L. II
tfi) Voy. ARLE*.
(5) T. I, p. Il, p. 607.
(6) Bintérim, Hist. pragm, des Conciles allemands, t. 1, p. 19.
MAÏE.NCE
de féte des Chrétiens, en 367, et, tandis que la majeure partie des habitants assistaient à l'office divin, dans l'église, il envahit inopinément la ville, mit tout à feu et à saug et emmena beaucoup de prisonniers et un énorme butin (l).
Après Tan 400 plusieurs milliers d'habitants de Mayence furent de même égorgés dans une église (2).
C'est au moine de Fuld Mégenfried, du dixième siècle, qu'on doit le premier catalogue des évéques de Mayence. 11 donne la série, non interrompue, à partir de l'apostolique Crescence ; mais son catalogue offre diverses invraisemblances, par exemple des noms essentiellement allemands parmi les plus anciens évéques.
Voici, d'après Mégenfried, quelle serait la série de ces évéques jusqu'à Boniface, l'apôtre des Allemands :
Crescence. Sidoine 1".
Marinu» (Martial"). Sigismond.
Crescentiu*. Lupold.
Cyriaque. Nicétiu».
H Maire. Marianus.
Martin. Aureus.
Celte. Eutrupe.
Lucius oa Luc. Adalbert Gothard (Godeard . Rather.
Sopbroniu* (Suflro- Adelbald.
ni US). Lanlrud.
Hériger. Rudhnrd.
Ruttier. Sidoine H (540).
Avit. Wilbert.
Ignace. Ludgart.
Deny». Rudbelni.
RadberL Ludwald (Rutbwald).
Adelbard. Léowald.
Annéut Lucius (Luc Sigbert (Ricbbert).
Anna-us). Gerold.
Maxime (milieu du Gewilieb (3).
quatrième aiècle).
Le catalogue donne donc, vers le milieu du quatrième siècle, un Maxime qui aurait pris part, en 346, au concile de Cologne (4) (lequel est imaginaire). Or,
(1) Ammiao. Marceii., \ \ VIL, 10.
(2) Hieron., Ep. 123, ad Ayeruch.
(S) Fila S. Maximi, ed. Tritbem., dans Surius, nia Sancturum, t. V, p. 403, Colou.,
(*) V oy. COLOCHE.
dans les actes do ce concile de Cologne (1), l'évéque de Mayence se nomme Martin, et, quoique li intérim tienne ces actes pour apocryphes, il donne cependant la préférence au nom de Martin.
Il en appelle pour cela à S. Athanase, qui, duraut son exil à Trêves, avait gagné à sa cause plusieurs évéques des Gaules et des provinces rhénanes et donna, plus tard, leurs noms (2), sans toutefois indiquer leurs diocèses. Mais on peut arriver à connaître les noms de ces diocèses, et il ne reste plus, parmi les évéques nommés par S. Athanase , d'autre siège vacant pour Martin que le siège de Madoz. On ne peut d'ailleurs pas mettre eu doute que S. Athanase, étaut à Trêves, entra eu relation avec l'évéque de Mayence comme avec ceux de AVorms et de Spire (3).
Peu de temps après, les Huns auraient fait subir le martyre à l'évéque Aureus, de Mayence, ainsi qu'à sa sœur Justine. S. Alban aurait aussi été décapité à cette époque et aurait porté sa téle dans ses mains jusqu'à la place de sa sépulture (où se trouve aujourd'hui l'église de Saint- Alban). Mais les plus auciens historiens de Mayence ne parleut que du martyre de S. Alban, et non de ce miracle singulier, de même que les plus anciens sceaux du couvent de Saiut- Alban représentent cet évéque avec la téte sur les épaules (4).
Le premier nom tout à fait authentique de cette série des évéques de Mayence est celui de Sidoine II, du milieu du sixième siècle, qui construisit un baptistère, restaura la ville et plusieurs églises tombées en ruines, et fut célèbre par sa bienfaisance. Plus tard, au commencement du huitième siècle,
(1) Manti, II, 1372.
(2) Ap' lug. contr. Jrian., C. 30. Opp., 1. 1 ,1, p. 133, rdit. B. B. Batav., 1777.
(3) Builérim, Orne. Mlem.% I, 22. RelUVrg, p. 209.
(4j ReîJK-rg, p. 2U.
MAYEJSCE
nous rencontrons l'évéque Gérold, qui succomba dans une expédition contre les Saxons, et qui eut pour successeur son fils Gewielieb ou Gerwilio, qui fut ensuite déposé par S.Boniface (1). Alors, c'est-à-dire en 747, Bonifnce occupa le siège de Mayence, qui fut en même temps érigé en métropole.
Les deux princes franks Carloman et Pépin avaient en effet, immédiatement après l'élévation de Bonifaee au siège de Mayence, envoyé une ambassade à Rome pour obtenir que son église , jusqu'alors soumise à celle de Trêves, fût érigée en métropole.
