première partie (I), et qui raconte en somme ce qui suit
Peu après la dévastation du couvent de S. G ail par les Franks, le prêtre Tosso (Tozzo), du diocèse d'Augsbourg, vint visiter le tombeau de S. Gall. Magnus avait déjà reçu de Dieu la mission de se rendre dans les Alpes Juliennes, où un jour Narcisse, évéque de Toulouse, avait ordonné au diable de tuer un dragon. Au retour de Tosso il s'attacha avec Théodore à ce dernier , et partit pour l'Algau. A Brégenz Magnus guérit un aveugle; à Kempten, armé de la cambutta de S. Gall , il tua un grand serpent boa , et, à sa prière et à celle de Théodore , les serpents et les démons abandonnèrent la contrée. Après y avoir converti beaucoup d'habitants et avoir érigé une chapelle dans laquelle Théodore demeura , Magnus alla avec Tosso à Epfach (Eptaticut), où résidait alors Wikterp, l'évêque d'Augsbourg.
C'est ainsi que la biographie de Magnus nomme cet évéque; mais il est évident que ce ne pouvait être l'évêque Wikterp (al. Wigo, Wicho), Wizo, qui est nommé dans une lettre du Pape Grégoire III, de 739, et qui vécut au delà du milieu du huitième siècle, puisque, d'après ce que nous avons dit plus haut , Magnus s'attacha à S. Gall vers 612. Il faut donc, s'il y a quelque chose de vrai dans le grand rôle qu'on Tait jouer 5 Wikterp , évéque d'Augsbourg , dans la vie de Magnus, penser à un autre évéque d'Augsbourg du septième siècle, comme serait Wiggo(cr/. Wizo, Wichpert), que Braun (2)fait mourir en 667. Magnus et Tosso s'arrêtèrent donc chez Wikterp pendant quelques jours. Magnus obtint la permission de s'établir dans la passe étroite située au pied des
(1) Voir Braun, Hist. des Éviques d'Augsbourg t I, p. 90. Reltberg, Hist. de l'Église d'Allemagne, II, 1W.
(2) Les Èvêqutt d'Augsbourg^ I, 78.
Alpes Juliennes (a Fûssen) (1), d'y élever une chapelle ; il partit accompagné de Tosso et de quelques guides que lui avait donnés Wikterp, et prit la route qui y menait, en traversant Rosshaupten.
Près de cet endroit Magnus eut un nouveau combat à livrer à un grand dragon au-devant duquel il marcha, après avoir prié et communié , tenant en main la cambutta de S. Gall et un cercle goudronné, portant un reliquaire à son cou ; arrivé en face du dragon, il lui lança sa couronne de poix dans la gueule et le tua. Alors Magnus et ses compagnons arrivèrent le long du Lech, dans une grande et belle plaine, où se trouve aujourd'hui le village de Waltenhofen , non loin de Fûssen. L'endroit lui plut. Il suspendit son reliquaire à un arbre , pria devant ces reliques , bâtit en l'honneur de la sainte Vierge et de S. Florian une petite église que l'évêque Wikterp consacra, et, après y avoir séjourné et prêché pendant quelque temps, et y avoir laissé Tosso pour remplir les fonctions pastorales, il se rendit à Fûssen , où il bâtit un petit oratoire avec une cellule. Cette chapelle rut égalemeut dédiée par Wikterp, qui confia l'instruction de plusieurs clercs à Magnus, dont la réputation de sainteté se répandait de plus en plus.
Wikterp obtint pour S. Magnus, de la cour franke (du roi Pépin , dit la légende , mêlant les événements passés et présents), quelques donations, et lui conféra le sacerdoce, après avoir fait la dédicace de l'église nouvellement construite par Théodore à Kempten. Magnus, dit la légende, passa vingt-cinq ans à Fûssen, convertit le peuple à la foi chrétienne, guérit les malades , découvrit des mines de fer dans les montagnes de Saùling, et mourut enfin en présence de Théodore de Kempten et
(1) Ville d« Bavière, non loin de Kempten. Fuss = pied.