Mathilde (ou plutôt Alice ou Adélaïde), née en 1104, devint plus tard la femme de l'empereur Henri V, et eut longtemps une vie agitée , qui toutefois se termina paisiblement. Henri Ier se remaria avec une Alice de Louvain, qui n'eut pas d'enfants.
Cf. Agnès Strickland, Lir es of the Qneensof Engtand, front te Norman conquesty 8 vol., 4« éd., Londr., 1854, t. I, p. 105-165. Le Balois Iselin ne consacre pas d'article spécial à Mathilde; il remarque seulement, à la vie d'Henri, en passant, que sa femme, Mechthildis, était « une dame fort superstitieuse. » H EGÉLÉ.
mathurixs. V oyez Triïiitaires.
matines. Voyez Bréviaire.
MATRICULE DES PAUVRES. Voyez
Mensa pauperum.
matricule du clergé. Nomenclature du personnel ecclésiastique d'une cathédrale, d'une collégiale, d'une église paroissiale. De tout temps on nomma clerici intitulati les ecclésiastiques attachés d une manière permanente à une église principale (titulus), pour les distinguer des ecclésiastiques auxiliaires, ou demeurant passagèrement dans une paroisse ou dans un diocèse étranger, et on les inscrivit dans le catalogue (matriculo) des ecclésiastiques remplissant des fonctions dans cette église.
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