Le Pape Zacharie y consentit, et publia en 748 un édit (2) d'après lequel « l'église de Mayence était conférée comme église métropolitaine à Bonifaee et à ses successeurs à perpétuité, ayant sous sa juridiction les villes de Tongres (3), Cologne, Worms, Spire et Utrecht, et tous les peuples de Germanie qui avaient été convertis au Christianisme par Bonifaee (4). » Les derniers mots, « tous les peuples de Germanie, » soumirent au siège de Mayence les nouveaux diocèses érigés par Boniface, Erfurt, Burabourg, Wùrzbourg et Eichstâdt, de sorte que Mayence comptait neuf suffragants. Le décret dn Pape ne dit pas un mot d'Augsbourg, de Strasbourg, de Constance et de Coire ; cependant, parle fait, on trouve, peu de temps après, ces quatre diocèses comme suffragants de Mayence, par exemple dans un fragment encore existant où l'archevêque de Mayence , Ridulphe (787-813), communique un ordre à Égino, évoque de Constance (5).
Plus tard les diocèses d'Erfnrt et de Burabourg furent abolis; Cologne, Tongres et Utrecht furent séparés de
(1) Foy. Boniface.
(2) Efjut. 83.
(3) Foy. Liège.
(4) Seller, Bonifaee, p. 502.
(5) Reltberg, p. 57».
Mayence (1). En revanche Mayence obtint pour nouveaux suffragants les diocèses de Paderborn, Halberstadt, Hildesheim et Werden, auxquels se joignirent plus tard encore Prague et Olmùtz, de sorte que Mayence eut quatorze sièges suffragants. Vers le milieu du quatorzième siècle l'empereur Charles VI enleva Prague et Olmiitz à Mayence ; la métropole perdit, par la réforme (et d'une manière permanente par la paix de Westphalie), Halberstadt et Werden , de sorte qu'elle ne conserva que dix suffragants: Wùrzbourg, Worms, Eichstâdt, Spire, Strasbourg, Constance, Ausgbourg, Coire, Hildesheim et Paderborn, auxquels, en 1752, s'ajouta le nouvel évéché de Fuld, créé par Benoît XIV.
Le premier successeur de S. Boniface sur le siège métropolitain de Mayence fut son disciple Lullus, quey de son vivant, il avait destiné à le remplacer, lorsque Lullus était parti en qualité de missionnaire pour la Frise (2). Lullus entra bientôt en discussion avec Sturm, abbé de Fuld (3), au sujet de la juridiction épiscopale qu'il voulait exercer sur le couvent ; il ne paraît pas non plus que Lullus fût fort en faveur à Rome ; du moins fut-il obligé d'attendre vingt ans avant de recevoir le pallium (780). Il maintint d'ailleurs sévèrement l'ordre et la discipline, surtout parmi son clergé, en général encore fort grossier. Il fonda le couvent de Hersfeld (4), sur la Fuld, et y mourut le 16 octobre 786 ou 787.
11 eut pour successeur Riculph (787- 813), qui autrefois avait joui de la confiance de Charlemagne et était un savant ami d'Alcuin. Il fut faussement accusé d'avoir fait incendier le pont du Rhin, construit par Charlemagne,
(1) Foy. Cologne.
(2) Foy. Bo.niface.
(3) Foy. Fuld.
(4) Foy. Hersfeld.
MAYENCE
parce qu'on y avait commis un acte de
brigandage.
Après lui le siège fut occupé par Haistulph, Bénédictin, pendant douze ans (814-826) ; puis par Otgar (826-47), l'auteur présumé de la collection du Pseudo-Isidore (I).
Sou successeur, beaucoup plus célèbre que lui, fut Rhaban Maur (2), autre* fois moine et abbé de Fuld, archevêque depuis 847, un des hommes les plus savants de sou siècle. Il mourut le 4 février 856, dans sa villa de Wiukel, dans le Bhingau, et fut remplacé par Charles, fils de Pépin Ier, roi d'Aquitaine (856-63), qui eut pour successeur Liutbert (869-89), Sunzo ou Sunderhold, lequel succomba en 891 dans une bataille livrée aux Normands sur la Geule.
Les évêques qui se succédèrent alors furent : Hatto Irr (3); Hériger (913-27); Hildebert (f 937) ; Friedrich (+ 954), coupable de félonie envers Othon !• et longtemps banni pour ce motif ; Guillaume (t 968), fils naturel d'Othon 1* (à dater de Guillaume les archevêques de Mayence portèrent le titre «l'archichaneelier de l'empire) : Hatto II (968- 70) (4), le prétendu fondateur de la Mâutethurm (tour des Souris), près de Bingen ; Robert (t 975) ; Willigis (f 1011), grand homme d'État, grand évêque, qui bâtit la nouvelle cathédrale (978), achevée par son troisième successeur, S. Bardo (ses successeurs immédiats furent Archimbaud, 101 1-1021 , et Aribon, 1021-1031).
Bardo avait été moine à Fuld ; il était parent de l'impératrice, femme de Conrad II, qui, avant la guerre des investitures, le nomma archevêque. Immédiatement après son élévation il fut invité à venir prêcher la féte de Noël à Goslar, où résidait alors l'empereur. Son serti) foy. PSEUDO-IftlDOBE.
(2) Foy. Rhaban Macb.
(S) roy. Hatto.
