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maxime. Parmi le grand nombre de persouuages qui, dans l'antiquité chrétienne, out porté ce nom, nous signalerons les suivauts :
I. Maxime, été que de Jérusalem, naquit vers la fin du troisième siècle. Sa jeunesse s'écoula, par conséquent, à l'époque où l'Eglise fut accablée par la persécution de Dioctétien ; ce fut la dernière, mais la plus cruelle de toutes. Cependant, vers la fin, le cours de ces cruautés, absolument infructueuses pour la cause païenne, fut adouci, si l'on peut ici se servir de ce terme, par l'ordonnance de Maximilien, qui décréta que les Chrétiens opiniâtres dans leur foi ne seraient prives que d'un œil , de l'usage d'une jambe, et qu'on les enverrait aux travaux des mines. Cette torture fut infligée à S. Maxime, et ce fut avec ces iusignes du confesseur qu'il accompagua l'évéque de Jérusalem, S. Macaire, au premier concile œcuménique de Nicée. A dater de ce moment on le trouve toujours à côté de son évéque. Sozomène dit que Macaire l'ordonna évéque de Diospolis , mais que les prières du peuple de Jérusalem, qui estimait fort le saint confesseur, le déterminèrent à garder Maxime auprès de lui. Cependant l'exactitude de ce
MAXIME
renseignement est fort révoquée en doute : d'abord parce qu'un canon du concile de Nicée reconnaît à l'évéque de Césarée les droits d'un métropolitain ; puis parce que , vraisemblablement, le siège de Diospolis ne fut pas vacant avant 340, par conséquent à un moment où Macaire était, depuis longtemps, mort (l). La mort de Macaire eut lieu, suivant les uns, en 331; suivant les autres, quelques années plus tard, mais, dans tous les cas, avant 335. Il eut pour successeur S. Maxime, qui se signala, durant son épiscopat, par sa grande piété et son dévouement pour le prochain , mais qui n'eut pas l'énergie, le courage et l'intelligence nécessaires au milieu des difficultés que les Ariens suscitaient à cette époque aux évêques d'Orient. On en eut une preuve au concile de Tyr (335), où Maxime n'eut pas la perspicacité nécessaire pour reconnaître à temps et rompre les intrigues soulevées contre S. Athanase par les accusations des Eusébiens. Il allait souscrire la condamnation de S. Athanase lorsque le célèbre confesseur Paphnuce s'approcha de lui et s'écria : « Comment ! Maxime, toi qui as perdu un oeil dans la persécution et qui as acquis des droits à la céleste lumière, peux-tu t'asseoir dans l'assemblée des méchants ? » Paphnuce le prit alors de côté, lui dévoila les menées des Eusébiens, et, à dater de ce moment, Maxime demeura inébranlable dans son attachement à S. Athanase et à l'orthodoxie. Tel est le récit de Rufin. D'autres , au contraire , prétendent que Maxime souscrivit réellement la sentence de condamnation de S. Athanase ; mais Baronius cherche à démontrer (2) que cette assertion n'est pas fondée. Ce que Rufin raconte suffit pour justifier le zèle que Maxime déploya plus tard
(1) Tillemont, VI, not. iû, sur les Ariens,
(2) Cf. Tillemont, t. VI et VIII.
en faveur de S. Athanase, sans y voir une preuve de repentir de sa part et le désir de réparer une injustice , comme le font d'ordinaire ceux qui n'admettent pas la donnée de Rufin.
De Tyr les évêques, à la demande de l'empereur Constantiu, se rendirent à Jérusalem , pour rehausser par leur présence la solennité de la dédicace de l'église de la Résurrection, bâtie par l'empereur (1). Cette solennité, suivant Eusèbe, fut splendide ; Maxime, évêque de Jérusalem, dut y jouer un rôle principal ; toutefois on n'a pas de détails à cet égard. On peut seulement remarquer que les Acta Sanctorum placent la conversation que Paphnuce et Maxime auraient eue au concile de Tyr à l'assemblée des évêques à Jérusalem, et mettent en doute la présence de Maxime à Tyr-, mais tous les anciens historiens de l'Église placent la scène à Tyr.
