MALADES (VISITE DES
I. Devoirs du curé à cet égard. Parmi les obligations imposées au curé, une des premières est celle qu'il a de veiller au salut des malades de sa paroisse. Il doit, autant que possible, pourvoir en personne à ce qu'aucune des âmes qui lui sout confiées ne meure sans les secours de la religion. Quand il ue peut remplir personnellement cette obligation , il faut qu'il en charge d'autres prêtres à sa place, et qu'il les surveille dans la manière dout ils 6'acquittent de ce devoir sacré-
Les prêtres réguliers, s'ils n'administrent pas de cure, n'ont pas d'autre obligation de visiter les malades que celle que leur impose en général l'amour du prochain; mais ils ont le droit d'exercer le ministère pastoral auprès des malades gui les font appeler.
Quand un prêtre régulier a entendu un
malade à confesse, îl doit en avertir le curé du lieu, d'après la constitution Superna, de Clément X , du 22 mai 1670. Cependant il ne peut lui administrer le saint Viatique sans l'autorisation du curé.
On comprend facilement le motif de la stricte obligation qu'a le curé de visiter et de surveiller ses malades. Eh général c'est surtout dans ta maladie et à l'approche de la mort que le Chrétien a besoin d'un prêtre.
Plus d'un Chrétien remet avec une coupable légèreté l'obligation de penser sérieusement au salutdeson âme au dernier moment delà vie ; souvent la crainte de la mort, de cruelles douleurs font apparaître les choses qui ont rapport à l'éternité sous un jour tout différent de celui sous lequel on les a vues jusqu'alors. C'est pourquoi on peut dire avec vérité que les jours de maladie sont, chez la plupart des hommes, décisifs pour leur salut éternel. C'est alors ou jamais qu'une âme peut être sauvée.
La grav ité des circonstances fait en outre que les âmes sont plus accessibles à la parole et à la grâce de Dieu que dans tout autre moment. Aussi est-ce durant la maladie qu'habituellement le pasteur récolte les plus faciles et les plus abondantes moissons.
Ou ne peut cependant méconnaître les difficultés que rencontre l'accomplissement de cette grave obligation.
Ces difficultés naissent des malades, des circonstances de la maladie, des rapports du clergé avec le malade.
En général les malades sont accessibles au zèle du curé ; mais c'est alors que leur caractère se prononce le plus vivement , et ils doivent être traités en conséquence. Il n'est pas toujours facile de saisir la voie véritable pour persuader le malade, surtout quand on songe que la maladie prend souvent une issue rapide et nécessite par là même une double sollicitude. 11 faut que
le directeur spirituel s'attende à traiter des malades qui répondent peu à ses efforts. Il faut, pour gagner de pareils malades , beaucoup de charité , d'adresse, de persévérance et de prudence.
Des maladies longues et douloureuses rendent le ministère pastoral extrêmement difficile; elles donnent souvent occasion au prêtre de prouver son zèle. La visite et le soin des malades imposent tout spécialement au curé le devoir de la résidence. C'est à juste titre que Y Instruction pastorale d'Eichstœdt recommande aux prêtres qui ont charge d'Ames : Omni momento temporis, tam diumo quam nocturno, pastor débet esse para* tus spiritualem infirmis opem et eleemosynam subministrare, et sœpius populum cotnmonefacere ut, n ulla noctis tel tempestatis ratione habita, ad graviter decumb entes ipsum accersat.
Cette disposition à servir toujours les malades demande de la part du pasteur beaucoup de sacrifices , qu'il doit accomplir sans réplique. En somme , les qualités qui sont indispensables auprès des malades au prêtre qui a charge d'âmes sont : 1° un zèle véritable, en vertu duquel il ne cherche auprès des malades qu'une chose, le salut des âmes, et, par conséquent, va aussi souvent et aussi volontiers chez les pauvres que chez les riches, et n'attend jamais de récompense d'un service de ce genre ; 2° une grande patience à supporter les caprices des malades, à écouter tranquillement leurs plaintes, toutes les fois et quelque souvent qu'elles reviennent , et à ne jamais se lasser, quelque désagréables qu'ils deviennent; 3° le sacrifice de soi-même, qui ne recule devant aucune peine, aucun effort, aucune difficulté de transport, aucune incommodité de temps, mais qui répond à l'appel en tout temps, dans toutes les circons-