MERITIJM DE CONGRUO — MERLIN
ture : Convertimini ad me, et convertar ad vos (1).
Un pécheur de ce genre reçoit d'après cela une récompense de Dieu pour ses bonnes œuvres, récompense qui répond précisément à ce besoin actuel de son âme, mer ces conveniens , c'està-dire sa justification ; il se comporte à l'égard de Dieu comme le fils qui, cherchant à apaiser peu à peu son père irrité et à se réconcilier avec lui par une conduite repentante, soumise et filiale, reconquiert l'amour de son père. Ainsi le pécheur obtient d'être justifié à la suite de sa bonne conduite, que Dieu récompense en le préparant à recevoir la grâce sanctifiante, meretur de congruo justificationem ; car les bonnes œuvres du pécheur sont aussi bien le commencement de sa conversion que le commencement de ses efforts pour satisfaire à la justice divine ; Dieu permet toujours qu'on le trouve quand on le cherche sincètement. Dux.
MERLIN l'Enchakteub , ou Merdhinemeris, Amhrosius, figure légendaire des Bretons au temps du Romain Ambroise et du roi Arthur. Il naquit au cinquième siècle, à Carmather, et prédit, avant Vortigern, le déplorable avenir de la Bretagne. Plus tard il transporta des rochers d'Irlande en Angleterre et en construisit un trophée en l'honneur d'Ambroise. Il éleva le roi Arthur ou devint son conseiller, et à ce titre il engagea le roi à fonder la Table ronde. II ne pouvait être vaincu que par un charme dont, imprudemment, il livra le secret.
Ce charme fut éprouvé sur la personne de Merlin sans mauvaise intention. Merlin disparut, sa voix seule subsista et rendit des oracles dans une grotte de la forêt de Brocéiiande ou Brécheliant. Il échappa aux Saxons sur un vaisseau de verre. — D'autres détails
(1) Zachar., I, 8.
aussi fabuleux se rattachent encore à son nom. Lingard dit du roi Arthur : « Nous ne savons ni le temps où il vécut, ni la situation de son empire. » Ces paroles s'appliquent parfaitement à Merlin. Ce serait une peine inutile que de vouloir chercher la vérité historique sous les figures dont les poètes l'ont enveloppée. Alain de Lille (1) rédigea, vers 1171, un commentaire sur les prophéties de Merlin, qui excitaient fortement l'attention à cette époque. Ce commentaire parut sous le titre de Commentaria in divinationes propheticas Merlini Caledonii, cum huj. vaticiniis, Francof., 1603. Suivant Du Pin et d'autres le travail d'Alain est interpolé. La traduction de cette prophétie du breton en latin, avec l'explication d'Alain, est, dit-on, l'œuvre de l'historien anglais Geoffroi de Monmouth (vers 1151), à qui on attribue aussi une Vie de Merlin (2). Antérieurement déjà les prophéties de Merlin avaient été publiées en diverses langues : en espagnol, Burgos, 1498 ; à Séville, 1500; en français, à Paris, par Robert de Borron, 1498, en 3 vol., et 1528. Boulard a mis le vieux roman intitulé : Merlin l'Enchanteur, en français moderne, Paris, 1797, en 3 vol.; il a été traduit en italien, Venise, 1480; Florence, 1495, et plus souvent en anglais, Londres, 1529, in-4°, 1641, in-4°; plus tard, en 1754, en 1813. Fr. Schlégel les traduisit en allemand et les publia dans son recueil de poésies romantiques.
Dans la dernière et superbe édition de Vienne (seconde édition originale) de 1846 on trouve, au septième volume, page 140, la vie de l'enchanteur Merlin. Schlégel s'exprime ainsi sur le mérite de cette histoire et sur son propre travail : « Les anciens romans les plus riches d'invention et les plus importants sont en général ceux qui se
(1) Foy. Alain de Lille.
(2) Foy. Geoffroi.
M ERODACH — MÉROM
rapportent à la Table ronde et au roi Arthur; parmi ces romans il n'en est guère de plus étonnant et de plus original que celui de l'enchanteur Merlin.
