‹ Dictionnaire encyclopédique de la thélogie catholiqueChapitre 18 sur 224 · MAC A IRE · texte numérisé non relu

MAC A IRE

Sous l'empereur Valens et Pévéque i arien Lucius d'Alexandrie une cruelle persécution s'appesantit sur les moines d'Égypte fidèles au Symbole de Kicée.

Macaire fut exilé. Il mourut en 390, âgé de 90 ans. Il y a encore de nos jours, dans le désert de Libye, un couvent de Saint-Macairc, et toute la contrée se nomme le désert de Macaire (l). Il nous reste de ce saint 50 homélies, qui ont été imprimées d'abord à Paris en 1559, à plusieurs reprises depuis, et insérées dans la Mbliothèque de Galland. C'est à tort qu'on leur reproche d'être semi-pélagiennes. Floss a publié avec ces homélies une longue lettre grecque et une autre plus courte traduite en latin, toutes deux traitant de matières ascétiques, ainsi qu'une prière et des suppléments notables aux homélies : Macarii /Egyptii epistolœ, homiliarum loci , preces , ad fidem Vatic.y Findob., Berolin.,aliorutn co~ dicutn primus edidit //.-/. Floss ; accedunt de Macariorum /Egyptii et Alexandrini vitis qua'stiones criticx et fiistoricœ, etc., etc., Colonise, Bonnœt Btmxellis, sumpt. J.-M. Heberle, 1850. Les Opuscuta ascetica, publiés par P. Possin, à Toulouse, 1683 (et dans Galland, 1. c), sont probablement une compilation du douzième siècle, due à Siméon Logothète, mais extraite en grande partie des homélies de Macaire. Dans le Martyrologe romain et dans les anciens martyrologes latins la fête de S. Macaire l'Égyptien est Gxée au 2 janvier ; celle de Macaire d'Alexandrie au 15, chez les Grecs au 19 janvier.

II. Macaire l'Alexandrin, surnommé aussi «eXmxêc, citadin, vécut pendant près de 60 ans au désert; il ne fut baptisé qu'à l'âge de 40 ans. Plus tard il devint le prêtre des solitaires qui vivaient daus les celles ou cellules du désert libyen, xtxxîa. 11 avait, en outre,

\\) Ti.<clj<<ndorf, foyaçe d'Orient, 1, 110.

i une celle dans le désert de Scété et une autre dans les monts de Nitrie. Une seule d'entre elles était assez vaste pour qu'il pût y recevoir les nombreux visiteurs qui venaient le voir et réclamer son secours ; dans la seconde il ne pouvait pas étendre les jambes, et la troisième était tout à fait obscure. Pallade, qui vécut encore trois ans sous sa direction dans le désert , raconte également des faits surprenauts de sa mortification et de sa puissance miraculeuse. Il fut atteint par la persécution de Valens et de Lucius , et mourut vers 395, âgé de près de 100 ans. Le

(dans Tollius, Itinerarium Hat., Traj., 1696 ; dans Cave, Histoire littéraire, t. I, et Galland, VII), qu'on lui attribue, est, dans de bons manuscrits conservés à Vienne (1), attribué à un moine d'Alexandrie. Il est probable qu'il y a eu confusion entre M»4pi&; 'ax^v^; et Mxxsfio; AXtÇav^ftû;. Le P. Rovère, Jésuite, a publié une règle monastique, en 30 chapitres, sous le nom de Macaire d'Alexandrie (elle se trouve dans liolsten., Codex Regularum, I, 19).

Une autre règle provient, dit-on, de 38 Pères du désert d'Ègypte, parmi lesquels on cite Sérapion, Macaire, Paphnuce, et d'un autre Macaire.

Un troisième Macaire fut disciple de S. Antoine, dans le couvent de Pispir, sur les côtes de la mer Rouge; il ne se sépara pas du saint solitaire, notamment durant les quinze dernières années de sa vie, l'assista à sa mort et l'ensevelit.

Un quatrième Macaire fut supérieur du couvent de Pachnum (2).

Un cinquième, frère de Théodore, fut solitaire de Ta benne, dans la Thébaïde(3). Pallade parle en outre d'un sixième Macaire qui, ayant, à l'âge de vingt

(1) loir Flos*, I. c, p. 243.