Nous ne pouvons donc admettre la donnée des Actes des Saints qui prétendent que Maxime ne put se rendre à Tyr à cause des préparatifs nécessités par la dédicacé prochaine. S. Maxime fut également invité au concile d'Antioche (341) dans lequel les Eusébiens déposèrent pour la seconde fois S. Athanase; il refusa de s'y rendre, de peur de ne pouvoir résister aux intrigues ou aux violences des Ariens; mais nous trouvons la signature de Maxime au bas de la lettre que le synode de Sardique (2) écrivit à toutes les Églises de la terre.
Lorsque ce synode eut rétabli S. Athanase sur son siège, cet intrépide confesseur revint de son second exil à Alexandrie et passa par Jérusalem. S. Maxime l'accueillit avec une grande déférence, et invita à cette occasion plusieurs évêques, et surtout ceux qui avaient autrefois voté le bannissement d' Athanase et
(1) Foy. Croix (invention de la sainte).
(2) Foy. Sardiqdb (concile de).
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qui étaient désireux de lui eu manifester leurs regrets. Ces évéques réunis à Jérusalem exprimèrent leur sincère attachement à S. Athanase et leur cordiale joie de son retour dans une circulaire qu'ils adressèrent aux évéques et aux prêtres d'Egypte et d'Alexandrie, qu'ils félicitèrent du retour de leur digne et héroïque pasteur. Cette lettre irrita vivement les Eusébiens, qui crurent devoir, avant tout, se vènger de S. Maxime, ce qu'ils4îrent en le déposant. Il mourut peu de temps après, dans une haute vieillesse; mais on n'a pas de donnée certaine sur l'année de sa mort et de son remplacement par son successeur Cyrille. On désigne, le plus habituellement, Tannée 351 comme celle où S. Cyrille deviut évêque de Jérusalem (1).
II. Maxime (S.), éréque de Turin. On a très-peu de détails sur les événements extérieurs de la vie de ce saint évêque. On sait seulement qu'il assista, en 451, à un concile de Milan, présidé par Eusèbe, évêque de cette ville, qui adressa au Pape Léon le Grand une lettre ayant rapport à l'hérésie d'Eutychès et que Maxime signa ; qu'il assista de plus, en 465, à un concile de Rome, dont il souscrivit les actes immédiatement après le Pape Ililaire, successeur de Léon, circonstance qui désigne Maxime comme le plus ancien des évéques de la réunion.
On a répondu de diverses manières aux questions relatives à l'origine et à la date de sa naissance, au commencement de son épiscopat et à l'année de sa mort. La donnée suivant laquelle S. Maxime aurait été un frère de Léon l«, et par conséquent un Étrusque ou un Romain, est rejetée par tous les historiens modernes, qui n'admettent comme avéré que ce qui suit ,
(1) TUIemoflt, Mém., VI, VU, VIII. Acl. SS., 5 œaii. Hëfélé, HUt. des Conciles, t. I, p. M8 et 085.
savoir : que Maxime naquit vers la fin du quatrième siècle, qu'il devint, au commencement du cinquième, évêque de Turin, et mourut, à l'âge de quatrevingts ou quatre-vingt-dix ans, après
Nous sommes dédommagés de l'absence de tout détail sur la vie de S. Maxime par les inductions qu'on peut tirer de ses écrits, quant à son caractère. La partie principale de ces écrits se compose d'homélies , qui ont toujours été estimées comme des modèles d'éloquence sacrée, et qui témoignent aussi bien de la science que de la piété de l'évêque. S'il n'est pas exempt de la manie des jeux de mots et des antithèses qui dominait de son temps, il présente partout, à côté de la profondeur de la pensée et de la chaleur du sentiment, une grande vigueur et une véritable fraîcheur dans l'expression. Les homélies de S. Maxime se fout remarquer surtout par l'abondance des démonstrations dogmatiques, qu'il oppose aux nombreuses hérésies qui pullulaient à son époque et que la haute Italie accueillait avec faveur (1). Ainsi on y trouve la défense de la doctrine de l'Eglise contre les Eutychiens, les Nestoriens , les Pélagiens, les Manichéens. Aussi pendant longtemps on a mêlé plusieurs de ses homélies aux œuvres de S. Augustin et de S. Ambroise.
