LUT
qu'il aimait le mieux à constater et à soutenir, c'est que l'homme, non-seulement l'homme éloigné de Dieu, mais l'homme en état de grâce, pèche perpétuellement dans toutes ses actions, même dans celles qu'il fait avec les meilleures intentions; qu'il mêle à toutes quelque chose d'impur qui déplaît à Dieu, et que le plus facile des commandements ne peut être observé en réalité même par les gens les plus pieux et les plus fidèles.
Ainsi partout Luther, méconnaissant le bien, faisait ressortir le mal, grossissait les inconvénients, s'ingéniait à les peindre avec des couleurs criardes, sans avoir égard jamais aux circonstances atténuantes.
Dès que Luther se trouva en opposition avec le dogme catholique, dès qu'il se laissa entraîner à la défiance contre l'Église, dépositaire de ces dogmes odieux, il dut se faire un immense changement dans ses jugements sur l'Église elle-même; il dut découvrir les fruits détestables de sa détestable doctrine dans tous les actes et toutes les formes de l'Église, recueillir avec empressement tout ce qui pouvait servir de preuves pratiques contre cette doctrine ; il dut grossir par des descriptions exagérées, par des contre Tarons satiriques et ridicules des faits , l'accusation portée contre le système d'où naissaient les faits condamnés. Bientôt Luther ne vit plus dans la nature et dans l'histoire que l'empire de Satan, empire immense, absolu, irrésistible, auquel était soumis tout ce que Dieu même n'arrachait pas au diable.
Depuis que Luther avait acquis la ferme conviction que l'Église s'était détournée de la pure doctrine du Christ dans les points les plus importants, il ne pouvait plus croire que l'Église frit sous la direction spéciale de Dieu et fût maintenue par lui. Elle n'était plus pour lui qu'un royaume dans lequel Satan