‹ Dictionnaire encyclopédique de la thélogie catholiqueChapitre 170 sur 224 · MAURY · texte numérisé non relu

MAURY

Léontius, Daniel et d'autres, à Nicopolis, en Arménie, sous Licinius.

maury ( Jbaîi-Siffbeïh), cardinal , naquit à Valréas, dans le comtat Venaissin, le 26 juin 1746. Son père était un pauvre cordonnnier. Les hautes facultés de Maury se développèrent de bonne heure. 11 entra dans l'état ecclésiastique, qui, à cette époque, était le seul qui offrît quelque chance de fortune à l'ambition de ceux qui n'étaient pas d'origine noble. On l'envoya au séminaire de Saint-Charles d'Avignon, puis à celui de Sainte-Garde ; il vint à Paris, avant l'âge de vingt ans , en qualité de précepteur.

En 17G6 il publia les éloges funèbres du Dauphin et du roi Stanislas.

Ces discours, maigre leurs défauts, étaient remarquables par l'élégance, la clarté du style, par l'énergie et IVIévation des pensées. En 1767 Maury concourut à l'Académie française, qui avait proposé l'éloge de Charles V, roi de France, et les avantages de la paix. Ses travaux furent favorablement accueillis; il fut encouragé à avancer dans la carrière littéraire qui s'ouvrait devant lui. Il voulait suivre les traces des Bourdaloue, des Massillon, et fit d'abord, à son propre usage, son Essai sur l'éloquence de la chaire. Maury considérait ce travail comme un enseignement complet sur l'éloquence, et quelques éditeurs ont en effet publié ce livre sous le titre de Principes d'éloquence pour la chaire et le barreau. Cependîrat ce livre n'est pas méthodique ; il renferme sans ordre logique , dans soixante-dix neuf paragraphes , des observations , excellentes d'ailleurs, sur le texte, le plan, l'exorde, la proposition d'un discours ; sur l'éloquence grecque ; sur Massillon, Bourdaloue , Fléchier; sur certaines figures et certaines expressions oratoires ; sur l'harmonie du style, les lieux communs, les habitudes oratoires; sur Fé-

nelon ; sur les orateurs français du second ordre; sur quelques autres orateurs anglais, espagnols et italiens; sur les citations, le mouvement et l'émotion oratoire ; sur la péroraison , la mémoire. Le style en est clair , pur, élégant, les jugements sûrs et pleins de goût. Maury fit précéder son livre de YÉloge de Fénelon, qui lui valut, en 1771, un accessit de l'Académie française, tandis que La Harpe obtenait le prix ; — d'Observations sur les nouveaux sermons de Bossuet, 1772 ; d'un Éloge de S. Louis, prononcé devant l'Académie française le 25 août 1772 ; enfin du Panégyrique de S. Augustin, prononcé, en 1775, devant une assemblée du clergé français. Ces deux discours furent fort applaudis ; la réputation de Maury grandit rapidement ; sa parole retentit dans les priuci pales chaires de Paris, et le roi l'appela à prêcher à Versailles l'A vent et le Carême. L'abbé de Buismont le choisit comme coopérateur dans la publication des Lettres sur l'état actuel de la religion et du clergé en France, et le destina à lui succéder dans son prieuré de Lihous, en Picardie, qui rapportait 20,000 livres. En 1785 Maury prononça dans l'église de Saint - Lazare, à Paris, son Panégyrique de S. Fincent de Paul. Il dépeignit avec de vives couleurs, en mêlant habilement les réflexions les plus élevées aux comparaisons les plus justes, la vie saiute et accidentée d4teon héros; il cita avec, art et à propos la sainte Écriture , faisant habilement ressortir le contraste des moyens simples employés par S.

Vincent et des immenses résultats qu'il obtint. Il traita son sujet avec largeur et dans un superbe langage,* et fît un chef-d'œuvre oratoire qui fut généralement admiré. En même temps qu'il prononça son panégyrique il demanda qu'on élevât à ce grand saint un monument sur lequel on inscrirait : « Un bon

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