S. Maxime s'efforçait de maintenir les fidèles de son diocèse, non-seulement dans la pureté de la foi, mais encore dans celle des mœurs, en unissant dans ses rapports avec ses ouailles , comme un père dévoué, la douceur à la sévérité, la vertu de l'exemple à l'autorité du précepte. Il sut inspirer de \a confiance à son troupeau durant les horreurs de l'invasion d'Attila. Tandis que tout autour de lui régnait un trouble irrémédiable et que chacun voulait
(1) V oy. Lion
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abandonner sa maison et son avoir, il ne perdit pas courage ; il s'opposa de tout son pouvoir à cette fuite insensée, fin prouvant que le désespoir était indigne du Chrétien , que Dieu prendrait soin des siens, comme il sauva jadis David des mains de Goliath, les Israélites des forces bien supérieures des Philistins, pourvu que les Chrétiens cherchassent par leurs prières et leurs jeûnes à détourner le fléau vengeur de Dieu. Les habitants de Turin obéirent aux conseils de Maxime, et leur ville fut épargnée.
Ces homélies durent toujours être en haute estime dans l'Église, et plusieurs furent incorporées dans le Bréviaire romain (I).
Les principales éditions des œuvres de Maxime sont celles de Mabillon , dans le Muséum Itai.t XII , Paris , 1G87; de Muratori, Anecdot., t. IV, Pad., 1713; Gailand, t. IX Biblioih.
vet. Pair, La plus complète est celle qui parut à Rome, d'après les ordres du Pape Pie VI, et qui fut dédiée au roi de Sardaigne (dans la collection Migne, t. LVH). Cette édition divise les œuvres de S. Maxime de la manière suivante : I. Homiliœ; II. Sermones; III. Tractatus. Les homélies et les sermons traitent : de Tempore, de Sanctis , de Diversis. Il a six traités : 1, 2, S. de Baptismo; 4. contra Paganos; 5. contra Judxos; 6. Expositiones de capitulis FA'angeliorum.
Un appendice renferme, comme opéra dubia, 31 sermons, 3 homélies et 2 épitres.
Cf. Act. 55.j 25 Jun. Biographie wiiverselte, t. XXVII.
III. Maxime, abbé et confesseur, tient une place éminente dans l'histoire du monothélisme, en qualité de défenseur ardent et habile de la
(1) Comm. conf. pont{/., Il noct.; l'est. Qreg. Thaum., 17 nov.
doctrine orthodoxe. Maxime et Sophronius, moine de Palestine, plus tard patriarche de Jérusalem, peuvent à juste titre être considérés comme les hommes élus par la Providence pour mettre un terme à la controverse christologique née deux cents ans avant eux, et qui était entrée dans sa dernière phase avec le monothélisme. Ces hommes éclairés reconnurent facilement que le silence que VEcthèse d'Héraclius m le Type de Constance II avaient imposé aux deux partis, aux orthodoxes comme aux monophysites, dans l'espoir d'étouffer la controverse, ne pouvait être avantageux qu'au monophysisme, condamné au quatrième concile œcuménique, et que le danger n'était que retarJé, mais nullement évité pour la doctrine orthodoxe. Ils déployèrent par conséquent toutes leurs ressources pour s'opposer aux monothélites , démontrant, dans leurs écrits et leurs discours, l'erreur des doctrines monothélites , et entravaut surtout la victoire de l'hérésie par leurs communications continuelles avec le chef suprême de l'Église, qu'ils instruisaient de la situation et mettaient à même de prendre les mesures dictées par les circonstances. Aussi leur reprocha t -on l'exaltation de leur zèle, l'amour de la controverse ; on les accusa d'être cause des discussions pénibles qui s'élevèrent alors entre Rome et Constantinople. Mais ces reproches ne provenaient que d'écrivains qui ne pouvaient juger les questions dogmatiques ou qui n'aspiraient qu'au triomphe de l'erreur. Nous exposerons dans l'article Monothélisme ce qui a rapport à l'histoire du dogme attaqué par cette hérésie, et nous n'ajouterons que quelques notes biographiques sur le personnage lui-même.