Le travail que nous donnons en allemand sur ce poème a été tiré des meilleures sources françaises de la Bibliothèque de Paris, eu 1803 et 1804. » Le roman de Merlin, d'après Schlégel, se termine ainsi : « Le roi Arthur envoie des»gens pour chercher Merlin, qui est perdu. On le trouve, et en même temps ou ne le trouve pas, car on ne perçoit que sa voix. Le chevalier Gawin, qui avait trouvé la voix de Merlin, se rendit alors, plein de joie, à Cardueil, où le roi Arthur tenait sa cour et où tous les grands et les princes du pays l'entouraient. La douleur et le deuil furent grands lorsque le chevalier Gawin raconta qu'on ne verrait et n'entendrait plus Merlin , et qu'il était à jamais captif. Tous les assistants se mirent à pleurer en apprenant les adieux que Merlin envoyait à la reine, au roi et aux barons, et les bénédictions qu'il leur adressait, ainsi qu'à tout le royaume. » Gams.
MÉRODACH BALADAN , T|7ïOO
ou eucore, d'après un changeaient habituel de labiales, 3 17«^, roi de Babylone, fils de Baladan, qui eut des rapports d'amitié avec le roi Ezéchias (1), est le même personnage que celui qui est nommé M*p£o>uu.Tra$G; dans le canon de Ptoléméc et Marudach Baldanes par Alex. Polyhist. (Bérose), dans Eusèbe, Chron. Arm., page 19.
Selon Ptolémée il régna douze ans, de 721 à 709, dans Babylone; suivant Alex. Polyhist, il se rendit maître de Babylone après le meurtre de Hagises ou Acises ; mais il fut tué au bout de six mois par Élibus, qui lui-même fut,
(1) Cf. IV Rois, », 12 iq. Inle, 39, i sq. II Parai., 2», 51.
au bout de trois ans, soumis à Sennachérib d'Assyrie, et remplacé par son fils Asordan (Esarhaddon) comme roi de Babylone. On peut voir des détails sur l'identité de ce nom et les diverses opinions élevées à ce sujet dans Keil, Commentaire* sur les livres des Rois, page 552 sq.
mérom (qtio »a, lac amer), appelé par Josèphe Flavius ia(«x<«m{ Xtjxvn ou lt|«X«vïTK, aujourd'hui Bachr el Huleh (lac de Huleh), lac formé au nord de la Palestine par les ruisseaux de Nahr Banjas et Nahr Hasbéia (les deux principales sources du Jourdain). II a la forme d'un triangle tronqué, dont la base est située au nord. A sa base il a une largeur d'un mille; sa longueur, jusqu'à sa pointe émoussée au sud, est d'un mille ou un mille et un quart. Son bord septentrional forme un marais plus large encore, et qui fait partie du lac, car les eaux de celui-ci se répandent plus ou moins sur ces marécages suivant les saisons. Peu à peu ces marais deviennent des prairies verdoyantes, fertiles, et qui s'étendent fort au loiu. Durant la saison aride de l'année les Arabes Ghavahrideh (c'est-à-dire les habitants du Ghor) font paître leurs troupeaux dans les parties septentrionales de ces marécages. Thomson, pour parvenir des marais au bord du lac , s'aboucha avec un de ces Arabes, qui lui jura par Allah qu'un sanglier même ne pourrait pas y atteindre. C'est le plus grand pâturage qu'il ait jamais vu ; il est absolument plat , rempli de flaques d'eau, de forêts de joncs, de roseaux, de gazons.
D'innombrables troupeaux de moutons blancs et de chèvres parcourent ces immenses pâturages dans tous les sens; on y voit aussi des files de chameaux et de bœufs. Les buffles s'y vautrent dans les eaux fangeuses et semblent prospérer dans ces parages j cependant la race y est dégénérée; ils
MERS BIBLIQUES
ont peu de ressemblance avec les magnifiques ruminants de la Bible Le côté oriental du lac est resté inexploré jusqu'à nos jours. VVildenbruch pense que la pente abrupte et touffue des bords du lac offrirait difficilement une voie praticable. Au bord occidental les montagnes ne se rapprochent pas autant du niveau du lac et laissent i\ leur pied une rampe unie remplie de joncs, de roseaux et de lotos. C'est de ce côté que se trouvent la plupart des huttes des Bédouins. L'eau n'est pas aussi limpide que celle du lac de Ti^ériade (1). Eu général le lac de Mérom ressemble à une lagune, car son niveau d'eau change avec chaque saisou de l'année. Il est situé, suivant Berton, à environ 6% 15 au-dessous du niveau de la Méditerranée.
Cf. Kitter, Géogr., CXV, 218 sq.
Schegg.