(2) TÏIW-ni int, VII, Ml ; VIII, 5"fc. (S) llml., V II, 4*2; V11I.57*.

MACA1RE - MÀCHABÉES

et un ans, commis un homicide involontaire, se soumit à une sévère pénitence au désert ; et enfin d'un septième, prêtre d'Alexandrie, qui était à la téte d'un hospice et parvint à l'âge p de cent ans.

Parmi les autres personnages de l'antiquité chrétienne qui portèrent le nom de Macaire, le plus célèbre est Macaibe, évêque de Jérusalem (312-331), qui assista au concile de Kicée, et sous l'épiscopat duquel l'impératrice Ste Hélène découvrit le bois de la vraie croix (1).

Reusch.

machabées, plus exactement Macchabées (2). Nous parlerons ici du nom, de Vhistoire et du livre des Machabées.

I. Le surnom de Machabée (M*xx*- €aûo;) fut originairement attribué au troisième fils de Mattathias, prêtre israélite, pieux et zélé, du temps d'Antiochus Épiphane (3). Plus tard ce nom se transmit à toute sa Tarnille et fut en général donné aux Juifs qui, sous cette vaillante race , défendirent leur religion et leur patrie contre la domination syrienne.

Delitzsch pense (4) qu'à Mxxx«6afo< répond, en hébreu, qui serait une abréviation rabbinique des mots HTin?

}jrri>-^3 yr\D, Mattathias, prêtre, fils de Jean. Mais, dans ce cas , ce nom désignerait Mattathias et n'aurait pu être donné par lui-même à son fils Judas (5), et, de plus, le simple 3 ne serait certainement pas rendu en grec par xx. Enfin ces sortes d'abréviations sont invraisemblables au temps des

(1) Foy. Invention dk la sainte Cnoix.

(2) S. de Sacy écrit, nous ne savons pourquoi , Machabées, et nous l'écrivons de même parce que nous avons conservé, en général, l'orthographe française de S. de Sacy pour les noms de la Bible.

(Note du traducteur.)

(3) 1 Mach., 2, », 6S.

(ft) Hist. de la Poésie hébr., p. 28.

Machabées, et rien ne constate leur usage à cette époque. On ne peut donc pas admettre que Judas ait écrit sur son drapeau les lettres comme abréviation de nvp dSn3 TOfcp-iD (!), et que son surnom soit né de là plus tard. D'ailleurs il portait déjà ce nom du vivant de son père, et ne peut par conséquent l'avoir reçu seulement à la suite de la guerre qu'il dirigea lui-même contre les Syriens. On ne peut pas admettre davantage que - soit l'abrégé de nwa ma nonbD [beiu vis in Judo), ou un nom de nombre qui se rapporterait aux 72 noms de Dieu (n— 40, 3 = 20, 3=2, ^ = 10).

Ce qu'il y a de plus vraisemblable, c'est que Mxxx*6aûc$ répond à l'hébreu ou à l'aramarmie 3pTÇ* N2]3p (marteau), et désigne la bravoure de Juda, fléau de l'ennemi.

Les Machabéens portaient encore le surnom d'Asmonéens, 'Aîsuwvxïoi (2),

maiown (3), ernown ou

Winun (4). On a interprété aussi ce nom de diverses manières (5).

L'explication la plus vraisemblable est celle qui tire ce nom du bisaïeul de Mattathias, d'après les indications qu'on trouve dans Josèphe (6), m*tt*«{*ç, uîô;

II. V histoire des Machabées commence avec les violences d'Antiochus Épiphane (7), voulant contraindre les Juifs à renier leur religion.

En 175 avant Jésus-Christ Antiochus parvint au trône de Syrie, dont le pou-

(1) Exode, 15, 11. m Qui, d'entre les forls, esl semblable à vous, Seigneur? •

(2) Jos.,^«//ç., XIV, 16, ta; XX, 8, 11; 16,5. (S) Baba bathra, t. S, a.

(ft) Joe. Gorionid., cd. Breithaupt, p. 66, 159, a«3.

(5) cr. Eichhorn, Introd. aux Livrée apocr. de VAhc. Test., p. 217. Henke, Introd. in Libros apocryph. Vet. Teet., f. 15. Berlhold, Iittrvd.,

III, 1 0 i S, 16».

(6) Autiu., XII, 6, 1.

