‹ Dictionnaire encyclopédique de la thélogie catholiqueChapitre 54 sur 224 · VISITE DES · texte numérisé non relu

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tances, sans laisser apercevoir la moindre humeur; 4° la présence d'esprit, qui saisit, parmi les accidents si multiples et si inattendus d'une maladie, les moyens les plus justes, les mesures les plus convenables au but qu'il faut atteindre ; 5° la liberté de toute appréhension, afin de pouvoir approcher du lit de tout malade sans frayeur et sans inquiétude sur sa propre santé.

II. Des malades. Tous les malades d'une même paroisse ont droit à la sollicitude pastorale du curé. Il n'est pas nécessaire que la maladie fasse craindre la mort. Des maladies moins graves peuvent être telles que la prévenance et la charité du curé aient les plus salutaires conséquences pour le malade qu'il visite. C'est ce qui est vrai surtout des malades que de longues infirmités empêchent pendant des mois et des années de fréquenter l'église et de prendre part à ses bénédictions. Il serait injuste de la part du curé de négliger des âmes qui ont tant besoin de consolation et d'assistance spirituelle. Le pasteur zélé n'attendra pas qu'on l'envoie chercher ; il remplira spontanément son devoir.

Le Rituel romain dit à ce sujet : Quare cum primum noverit quempiam ex fidelibus curs sux commissis &grotare, non exspectabit ut ad eum voce tur, sed ultro ad illum accédât, idquenon semel tantum, sed ssepius , qua tenus opus fuerit ; horte turque parochiales suos ut ipsum admoneant cum aliquem in parochia sua œgroiare contigerit, prœcipue si morbus gravior fuerit.

Si le malade est en danger de mort, le curé cherchera à remplir ses saintes obligations même dans le cas où il aurait à craindre un refus. Ce refus , plusieurs fois renouvelé , ne devra pas le rebuter et l'empêcher d'insister auprès du malade et de ceux qui l'entourent.

La conscience de son devoir, joint à un zèle véritable et pur et à une charitable

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prudence, lui fournira toujours des i ressources nouvelles pour surmonter les difûcultés inattendues. Dans les circonstances actuelles la défense faite au curé par le concile de Latran de 1215, et renouvelée par quelques Papes, tels que Benoît XIII , de visiter le malade qui , après trois visites du médecin, refuse de se confesser, n'est plus applicable. Il n'est pas nécessaire de démontrer que le prêtre ne peut refuser son ministère au malade , quelque dégoûtante , quelque dangereuse , quelque contagieuse que soit sa maladie. Le prêtre peut et doit, dans ce cas, employer les mesures de prudence qu'une expérience raisonnable suggère, et, du reste, s'abandonner entièrement aux mains de Dieu , qui protégera son serviteur ou le rappellera à lui au milieu de ses œuvres de charité, pour lui en donner la récompense.

Les enfants malades, arrivés à l'âge de raison, doivent être l'objet de la sollicitude pastorale. S'ils sont capables de discerner le bien el le mal, ils peuvent recevoir l'absolution et l'Extrême-Onction ; s'ils sont capables de distinguer le corps de Kotre-Seigneur d'une nourriture ordinaire, on peut leur donner le saint Viatique lors même qu'ils n'ont point encore fait leur première communion.

Les habitants non catholiques d'une paroisse n'ont, en cas de maladie, aucun droit rigoureux à l'assistance religieuse du curé. Que s'il est appelé auprès d'un malade de ce genre, il se gardera de refuser de s'y rendre, car il est possible que le malade désire sincèrement rentrer dans le giron de l'Église catholique. Dans ce cas le prêtre agira, en ayant d'ailleurs égard aux circonstances de la maladie, comme lorsqu'il est question de recevoir l'abjuration d'un hérétique dans l'Église. Que si le malade ne désire que des consolations, parce qu'il n'a sous la main aucun

ENCYCL. TIlfcOL. CATIIOL. T. MV.

ministre de sa confession, le prêtre ne lui refusera pas ce service de charité, et il s'en tiendra aux points de doctrine que la secte du malade a conservés de l'enseignement de l'Église catholique.

Il tâchera de réveiller en lui un sincère repentir, une ferme confiance en Dieu et en Jésus-Christ, la patience et la résignation à la volonté divine, sans chercher à l'attirer, contre son gré, dans le sein de l'Eglise.