S. Maxime, appartenant à une famille considérée de Constantinople, naquit en 580. Ses parents lui firent donner une bonne éducation.
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Maxime, de son côté, répondant aux soins de Ses maîtres, s'appliqua à profiter de bonne heure des dispositions que la nature lui avait départies et posa dès sa jeunesse les fondements de l'immense érudition et des connaissances étendues qu'il acquit plus tard, et qui lui permirent de rendre à l'Église des services signalés. Quoiqu'il cherchât autant que possible à demeurer caché, son mérite le fit connaître et attira sur lui l'attention de l'empereur Héraclius, qui l'appela à sa cour et le destina à être son secrétaire. Maxime, après avoir accepté, échangea ce poste contre la vie sévère des moines , et entra vers 630 dans un couvent à Chrysopolis. Ou raconte de diverses manières les motifs qui le déterminèrent à cette démarche décisive. Les uns l'attribuent uniquement à son amour pour la solitude et à son désir d'un commerce plus intime avec Dieu ; d'autres pensent que le mécontentement qu'il conçut des dispositions de la cour, de plus en plus favorables aux monothélites, le fit rompre avec la vie publique. Si l'on examine la suite de la conduite de Maxime, on parvient facilement à concilier les deux opinions. Maxime, ayant à la cour l'occasion de connaître mieux que tout autre les intrigues perfides et dangereuses des hérétiques, ne voulut pas demeurer plus longtemps en rapport avec eux sans leur opposer une vigoureuse résistance. Pour cela il crut devoir d'abord se recueillir dans la solitude, y retremper en quelque sorte les armes avec lesquelles il attaquerait l*ennemi, espérant en venir d'autant plus sûrement à bout qu'il serait plus sérieusement préparé. Aussi , dès qu'il se sentit capable de rentrer en lice, il abandonna le couvent de Chrysopolis (dont peu après son entrée il avait été élu abbé), et, à dater de ce moment, toute sa vie s'écoula dans une lutte vigoureuse contre l'hérésie monothélite. '
En partant de Chrysopolis il se rendit en Afrique ; on y avait envoyé de Coustantinople des lettres à tous les évêques, pour les gagner aux nouvelles doctrines ; mais Maxime arriva à temps pour arrêter les progrès du mal. Personne ue pouvait résister à sa parole ; tous ceux qui entraient en conférence avec lui étaient fortifiés dans leur foi par la vigueur de ses démonstrations, et à dater de cette époque l'Église d'Afrique devint un véritable boulevard contre l'erreur monothélite. Sa discussion avec Pyrrhus (645) excita plus spécialement l'attention. Pyrrhus avait succédé à Sergius, le rédacteur de l'^cthèse, sur le siège patriarcal de Constantinople, et était lui-même un chaud partisan du monothélisme. Ayant été soupçonné d'avoir, de concert avec une certaine Martine, empoisonné Constantin iléraclius, fils et successeur de l'empereur Uéraclius , qui était fort aimé du peuple, il s'enfuit eu Afrique et s'y rencontra avec Maxime. Ils entrèrent en discussion, dans une ville qu'on ne nomme pas (quelques-uns disent Cartilage), en présence de plusieurs évêques et du gouverneur Grégoire, sur la question de savoir si le Christ avait une ou deux volontés. Maxime remporta une éclatante victoire, et finit par faire avouer à Pyrrhus qu'il était erroné de ne reconnaître qu'une volonté en Jésus- Christ. Pyrrhus demanda pardon pour lui et ses prédécesseurs, et promit de rétracter par écrit son erreur devant le Pape. Les deux adversaires réconciliés partirent ensemble, en 646, pour Rome, où Maxime était connu depuis fort longtemps (comme on le voit dans une lettre que le Pape Jean IV avait adressée à Constantin), et à dater de ce moment Maxime demeura à Rome jusqu'en 653.