W Foy. Hatto U,
mon fut trop court et peu nourri, parce qu'il n'avait pas eu le temps de se préparer, et il fut de beaucoup dépassé par Diétrich, de Metz, qui prêcha le jour de S. Etienne. Les courtisans furent mécontents du choix de l'empereur et lui reprochèrent sa partialité. Mais le troisième jour de la féte Bardo prêcha de nouveau avec tant de force et d'onction que tous les assistants fondirent en larmes et que l'empereur s'écria :
« Je célèbre aujourd'hui ma féte de Noël (I). »
A Bardo succédèrent Léopold (Liutpold) (1051-59), puis Sigfried I,p, comte d'Eppenstein ; Wézilo (1084), qui fut excommunié en qualité d'hérétique au synode d'Iialberstadt, parce qu'il avait soutenu que les ecclésiastiques séculiers auxquels on avait enlevé leurs biens n'étaient plus sous la juridiction ecclésiastique. Il rétracta toutefois cette erreur et mourut en 1088. Son successeur Ruthard prit part a une sanglante persécution des Juifs et s'enfuit en Thuringe, craignant la colère de l'empereur (t 1 109 . Albert, ou Adelbert I", comte de Saarbrùck (Il 09- 1137), un des adversaires d'Henri V (2), fut arrêté par les ordres de l'empereur, mais délivré par les habitants. Il leur accorda par reconnaissance des lettres de franchise, qui sont gravées sur les portes d'airain de la cathédrale. Après la mort d'Henri V Albert convoqua, en 1125, la diète où nous trouvons les premières traces des princes électeurs. A sa demande et à celle du légat du Pape, le cardinal Gerhard, les princes allemands ne prirent plus, comme autrefois, tous part à l'élection de l'empereur. On eu choisit dix de chacune des quatre maisons principales (de Franconie, de Saxe, de Souabe et de Bavière), et ces quarante priuces élurent Lothaire, duc de Saxe. Ainsi Albert fut non-seu-
(t) Fkury, Hitt. eccl., U L1X, n. 50.
(2) roy. Hekhi V.
MAY EN CE
lement le premier prince électeur de Mayence, mais encore ce fut lui qui créa la dignité d'électeur de l'empire (1).
Cette dignité se prononça plus nettement encore en 1152, les princes électeurs, principes electores, avant seuls assisté à l'élection de Frédéric Barberousse, les autres princes s'étaut contentés d'y donner leur assentiment. Deux générations plus tard, Albert de Stade, contemporain de Frédéric II, parle déjà de sept princes électeurs, trois ecclésiastiques, Mayence, Trêves, Cologue, et quatre séculiers, Palatinat, Saxe, Bohême et Brandebourg. Après la mort de Frédéric II nous voyons, lors de l'élection de ses successeurs, Richard de Cornouailles et Alphonse de Castille, les princes électeurs prendre seuls part à l'élection (2). L'archevêque de Mayence eut toujours le premier rang parmi les électeurs, en même temps qu'il eut toujours la prééminence sur tous les princes et les prélats de l'empire germanique. Albert Ipr fut remplacé par son frère Albert ou Adelbert II (1138-41); puis vinrent Marculphe (Arnoult) (1 141-42) ; Henri Pr (11 42-53); Arnoult ou Arnold, ou Arnuld de Seelenhofen (1153-1160), qui fut tué par les habitants de Mayence, dont il avait exigé de nouveaux impôts.
Son successeur Conrad de Wittelsbach, partisan d'Alexandre III , fut obligé de fuir devant l'empereur Frédéric Ier et devint archevêque de Salzbourg. L'empereur nomma à sa place son chancelier Christian 1er, comte de Bûche, en 1166, et ce nouvel archevêque prit une part très-active à la lutte de l'empereur contre Rome et la haute Italie (3).
Après sa mort (1183), son prédécesseur, Conrad de Wittelsbach, fut replacé
(1) foirLuden, H'ut. du peuple allemand, X, «.
(2) Schmidt, Hist. de» Allemands, EU, 80.
(3) Voir Bauujer, Hist. des Hohenslaujen, 11, m,\ 38, 207, 227, 275.
sur le siège de Mayence; il eut pour successeur Sigfried II , d'Eppenstein (1200-1230) ; Sigfried III, neveu du précèdent (1231-1249), également comte d'Eppenstein, restaura la cathédrale incendiée, approuva la déposition de Frédéric II, et jouit d'une telle autorité dans toute la Germanie qu'il éleva successivement deux empereurs sur le trône, Henri Raspe et Guillaume de Hollande. Le fait est rappelé dans un monument commémoratif de la cathédrale de Mayence.
Ses successeurs furent Christian II, qui resigna ses fonctions en 1251 ; Gerhard Ie' (1251-1259); Werner d'Eppenstein ( 1259-1284); Henri H , Franciscain , d'origine bourgeoise , strict observateur de la discipline ecclésiastique (f 1288), et Gerhard H, d'Eppenstein (1288-1305).
Pierre Aichspalt ( 1 ) acquit une graude renommée ( 1305-20); il fut remplacé par Matthias, comte de Bucheck. Après sa mort le Pape nomma Henri III, comte de Virnebourg, que le chapitre refusa assez longtemps de reconnaître. Plus tard, en 1346, le Pape Clément VI le déposa; néanmoins Henri se maintint en possession de son siège jusqu'à sa mort, en 1353, et alors seulement Gerlach, comte de Nassau, depuis longtemps élu par le Pape, put occuper son siège. Gerlach mourut en 1379 et eut pour successeur Adolphe Ier de Nassau, auquel le Pape et l'empereur opposèrent Louis de Meissen. Les deux prélats parvinrent à s'entendre, et Louis devint archevêque de Magdebourg. Adolphe fonda, en 1389, en sa qualité d'archevêque de Mayence, l'université d'Erfurt (2), et mourut en 1390.
