MAGNIFICAT
partis de se déchaîner et de poursuivre de leur haine les Chrétiens orthodoxes. Magnence, pour augmenter le nombre de ses partisans et miner l'autorité de Constance , envoya ses affldés dans les diverses provinces. Il expédia au Liban et en Êgypte Valens et Clément, les chargeant de gagner S. Athanase, dont, dans la conviction de Magnence , la parole suffirait pour lui gagner tous les esprits; mais ses artifices échouèrent.
Quoique Athanase ne pût, d'après l'expérience qu'il avait faite, s'attendre à trouver dans Constance un vigoureux protecteur contre les intrigues des Ariens, il exhorta vivement les fidèles qu'il avait réunis autour de lui à demeurer dévoués à leur empereur légitime. Pendant ce temps les légions de Pannonie avaient proclamé Auguste leur général Vétrano, qui entra bientôt en pourparlers avec l'usurpateur et s'entendit avec lui pour marcher contre l'empereur Constance. Dès que celui-ci en reçut avis, il fit ses préparatifs pour tenir tête aux séditieux. Magnence, enhardi par le succès, lui envoya à Héraclée des députés chargés de lui offrir la paix et le partage de la souveraineté, à la condition d'un double mariage entre Constance et la fille de Magnence, entre Magnence et Constantina, sœur de l'empereur, et de lui représenter toutes les conséquences funestes qui résulteraient de son refus.
Constance rejeta ces honteuses propositions, et, Vétrano s'étant rangé de son côté avec 20,000 hommes de cavalerie et un corps d'infanterie plus nombreux encore, l'empereur marcha, à la téte de ces forces réunies, contre Magnence, qui, de son côté, dévastait les contrées fertiles de la Pannonie, avait pris d'assaut la ville de Siscia, et finit par livrer uue sanglante bataille près de Mursia, aujourd'hui Eszek. L'usurpateur battu prit la fuite et s'enferma dans Aquilée ;
mais les dispositions du peuple avaient
tourné contre lui ; ses cruautés l'avaient rendu odieux, et Rome, comme les autres villes d'Italie, se déclara ouvertement pour Constance.
Magnence fut obligé de chercher un refuge dans les Gaules avec ce qui lui était resté de troupes fidèles. Pressé de tous côtés, il demanda la paix que Constance lui refusa. Une flotte équipée par l'empereur lui assura la possession de l'Afrique et de l'Espagne, débarqua sur les côtes des troupes nombreuses qui franchirent les Pyrénées et marchèrent sur Lyon pour s'emparer de la ville et de Magnence, qui s'y était réfugié. On en vint aux mains près du mont Séleuci, petit endroit dans les Alpes Obtiennes, et Magnence fut battu. Après cette défaite il ne put plus parvenir à former une nouvelle armée, et, le reste de ses troupes s'étant unanimement prononcé en faveur de Constance, Magnence, pour ne pas tomber vivant entre les mains de son ennemi, se précipita sur son épée (10 août 353).
Voir Aurèl. Victor, de Cazaribus; Jolian., Orat., 1 et 2; Socrates, Ub. 2, c. 30 ; Sozomène, Ub. 4, c. 1 ; Zosime, lib. 2; Gibbon, p. 538; Môhler, Athanase, t. Il, p. 115.
Thâlleb.
magnificat (Et angelium Maris).
On nomme ainsi le cantique par lequel la bienheureuse Vierge Marie répondit au salut que lui avait adressé Elisabeth en entrant dans sa maison. Il se trouve dans S. Luc (1). C'est l'explosion d'une âme pieuse qui, inondée de grâce, et aussi humble que glorieuse, rapporte tout honneur au Seigneur son Dieu.
L'Église d'Occident répète ce cantique tous les jours de l'année dans l'office de vêpres. Quand le jour baisse, quand la nuit approche avec ses mys-