III. But de la sollicitude pastorale. Toute maladie entraîne une foule de difficultés, de douleurs, de souffrances, trouble la vie de l'âme, et souvent l'accable. C'est pourquoi tout malade a besoin d'être consolé et encouragé. Les motifs sensibles et temporels perdent alors leur pouvoir, et les motifs surnaturels seuls ont encore de la prise. Pour bien des malades la présence seule du prêtre est déjà une consolation; à plus forte raison lorsque le prêtre applique sagement la parole de Dieu à l'état du malade pour raffermir son courage et ses espérances. Il augmentera ces consolations par l'administration fréquente des sacrements, et montrera au malade comment il peut s'appliquer les grâces de l'Eglise, en répétant par exemple certaines prières, en assistant en esprit de son lit à la sainte messe, en pratiquant la communion spirituelle, en faisant de pieuses lectures, etc., etc.

Le prêtre rencontre souvent chez le malade une grande ignorance des choses du salut. Dans ce cas il a l'obligation de l'instruire, au moins dans les points dont la connaissance est indispensable, et qui doivent le préparer convenablement à la mort. Il faut en outre que le prêtre travaille à ce que les vues de la Providence se réalisent dans le malade, c'est-à-dire que sa maladie serve à son salut. Le Rituel romain dit : ln primis autem spirilualem œgrotantium curam susdit

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piat, omnemque diligendam in eo portai ut in via saluiis eos dirigat, atque a diabolicis insidiis salutarium adjumentorum prxsidio de* fendat ac tueatur.

La sollicitude pastorale a par conséquent pour but de rendre à l'âme la plénitude de la santé, tandis que le corps est malade. Le prêtre rendra le pénitent attentif aux intentions sages et paternelles de Dieu qui le visite par la souffrance ; il le fera rentrer au fond de sa conscience, examinera sa vie intérieure, lui en montrera les vices, lui suggérera les moyens d'y rétablir l'ordre, et, comme

toute maladie implique plus ou moins de danger, le but principal du prêtre au lit du malade est de le préparer à la mort. Éloigner du malade la pensée de la mort n'est pas l'affaire du prêtre; son devoir au contraire est de réveiller cette pensée salutaire et d'en tirer un parti raisonnable.

Le point capital de la préparation à la mort est l'administration des sacrements des mourants (1), parmi lesquels la confession surtout donne au prêtre le moyen d'agir sur l'âme. Une bonne eonfession est en général la meilleure base sur laquelle puisse reposer la préparation à la mort. Cette préparation consiste à adresser au malade des paroles qui le fortifient dans sa confiance aux mérites de Notre-Seigueur Jésus- Christ, qui le défendent contre les tentations qui peuvent l'assaillir; à lui faire entendre des prières qui, prononcées à voix lente et douce, peuvent être mentalement répétées par le malade, et enfin à lui administrera plusieurs reprises les sacrements, si la maladie se prolonge. C'est quand la mort approche que l'assistance spirituelle devient le plus nécessaire, et c'est pourquoi le prêtre doit fortement recommander à

(l) f 'oy. Préparation a la mort.

ceux qui dépendent de lui de l'appeler, afin qu'il assiste l'âme dans sa suprême agonie par tous les moyens qu'offrent l'Église et la grâce divine. Si le malade est très-éloigné de la cure, le prêtre indiquera à un des membres de la famille du malade les prières qu'il devra dire en son absence et ce qu'il devra faire en général. Quand le prêtre arrivera lui-même auprès du mourant, il lui donnera, s'il en a le pouvoir, l'absolution générale, après avoir d'abord réveillé dans le malade un sincère repentir et un complet abandon à la volonté de Dieu ; il fera de courtes prières ; il s'interrompra souvent pour ne pas fatiguer le malade et l'entretenir dans les saintes dispositions d'une âme prête à comparaître devant son père et son juge ; au moment même de la mort il récitera les prières des agonisants.

Quant à la part que le prêtre doit prendre à ce qui concerne le corps, les choses physiques et temporelles du malade, elle dépend des circonstances.

Chez les pauvres l'assistance purement spirituelle ne suffit pas; les bienfaits matériels ont seuls le pouvoir d'ouvrir le chemin de leur cœur. Le Rituel romain s'exprime ainsi : Eorum veto prxcipuam curam geret qui, humants auxiliiê destitua, benigni ac providi pastoris caritalem et opéra requirunt. Quibus si non potest ipse succurrere de suo , et eleemosynas Mis, prout débet, si facultas suppetit, erogare, quantum fieri potest, site per caritatis vel alterius no mini s confratemitatem , si in ea civitate et ioco fuerit, sive per priva tas sive per publicas collectas eleemosynas, illorum nécessitât ibus succurrendum curabit. Dans beaucoup de cas il peut aussi être utile que le prêtre donne quelques bons conseils, par exemple quand la maladie est subite, et surtout à la campagne, où en général le médecin demeure loin, et où les gens sont sans

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