MÉDARD (S.) — MÉDECINE PASTORALE
sition (1). S. Médard eut de son vivant, et surtout après sa mort, la réputation d'un grand thaumaturge. Ainsi Vénantius et tous les biographes racontent qu'il Tut souvent volé, et qu'il obligea toujours d'une manière miraculeuse les voleurs à lui restituer ce qu'ils lui avaient pris. La mort de S. Médard eut lieu, d'après les Bollandistes, environ vers 545. On lit dans S. Grégoire de Tours (2) : « Au temps du roi Chlotar (f 561) mourut le saint évéque de Dieu Bfédard, remarquable par sa piété, sa vertu et ses bonnes œuvres. Le roi Chlotar le fit inhumer avec les plus grands honneurs dans la ville de Soissons, et bôtit sur la tombe de l'évéque une basilique, que son fils Sigibert acheva. Nous avons vu sur cette tombe les chatnes brisées de prisonniers délivrés par son intervention , et qu'on a conservées en mémoire de sa puissance miraculeuse. »
Cf. les articles Franks, F. m pire
FRANK DANS LES GAULES, LaNDELIN;
Buttler, Vies des Pères, 8 juin.
SCHRÔDL.
médecine pastorale. On entend par là les connaissances médicales que le curé ou le pasteur des âmes doit posséder pour remplir son ministère.
II est évident qu'on n'exige pas du curé, du prêtre qui a charge d'âmes, la science d'un médecin proprement dit. La médecine pastorale, restreinte à la sphère pratique du ministère , comprend les principes médicaux, les prescriptions diététiques, les précautions hygiéniques, dont la connaissance met le prêtre à même, quand il est appelé auprès d'un malade, de prendre, avant la venue du médecin et sans nuire aux prescriptions probables de ce dernier, les mesures nécessaires à la con-
(1) Foir Bolland., ibid., in FitaS. Medardi, Wictore Radbodo episcopo, c. S, n. 19-21.
(2) Hi*U Franc, IV, 19; IV, 21 et M; V, »•«; X, * GU ON*, c 95.
servation de la vie et au rétablissement de la santé de son paroissien.
S'il est évident que le curé ne peut ni ne doit prendre la place et remplir les fonctions du médecin, il est tout aussi certain qu'il a une mission salutaire à remplir, qu'il peut efficacement assister des malades privés de conseils et do secours, les préserver de certains dangers, les disposer à appeler le concours de l'homme de l'art, et jusqu'à son arrivée, souvent très-tardive dans les campagnes, ordouner ce qui est urgent.
La médecine pastorale enseigne au prêtre les précautions a prendre dans certaines maladies contagieuses ou rebutantes, pour garantir sa vie et celle des autres. Elle lui donne le savoir nécessaire pour agir efficacement sur des malades dont le cerveau se dérange, qui sont mélancoliques, superstitieux, tourmentés par des pensées de désespoir, en lui apprenant les rapports qui lient l'organisme physique à la constitution spirituelle de l'homme, la préexistence de certains désordres corporels ou intellectuels, leur influence sur la pensée, les désirs, les affections, les imaginations, les passions de l'homme; en un mot, elle lui enseigne les premiers principes de la psychologie médicale. Elle prescrit les ordonnances qui doivent régler la vie de l'homme en santé et en état de maladie, décrit le corps humain dans son état normal et dans ses désordres. Cette connaissance permet au prêtre d'exercer une influence au moins négative, de prévenir maintes maladies, d'indiquer, au moment où une indisposition éclate, les premiers et véritables remèdes, de venir en aide au médecin, d'obtenir du malade qu'il suive exactement les prescriptions de l'art, de s'opposer à des moyens superstitieux ou à des remèdes de charlatan, d'empêcher des retards dangereux dans l'application des remèdes nécessaires.