C'est à ses efforts qu'il faut attribuer la convocation du conci'e de Latran, ordonnée, en 649, par le Pape Mar-
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tin I". Nous avons vu dans les articles Constance II et Mabtin I", combien d'évêques s'y réunirent, quelles resolutions ils y prirent, et quelles suites elles eureut pour le Pape Martin Ier. Ce que nous avons dit de l'arrestation du Pape, en 653, par l'exarque Kalliopas, des déplorables violences dont il fut la victime durant son voyage et à son arrivée à Constantinople, des horribles traitements qu'on lui infligea dans cette ville, s'applique à un plus haut degré encore à S. Maxime; car on avait parfaitement reconnu à Coostantinople que Maxime était moralement l'auteur de tous les décrets promulgués contre le monothélisme. Mais le saint septuagénaire montra une merveilleuse fermeté à défendre la vérité et à supporter les violences de ses persécuteurs.
Après avoir langui quelques jours en prison, à son arrivée à Constantinople, il fut soumis à un interrogatoire. U réfuta avec éloquence les calomnies qu'on avança contre lui en l'accusant par exemple d'avoir voulu livrer VÊgypte et la Peutapole aux Arabes.
Quant au reproche qu'où lui fit d'avoir refusé à l'empereur le droit de décider dans des questions de foi, non-seulement il l'accepta, mais il justifia son opinion devant toute l'assemblée. La haine de l'empereur ne connut plus de bornes, et Maxime fut d'abord exilé au château de Bizya. Là Théodose, évéque de Césarée, tâcha de le porter à quelque condescendance et entra avec lui en discussion. Le résultat en fut aussi éclatant pour Maxime que l'avait été celui de sa dispute avec Pyrrhus. L'empereur le fit ramener à proximité de Constantinople et chargea deux de ses fonctionnaires de faire encore un essai pour ramener Maxime. Ni les promesses, ni les menaces ne purent l'ébranler. Maxime s'en tint ferme aux principes qu'il avait défendus jusqu'alors, et en vertu desquels , dans des ques-
tions purement spirituelles, il ne voulait se soumettre qu'aux décisions de l'Église. Alors on ne mit plus de bornes à la cruauté des traitements dont on l'accabla : ou lui coupa la main , on lui arracha la laugue ; mais Dieu opéra un miracle et lui rendit la parole.
Maxime fut encore une fois banni , et il mourut enfin le 13 août 662, jour qu'il avait prédit devoir être celui de sa fin.
S. Maxime laissa beaucoup d'écrits.
Le Père Combefis , Dominicain, les a publiés à Paris, en 1675, en deux volumes in-folio , et les a fait précéder d'une biographie dont nous avons profité. Les Acta Sa net. donnent aussi à la date du 13 août la vie du saint, qu'ils commencent ainsi : Maxime mérita sa renommée par la grandeur de sa sainteté et de sa science, l'excellence de ses écrits, par les nombreuses souffrances qu'il endura pour la foi. C'est pourquoi quelques Grecs le nomment avec raison Mi-porc;, Maximui.
Cf. Schrôckh, Histoire de l'Église, t.XX, p. 412.
IV. Maxime, empereur. Nous en parlons dans l'article Pbiscillien , en ce qui concerne ses rapports avec l'histoire de l'Église.
V. Maxime, philosophe païen et magicien, célèbre par l'influence qu'il exerça sur Julien l'Apostat (1).
VI. Maxime, philosophe païen, connu sous le nom du Cynique. Il naquit à Alexandrie et vécut à Constantinople du temps de Grégoire de Vizianee , qui l'instruisit dans la religion chrétienne, le baptisa et l'ordonna prêtre. Il profita d'une absence de Grégoire pour se faire instituer patriarche de Constantinople par trois évêques égyptiens et provoqua par là une émeute populaire à la suite de laquelle il fut obligé de s'enfuir. Il voulut
(i) roy. Julien l'Apostat.
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se justifier aux yeux de l'empereur Théodose, mais il n'y put réussir et fut contraiut de se retirer à Alexandrie, dont il fut également chassé par suite de ses intrigues coutre l'évéque.
Il mourut d'une manière misérable.
BÉHON.
MAXIMILIEN (S.). Voyt 5 BàYIÈBE,
Passau.
maximii m \ i«» naquit en 1439 à Wiener-Neustadt. Conformément aux ordres de son père il reçut une éducation simple et sévère, et fut soigneusement instruit dans tout ce qui sert au développement du corps et de l'esprit.