Conrad II, de Weinsberg (f 1397), poursuivit les Vaudois; Jean II, de Nassau, frère d'Adolphe Ier (1397-1419), prit part à la déposition de l'empereur
(.1) Voy. Aichspalt.
(2) Voy. fcUFUHT (université d*).
MAYENCE
Venceslas et fit longtemps la guerre au Brunswick et à la Hesse. Conrad III, rhingrave de Stein, fut de même engagé dans d'interminables conflits avec les habitants de Mayence 1434), conflits qui ne Turent apaisés que par son successeur Diétrich d'Erbach , en 1435, à l'aide de deux commissaires nommés par le concile de Bâlc. Ce Tut sous lui que fut inventé l'art de la typographie, à Mayence (1). Après sa mort (1459) le siège de Mayence fut disputé par Diéther, comte d'Isenbourg (2), et Adolphe II, de Nassau.
Les habitants de la ville impériale libre de Mayence prirent parti pour le premier, qui, n'ayant pas voulu payer les annates, fut déposé par Pie II et vaincu par son adversaire dans une bataille livrée, en 1462, près de Heideldelberg. Adolphe s'empara alors de Mayence, pilla. la ville et la soumit à la souveraineté temporelle des archevêques (1462), qui avaient déjà conquis d'autres seigneuries et en acquirent de nouvelles avec le cours du temps. Après la mort d'Adolphe II (1475) Diéther rentra en possession de Mayence, et y fonda, en 1477, l'université, qui fut abolie par les Français, en 1798. Il eut pour successeurs Albert III, 1482-84; Bertholt, comte de Henneberg (3), archichancelier de Maximilien 1er (1484- 1504); Jacques de Liébenstein (1504- 1508); Urielde Gemmingen (1514) ; Albert de Brandebourg (4), contemporain de Luther, qui d'abord fut favorable et plus tard s'opposa vigoureusement au mouvement de la réforme (t 1545).
Sous l'épiscopat de Sebastien de II cusenstamm(1545-55)Albert-Alcrbiadede Brandebourg conquit la ville de Mayence et brilla le palais des électeurs et plusieurs églises. A partir de cette époque
(1) F oy. Imprimerie.
(2) V oy. Diéther.
(S) F oy. Bertholt
(0) Foy. Albert db BrakDebocro.
jusqu'à la guerre de Trente- Ans, Mayence fut régie par Daniel de Hombourg (t 1582), Wolfgaog de Dalberg (t 1601), Jean-Adam de Bicken (f 1604), Jean Schweikard (Suikard), noble de Kronberg (t 1 626), George-Frédéric de Greiffenklau (f 1629), et Anselme-Casimir d'TJmstadt. Sous ce dernier Mayence devint successivement le quartier général des troupes suédoises, françaises et impériales. Les Français demeurèrent en définitive maîtres de la place ; l'électeur fut obligé de se réfugier à Francfort, où il mourut en 1647. Il eut pour successeur Jean-Philippe de Schônborn, qui demeura en possession de ses droits, quoique à la paix de Westphalie (1648) les Suédois eussent réclamé la sécularisation de l'électoral ecclésiastique de Mayence. Ce fut sous son administration qu'éclata le débat entre Mayence et Cologne, réclamant toutes deux le droit de sacrer l'empereur d'Allemague. Il mourut en 1673.
Il avait été impliqué dans de nombreux conflits, qui ne firent que se multiplier sous ses successeurs : Lothaire-Frédéric de Mctternich-Burscheid (t 1675), Damien Hartard de la Leyen (1678), Charles-Henri de Metternich-Winnebourg (f 1679), et Anselme-François d'Ingelheim ; on accusa même ce dernier de s'être secrètement entendu avec les Français, auxquels Mayence se rendit en 1688. Mais, l'année suivante, la ville fut reconquise par les Allemands et l'électeur remonta sur son siège (f 1695). Après lui Mayence fut gouvernée par Lotha ire-François Schônboru (f 1729), François-Louis de Pfalz- Neubourg ( f 1732), Philippe-Charles d'EItz-Kempenich (t 1743), Jean- Frédéric-Charles d'Ostein (t 1763), Eramerich-Joseph , baron de Breitbach- Burreshcim (f 1774), et Frédéric-Charles-Joscph, baron d'Erthal, qui prit part à la ponctation d'Ems (1) et favo- (1) Foy. Ems (ponclalioo d').
MAYENCE
risa en général les principes du fébronianisme (I). Durant son administration Mayence tomba, en 1793, aux mains des Français, commandés par le général Custine; elle fut reprise par les Allemands, reconquise par les Français le 29 décembre 1797, et incorporée à la république française. Au moment du bombardement, en 1793, la cathédrale avait été incendiée, et le toit des nefs, les tours, le cloître et la précieuse bibliothèque avaient été la proie des flammes. La cathédrale, pillée, dévastée, devint un magasin à fourrages.