P) Foy. ANTiocnus EriuiARE.

MACHABÉES

voir s'étendait alors sur la Palestine. Il prétendit extirper la religion judaïque et la remplacer par le paganisme. Beaucoup de Juifs se soumirent à ses ordres ; ceux qui résistèrent furent l'objet des plus cruelles persécutions. En 169 Antiochus vint en personne à Jérusalem, ordonna la mort d'un grand nombre de Juifs demeurés fidèles, pilla et profana le temple (1). Quelque temps après il fit exécuter par Apollonius un nouveau massacre dans Jérusalem, consacra le temple à Jupiter Olympien, et interdit, sous peine de mort, à ses sujets l'exercice d'une religion quelconque différente de la sienne (2).

Mattathias (3), vieux prêtre plein de piété, s'enfuit alors de Jérusalem vers Âlodin, avec cinq fils, espérant, loin de la capitale, pouvoir vivre conformément aux préceptes de sa religion; mais bientôt parvinrent à Modin même les autorités chargées d'exécuter les ordres du roi. Un jour qu'un Juif allait, aux jeux du peuple, sacrifier aux idoles, Mattathias, saisi d'indignation, se précipita sur l'apostat, le tua sur l'autel, lui et le fonctionnaire qui l'avait entraîné à l'apostasie, et s'enfuit dans la montagne, où ceux qui pensaient comme lui se réunirent autour de sa personne et le mirent bientôt en mesure de renverser' les autels païens et de châtier les apostats (4).

Mattathias mourut au bout de quelque temps (166 av. J.-C). Ses partisans élurent pour leur chef son fils Judas, surnommé Machabée, qui justifia leur confiance (5). Il défit d'abord l'armée d'Apollonius, beaucoup plus forte que la sienne ; puis il dispersa l armée plus considérable encore du Syrien Séron, enfin celles que Lysias en-

(1) I Mach., 1, 10-28. II Mach., 5, 1 sq.

(2) I Mach., 1, 29-04. II Mach., 5, 24 ; 0, 17. (5) V oy. HÉBRF.tx.

(4) 1 Mach., 2, 1-48.

(5) Ibid., 2, 51-59.

voya contre lui, sous le commandement de Ptolémée, de IS'icanor et de Gorgias. L'année suivante il battit l'armée commandée par Lysias en personne, quoiqu'elle fût cinq fois plus forte que la sienne; il le défit une seconde fois à la téte d'une autre armée syrienne et l'obligea de conclure une paix avantageuse pour les Juifs (I). Le triomphe décisif des Machabées permit à Judas de se rendre à Jérusalem. Là il purifia le temple, rétablit le culte lég;.l, offrit le premier sacrifice, le 8 chislev 164 av. J.-C, célébra pendant huit jours la fête de la Purification du temple, et ordonna qu'on en fit tous les ans la mémoire (1).

Cependant les païens des provinces voisines s'irritèrent du succès des Juifs et firent, de divers côtés, éclater leur hostilité. Judas reprit les armes, parvint à humilier les païens du nord et du sud dans plusieurs rencontres, et renversa leurs autels et leurs idoles (3).

Antiochus Épipbane mourut sur ces entrefaites , après avoir désigné pour lui succéder son fils Antiochus Eupator(163 av. J.-C.) (4). Ce prince, cédant aux suggestions des Juifs apostats, entreprit une expédition contre Judas; mais, après plusieurs batailles, il conclut la paix et garantit aux Juifs le libre exercice de leur religion (5).

En 161 avant J.-C. Antiochus eut pour successeur Démétrius Soter (6), qui fut, comme son prédécesseur, excité contre les Machabées par des Juifs apostats. Il envoya contre eux une formidable armée, sous le commandement de Bacchide (7) ; mais elle n'eut aucun succès.

Une autre armée , commandée par

(1) I Mach.t 5, 10 ; 4, 55. II Mach., 8, 9 *q.

(2) I Mach., 4, 50-01. Il Mach., 10,1-8.

(3) I Mach., 5. II Mach., 8, 10,12

(4) Cf. I Mach., 6, 1-17. II Mach., 9.

(5) 1 Mach., 6, 18-65. 11 Mach., 15.

(6) F oy. DÉMKTRIlig SOTEft.

(7) f'oy. Bacchide.

Page 1