En 1473 Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, apprit à le connaître, et il parla, à son retour, avec tant de chaleur du jeune descendant des Habsbourg qu'il alluma à son insu une passion dans le cœur de sa fille unique Marie. Mais, après la chute de son père, cette princesse conserva peu d'espoir de pouvoir donner sa main à celui dont le nom et l'image étaient restés gravés dans son âme , et elle sembla devoir devenir, avec son peuple et sou pays, l'inévitable victime de l'avidité et de la vengeance de Louis XI. Cependant la bassesse et l'orgueil avec lesquels le roi de France traita l'infortunée princesse relevèrent son courage et commencèrent à rétablir ses affaires. Les Pays-Bas entrevirent qu'il fallait que Marie, pour se sauver, elle et ses Etats héréditaires, épousât un prince capable de la défendre. On lui proposa parmi divers noms celui de l'archiduc Maximilien ; une ambassade allemande se présenta au moment favorable pour demander la main de la jeune princesse, qui, au grand étonnement de sa cour, donna avec joie son consentement à une union qu'elle désirait depuis longtemps.
Maximilien ne tarda pas à se présenter comme fiancé à la cour de la princesse Marie, dans les Pays-Bas. Il entra
avec un splendide cortège à Gand, au mois d'août 1477, et fut reçu avec acclamatiou par les habitants. Cependant Maximilien ne put immédiatement se mettre en possession des provinces nouvellement unies à ses États. A peine marié avec Marie il fut attaqué par Louis XI. La sanglante victoire de Guinegate lui fit concevoir l'espérance de reconquérir, à la mort probablement prochaine du vieux roi de France, toutes les provinces arrachées à la maison de Bourgogne; mais le sort lui fut brusquement contraire. Une chute que fit la princesse Marie à la chasse, au mois de mars 1482, ravit à Maximilien son épouse et ses ambitieuses espérances. Marie lui avait laissé deux enfauts, Philippe et Marguerite. D'après le contrat de mariage le légitime successeur de Marie dans les Pays-Bas était, non pas Maximilien, mais le jeune archiduc Philippe. Maximilien ne tarda pas à entrer en discussion avec les Flandres; car, tandis qu'il revendiquait le droit d'administrer les États de son fils mineur, ceux-ci ne voulurent reconnaître d'autres tuteurs que ceux qu'ils nommeraient eux-mêmes. Ils allèrent plus loin : de concert avec la Hollande et le Brabant, ils entrèrent en négociation avec la France.
Maximilien n'eut d'autre parti à prendre que d'accepter la paix d'Arras (23 décembre 1482), de consentir k l'union de sa fille Marguerite avec le Dauphin, et de renoncer à l'Artois.
Alors seulement il put soumettre les habitants d'Utrecht et les Flamands restés sous les armes (1483-85). S'étant enfin fait reconnaître partout daus les Pays-Bas, Maximilien fut élu, eu février 1486, à Fran (Tort- sur- le - Mein, roi des Romains; de Francfort il revint dans les Pays-Bas, où l'attendaient de nouvelles contradictions et de nouvelles luttes.
Après la mort de Marie les Kéerlan-
MAXIMILIEN I
dais considérèrent son époux comme un étranger qui n'était venu chez eux que pour diminuer leurs droits et leurs libertés. Jaloux à l'extrême de cette liberté que Maximilien ne songeait pas à violer, ils surveillaient avec inquiétude et défiance toutes ses démarches, toujours prêts à les interpréter dans le sens le plus défavorable. La mésintelligence en vint au point qu'en 1488 les habitants de Bruges mirent la main sur la personne de Maximilien et le tinrent étroitement prisonnier. Cet acte de violence souleva les esprits en Allemagne, où l'on commençait à être fier de l'attitude et des succès de Maximilien dans les Pays-Bas. Aussi, à la demande de son père, l'empire envoya dans les Pays-Bas une armée qui parvint à délivrer Maximilien et à le rétablir dans la tutelle de son fils.