En 1798 les Français plantèrent le drapeau tricolore au haut de la tour de la cathédrale. La paix de Lunéville (1801) ayant attribué Mayence et une grande portion du diocèse à la France, le directeur des domaines, Guyon, reçut du gouvernement français Tordre de faire vendre aux enchères tout le mobilier de la cathédrale. Pendant les négociations de la députation de l'empire qui devaient statuer sur l'indemnité due à l'archevêque de Mayence, le dernier électeur, Frédéric d'Erthal, que nous avons nommé, mourut, et son coadjuteur, Mgr de Dalberg (2), obtint comme indemnité, outre le titre d'électeur archichancclier de l'empire, les principautés d'Aschaffenbourg et de Ratisbonne et le comté de Wetzlar. Le siège archiépiscopal fut en même temps transféré à Ratisbonne. Telle fut la fin de Pélectorat et de l'archevêché de Mayence.
Le territoire de l'ancien électorat comprenait 150 milles carrés et environ 350,000 habitants. L'électeur avait 1,400,000 florins de revenus (2,842,000 francs); ceux du chapitre, composé de vingt-quatre chanoines et de dix-huit domicelli, se montaient à 380,000 fartas (771,400 francs).
Après le concordat conclu entre le
{X) Poy. HORTHEIM.
(2) Foy. Dalbbrc •
premier consul et le Pape Pie VII , en 1801, Mayence, chef-lieu du département du Mont-Tonnerre, redevint un évéché , et le premier titulaire, nommé le 23 octobre 1802, fut le digne et saint abbé Joseph-Louis Colmar, de Strasbourg, qui avait cent fois exposé sa vie, durant la Terreur, pour remplir les devoirs de son ministère. Appuyé par le ministre des cultes, Portalis, et personnellement estimé par le premier consul, le nouvel évêque parvint à faire rendre, en 1803, la cathédrale au culte et en commença la restauration. Malheureusement , après la bataille de Leipzig, on fut obligé d'y recueillir 9,000 soldats blessés , du 9 au 27 novembre 1813. La nécessité leur Gt brûler toutes les boiseries de l'église. A leur départ la cathédrale redevint un magasin à fourrages, et ce ne fut qu'après la reddition de la place aux Allemands, le 4 mai 1814, que l'on put procéder à la purification de l'église et la rendre au culte divin, le 12 novembre de la même aunée. A la même époque le congrès de Vienne incorpora Mayence au grand-duché de Hesse- Darmstadt. Quelques années plus tard, le 15 décembre 1818, mourut l'évêque (1), et le siège demeura vacant pendant douze ans, jusqu'au moment où fut érigée la province ecclésiastique du Haut-Rhin (1827). Vit Burg fut nommé évéque et installé solennellement le 13 janvier 1830. 11 mourut le 23 mai 1833 et fut remplacé par Jean- Jacques Humann, de Strasbourg, frère du ministre des finances de France de ce nom , qui mourut prématurément, le 19 août 1834, et eut pour successeur (1835) Pierre-Léopold Kaiser (f 30 décembre 1848). Le 25 juillet 1850 le siège de S. Boniface fut occupé par Mgr Guillaume de Ketteler.
Le diocèse actuel de Mayence, appartenant à la province ecclésiastique du
(l) Voy. Colmar»
MAYENCE (synodes de)
Haut-Rhin (1), est suiïragnnt de la métropole deFribourg(2), embrasse tout le grand-duché de Hesse et comprend 148 cures et environ 180,000 fidèles.
Cf. Sérarius, Res Moguntiacae, Mog., 1604 ; Werner, François (f doyen de la cathédrale de Mayence), le Dôme de Mayence, ses monuments, V histoire de la ville et de ses archevêques jusqu'à la translation du siège à Ratis»
bonne, S vol., Mayence, 1827; Schaab, Hist. de la ville de Mayence, S vol., Mayence, 1844.
Biffe*.
mayence (synodes de). Le premier grand synode d'évêques tenu à Mayence, dont nous possédions les actes, eut lieu sous Charleraagne , en 81 3. L'empereur avait ordonné que cinq synodes, réunis dans diverses parties de son empire, à Mayence, à Reims, à Tours, à Châlons et à Arles, délibérassent sur certaines questions, et que les solutions fussent soumises à une assemblée générale, à Aix-la-Chapelle.
Le 6 juin les grands de l'Austrasie, ecclésiastiques et séculiers, se réunirent à Mayence sous la présidence de l'archiehapelain Hiltibold, de Cologne, de l'archevêque Rioulf, de Mayence, et d'Arno, archevêque de Salzbourg (l'archevêque de Trêves, Amalar, se trouvait en ambassade à Constantinople). Trente évêques, dit-on, vingt-cinq archevêques, plusieurs seigneurs et juges royaux formaient l'assemblée. Ils jeûnèrent pendant trois jours, firent de solennelles processions, et, le 9 juin, ils s'enfermèrent dans le couvent de Saint-Alban et se divisèrent en trois sections , dans lesquelles les évêques s'occupèrent de la sainte Écriture, des canons et des œuvres des Pères; lesabbes, de la règle de S. Benoît; les laïques, des droits du peuple. Les cinquante-six canons arrêtés à
(t) Foy. Pkovinci ecclésiastique do Rhin. (2) Foy. Friboliic.
