‹ Dictionnaire encyclopédique de la thélogie catholiqueChapitre 212 sur 224 · MENSONGE · texte numérisé non relu

MENSONGE

conséquences probables qu'il peut entraîner, et d'autres circonstances.

Le mensonge est un péché mortel quand il est diamétralement contraire à la charité, ce qui peut avoir lieu d'une triple manière. Le mensonge peut être contraire à la charité : 1° en elle-même ; 2* par le but qu'on recherche ; 3» par les circonstances.

Il est contraire à la charité en ellemême quand il se rapporte aux choses divines ou aux vérités du salut ; car il est contraire dans ce cas à l'amour de Dieu, dont il fausse la vérité, et il est en même temps contraire à la foi.

Il est contraire à la charité par le but qu'on veut atteindre quand on ment pour manquer au respect dû à Dieu, pour nuire à la personne, à l'honneur, à la fortune du prochain.

Il est contraire à la charité par les circonstances s'il suscite un grave scandale ou cause un dommage réel et qu'on peut prévoir (1).

Les moralistes enseignent unanimement que des réponses évasives à des demandes inconvenantes, des paraboles, des fables, des contes, tout comme les formules de politesse en usage, ne doiveut pas être considérés comme des mensonges.

La restriction mentale, restrictio pure mentalis, c'est-à-dire une parole par laquelle on dissimule ce qui serait nécessaire pour en faire comprendre le sens véritable, et qui par conséquent trompe celui à qui on l'adresse, n'est pas essentiellement différente du mensonge. Elle n'est pas plus permise que le mensonge.

Il en est autrement de la restriction dite non pure mentalis, sed sensibilis, et de l'amphibologie. La restriction non pure mentalis, par laquelle on n'omet que les points auxquels celui à qui on s'adresse pourrait facilement suppléer,

(i) Thom., 2, 2, qutest. 110, art. 9.

en examinant exactement toutes les circonstances, et l'amphibologie, qui consiste à se servir avec intention de paroles dont la double signification cache aussi bien qu'elle révèle le véritable sens de ce qu'on veut dire, sont défendues toutes les fois que la charité ou la justice nous fait une obligation de dire la vérité entière et sans réserve, comme par exemple en justice, devant un supérieur , etc. , etc. Mais quand cette obligation ne nous est pas imposée, et qu'on a un motif grave, la restriction et l'amphibologie sont permises, parce que dans ce cas on n'a pas en vue de tromper le prochain, quoiqu'on ait un juste motif de le laisser dans son erreur. C'est ce qui a lieu notamment quand on est tenu de cacher comme un secret la chose sur laquelle on est questionné ; ainsi elles sont permises aux confesseurs, aux secrétaires intimes, aux généraux, aux médecins, aux chirurgiens, aux avocats, en général à tous les fonctionnaires dans tout ce qui a rapport à leurs fonctions. Par exemple un confesseur, interrogé si quelqu'un a commis une faute qu'il ne connaît que par la confession, peut répondre sans scrupule : Je ne le sais pas, en pensant : Je ne le sais pas de manière à pouvoir le révéler.

Et même si on lui demande s'il ne le sait point par la confession, il peut répondre : Je ne le sais pas, parce que personne n'a le droit de l'interroger sur ce qu'il sait parla confession, et que le confesseur sait les secrets de la confession non en tant qu'homme, mais en tant que représentant de Dieu.

Les saints Pères et les théologiens ne sont pas du même avis sur plusieurs exemples d'amphibologie ou de paroles en apparence mensongères que l'Écriture raconte de personnages qui sont saints ou du moins loués par elle ; ainsi quelques-uns accusent Abraham d'avoir commis un mensonge en faisant passer sa femme pour sa sœur; d'autres,

MEPWBOSETH - MÉRICI

comme S. Augustin, l'absolvent, parce que Sara était véritablement sa sœur et qu'il n'était pas tenu de révéler tous ses rapports avec clic (1).

D'autres paroles de ce genre, qui se rapportent à des circonstances actuelles, à des faits patents, et qui paraissent mensongères, sont considérées par les saints Pères comme des paroles figurées ou prophétiques, telles, par exemple, que la parole de Jacob se disant le premier né d'Isaac, parce que les biens de la primogéniture lui appartenaient d'après un décret divin, et qu'il devait en même temps exprimer prophétiquement par là que les peuples païens, enfants puînés, prendraient un jour la place des Juifs, premiers nés des peuples.

Enfin, quand l'Écriture loue des personnes qui, comme Judith, se sont rendues coupables de mensonge, elle en fait l'éloge, dit S. Thomas, non parce qu'elles ont menti , mais pour d'autres qualités estimables dont elles ont fait preuve (2).

Martin.

MÉPHIBOSETH OU MlPHIBOSBTH,

1. Fils de Saul et de sa concubine Respha, fut livré par David aux Gabaonites, avec son frère Armoni et les cinq fils de Michol, fille de Saul, et immolé par les Gabaonites pour expier l'injustice commise par son père à leur égard (3).

2. Fils de Jonathan, paralysé des jambes à la suite d'une chute faite à l'âge de cinq ans (4), vécut, après la mort de son grand-père et de son père, caché dans Lodebar, près d'un certain Machir. David rayant appris par Siba, un des serviteurs de la cour de Saul, l'attira à sa cour, lui rendit les biens

(1) Genèu, 20, 12.

(2) Thom., 2, 2, quant. 110, art. 9.

(S) cr. ii *«ù, 2i, i-io.

(ti) Ibid.,

de son grand-père et en nomma Siba l'administrateur (1). Au moment où éclata la conspiration d'Absalon, Siba chercha auprès du roi à faire passer son maître pour un prétendant; il atteignit son but : David lui accorda la propriété de tous les biens de Méphiboseth (2).