En 1489 Maximilien Tut fiancé à Aune, héritière de Bretagne, mariage qui lui assurait un brillant et prochain héritage; mais cet avenir excita la jalousie de la cour de France ; Charles VIII refusa de rendre à son père l'archiduchesse Marguerite, qui avait été. élevée à Paris, envoya des troupes sur les frontières de Bretagne et força Anne à lui donner sa main. Au moment même où la double perfidie de la cour de France anéantissait les espérances les plus brillantes de Maximilien, il en fut presque dédommagé d'un autre côté, car la guerre qui éclata à ce sujet lui rendit l'Artois, qui avait déjà été livré aux Français, et la paix de Senlis (mai 1493, lui fit également restituer la Freigrafschalt.
La même année , au mois d'août , mourut l'empereur Frédéric III. Maximilien succéda à son père en Allemagne, et transmit dès lors le gouvernement des Pays-Bas à son fils, l'archiduc Philippe.
Si, durant cette première parlie de sa vie, la destinée de Maximilien avait
été inquiète, tourmentée, toujours me nacée, ce n'était qu'un faible prélude du sort qui l'attendait.
Maximilien monta sur le trône paternel avec la ferme et nette résolution de rétablir et de faire respecter au dedans et au dehors l'autorité impériale.
On était à la veille des événements politiques les plus graves.
Milan et Naples allaient être, comme toujours, la pomme de discorde des plus puissantes nations de l'Europe.
Maximilien songeait à se rendre en Italie pour y recevoir la couronne impériale et y rétablir l'autorité de l'empire, lorsque la conquête de Naples par Charles VIII (1495) vint l'arrêter dans ses projets. 11 avait les motifs les plus graves pour ne pas être indifférent aux succès et aux empiétements des Français en Italie, et prit en conséquence la résolution d'y opposer toutes les forces de l'Allemagne. Mais sa position fut dès l'abord des plus désavantageuses à l'égard de la France; car, tandis que le roi de France était parvenu à soumettre tous les grands fiefs de la couronne, à rétablir l'ordre dans ses finances et à rendre aussi forte que compacte la puissance royale, la situation de l'empereur était devenue tout le contraire en Allemagne. Les efforts permanents que depuis des siècles chacun des États de l'empire avait faits pour conquérir la souveraineté chez eux, et limiter de plus en plus la puissance impériale, triomphaient de toutes parts au temps de Maximilien Ier. Sans conduire nos lecteurs à travers le dédale des diètes, des exigences, des réclamations, des négociations diplomatiques, des événements militaires de cette époque agitée, il nous suffira de remarquer que Maximilien était trop imbu du sentiment de sa dignité pour consentir à n'être que le président do la confédération des États allemands, et qu'il en résulta que iamais les États
MAX1M1LIEN I
ne le secondèrent suffisamment , que souvent même ils lui rerusèrent leur concours dans ses entreprises à l'étranger ; qu'ainsi , en épuisant toutes ses ressources et ruinaut les ûnances de ses États héréditaires, il ne parvint à rien eu Italie et dut voir l'autorité de l'Allemagne méconnue même en Suisse. De plus, tandis que l'empire soutenait la guerre au dehors, il était déchiré par des dissensions intestines, par des guerres civiles, telles que la guerre du palatinat de Bavière. Maximilien, il est vrai, fut assez heureux pour terminer cette guerre à l'aide des princes allemands, et pour pouvoir paraître dans l'éclat de sa victoire devant la diète des états de Cologne de 1505 ; mais ce succès momentané ne suffit pas pour procurer à sou autorité le concours vigoureux et durable qu'il réclamait des États de l'empire , et qu'ils lui refusèrent lorsque, immédiatement après la diète, il voulut envahir l'Italie avec toutes les forces disponibles de l'Allemagne et se faire couronner empereur, tout comme lorsque plus tard il entra dans la ligue de Cambrai contre Venise.