Mayence touchaient, la plupart, à des questions de la vie religieuse et renouvelaient, en général, les décisions promulguées antérieurement dans les Capitulaires. Ils commencent par la foi,
et la charité (c. 1,2, 3). Le
Baptême doit être administré suivant le Rituel romain. Pâques et la Pentecôte sont les époques où le Baptême s'administre (c. 4). Les orphelins et les enfants déshérités sont sous la protection de la justice (c. 6). Personne ne doit s'attribuer par ruse ou violence le bien des pauvres ; la loi seule peut disposer de ce qui leur appartient (c. 7). Les évêques s'entendront avec les comtes pour maintenir ensemble la justice, afin que la loi ne puisse, en aucune façon, être éludée par le mensonge ou la fraude (c.8). Les chanoines vivront suivant la règle, sous la surveillance de leur évéque (c. 9). Les clercs renonceront aux réjouissances mondaines, aux spectacles, aux cortèges publics, aux festins (c. 10). Les moines vivront suivant la règle de S. Benoit et seront dirigés par des doyens en place de prieurs (c. 11). Ils seront représentés devant les tribunaux séculiers par leurs avocats (c. 12). Les religieuses vivront suivant la règle de S. Benoît et selon les canons ; les abbesses ne quitteront pas leur couvent sans l'autorisation de l'évéque (c. 13). Les clercs éviteront les occupations mondaines , laisseront de côté les chiens et la chasse (c. 14). On tâchera d'imiter les Apôtres (c. 15), et on renoncera aux plaisirs du monde (c. 16). Les clercs ne porteront pas d'armes , tandis que les laïques pourront en porter suivant la coutume de leurs pères (c. 17). Les couvents ne recevront pas plus de personnes qu'ils ne peuvent décemment en contenir (c 1 9). Les misst dominici surveilleront, avec les évêques de chaque diocèse, les couvents, afin qu'ils soient convenablement bâtis et organisés (c. 20). L'évêque doit savoir le
MAYKNCE (synodes de)
nombre des chanoines placés sous la direction des abbés (c. 21). Les clercs vagabonds ne seront pas tolérés ; l'évêque les retiendra sous sa surveillance. Les degrés de juridiction à leur égard sont : Pévêque, le métropolitain, le synode
{provincial, l'empereur, ou le synode de 'empire (c. 22). Celui qui a été, contre son gré, rasé et fait chanoine ou moine, devra, s'il est homme libre, demeurer moine ou chanoine; seulement, à l'avenir, personne ne pourra être admis avant l'âge légal sans son libre assentiment ou sans la permission de son seigneur (c. 23). Les clercs ne peuvent en appeler à l'empereur que lorsque les canons le permettent (c. 24). On prêchera les dimanches et jours de fête ; si l'évêque est empêché ou malade il se fera remplacer (c. 25). Les prêtres n'entreront dans les couvents de religieuses que pour y dire la messe (c. 26). Le prêtre ne devra jamais se servir du saint chrême en guise de médicament ou pour des pratiques magiques (c. 27), et ne se montrera pas en public sans l'étole sacerdotale (c. 28). Les laïques ne devront m instituer ni déposer des clercs sans le consentement de l'évêque (c. 29), ni exiger aucun présent pour la remise des églisesaux ecclésiastiques (c. 30). Les ecclésiastiques fugitifs seront renvoyés à leurs évêques (c. 31). On établit les différences entre les litanies et l'exomologèse (c. 32). Durant les Rogations (H tanin major) le Chrétien ne doit pas se montrer à cheval, dans des habits somptueux ; il doit marcher nu-pieds, dans ! des vêtements de pénitence (c. 33). On insiste sur l'observation des Quatre- Teraps, en mars, juin, septembre et décembre (c. 34). Les violateurs orgueilleux des jeûnes ecclésiastiques sont frappés d'excommunication (c. 35). On énumère les fêtes de l'année (c. 36). Le dimanche tout travail servile doit cesser, les marchés et les tribunaux sont suspendus (c. 37). On payera la ^dîme
(c. 38). On observera le droit d'asile (c. 39). On ne rendra pas la justice dans les églises (c. 40). On ne retirera pas à d'anciennes églises leurs dîmes et leurs revenus pour doter des églises nouvelles (c. 41). Ceux qui ont un fief ecclésiastique doivent soigner la toiture et l'entretien des églises, payer les nom et décima (c. 42). Le prêtre ne peut dire la messe seul, sans servant (c. 43). On exhortera le peuple à prendre part au saint Sacrifice et au baiser de paix (c. 44). Chaque fidèle apprendra le Symboleet le Pater, sous peine de jeûne et d'autres châtiments disciplinaires (c. 45). L'ivresse est proscrite (c. 46). Les parrains veilleront à l'éducation catholique de leurs filleuls (c. 47). Les chants inconvenants sont interdits autour des églises et partout en général (c. 48). Les clercs n'auront de femmes chez eux qu'en se conformant aux prescriptions canoniques (c. 49). Les évêques et les abbés tâcheront d'avoir de bons vice-domini et de fidèles avocats ; on renverra les mauvais juges (c. 50).
On ne transférera les corps des saints d'un lieu à un autre qu'avec l'autorisation de l'évêque et du synode (c. 51).
Les évêques, les abbés, de dignes prêtres et de pieux laïques peuvent seuls être inhumés dans les églises (c. 52).
Les incestueux seront soumis à la pénitence, et, s'ils s'y refusent, ils seront repoussés de l'église (c. 53). Les mariages au quatrième degré de parenté sont interdits (c. 54). Personne ne peut tenir son propre enfant sur les fonts baptismaux; les mariages avec les parrains et entre les parrains et marraines sont interdits. On ne peut épouser une personne dont on a présenté les enfants à la Confirmation (c. 55). I,es mariages avec les beaux-frères ou avec les bellessœurs, avec le gendre ou la bru , sont interdits (can. 56) (1).