L'accusation, à ce qu'il paraît , était fausse ; Méphiboseth parvint à s'en justifier dans la suite, et convainquit David de ses véritables dispositions; toutefois, et malgré son infidélité, Siba obtint la moitié des biens du prince qu'il avait trahi.

MER MORTE, t'oyez MESS BIBLI- QUES.

mer rouge. Voyez Mers bibliques.

■ERCATOR (Marius). Voy. Marius

AVENTICUS.

MERCREDI , jour d'arstim \ce.

Voyez Jours nR jeune.

mère DE dieu. Voyez Mabie.

mÉrici (sainte Angèle), ou Angèle de Bresse, issue probablement de la famille Biancosi, de Salo(4),néeen 1506 à Désanzano, vint, jeune encore, s'établir à Salo, chez un de ses oncles maternels, avec une de ses sœurs, plus âgée et déjà veuve. Sa simplicité lui valut le surnom de Colombe de Salo. Le désir de la solitude poussa les deux sœurs à quitter secrètement la maison de leur oncle. Le brave homme les chercha longtemps, les trouva au bout de plusieurs mois, et les ramena chez lui, où elles continuèrent à vivre dans de pieuses pratiques. La sœur aînée étant morte au bout de quelque temps, Angèle entra dans le tiers-ordre de S. François d'Assise. Silencieuse, retirée, Angèle se voua à la plus rigoureuse mortification. Elle prouvait la sincérité de la rigueur qu'elle exerçait envers elle-même

(1) Il Fois, 9, 6.

(2) Ibid., 10, 1-4.

(S) Ibid., 19, 25-31.

M Ville de Lombardl*.

MÉRICI

par la tendre charité qu'elle témoignait à chacun, et qui prétait à ses paroles une vertu si efficace que bien souvent elle réconcilia des ennemis mortels. Sa réputation attira le duc de Milan à Brescia ; il lit prier Angèle de venir le voir au couvent desBarnabites.

La jeune tille, que n'éblouissait pas la grandeur humaine, parut devant le prince avec autant de calme que d'humilité.

Loin de répondre à la considération que lui témoigna ce prince par des flatteries, elle le conjura de rendre justice à ses sujets, de les aimer, et d'être plutôt leur père que leur maître. — Une merveilleuse sagesse se développa dans le cœur de cette fille si simple et si inexpérimentée, et se manifesta par le don de la parole et de la persuasion.

Les choses cachées et futures lui étaient révélées. C'est ainsi , par exemple , qu'elle décrivit à un de ses parents, chanoine de S. Kazaire de Brescia, ses péchés secrets et l'état de son âme avec tant de vérité qu'il se convertit immédiatement et saus la moindre réplique.

Un jour qu'Angèle faisait une visite à Désanzano, elle vit, durant sa prière, une échelle qui montait de la terre au ciel, et sur laquelle des vierges couronnées s'élevaient en triomphe vers le trône de Dieu. Elle reconnut dans cette vision qu'elle était appelée à fonder un ordre. Cependant elle sentit naître en elle un saint désir de se rendre en Palestine. Elle s'embarqua à Venise, perdit la vue durant la route et supporta son malheur avec la plus noble résiliation. Elle se fit conduire dans tous es lieux consacrés par la présence de Notre-Seigneur, fit ses dévotions et se contenta de la lumière intérieure qui éclairait son âme Au retour unnaufrage jeta son navire daus l'île de Candie. Il y avait, daus le voisinage du port, une croix miraculeuse vers laquelle elle se fit conduire et où elle recouvra la vue. Revenue à Rome, elle fut vivement sol-

licitée par le Pape Clément MI de s'y fixer ; mais Agnès opposa au désir du Pape de si solides motifs que ce Pape sentit qu'elle était appelée à une plus haute destinée et la laissa partir en la comblant des marques de sa bienveillance. Cependaut l'Esprit de Dieu avait à lutter dans Angèle contre de nombreux et incessants scrupules. Un digne confesseur la soutint et la dirigea dans cette lutte difficile.

Raffermie dans ses desseins, elle finit par fonder, en 1537, uue société qui se composa dans l'origine de soixantedouze jeunes filles dont Angèle fut la supérieure et qu'elle mit sous l'invocation de Ste Ursule. Ainsi fut créé Yordre des Ursulines, destiné à l'éducation des jeunes filles et à la conversion du monde. Le Pape Paul III approuva l'ordre en 1544, lui accorda des indulgences plénières et d'autres privilèges, qui furent encore notablement augmentés par le Pape Grégoire XIII, en 1572, à la demande de S. Charles Borromée, vicaire apostolique de Tordre. Les Ursulines se propagèrent, de la maison-mère de Brescia, en Italie, en France , en Allemagne , en Hongrie, dans le nord de l'Amérique. Toutefois Angèle ne vit pas de son vivant cette immense diffusion de son ordre. Les fatigues de sa charge et ses perpétuelles mortifications lui causèrent une maladie incurable. Lorsqu'elle se sentit proche de sa fin , elle prit affectueusement congé de ses sœurs. Elle mourut le vendredi saint, 21 mars 1540, après avoir reçu le saint Viatique et en chantant les louanges de son Dieu. Les chanoines de Brescia et lès chanoines réguliers de Ste Afre se disputèrent son corps, qui demeura pendant trente jours sans être inhumé, recevant les hommages des fidèles. Ses membres ne se roidirent pas, on ne vit pas la moindre trace de corruption , son visage demeura rayonnant de sainteté et de vie,

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