MÉDECINE
Cest ainsi que le curé devient souvent pour ses paroissiens, même au point de vue physique, un véritable envoyé de Dieu, et que ses visites contribuent à la fois au salut de l'âme et du corps. Mais il est tout aussi utile à ceux qui se portent bien, par son expérience médicale, par ses sages conseils , lorsqu'il a soin de profiter de toutes les occasions pour rappeler à ses paroissiens que la modération et le travail forment des hommes sains, robustes, bien portants ; pour leur inspirer des goûts et des penchants capables d'adoucir leurs mœurs, d'assouplir leur volonté, de développer leur intelligence; pour les détourner de tout ce qui peut, sous quelque forme que ce soit (ignorance, grossièreté, passion, excès), nuire à leur santé, affaiblir leur corps, troubler le bonheur de leur vie. Le pasteur des âmes peut, par ses avertissements et ses indications médicales, prévenir les suites désastreuses de bien des perturbations morales et physiques, en prévoyant, dans leurs causes, bien des souffrances à venir. C'est ainsi que le prêtre devient à la fois le médecin de l'âme et du corps, et sa médication est aussi douce qu'efficace ; car il prévient le mal, ce qui vaut mieux que de le guérir ; il empêche la gangrèue, ce qui vaut mieux que de couper le membre malade.
Combien aussi, en sa qualité d'instituteur, de pédagogue de la jeunesse, le prêtre exerce une action salutaire et puissante quand ses connaissances médicales lui suggèrent les moyens de bien faire comprendre à ses jeunes élèves que le développement moral de l'homme est en rapport intime avec son développement physique ; qu'on ne peut négliger l'un sans nuire à l'autre ; qu'il importe à l'âme d'être unie à un corps sain , mens sana in corpore sa no; que les mœurs sont de mille manières affectées par l'influence de
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l'éducation physique, du tempérament, du caractère, de l'âge, du sexe, de l'état, de la nourriture et de la boisson, des passions dominantes, des dispositions maladives préexistantes dans les parents. En coopérant au bien-être physique des fidèles de sa paroisse le curé travaille à leur moralité , de même que son caractère sacerdotal donne de l'autorité aux conseils d'hygiène qu'il leur distribue et leur inspire uue confiance qui lui révèle des choses qui restent cachées au médecin. D'ailleurs le prêtre est souvent l'unique soutien, le seul conseiller du pauvre, malade et délaissé , et quand c'est l'âme qui est malade , la médecine spirituelle est d'ordinaire la seule utile et salutaire.
Dès la plus haute antiquité les peuples, tels que les Égyptiens, eurent des prêtres qui pratiquèrent la médecine comme un culte, l sis était la déesse de la médecine ; son fils O rus , les dieux Hermès et Sérapis étaient à la fois prêtres et médecins. Dans les Indes les prêtres furent toujours médecins, et tels sont encore de nos jours les brahmanes. Les anciens Germains voyaient aussi des médecins dans leurs prêtres , les druides; il en est de même encore de nos jours parmi beaucoup de peuplades sauvages. Ainsi les peuples anciens étaient convaincus que le prêtre était en même temps l'auxiliaire indispensable dans les maladies physiques; ils reconnaissaient en lui l'organe de la Divinité, dont la colère était la cause de toutes les maladies. Les Grecs mirent au rang des dieux plusieurs de leurs héros qui avaient été prêtres, tels qu'Apollon, Esculape, son fils, Nestor, Thésée, etc., etc. Leurs cures s'opéraient mystérieusement dans les temples, que remplissaient une foule d'ex voto. Plus tard les philosophes s'emparèrent de la science médicale ; tels furent Aristote , Pythagore , qui en fai-