(1) Harzb., Conr. Germ., I, 404 sq.
MAYENCE (synodes de)
Ces décisions Turent soumises, avec celles des quatre autres conciles, en septembre 813, à l'examen du synode de l'empire, tenu à Aix à l'occasion du couronnement de Louis le Débonnaire.
Huit seulement des canons de Mayenee, savoir, les n«* 7, 8, 9, 27, 36, 39, 41, 45 , obtinrent l'assentiment général , avec la mention formelle qu'ils étaient pris parmi les décrets du concile de Mayenee. Les canons de Mayenee devinrent la base de quelques autres décisions du synode impérial, sans être expressément cités; tels les n™ 29 et 30 du ebap. 14 (l). Mais les statuts du synode impérial ne furent pas non plus tous approuvés par l'empereur. Le capitulaire destiné à la promulgation des décrets (2) omet des décrets approuvés par le synode impérial et adopte des décrète qui , proposés par les conciles isolés, n'avaient pas été approuvés à Aix. Le capitulaire adopte les n°* 7, 9, 41, 45, 19, 25, 26, 31, 37, 38, 42, 52, 53, du synode de Mayenee (3).
Le second grand concile de Mayenee eut lieu en 847. Le 21 avril, Otgar, archevêque de Mayenee, était mort. Louis le Germanique nomma à la métropole vacante Hrabanus Maurus (Rhaban Maur). Il fut consacré le 26 juin, et dès le commencement d'octobre il réunit à Mayenee , avec l'autorisation du roi, un synode provincial, auquel, parut, outre onze suffragants, Anscar, archevêque de Hambourg, chassé de son diocèse. Un seul suiïragant, Ratold de Strasbourg, manqua à l'appel, probablement parce que Strasbourg appartenait à la Lorraine, ce qui devenait un embarras pour l'évêque. Les Pères du concile jeûnèrent pendant trois jours,
(1) Pertx, Mon. Germ. leg.t II, 552 wj.
(2) Perlz, Leg.t I, 187 sq.
(5) Cf. Eckhart, Franc. Orient, II, 77 »q. Sigism.Calles, Annale» eçcl. Germ., IH.Sftnq. Rettberg, Hitl. del'Êgl. d'Allem., I, 439. Bintérim, Hist. des Concile», II, 3S8, 456 s<f.
ENCYCI.. THÉOL. C*TH — T. *»V.
firent les processions ordinaires, et ordonnèrent une prière générale pour le roi et la famille royale, pour le clergé, les paroisses et les couvents. Les sessions eurent lieu au couvent de Saint-Alban.
On se divisa en deux sections , les évéques et le clergé d'une part, les abbés et leurs moines d'autre part.
Le concile, dans la lettre synodale qu'il adressa à l'empereur, fit une triste peinture de la situation. On ne respecte plus aujourd'hui , y est-il dit, les lieux saints; on ne considère plus les prêtres de Dieu ; on les frappe, on les pille, on les maltraite de mille manières. L'extrême nécessité nous oblige de nous plaindre à l'empereur et de le prier de maintenir, à l'exemple de ses illustres aïeux , l'Église de Dieu , ses serviteurs et ses biens, dans l'intégrité de leurs droits. — Il y eut trente et un décrets. Voici les principaux : 2. Les prêtres doivent connaître et comprendre les statuts des conciles et régler d'après ces statuts leur vie et leur prédication. Les sermons seront prononcés en langue romane ou allemande, afin d'être généralement compris. 4. Les comtes et les évéques doivent agir de concert pour gouverner le peuple. 5. Ceux qui méprisent le trône et l'Église sont excommuniés, 6. de même que les voleurs des biens d église et ceux qui conseillent au roi de traiter les biens ecclésiastiques comme des biens de l'État et de les donner à des laïques. 7. L'administration des biens ecclésiastiques appartient exclusivement à l'Église. 8. Les clercs qui acquièrent des biens pendant l'exercice de leurs fonctions doivent les laisser à l'Église. 10. Il sera fait quatre parts de la dlme, pour l'évêque, le clergé, les pauvres et la fabrique de l'Église. 12. La simonie et la vente des charges ecclésiastiques soat défendues sous peine de déposition.
13-16. Puis viennent des décisions relatives à la vie des chanoines, des moines
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et du clergé séculier ; 17-19. à l'oppression des pauvres et à la vénalité des fonctionnaires; 20-25. au châtiment du parricide, du meurtre des parents, des prêtres ; aux femmes qui se font avorter ou qui tuent leurs enfants; 26. au traitement des malades à l'agonie ; 27. à l'inhumation de ceux qui sont pendus; 29. à l'adultère; 30. aux degrés de parenté qui produisent des empêchements de mariage; 31. à la discipline ecclésiastique.
