‹ Dictionnaire encyclopédique de la thélogie catholiqueChapitre 38 sur 224 · MAI MON! DES · texte numérisé non relu

MAI MON! DES

tout entière dans l'écrit que nous venons de citer, et cette apostasie se trouve d'ailleurs parfaitement d'accord avec les principes professes dans son DVn VVTp {sanctification du nom de Dieu)(i).

■ Mohamed - ben - Tomrut mourut en 1162, mais son successeur renouvela son édit, et la persécution devint plus cruelle qu'auparavant.

Maimonide, se conduisant extérieurement comme un Mahométan , paraît cependant avoir toujours au fond appartenu au judaïsme; il s'occupait principalement de l'étude des ouvrages juifs, de la Mischna et du Talmud, en même temps que des philosophes grecs et arabes. Cette conduite, contraire à ses croyances, finit par lui devenir insupportable. A l'âge de trente ans il prit la résolution de se rendre dans un pays où il lui fût possible d'appartenir à sa religion et de pratiquer sa loi sans crainte et sans contrainte. Il s'embarqua en conséquence, avec son père et toute sa famille, pour la Palestine, et aborda au bout d'un mois, après de nombreux dangers, à Saint-Jeand'Acre. De là il se rendit à Jérusalem, à Hébron,ne séjournant nulle part longtemps, de peur des Chrétiens qui étaient alors maîtres de ces contrées. D'Hébron il gagna l'ftgypte, s'arrêta à Alexandrie, et finit par se fixer à Fostat. Comme il a lui-même décrit ce voyage (2), la donnée commune, suivant laquelle il aurait gagné directement l'Egypte (3), ou d'abord le Maroc et de là l'Egypte (4), est inexacte. Fostat était précisément le théâtre de luttes très-vives entre les Kabbanites et les Caraltes (5), et ces derniers étaient sur le point de l'cmpor-

(1) Yoir Annale» Urailitet, I. C, p. 325, ann. 1840, p. 32.

(2) Cf. Annal, isr., ann. 1840, p. 45.

(3) Basnagf, Hi»t. de» Juif», V, 161?. («) Jo»t, Hitt. de» lirait., VI, 173.

(5) F»y. CARAlTE».

ter lorsque Maimonides, venant à l'aide des premiers, fit complètement prévaloir l'autorité des anciennes lois rabbiniques, et amena les choses si loin qu'une formule concernant les principaux points, et signée par des rabbins, fut publiée dans toutes les écoles et le* synagogues, et l'excommunication proclamée contre les contrevenants.

Cette coopération victorieuse de Maimonides lui procura la profonde considération des uns et la haine implacable des autres. Quelque zèle qu'il eut déployé en faveur de l'étude de la loi, qu'il se plaisait même à enseigner à ceux qui avaient recours à lui , il ne voulut jamais accepter aucuue récompense pour ce genre de service ; il pourvoyait à son entretien moyennant le commerce de diamants et la pratique de la médecine, qu'il avait sérieusement étudiée et dans laquelle il était devenu très-habile.

Enfin en 1168 il termina le commentaire de la Mischna, qu'il avait commencé à l'âge de vingt-trois ans, et le publia eu langue arabe sous le titre de : ^i^-JI v>Lû . Dans une longue introduction, qui précède son commentaire, il s'attache surtout aux opinions des philosophes grecs et arabes, qu'il met au-dessus des sages d'Israël, et il s'efforce de montrer l'accord qui existe entre les doctrines de la sainte Écriture et les opinions des philosophes.

L'original arabe de ce livre fut bientôt traduit en hébreu sous le titre de o THDn t et fut souvent réimprimé, d'abord à Naples, 1492 (1), puis à Sabionéta, 1559, à Mantoue, 1561, à Venise, 1566 et 1606; enfin traduit en latin dans l'édition de la Mischna de Surenhus, Amsterd., 1698-1703, et publié par Pococke en arabe sous le titre de : s^b (Porta Mosis), Oxf., 1655.

(1) De Roui, Annale» Uebreeo-typographiH, lee. XV, p. 90 iq.

