MÉDECINE PASTORALE
saient en même temps l'auxiliaire de la science politique (I).
Chez le peuple de Dieu, dans l'Ancien Testament, Part médical était également confondu avec la fonction des prêtres et des lévites, et même avec celle des Prophètes. L'Évangile ordonne la compassion et la douceur en- I vers le prochain malade, souffrant, comme le démontre si vivement la parabole du bon Samaritain. Si le dévouement aux malades est un commandement pour tous, c'est surtout un devoir pour le prêtre, et l'exercice de la médecine par des mains consacrées se trouve dès le berceau du Christianisme. Plus tard les prêtres se sont toujours signalés par leur dévouement aux malades, et ce furent surtout les moines qui exercèrent la médecine ; ils lui donnèrent une sorte de consécration religieuse en y joignant la prière, le jeûne et l'abstinence. Ainsi naquirent les premiers lazarets, et, dès le sixième siècle, des centaines de moines , entre autres les Parabolains (2), servaient, aux dépens de leur vie, les malades et les mourants durant les plus affreuses épidémies. Des évéques, tels que Némésius, avaient une grande renommée médicale. Les moines Augustins furent longtemps les médecins les plus recherchés et exercèrent la médecine comme un devoir de charité chrétienne. De tristes préjugés, qui ne voulurent plus voir que de la magie dans les connaissances naturelles, couvrirent, pendant quelque temps , l'art médical de déplorables ténèbres. De là l'ordonnance de Charlemagne, prescrivant d'enseigner l'art médical dans les écoles des cathédrales. Au onzième siècle l'évêque Agobard contribua à dissiper les ténèbres de la superstition et de la pathologie démoniaque dominante. On peut citer comme
(1) Voir Médecine pattorale du D* Mâcher, Introdt
(2) Foy. Parabolains.
prêtres médecins célèbres, entre le huitième et le douzième siècle : Théodore, archevêque de Cantorbéry ; Wigwart, évéque d'Hildesheim ; le moine anglais Cuthbert, le moine Campo; Hugues, abbé de Saint-Denis ; Didon, abbé de Sens; Jean de Ravenne, Gcrbert, plus tard le Pape Silvestre II, qui avait appris la médecine des Arabes. Durant le • onzième siècle les Bénédictins du Mont- Cassin se signalèrent à Salerne. Comme ils instruisaient en même temps des moines étrangers à leur art, ils semblent avoir posé les bases de la fameuse école de Salerne, dans laquelle étudièrent les médecins grecs, romains, arabes, et où Didier, abbé du Mont- Cassin, qui devint le Pape Victor III, avait lui-même enseigné. Beaucoup de prêtres écrivirent des ouvrages <!c médecine, tels que Simon de Cardo, chapelain de Boniface VIII ; Jean de Saint- Amand, etc., etc.
Au douzième siècle, il est vrai, la discipline ecclésiastique interdît aux membres du clergé l'exercice de la chirurgie et l'étude de la médecine. Ce- » pendant, durant les croisades, à la suite desquelles l'importation de la lèpre fit fonder des milliers de léproseries en Occident, ces hôpitaux furent desservis par des moines, en même temps que par des ordres de chevalerie. Au quatorzième siècle , malgré la défense de l'Église, les prêtres exerçaient encore la médecine ; plus tard, au quinzième et au seizième siècle, les prêtres et les moines médecins devinrent plus rares, et la médecine fut spécialement enseignée dans les universités nouvellement fondées. Au dix -septième siècle la confrérie des Rose-Croix, les théories de l'original et fantastique Théophraste Paracelse et d'autres rêveries des théosophes exercèrent une grande influence sur la médecine, qui toutefois se maintenait toujours eu alliance étroite avec la théologie et lui