La ligue de Cambrai ayant été rompue par la retraite du Pape Jules II et de Ferdinand le Catholique, on sait que Maximihen forma une alliance nouvelle avec le roi de France, Louis XII, en vue de réaliser ses desseins sur Venise. Irrité contre Jules II et décidé à le combattre par toute espèce de moyens, Maxiuiilien se laissa entraîner par son allié à une funeste démarche en convoquant successivement à Milan, à Asti, enliu à Lyon, le concile schismatique de Pise (1), qui s'était donné la mission de réformer l'Église dans son chef et ses membres. Cette ligue et ce synode rendirent la situation du Pape tellement critique que tout le monde lui
il) f'oy. Piss (concile de).
conseillait de céder à la force des choses ; mais Jules II demeura inflexible, excommunia les Florentins, dont dépendait Pise, et convoqua lui-même un concile à S. Jean de Latran. L'opinion publique approuva complètement ces mesures du Saint-Siège. Il arriva même qu'en octobre 1511 l'Espagne et Venise conclurent la sainte ligue, en rue de protéger le Pape, de maintenir l'Église et de mettre des bornes à la prédominance et à l'orgueil des Français.
Le 2 mai 1512 le Pape ouvrit le concile de Latran , tandis que le synode de Milan se dispersait de lui-même. Les puissances liguées en faveur du Pape parvinrent à faire évacuer aux Français, vers la fin de 1512, toute l'Italie, sauf trois places fortes ; si bien que Maximilien, dès le !•» septembre, renonça à toutes les décisious du synode schismatique, dont les évéques allemands, convoqués par lui à Augsbourg, n'avaient pas voulu entendre parler. Mais M i \ i milieu n'avait pas été plus heureux en Allemagne qu'en Italie ; il avait épuisé ses forces et son activité au delà des Alpes et n'avait, jusqu'en 1516, pas eu le temps de s'occuper sérieusement des affaires de l'empire, que cet abandon avait fait tomber dans une agitation et une perturbation profondes.
Les provinces s'étaient élevées contre les provinces, les princes étaient en guerre les uns contre les autres; et lorsqu'eti 1517 il s'agit, à la diète de Mayence, de mettre un terme au conflit soulevé par Sikingen, au lieu d'arrêter des mesures décisives contre ce dernier, les états se contentèrent de s'épuiser en plaintes et en gémissements sur les maux du temps. La diète se sépara sans prendre aucune résolution. Il en fut de même lorsque l'année suivante Maximilien convoqua la dicte d' Augsbourg, afin de faire élire roi des Romains son petit-fils, Charles, et d'obtenir des états un subside pour la guerre
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contre les Turcs. L'empereur ne réussit dans aucune de ses demandes, quoique les dangers devinssent de jour en jour plus menaçants du côté des Turcs, et que l'empereur, les légats du Pape et les ambassadeurs des puissances étrangères missent tout en œuvre pour entraîner la diète à une décision conforme à l'urgence des circonstances. Peu de temps après cette diète, Max i milieu, miné depuis quelque temps par une fièvre lente, sentit ses forces complètement défaillir. Il revenait de Wels, dans la haute Autriche, lorsque, le 12 janvier 1519, il succomba, à l'âge de soixante ans.
Maximilien avait presque constamment échoué dans ses entreprises à l'extérieur, soit parce qu'il avait été abandonné par les États de l'empire, soit parce qu'il avait manqué de ressources financières, n'estimant pas assez, dans l'élan de ses pensées chevaleresques, les difficultés qu'il rencontrait sur son chemin, et ne sachant pas, dans la droiture et la loyauté de son cœur, lutter avec avantage contre la ruse et la perfidie de ses rivaux. Malgré tous ses malheurs Maximilien fut, à son époque, l'orgueil de la nation germanique, et il le méritait; car ses sentiments chevaleresques et son intrépidité à la guerre, sa hardiesse presque fabuleuse à la chasse, son activité infatigable dans toutes les affaires, l'affabilité de ses manières, l'étendue de sa mémoire, la rectitude de son jugemeut, la sagacité de son esprit et les ressources fécondes de son imagination le mirent au niveau des plus grands princes qu'ait eus l'Allemagne. II donna surtout des preuves de cet esprit inventif et créateur dans les améliorations qu'il apporta à l'art militaire. A dater de Maximilien les lansquenets allemands (Landsknechte) furent comparables à l'infanterie suisse, et les Allemands l'emportèrent sur toutes les autres nations dans l'art des forti-