Plusieurs de ces décrets sont la répétition presque littérale des statuts du concile de 81 3. Le concile soumit ensuite 5 une enquête la pseudo-prophétesse Thiota, femme d'Aléinanie qui avait annoncé la fin du monde pour l'année courante. Ses nombreuses prédictions avaient excité une grande agitation dans le diocèse de Constance. Le populaire , des prêtres mêmes s'étaient attachés à elle; on lui apportait des présents, on se recommandait à ses prières. Elle reconnut, à Mavenee, où elle fut amenée et interrogée devant le concile, que le désir de gagner de l'argent et le conseil d'un prêtre l'avaient engagée à cette jonglerie. Le synode la fit publiquement fouetter, et ses prophéties cessèrent. Le synode traita aussi l'affaire d'Anscar, c'est-à-dire la réunion des sièges de Hambourg et de Brème; du moins on peut le conclure de la présence d'Anscar et des paroles de son biographe, Rimbert (1). A la fin des actes le synode dit : On a soumis beaucoup d'autres affaires au concile, mais nous n'avons pu les résoudre dans la présente assemblée (2).
Au commencement d'octobre 848 Louis le Germanique convoqua une
(1) Pprlz, Mon. Gtrm., II, 706.
(2) Hartzb., Conc. Gertn., II, 151. Eckhart, Franc OrLnL, II, 392. Sigism. Calîes, A nu. eccl. (ierm., III, 352. Mabilloo, Annal., ed. Luc., 11,028. Annal. Fuld.y h. a. Hertz, I, 365. Biulerim , Hist. des Conc.% II. 413 sq., U9b. Gfrœrcr, les Caivlingiens, I, 148,
YISODES DE)
diète à Mavenee. Suivant la tradition franke on y associa uu synode. Les évêques réunis entrèrent en délibération sous la présidence de Rhaban. On n'a pas les actes de ce synode. Il n'est pas probable qu'il y vint des évêques de Lorraine ; la liste des Pères du concile, dans Trithème(l), est évidemment défectueuse, vu que plusieurs évêques qui y sont nommés étaient morts et que d'autres n'étaient pas encore évêques à cette époque. L'hérétique Goltschalk parut devant l'assemblée ; il fut interrogé, condamné et confié à son métropolitain, Hincmar de Reims, après avoir été obligé d'abord de prêter serment qu'il ne remettrait plus le pied sur le sol germanique. On décida probablement la réunion de Brème et de Hambourg (2). Louis le Germanique fit connaître aussi, le 11 novembre, au synode de Mavenee la décision prise sur la plainte de l'évéque Egibert, à l'assemblée des princes , à Francfort, d'après laquelle la fondation et les immunités du chapitre métropolitain d'Osuabruek étaient approuvées et les dîmes qu'on lui contestait lui étaient attribuées (3).
En 852 , au mois d'octobre, eut lieu le troisième concile de Mavenee. Les motifs que donue Pertz, dans son Introduction aux actes du concile, pour le placer en 851 , ne soutiennent pas l'examen (4). Rodolphe de Fuld désigne formellement ce synode comme un concile universel allemand , disant que les évêques de la Franconie orientale, de la Bavière et de la Saxe, s'y réunirent sous la présidence de Rhaban, le métropolitain (5). On voit aussi que les
(1) Chron. Hirsaug., h. a. (ed. S. Gall.,1,20).
(2) Pertz, 1. c.
(3) Hart/h., 1. 1., II, 162. Eckhart, 1. 1, II, 396. Cal!., 1. I, m, 356. Mabiu., Jnn.t 11,636; Annal. Fuld., h. a. Prrlz, I, 565. Bintérim, Hist. des Conc. , II, ftl7- Bahmer, JRcgett. Carol.t p. 78.
(û) Bintérim, Hist. des Conc, II, ft29. (5) Pertz, 1, 367.
MAYENCE
évéques d'Alémanie s'y rendirent par la liste des Pères ënumérés dans les actes, et qui cite Salomon , évéque de Constance, Esso, évéque de Coire, et Lanto, évéque d'Augsbourg. 11 ne s'y trouvait que deux des métropolitains d'Allemagne , Rhaban , de Mayence, et Liupramnus , de Salzbourg. Le troisième, Anscar, était en mission en Suède. Outre les deux archevêques, la réunion comptait quatorze évéques, quatre chorévéques et trois abbés, dont Folowin, abbé de Reichenau.
Les vingt-cinq décrets de ce concile furent la plupart d'accord avec ceux des années 813 et 847 : 1. Les comtes et les évéques agiront de concert.
2. Les comtes appuieront les évéques dans le maintien de la justice.
4. On payera la dîme, dont il sera fait quatre parts. Que personne ne se permette de violer les immunités ecclésiastiques. 5. Les propriétés d'une église patronale ne peuvent, après la mort du patron, être partagées entre les héritiers. 6. La chasse , les faucons et les chiens sont interdits aux évéques.
Les articles 7 et 8 traitent de la continence du prêtre ; 9. de l'infanticide ; 10. de l'adultère; 11, 13. du meurtre; 12, 15. duconcubinat. 14. Le travail servile est défendu le dimanche. 1G. Le curé doit baptiser les enfants malades, même quand ils n'appartiennent point à sa paroisse. 17. Défense au prêtre de détourner les paroissiens de leur curé ; 18. d'en attirer le clergé à lui; 19. et de chercher à obtenir l'église d'autrui par des cadeaux. 20. Que celui qui méprise la messe d'un curé qui a été autrefois marié soit anathème. 21. Les clercs d'un ordre inférieur se tiendront debout devant ceux d'un ordre supérieur et ne s'assiéront qu'avec leur agrément. 22. Les fêtes sont interdites pendant le Carême. 23. Les clercs doivent s'éloigner des festins ou des noces avant le moment où entrent les jongleurs et