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entre 1 69 et 177. Nous trouvons une donnée encore plus précise dans la version de la Chronique d'Eusèbe par S. Jérôme et dans le Chronicon paschaie, savoir que Méliton remit son Apologie à l'empereur dans la dixième année du règne de ce prince, c'est-à-dire entre 170 et 171, et non entre 169 et 170 (l). Le fragment que donne Eusèbe (2) est ainsi conçu : « Ce qui n'est jamais arrivé se voit maintenant : les adorateurs de Dieu sont persécutés, et les nouvelles ordonnances publiées en Asie les accablent de leurs rigueurs.
D'infâmes dénonciateurs , des gens qui ne convoitent que le bien d'autrui , volent jour et nuit, dépouillent à leur aise d'innocentes victimes et trouvent le prétexte de leur brigandage dans les édits impériaux eux-mêmes. Si ces actes se commettent d'après tes ordres, ils sont certainement justes, car un maître équitable ne commande jamais rien d'inique , et nous nous soumettrons volontiers à notre sort. Toutefois nous t'adressons une prière : apprends d'abord à connaître les gens qu'on prétend être si entêtés (les Chrétiens), puis décide, d'après les principes de la justice, s'ils sont dignes de la mort, d'un châtiment quelconque, ou de la vie et du repos. Que si ces ordonnances, indignes d être jamais promulguées, même contre des barbares, n'émanent pas de toi, nous te supplions de ne pas nous abandonner à des procédures aussi iniques...
Notre philosophie (la foi chrétienne) a fleuri autrefois parmi des barbares (les Juifs) ; puis elle s'est répandue sous la puissante domination de ton prédécesseur, Auguste, parmi tes peuples; elle a été d'un heureux augure pour ton empire ; car, depuis cette époque, la puissance des Romains n'a fait que gagner en grandeur et en éclat. Tu es monté sur le trône d'Auguste à la joie
(1) Piper, p. 1M.
universelle de tes sujets, et tu y seras consolidé, avec ton flls, si tu accordes ta protection à une philosophie née avec l'empire, que tes prédécesseurs ont honorée (?) autant que les autres religions de lenrs sujets. La meilleure preuve que notre religion doit contré buer à la prospérité d'une monarchie si heureusement inaugurée, c'est que celleci , depuis Auguste , n'a subi aucun échec, que sa gloire et sa renommée se sont propagées dans tont l'univers. Les seuls empereurs qui, trompés par les c<iiommmciir8. oni aiscrront* noire rrligion , sont Néron et Domitien , et c'est à dater de leur règne que les calomnies se sont répandues contre nous.
Mais tes excellents prédécesseurs sont revenos sur l'ignorance et les préventions qui avaient cours, et ont défendu dans leurs édits qu'on inquiétât les Chrétiens. Ainsi ton grand -père Adrien, on le sait, écrivit au proconsul Fundanus, gouverneur de l'Asie ; ainsi ton père, alors que tu partageais déjà son autorité, écrivît à diverses villes de ne rien innovera notre égard; il transmît notamment ses ordres à ce sujet aux habitants de Larisse, de Thessalonique, d'Athènes, et à tous les autres Grecs.
Quant à toi, qui as les mêmes sentiments, et des sentiments bien plus humains et plus raisonnables encore à l'égard des Chrétiens , nous sommes convaincus que tu nous accorderas tout ce que nous te demandons. »
Un autre fragment plus petit de l'Apologie, qui a été conservé dans la Chronique pascale (I), est ainsi conçu : « Nous n'adorons pas les pierres, qui n'ont pas de sentiment ; nous n'adorons que Dieu, qui est avant tout , par-dessus tout, et nous adorons, en outre, son Christ, l'éternel Verbe de Dieu. »
Le fragment des Extraits de la Bible conservé par Eusèbe (2) est de la
(t) P. 259, e.1. Ducange.
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