MAIMOMDES

Après avoir terminé ce commentaire Maîmonides publia son rTjIrn rtltfOj souvent aussi appelé HJDjn Y», qui renferme en quatorze livres toutes les lois restées en vigueur jusqu'à lui. Elles sont extraites de tous les ouvrages antérieurs, Mischna, Talmud, etc., etc.

Maimonides rédigea son livre en pur hébreu et le destina à devenir le code universel du judaïsme; chaque lecteur devait pouvoir y trouver rapidement toutes les lois judaïques, leurs subdivisions et leurs applications. Toute recherche en dehors du code devenait dès lors inutile (1).

On trouve l'indication complète des matières de ce code dans la Bibiiotheca Hebrxa de Wolf, I, 840-851. Ce livre de Maimonides a été souvent réimprimé, d'abord sans indication de lieu et d'année (2), puis à Soncino, 1490, à Constantinople, 1509, à Venise, 1524, 1550 et 1575, avec diverses additions; la meilleure édition est celle d'Amsterdam, 1702. En outre presque toutes les parties de l'ouvrage ont été publiées à part en hébreu et en latin.

En 1179, Maimonides devint le médecin particulier de Saladiu, qui l'estimait beaucoup, de même que les grands de sa cour, il fut accusé par ses ennemis d'avoir abandonné l'islamisme, qu'il avait antérieurement embrassé ; niais Saladiu rejeta la dénonciation en disant qu'une profession de foi contrainte n'avait pas de valeur. 11 continua à être le médecin des deux successeurs de Sa lad in et résidait habituellement en Égypte, ce qui lui fît donner le surnom d'Égyptien. Malgré le temps considérable que lui prenait sa pratique médicale il n'abandonnait pas ses travaux scientifiques. Il composa encore plusieurs ouvrages et fonda à Alexandrie une académie que fréquentaient de nombreux élèves venus d'Égypte, de Palestine et de Syrie.

(1) Annal, israét., ann. 1840, p. 218.

(2) De Roui, L cM p. 120 sq.

Il mourut en 1 20 1, et, suivant son désir, son corps fut porté en Palestine et enterré à Tibériade.

Son ouvrage le plus important et le plus célèbre, après la rnwj est

le fameux CTDinan rniQ {le Maitre des égarés), qu'il avait rédigé d'abord en arabe pour son disciple R. Joseph,

sous le titre de : ^j^jU^I X)^ta. \\

cherche à démontrer par ce livre qu'on doit et comment on doit comprendre et interpréter spirituellement les documents révélés de l'Ancien Testament; il y traite longuement une foule d'opinions philosophiques et théologiques, et prétend démontrer notamment quel est le vrai sens et le vrai motif de certaines lois mosaïques en apparence destituées de raison, en même temps que, dans sa prédilection ponr la philosophie grecque et arabe, il mêle souvent à ses interprétations des explications étrangères au système talmudico-judaïque.

L'original arabe fut, sous ses yeux, et avec son consentement, traduit en hébreu par Aben-Tibbon. Cette traduction a été souvent imprimée, d'abord sans indication de lieu ni de date, probablement avant 1480(1), puisa Venise, 1551, à Sabioneta , 1553, à Hàle , 1629, par Buxtorf le jeune; enfin à Berlin, 1791, par R. Salomon Maimon.

Il faut encore mentionner les treize articles de foi , Dnj£ iTlj^î ^ <*>.

la lettre ou le discours sur la résurrection des morts, D>nan irnrrSy ma«,

ou 1Ç$îÇ, la Logique, pjn D, et la Psychologie, tfsan D (8).

Carmoly, dans les Annales israélites (4) , place Maimonides au premier

(1) De Rasai, Annales, «le, p. 121 sq.

(2) Foy. Judaïsme.

(S) Cf. à ce sujet, et sur d'autres ouvrages de moindre importance, ainsi que sur les écrits de médecine du même, Wolf, BiblioUu Uebr., I, 860 sq.

(4) A.UD. 1819, p. 808.

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