MERS BIBLIQUES
I. La mbr Méditerranée, à l'ouest de la Palestine, que la Bible nomme
tantôt la grande mer, TTun DM, la mer postérieure, c'est-à-diie occidentale, ynnKn D>n, parce que les Hébreux déterminent les positions géographiques en partant de l'orient, tantôt la mer des Philistins, ou simplement ta mer, et que les poètes appellent le grand abîme, abyssus multa, T\T\ DVTfl (2), située plus bas que l'océan Atlantique et que la mer Noire, est, sous les mêmes parallèles, plus chaude de 2 à 3 degrés et entretenue par des affluents si peu nombreux et si peu considérables que la vaporisation lui enlève trois fois plus d'eau que les courants du continent ne lui en apportent. Elle se dessécherait, par conséquent, si elle u'était alimentée par la mer Noire et la mer Atlantique, qui, nous l'avons dit, sont
11} Poy. GÉNÉSARETH.
(2) Ps. 55, 7.
situées au-dessus d'elle. Cette position détermine des courants qui se font sentir surtout aux bords de la Syrie.
Là le courant passant devant la côte méridionale, c'est-à-dire celle de la Palestine, et éloignant de cette côte, est défavorable à la navigation, tandis qu'il lui est favorable près de la côte septentrionale et phénicienne, à laquelle il mène et dont il ramène à la fois. En général le courant se dirige, le long des côtes de la Syrie, du sud au nord, avec une vitesse de 6 à 8 milles en vingtquatre heures. La côte méridionale est plate et sablonneuse et s'avance de plus en plus dans la mer, grâce aux terres d'alluviou que lui apportent les fleuves ; la côte septentrionale de Saint-Jeand'Acre, au contraire, vers Tyr, est roide et abrupte. La zone des côtes est d'une médiocre largeur et ne comprend jamais que quelques lieues de l'ouest à l'est ; elle est souvent resserrée par les montagnes et les rochers qui avancent et ne laissent qu'une ligne étroite entre eux et la mer, sauf la baie de Saint- Jean-d 'Acre à la pointe septentrionale du mont Carmel. Tout le long de la Palestine on ne rencontre pas un golfe, pas un port, si bien que cette contrée, quoique située dans toute sa longueur aux bords de la Méditerranée, se trouve, par sa conformation même, exclue de tout commerce avec la mer. C'est précisément ce qui constitue la grande différence entre la Phénicie et la Palestine. Dans celle-ci (1) toutes les vallées reviennent sur elles-mêmes et se referment au centre du pays, tandis que, dans celle-là* elles s'ouvrent du côté de la mer, vers laquelle devaient, nécessairement, se porter le commerce et toute l'activité du peuple de Phénicie.
II. La MERROUGB, 'EpuÔpà bxkoaaxtf), en hébreu mer des joncs , «j1D"D% est
(1) Ritter, Géogr., XV, 19.
(2J I Mach.tU, 9. Sagesse, 10,18.
un golfe de l'océan Indien, long, étroit, qui, à l'exception d'un isthme peu large, sépare l'Afrique de l'Asie, et se divise au nord en deux autres golfes entre lesquels est située la péninsule sinaïtique. La longueur de la mer Rouge est de 300 milles allemands; le flux et le reflux font sentir toute la force de leur mouvement jusqu'aux bords les plus avancés des extrémités septentrionales du golfe. Sa surface, sauf le golfe de Suez, est couverte de varechs qui lui ont valu peut-être son nom de mer Rouge, dans tous les cas son nom hébreu de mer des joncs. Sa profondeur est, en somme, médiocre jusqu'au golfe d'Akaba.
Son extrémité nord-ouest est d'une grande importance dans l'histoire de la Bible, à cause du passage des Israélites à travers la mer Rouge, tout comme son extrémité nord-est à cause d'Klath et d'Asiongaber et des flottes qui en partaient pour Ophir.
Le golfe de Suez (sinus Heroopolitanus desancieus, aujourd'hui Bachhr Assuez) est large de 2 kilomètres et guéable. Lorsqu'un vent de nord-ouest pousse les eaux vers le sud, surtout au moment de la marée basse, on peut traverser le golfe à cheval, ou mime à pied, en allant au nord. Si le vent tourne au sud-est, l'eau monte, en peu de temps, à 2 mètres. Si on prend la voie de terre au nord, au-dessus de Suez, on tourne la mer en marchant pendant quatre heures. Russegger partit le 15 octobre 1838 de bon matin de Suez, afin de traverser le bras de mer à cheval durant la marée basse. Il marcha pendant une heure vers le nord, le long de la côte, puis une heure à travers le bras de mer, en le croisant, vers l' est-est-sud ; enfin une heure vers le sud-sud-est, où l'on se retrouve près de la ville de Suez et en face d'elle. Le fond de la mer était un sol sablonneux et visqueux, couvert d'une croûte salée